La victime est dans le coma, le juge laisse donc l’agresseur en liberté

Selon ce juge, il n’y aurait en effet « pas de risque de réitération », étant donné le décès inéluctable de la victime.
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Les juges seront-ils un jour tenus pour responsables de leurs décisions ? Mi-décembre, un juge a décidé de laisser en liberté un Tunisien de 41 ans, accusé d’avoir violemment agressé sa compagne, au prétexte qu’il « n’y a[vait] pas de risque de réitération parce que le décès de la victime dans le coma est inéluctable ». Autrement dit, parce que la victime est aux portes de la mort, le suspect peut être maintenu en liberté. Quand bien même celui-ci, en situation irrégulière, alcoolique et toxicomane, est connu de la Justice - son casier comporte déjà quatre condamnations pour violences et rébellion.

Indignation

L’avocat général s'est dit « abasourdi » par une telle décision face à un individu aussi « instable » et « violent ». Il aura fallu attendre ce mardi 6 janvier pour qu’une chambre d’instruction se réunisse, sur requête de l’avocat général, et décide d’infirmer la première décision de justice pour, finalement, incarcérer le prévenu. La défense continue de plaider qu’une « orientation répressive n’est pas forcément la meilleure solution ». Selon l’avocate de l’accusé, la procédure ne démontre pas « qu’il y a un lien entre l’état de la victime et les coups portés plus tôt dans la soirée ».

La première décision de justice, révélée par Le Parisien, n’a pas manqué d’indigner de nombreux internautes. Beaucoup se sont ainsi émus de voir un homme présumé violent, qui plus est sans papiers, laissé en liberté au seul motif que la victime était « dans le coma ». « Il faut juger les juges ! », réclame l’un d’eux. « Si j’ai bien compris : la femme va mourir, inutile de l’incarcérer, il ne pourra pas récidiver. Mais c’est quoi, ces juges ? », abonde un autre. Et un dernier d’ajouter : « Je ne sais pas qui sont les plus dangereux, les OQTF ou les juges ? » De son côté, l’essayiste Driss Ghali appelle à « indexer la carrière des juges sur le taux de récidive ».

 

Récidive et drames en cascade

Il faut dire que selon le droit français, la liberté reste le principe, la détention provisoire l’exception. Ainsi, un juge peut décider de placer en détention provisoire un accusé dans l’attente de son procès seulement selon quelques critères bien définis par l’article 144 du Code de procédure pénale : risque de soustraction à la justice, risque de récidive, risque de concertation entre les mis en examen, risque d’une concertation frauduleuse entre la personne mise en examen et ses coauteurs ou complice… Dans l’affaire du 18 décembre, le premier juge a donc considéré qu’il n’y avait pas de risque de récidive, étant donné que « le décès de la victime était inéluctable ». La menace à l’ordre public ou vis-à-vis d'autres potentielles victimes que pouvait représenter l’accusé, déjà connu pour des faits de violence, ne semble pas avoir été appréciée d’emblée par le magistrat.

À ces critères définis par la loi s’ajoute un certain état esprit d’une grande partie des magistrats français… Comme l’écrivait le Syndicat de la magistrature en 2017, « le recours à la détention provisoire demeure excessif, voire abusif ». Dès lors, beaucoup de juges rechignent à incarcérer des accusés dans l’attente de leur procès, au nom de « la présomption d’innocence ».

Face à ce genre de décisions, plusieurs voix s’élèvent pour demander que les juges soient tenus pour responsables de leurs verdicts. Ainsi, un magistrat qui décide du maintien en liberté d’un individu qui récidiverait par la suite pourrait être tenu pour responsable de « faute » ou « manquement ». Les juges agiraient alors sans doute avec plus de prudence…

Picture of Clémence de Longraye
Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

115 commentaires

  1. Les juges doivent rendre des comptes et leurs noms doivent être publiés ; ils sont censés rendre justice au nom du peuple français. On doit donc savoir qui ils sont : ça les rendra un peu plus responsables.

  2. Ce juge est d’une logique implacable : lorsqu’un tueur a tué sa victime, il ne pourra pas réitérer, c’est à dire qu’il ne pourra pas la tuer une seconde fois. Moralité il faut laisser ce tueur en liberté…….et il faut enfermer ce juge pour cause de démence grave…….ça en fait un paquet de juges à enfermer !

    • Il est vrai que là, on frôle la démence pure. On est face à un raisonnement absurde, d’un cynisme d’autant plus grave qu’il est inconscient. Quand l’idéologie vous grignote les neurones…
      Un excès de wokisme peut vous faire basculer dans l’inhumain.

  3. C’est intéressant: ce « contrevenant » n’a pas eu droit à l’exécution provisoire? Ah oui, j’oubliais, pas encore jugé, donc présumé innocent… Que Dieu me préserve des juges!

  4. Au motif qu’il estime qu’une femme agressée par un « homme », dixit les fémino gauchistes, va inéluctablement décéder des suites de son agression, croit bon de laisser cet « homme » en liberté! Il faut se pincer pour croire cela possible! pourtant c’est possible à Paris. Après les années Hollande et bientôt 9 années de macronisme, après avoir été confrontés à des situations les plus ébouriffantes on n’avait pas tout vu… Le bénéfice de cette « jurisprudence » vraiment particulière, je pose la question qui va sans doute étrangler d’indignation certains, est il dû au fait que l’agresseur ne soit pas de type européen mais un Tunisien, connu pour des faits délictueux répétés, de surcroit en situation irrégulière? Le silence des Rousseau, Panot, Aubry, Guetté, Aurore Berger, Yael Braun-Pivet et de tant d’autres que cette agression extrêmement brutale ne puisse pas servir le narratif du « patriarcat blanc »? Ce silence s’explique t’il aussi, par le fait que cet individu, s’il avait été expulsé en tant et en heures n’aurait pas commis cette agression brutale? Mais, que le crime d’un individu Tunisien en situation irrégulière, pourtant connu pour sa brutalité n’est à considérer que comme un « dommage collatéral » qu’il faut passer sous silence ? Cette question est provocante, mais, l’indignation à géométrie variable des fémino-gauchistes saute une fois de plus aux yeux? Seulement à mes yeux?

  5. Pour le Syndicat de la magistrature « le recours à la détention provisoire demeure excessif, voire abusif » mais pas excessif ni abusif quand l’exécution provisoire permet d’écarter un personnage politique d’un scrutin ou d’en expédier un autre en taule!

  6. Ce genre de juge fait partie de la caste,voire de la secte mondialiste afin d’accélérer le processus de destruction de notre pays, ça n’est pas de l’incompétence, c’est juste le résultat de l’idéologie que ce type de nuisible contribue à propager. Immigration-invasion, refus de la justice d’expulser, d’incarcérer, policiers faisant leur travail se retrouvant au tribunal voire en prison, interdiction de se défendre si on est agressé, parti pris en faveur des délinquants et criminels,la preuve par cet article, oqtf non-exécutées, aucune confiance en eux et un jour il faudra en limoger au moins 60% d’entre eux si on veut retrouver un semblant de véritable justice au service des vraies victimes et pas à la solde des criminels.

  7. UNE seule question :
    QUEL média aura « assez de d’honnêteté » pour donner TOUTES LES informations principalement dans ces « affaires » ? …

    « Mi-décembre, un juge a décidé de laisser en liberté un Tunisien de 41 ans, accusé d’avoir violemment agressé sa compagne, au prétexte qu’il « n’y a[avait] pas de risque de réitération parce que le décès de la victime dans le coma, est inéluctable » …
    Comment la personne qui a osé dire argumenter cela est encore « en poste » ET peut prétendre « RENDRE LA JUSTICE » au nom du peuple français ? ! …

  8. Effectivement, si sa compagne décède, il ne pourra pas réitérer. Sauf s’il se remarie avec la bénédiction de la justice. Il y a des moments où l »irresponsabilité de certainsdevient irréaliste aux yeux même de la constitution, laquelle s’impose à tous, même aux juges dont c’est pourtant l’une des missions.

  9. Juges élus comme en Suisse et les USA .
    Qui a supprimé le délit de séjour irrégulier …valls .
    Qui a supprimé la double peine automatique pour les étrangers…sarko

  10. Grok n’a pas pu m’informer et en résumé :
    Nom complet de l’agresseur → non public (seulement Mourad S.)
    Nom du juge d’instruction → non public
    La victime est nommée Tiphaine M. dans certains articles militants, mais pas dans Le Parisien.
    Bien discrète la Justice … j’eusse aimé connaitre le nom du juge.
    Apparemment, sur requête de l’avocat général, et par une décision de la chambre de l’instruction, l’agresseur a finalement été incarcéré mardi dernier.

  11. Tandis que le risque de récidive, pour Sarkozy était évidemment très élevé. Après s’être largement déshonorés collectivement, les juges se consacrent désormais à déshonorer la France, sans parler de mettre en danger les Français.

Commentaires fermés.

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