L’aveu dérangeant de Bégaudeau transforme la fenêtre d’Overton en baie vitrée

Sur LCI, la remarque de l'écrivain de gauche sur l'équipe de France brise le tabou sur "un point sensible de l'opinion"
Le vestiaire de l'équipe de France de football lors de la rencontre face à l'Ukraine le 13 novembre 2025. Capture écran 
Fédération Française de Football
Le vestiaire de l'équipe de France de football lors de la rencontre face à l'Ukraine le 13 novembre 2025. Capture écran Fédération Française de Football

« C'est très fort, c'est scotchant, quand même », explique Ruth Elkrief, sur LCI, mardi dernier, d'entendre l'aveu sincère mais dérangeant de François Bégaudeau au sujet de l'équipe de France de football : « L’effectif est très… enfin, y a dix Noirs sur onze, quoi, ce qui est une tendance lourde dans le football français depuis quelques décennies. Et je vois que ça me gêne […] » L’écrivain de gauche suppliait même alors ses compagnons de lutte de le comprendre : « Chers amis, chers camarades, chers racisés, chers antiracistes, comprenez que ça puisse titiller des petits Blancs comme moi qu’il y ait tant de Noirs en équipe de France, et c’est pas forcément du racisme. » Pour la journaliste, s'il faut remarquer son honnêteté, la remarque n'en reste pas moins gênante : comment expliquer que certains, à gauche, aussi, en viennent à espérer « une équipe plus représentative de la diversité française qui comprendrait aussi des Blancs » ?

Quand la fenêtre d’Overton devient une baie vitrée

Ruth Elkrief fait le parallèle avec Alain Finkielkraut qui, en 2005, avait expliqué que certains avaient « remarqué que l’équipe de France de 2005, elle est devenue black-black-black et elle n’est plus comme celle de 1998 black-blanc-beur », ajoutant que le philosophe s’était pris une volée de bois vert et un torrent d’insultes. Vingt ans après, c’est au sein d’une gauche assez radicale que l’on entend ce discours : la fenêtre d’Overton entrebâillée il y a deux décennies se mue en baie vitrée. Souvenez-vous, François Bégaudeau, c’est cet écrivain adoré de la gauche qui dénonçait courageusement, auprès du média Crépuscule, en mai dernier, la « petite panique pseudo-identitaire et raciste de petits Blancs paniqués », le même qui expliquait doctement que « les gens de droite ne parlent pas de la question de l'immigration. Ils parlent d'une seule chose qui est : dans quelle mesure est-ce que les Noirs et les Arabes vont me compliquer la vie à moi, petit Blanc de France. » Que lui est-il donc arrivé ? Que s’est-il passé ? Le grand Blanc donneur de leçons est-il devenu un petit Blanc paniqué ? Ruth Elkrief, en tout cas, se demande « s’il n’y aurait pas une forme de début de prise de conscience que l’identité d’un peuple, son histoire, sa culture sont importantes à préserver sans pour autant, [elle précise], vivre en autarcie ou rejeter l’autre avec un grand A ». La journaliste constate que le déni a fait du « malaise identitaire ou […] culturel » un monopole de l’extrême droite : « C’est des décennies après avoir abandonné ce terrain-là aux idées de Zemmour et d’autres qu’une certaine gauche se réveille », analyse-t-elle. David Pujadas salue, lui, « un aveu sincère mais évidemment dérangeant sur un registre où on n’attend pas un homme de gauche » !

La porte très commode de la conformité

Si l’insécurité est un sentiment, alors quel mal y a-t-il à avouer son « ressenti » ? Mais non, ça ne va toujours pas ! Bégaudeau - et Ruth Elkrief lui reconnaît cette honnêteté - avoue avoir fait une « autoanalyse de [s]es affects ». Mais pour François Lenglet, présent aussi sur le plateau, c’est inacceptable. Monté sur ses petits poneys de bien-pensant, il explique que ces affects, ces sentiments sont « faits pour être analysés, censurés, reformatés, pour être anoblis, enfin : c’est le travail de l’intellectuel, pardon ! » Puisqu’il le dit… D’ailleurs, tout le plateau abonde dans son sens : pas d’amalgame avec les petits Blancs à la franchise « scotchant[e] » ! Et c’est avec un grand numéro de prestidigitateurs que l’aveu dérangeant de Bégaudeau devient tout à coup « choquant ». Cela le rend même « triste », ce pauvre François Lenglet, « d’entendre quelqu’un qui parle comme ça […] : confondre la couleur de peau et la sécession à la République, c’est dramatique ! » David Pujadas est obligé de lui faire remarquer que c’est lui qui interprète, mais qu’à cela ne tienne, maintenant que la porte des valeurs de la République est ouverte, tous s’y engouffrent avec délectation. Pujadas l’affirme : de toute façon, « d’une manière générale, évoquer la couleur de peau, c’est vrai que c’est tout de suite dérangeant ». Et Elkrief de lui emboîter le pas : « Oui, c’est vrai ! ça me dérange, d’ailleurs, je vous ai expliqué, je suis pas d’accord, hein ! » Courageux mais pas téméraire : on peut reconnaître un déni de réalité, quant au malaise identitaire, mais surtout pas l’approuver ! C’est vrai que c’est plus commode, même si la fenêtre d’Overton s’est muée en baie vitrée, de conserver ses petites habitudes et de prendre la porte de la conformité.

Entre Bégaudeau, qui reconnaît que, « du coup, les droitards vont être contents d’entendre un gauchiste comme moi dire "mais finalement, c’était pas nul, notre culture, y a pas à se flageller d’avoir été les puissances impériales particulièrement barbares et pilleuses pendant cinq siècles" », et Ruth Elkrief expliquer sur un plateau du groupe Bouygues que « cette fameuse insécurité culturelle » est un « point sensible de l’opinion française et occidentale en général », force est de constater que, sur certains sujets tabous, la fenêtre d’Overton est passé d’œilleton à baie vitrée.

Vos commentaires

46 commentaires

  1. l’ hypocrite Jacques Chirac fier d’ une nation Black blanc beur, comptait néanmoins sur une lessive renommée pour laver plus blanc , …Il avait tout faux .

  2. La remarque est pertinente : Je vois mal dans un pays africain, une équipe de foot avec un ou deux joueurs locaux, tout le reste blanc. Tous les joueurs noirs dans l’équipe de France ne font pas partie des Antilles ou autres îles françaises. Fut un temps, pas si lointain, où les équipes avaient des quotas d’étrangers.

  3. Chacun peut se faire la remarque, sans que ce soit du racisme. Mais très peu l’admettrons en public. Les mêmes qui trouvent cette remarque nauséabonde, trouvent normal que l’on chasse des blancs d’un orchestre en prétextant qu’ils sont trop nombreux. C’est ça la dictature rouge.

    • Les valeurs de la république ce serait d’imposer des quotas de français blancs des les équipes de club .
      Du coup on a des petits blancs fragiles qui se spécialisent dans des sports de geeks comme les jeux vidéos , à l’image de ces antifas qui font peine à voir .
      Le remplacement à tous les niveaux engendre des mutations étranges .

  4. Nous l’avions prédit que la France deviendrait le tiers monde, lors de notre exil en juillet 1962. Les Français de France nous traitaient de racistes.
    Et maintenant où se réfugiés. La guerre civile est présente. Seuls les sourds, les aveugles, s’y refusent, mais elle est présente. Or j’ai toujours entendu le même refrain, ce n’est pas vrai. Ceux qui le disent, ont un carnet d’adresses bien remplis, ce jour là les avions seront remplis de ces élites, les gueux seront exterminés. Ce ne sera pas la perfide Albion, mais nos politiques gauchisantes. Hélas, mais bien réel.

  5. Forcément ça dérange les propos de ce gauchiste bon chic bon genre, le vernis craque. Un jour viendra ou ce menteur, tous ces menteurs, traites à notre identité, fossoyeur de notre culture, seront obligé de faire face à la réalité, face au délitement de notre société dont ils sont les fers de lances. Puissent ils en subir dans leur chair, eux et leurs acolytes les affres du mensonges et de la trahison.

  6. Au Brésil où je vis, je vais souvent voir les matchs à la terrasse d’un bar sur écran géant, au milieu des Brésiliens. Plusieurs fois et sans aucun mauvais esprit, les gars m’ont dit « Je pensais que la France était en Europe et pas en Afrique ». Je leur réponds quoi ?

    • J’ai vécu au Brésil il y a 30 ans. Pareil mais pour une compétition télévisée d’équipes de jeunes (18 ans…). Déjà, les brésiliens connaissait en 1997/98 la France de 2025. Pas nous, nous fermions les yeux.

  7. Vive la fifa.
    Bretagne : les demandes de licence d’une centaine de migrants « footballeurs » arrivés clandestinement en Europe et pris en charge en tant que MNA par l’État sont actuellement bloquées au niveau de la FIFA, une « discrimination » selon un militant de la LDH

  8. C’est intéressant d’entendre ces journalistes qui lui trouvent du courage et de l’honnêteté alors qu’ils ne verraient que racisme et malhonnêteté chez un invité des strêmes droâtes !

  9. On pourrait aussi regarder le peloton de tête au marathon de Paris.
    Dans l’immigration choisie on ne peut pas n’avoir que des footballeurs et des marathoniens.

  10. Les valeurs de la République …. un concept trés fatigué , usé jusqu’á la corde ´….. en fait les valeurs sont inversées , il n’y a plus de valeurs … et la République est devenue la raie publique (dubasdudos) …. elle laisse filtrer de drôles de bruits et des mauvaises odeurs …

  11. A cause du décret européen Baumann .
    Les clubs de foots peuvent recruter des étrangers africains.
    Qui ne représente en rien une ville .
    Quand on voit l’équipe de Brest.
    On se croit a l’équipe de Dakar .
    Inversement les équipes africaines sont homogènes et comprend aucun blanc.

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