L’affaire Lola revisitée par les avocats de Dhabia B. : une « sinistre comédie »

Les meurtres de jeunes Français se succèdent, mais certains s'indignent moins de ces morts que de leur « récupération ».
Lycée Lola

La parole est (encore) à la défense. Moins de cinq mois après la condamnation de Dahbia Benkired à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour le meurtre de Lola Daviet, 12 ans, ses avocats reviennent sur le devant de la scène. Me Lucile Bertier et Me Alexandre Valois racontent l’affaire du point de vue de la défense dans un livre, La Sinistre Comédie (Seuil), publié ce vendredi 6 mars. Au menu, le récit depuis les coulisses d’un drame hors normes, depuis ses premiers instants jusqu’à la plaidoirie finale, en passant par le récit d’une reconstitution exceptionnelle ou la description d’une Unité pour malades difficiles.

Avait-on réellement besoin de ce point de vue très partisan, forcément favorable à la coupable ? De nombreux médias ont déjà assuré la défense de la fameuse Dhabia B., dès les premiers instants, à grand renfort de récits lacrymaux sur sa jeunesse difficile. D’autres aspects de l’affaire, moins éculés, auraient été plus intéressants à creuser. « Ces avocats dénoncent la "récupération d'un fait divers", puis vont tranquillement écrire un livre dessus et engranger des droits d'auteurs. Par contre, les défaillances qui ont mené au meurtre monstrueux d'une petite fille de 12 ans, ça, ça ne les choque pas », a justement fait valoir Pierre-Marie Sève, directeur de l’Institut pour la justice.

La dénonciation d’une prétendue « récupération »

Mais, à en croire les avocats, le climat politico-médiatique après le meurtre de Lola aurait été exagérément sévère envers la violeuse et tueuse algérienne. « On avait envie de crier à tout le monde : "Mais vous vous rendez compte de ce qu’il se passe ?", ont ainsi confié les auteurs, à Libération, évoquant une interview « difficile » sur BFM TV ou quelques « fake news » qui auraient circulé sur les réseaux sociaux. En plus de ces fausses informations, nous avons vu venir la récupération politique, à droite et à l’extrême droite, parce que le profil de notre cliente les arrangeait : une Algérienne sous obligation de quitter le territoire français. Alors que cette information n’a strictement aucun rapport avec les faits qui lui sont reprochés. » Sauf que si l’OQTF avait été exécutée, Lola serait encore en vie. CQFD.

Alors que la criminelle n’a pas interjeté appel, ses avocats semblent bien décidés à poursuivre sa défense, malgré tout. Quitte à sombrer dans la victimisation la plus indécente. « Une certaine presse a voulu faire de notre cliente le "monstre absolu". Alors que notre analyse est que cette femme […] a le profil d’une personne banale », affirment-ils. Et Mes Bertier et Valois de se contredire dans la phrase suivante : « Dahbia Benkired a un parcours de vie extrêmement chaotique et, dans les dernières heures avant le passage à l’acte, elle a eu une altercation violente avec un homme dont elle est amoureuse mais qui se montre violent avec elle, dans un contexte prostitutionnel. » Profil « banal » ou parcours de vie « extrême » ? Il faudrait choisir. Les avocats, eux, préfèrent manifestement jouer sur les deux tableaux.

Le prétexte du sacro-saint « État de droit »

Comme souvent, l’épouvantail d’un « État de droit » menacé est agité afin de chloroformer le débat. Les deux avocats confient leurs inquiétudes, estimant que l’existence même de la défense est en danger, du fait de certains médias qui, « par idéologie ou manque de moyens, déforment des faits ou font des titres sensationnalistes ». Ils sont également très remontés contre leurs confrères « qui font fuiter des informations dans la presse ». Une critique justifiée, mais qu’il serait sans doute judicieux d’adresser à certains médias de gauche qui ont fait de l’exploitation de ces « fuites » un juteux business…

Entre autres incohérences, on note que Mes Bertier et Valois s’inquiètent des menaces qui pèseraient sur l’État de droit mais persistent à évoquer « l’absence » d’actes de torture et de barbarie commis par Dahbia Benkired, alors que ceux-ci ont pourtant été formellement reconnus et condamnés par la Justice française. En voilà, une « sinistre comédie ».

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 21/03/2026 à 22:33.
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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

37 commentaires

  1. Comment des avocats peuvent-ils être autorisés à publier un livre sur un procès auxquelle ils furent parties? Que ce procès soit en cours ou achevé par une décision définitive. La procédure de révision est-elle engagée? une plainte ne devrait-elle pas être portée contre les auteurs du livre?

  2. Les avocats prennent l’argent du contribuable pour protéger des démons (l’aide juridictionnelle)! C’est honteux que ce système existe! Laissez les nous ces démons, nous appliquerons la justice du moyen âge sur eux et beaucoup seraient ravis de jouer les bourreaux avec ces personnes qui sont sortis de l’humanité. La justice ce qu’elle fait ne devrait même plus exister dans notre pays!

    • Ce crime épouvantable a ébranlé tous les Français. Que le bourreau purge sa peine et que les avocats cessent de s’engraisser sur le dos du système que contraints,nous alimentons. J’ai une pensée pour la maison d’édition qui est complice de l’ignominie par la publication de cet ouvrage- propagande indécente et immorale

  3. Tout comme il existe des crimes très différents, par exemple des crimes affectifs et des crimes idéologiques dont la motivations est plus ou moins obscure comme celle de Lola, très facilement désignés par la psychiatrie des coupables susceptible de ne pas être mis sous écrous et libérer plus tard avec les conséquences bien connues, les avocats de ces criminels qui ont, bien entendu, le droit a être défendu pour ne pas exagérer les accusations, devaient avoir plus de retenue.
    Un horrible crime d’une innocente assassiné par une personne qui n’avait aucune raison de passer a l’acte, définir comme un fait divers c’est amorale. C’est malheureusement pas la premiers fois avoir de tels réactions, malheureusement.
    Mais le plus amorale c’est encore de dénoncer une récupération comme si de tels crimes horribles devaient laisser la population totalement indifférentes a de tels actes.
    Ces gens là voudraient ils une population totalement indifférente à l’horreur, c’est probablement leur but. On peux défendre des coupables avec difficultés pour trouver la moindre possibilité de trouver un indice de pardon, mais il y a des limites a ne pas dépasser la moralité. les Français ne sont pas des fauves sanguinaires.
    Mais le pire dans cette immoralité c’est de dénoncer une récupération.

  4. Qu’est ce qui peut bien pousser ces deux avocats à « se battre » à ce point, après que la justice ait tranché pour cette meurtrière ? C’est troublant !! Qui les a rémunérés pour la défense de cette criminelle sous OQTF? Leur zèle suscite des interrogations.

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