La Révolution plutôt que la nation : le 14 Juillet de l’extrême gauche

A Léaument veut « virer le chouan » Retailleau ; R. Arnault désire « renverser les possédants et leurs privilèges ».
© CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris
© CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris

« Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'Histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération », écrivait l’historien Marc Bloch, dans L’Étrange Défaite (1946). Assurément, l’extrême gauche française, dans la lignée de ses illustres prédécesseurs, considère exclusivement la fête du 14 Juillet comme le symbole d’une Révolution en marche qui n’aura de repos qu’à la disparition du principe de nation et des riches qui y pullulent. Historiquement, cette date du 14 juillet remonte à 1880, sous la IIIe République, lorsque le député Benjamin Raspail est à l’origine d’une loi pour consacrer ce jour comme fête nationale annuelle. Cette date est choisie en ce qu’elle rassemble deux symboles républicains : la prise de la prison de la Bastille en juillet 1789, symbole du pouvoir royal, et la grande fête de la Fédération de 1790, symbole de la nouvelle unité nationale avec la fin de la monarchie absolue.

14 Juillet : ses origines révolutionnaires

En 2025, l’extrême gauche française est gênée aux entournures par cette fête du 14 Juillet. Car c’est avant tout la fête de la nation, un événement qui flatte notre fierté patriotique et consacre l’armée française à travers un défilé militaire sur la plus grande et belle avenue parisienne et dans les airs. Une démonstration militaire qui participe à la renommée de la France à l’étranger. Tout ce que la gauche honnit. Alors, du côté de La France insoumise et du Parti communiste, fascinant silence. Tout ce petit monde, d’habitude si prompt à dénoncer sur les réseaux le moindre mouvement du petit doigt d’un Vincent Bolloré ou d’un Pierre-Édouard Stérin, soutenir la cause palestinienne, clouer au pilori le Rassemblement national et les élus nationalistes… le jour de la fête nationale, rien. Motus. Pas un mot de Jean-Luc Mélenchon, président de LFI, et de ses acolytes députés, Louis Boyard (Val-de-Marne), Danièle Obono (Paris), Éric Coquerel, (Seine-Saint-Denis), Mathilde Panot (Val-de-Marne), Sébastien Delogu (Bouches-du-Rhône). Silence radio. L'ancienne amie du parti Insoumis, Clémentine Autain (Seine-Saint-Denis), est tout aussi muette.

Du côté de la faucille et du marteau, Fabien Roussel, président du Parti communiste, n’a rien publié non plus, tout comme le sénateur Ian Brossat. Comble de l’indécence, en ce 14 Juillet, le député LFI Aymeric Caron (Paris) s’exprime sur X pour se réjouir de ce que le chef étoilé Alain Passard propose une cuisine « exclusivement végétale » et expliquer voir dans cette triste cuisine « l’avenir de la gastronomie ».

« Il faut virer le chouan du gouvernement »

Pour le reste, l’immense majorité des personnalités politiques d’extrême gauche qui se sont exprimées à l’occasion du 14 Juillet n’ont pas eu un mot pour la France et son armée, mais ont fantasmé sur la Révolution française et « l’abolition des privilèges ». À l’image de l’eurodéputée LFI Rima Hassan, qui appelle de ses vœux « une commémoration consciente et digne de ce nom de la prise de la Bastille et de la fête de la Fédération ». Dans le Nord, à Villeneuve-d’Ascq, les députés LFI Aurélien Le Coq et Hugo Bernalicis et l’eurodéputée Emma Fourreau se rassemblaient pour « célébrer la Révolution française et la République » et « mettre à l'honneur une famille palestinienne de la commune et rappeler que l'héritage de notre histoire révolutionnaire, c'est avant tout celui des droits humains (sic), pour toutes et tous, où qu'ils soient, d'où qu'ils viennent ».

Le député insoumis Antoine Léaument (Essonne) s'est réjoui, sur X : « Nous fêtons la prise de la Bastille : joyeux anniversaire aux révolutionnaires ! » et rejoue le Turreau de circonstance en s'en prenant à Bruno Retailleau : « Il faut virer le chouan du gouvernement. ». Il réagissait aux propos du ministre de l’Intérieur qui, en ce 14 Juillet, disait « ne tolérer aucun débordement ». « Il y en a marre qu’un certain nombre d’individus, de voyous, prennent n’importe quel prétexte, sportif, culturel, festif pour casser et agresser, a commenté le locataire de Beauvau. Il faut qu’on retrouve l’art de vivre à la française, c’est aussi le sens de la fête, de la convivialité, on doit pouvoir avoir des moments festifs sans craindre que des individus soient violents. »

« À nous de faire mieux »

L’ancien LFI Alexis Corbière, député de Seine-Saint-Denis, joue les Robespierre en se félicitant d’une date qu'il considère surtout comme un « acte de laïcité » en ce sens qu’elle remplace « la date du 15 août, décidée par Louis XIII, en hommage à la Vierge Marie ». La France n’existe plus dans la bouche de ces élus. Seule compte la Révolution et son « héritage », comme l’affirme le disciple de Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Arnault (Vaucluse) : « La Révolution, une étape immense vers la conquête d’un monde meilleur, elle nous a appris qu’il était possible de renverser les possédants et leurs privilèges. »

« Il y a 236 ans, le peuple français prenait le pouvoir sur son existence [...] À nous de faire mieux », affirme le député LFI Aurélien Taché (Val-d’Oise), qui se veut le digne héritier de ce « peuple réuni en Assemblée nationale, [qui] abolissait les privilèges de l'aristocratie et du clergé, pour instaurer l'égalité devant la loi ». La députée mélenchoniste Clémence Guetté (Val-de-Marne), quant à elle, souhaite « chass[er] les monarques ». Gare à vos têtes !

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

40 commentaires

  1. 236 ans depuis la Révolution: 5 invasions (Europe coalisée en 1814, Allemagne en 1870, 1914 et 1940, enfin celle qui ne dit pas son nom depuis 1974).
    9 siècles de monarchie: 2 invasions (Normands au Xème siècle et Anglais avec la Guerre de Cent Ans). Chacun en tirera les conclusions…

  2. Mélenchon et sa bande LFI sont le déshonneur de la France, ils oublient le nombre de guillotiné, comme les communistes oublient les 100 millions de morts pour une Utopie qui n’a fonctionné nul part

    • Ne pas oublié non plus que ces gens la sont responsable de la période 1935 – 1945 avec la création du fascisme par le socialiste Mussolini , cette période dont ils elles rejettent la paternité en permanence alors que ce n’est que la réalité.

  3. Il est aberrant que 236 ans plus tard on ne puisse évoquer avec lucidité la révolution française. Il est tabou de parler des destructions humaines et matérielles qu’elle a provoquées. Lors d’une cérémonie, j’ai choqué un élu local de Biarritz en disant que la révolution avait aussi pour fondement le massacre des Vendéens (précision : je ne suis pas Vendéen) Par ailleurs il est impossible en France de visiter un lieu ancien sans entendre dire par le guide que tel élément est manquant car volé ou détruit à la révolution. Le manichéisme le plus total continue de régner en ce domaine. Pourtant, n’en déplaise aux « déconstructeurs », que viennent admirer nombre d’étrangers ? L’œuvre des rois de France !

  4. Ce goût du sang toujours présent a l’extrême gauche. Cette disponibilité toujours affirmée pour tout détruire. L’extrême gauche s’attribue les mérite de la révolte du 14 juillet, alors leur seul fait d’arme, c’est d’avoir fait fonctionner la guillotine et d’avoir démoli nos joyaux architecturaux.

  5. L’abolition des privilèges est une utopie quand on voit comment vivre certains
    Qui s’augmentent de 800 euros quand les sans dents tirent la langue
    Et le 14 juillet, s’il devaient supprimer une fête, que ce soit celle là, rappelant un massacre, celui des Vendéens, et ceux qui ne rentraient pas dans leur doxa de l’époque, comme quoi l’histoire se répète
    Et plus ça nous éviterait les feux de voiture et autres, cette fête ne veut plus rien dire
    Et ils osent se prétendre révolutionnaires alors qu »ils bénéficient d’avantages honteux

  6. Les communistes ne fêtent pas le 14 juillet, ils sont restés bloqués sur le 7 novembre en mémoire de 1917 et de la mère patrie …
    Quant aux privilèges soit disants abolis, c’est une escroquerie que les gueux payent encore aujourd’hui. Les nobles et le clergé ont perdu leurs privilèges et leur pouvoir au bénéfice des bourgeois qui continuent encore aujourd’hui à manigancer dans le dos du peuple, tel Mélenchon bourgeois parmi les bourgeois

  7. On doit féliciter R. Arnault pour son immense culture : il connaît le mot chouan. Bravo à lui. Il sait qu’ils étaient Vendéens, comme messieurs Retailleau, de Villiers, et plusieurs autres personnalités. Encore bravo. Mais sait-ils qu’ils sont morts pour défendre le Roi et la France ? Si les chouans avaient vaincu, nous l’aurions jamais eu Mitterrand, Hollande et Macron.

    • Cela aurait été que justice, Mitterrand le résistant de la dernière heure qui tel un magicien a fait disparaître des dizaines camions repris aux allemands à la fin de la guerre et stockés à Saint Yrieix La Perche (résistant remarqué par Pétain qui le décora de l’ordre de La francisque la plus haute distinction sous Pétain)

  8. Et si on arrêtait enfin d’écouter tous ces paumés de service qui ne savent que dégoiser sur leurs origines et sur ceux qui leur ont permis de se croire être ce qu’ils sont i.e. des ignares, inconstants et revanchards à la petite semaine. Et si on arrêtait enfin aussi d’en parler pour les laisser croupir dans leur bêtise et leur médiocrité.

  9. Beaucoup se trompe en comparant Mélenchon ou ses sbires, à Robespierre; je suis persuadé que celui-ci aurait sans doute demandé l’arrestation d’un Mélenchon, Rima Hassan ou d’une Mathilde Panot pour traîtrise envers la République et la France . Ce n’est pas une « Gauche » Républicaine Française, mais un parti extrémiste presque anarchique qui agît uniquement contre les intérêts de son peuple, de son histoire et protégeant les islamistes, ennemis de la France ! rappelez-vous en 1794 des hébertistes, les extrémistes de l’époque, ils ne sont allé bien loin !

  10. C’est curieux cette manie des LFIstes de brandir le drapeau bleu, blanc, rouge, de la révolution le 14 juillet. Et de haïr ce drapeau et haïr ceux qui le portent toute l’année en les traitant de fachos .

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