La rédaction d’un journal breton s’écharpe autour d’un nom : Vincent Bolloré

Au Télégramme, certains journalistes accusent leur direction de prendre la défense du milliardaire.
Capture écran LCP - Assemblée nationale
Capture écran LCP - Assemblée nationale

Tout part d’une énième manifestation contre l’homme d’affaires breton. Le collectif « Levons les voiles contre l’empire Bolloré » et « Les Soulèvements de la Terre » voulaient, cette fois, envahir la mer. Montrer que même sur l’eau, les idées d’extrême droite trouveraient devant elles un barrage antifasciste.

Alors samedi 24 mai, ce sont une cinquantaine de bateaux qui se sont rassemblés en mer bretonne, cap sur l’archipel des Glénan, et notamment l’île du Loc’h qui appartient à la famille Bolloré depuis 1924 . « Le but est de dénoncer, visibiliser la puissance et l'omnipotence assez terrifiante » de l’homme d’affaires, explique l’un des participants. La flotte antifasciste dénonce notamment la présence, sur l’île de 58 hectares, d’un militant nationaliste ex-membre du GUD, salarié de la société qui assure la sécurité de la propriété privée. Privatisation de l’île, justement, qui est aussi dénoncée, les militants souhaitent qu’elle « redevienne un bien commun ». C’est si beau, le collectivisme. Un brin courroucé, le directeur de l’information du Télégramme, Hubert Coudurier, écrit le lendemain un éditorial qu’il intitule « Stop à l’agit-prop anti-Bolloré ». Il y dénonce « l’instrumentalisation politique » du rassemblement et rappelle la réussite de l’industriel dont les salariés bretons peuvent « s’enorgueillir ». « Qu’on l’aime ou qu’on le déteste », explique le journaliste, Vincent Bolloré « contribue au pluralisme des idées dans un pays longtemps soumis à une certaine doxa médiatique ».

A-t-on le droit de remarquer la réussite de Vincent Bolloré ?

Il n’en fallait pas moins pour déclencher l’ire d’une partie des salariés du média breton qui s’est insurgée contre la « tonalité » et le « manque de nuance » de l’éditorial dans lequel « de nombreux journalistes de la rédaction ne se reconnaissent pas ». Dans son communiqué, la Société des journalistes du Télégramme dénonce la « stratégie de conquête » de Bolloré dans le monde des médias et souligne « les intimidations et les menaces que fait peser le milliardaire sur la liberté de la presse ». Elle pointe aussi du doigt la participation de leur directeur sur divers plateaux de CNews, preuve de son inféodation au milliardaire catholique, propriétaire de la chaîne. D’après nos informations, le syndicat représenterait un quart des journalistes du média.

Pour autant, la direction ne se laisse pas intimider. « Il ne s’agit pas de défendre M. Bolloré ni ses idées, mais de dénoncer la dérive totalitaire de certains mouvements d’extrême gauche », a-t-elle indiqué. Dans un communiqué publié en réponse, c’est la famille Coudurier qui s’exprime : Édouard Coudurier, président du conseil d’administration, est le frère d’Hubert. Elle accuse les mouvements d’extrême gauche de « pratiques sectaires, littéralement antidémocratiques » qui, derrière leur aspect « festif », « peinent à masquer une idéologie violente et dangereuse ».

Joint par BV, Hubert Coudurier insiste : « Je ne suis pas salarié de CNews. Je vais dans les chaînes qui m’invitent, tout simplement. » Il assume une certaine considération pour l’homme d’affaires dont « le parcours est remarquable » et qui a le mérite de « créer de l’emploi ». Le journaliste qui n’aime pas le « sectarisme » reconnaît les mérites de Vincent Bolloré, mais le certifie : « Nous sommes un journal indépendant, nous y tenons. » Il regrette ces explications par communiqués : « Ils auraient pu demander à me rencontrer plus tôt. » Mais l’intention de ces journalistes était-elle vraiment le dialogue ? La preuve, nous voici à raconter leurs agissements.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 03/06/2025 à 9:48.
Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

46 commentaires

  1. Dans le passé, la gauche a fait le même procès anti-riche contre Marcel Dassault. Aujourd’hui la France vend des rafales. Mais même si la haine des riches mène à la pauvreté, la gauche préfère toujours les pauvres, facilement manipulables.

  2. Marié à une bretonne du temps où la Bretagne était profondément catholique et de droite, à l’exception de quelques « ilots perdus » principalement dans les Côtes du Nord, je suis toujours estomaqué de ce qu’elle est devenue aujourd’hui, en 50 ans, grâce surtout à quelques universités disséminées et à 2 quotidiens, l’un à Brest, l’autre à Rennes qui ont littéralement, hélas, gauchisé et écologisé à outrance cette belle province.

  3. Pas de chance Vincent. Si tu n’étais pas milliardaire – Horreur !, bien de ceux qui aboient te laisseraient en paix.

  4. Les chiens abois, la caravane passe.
    Lorsque l’on donne un os à ronger à l’extrême gauche, elle ne le lâche pas.
    Chez ces gens là, tout est fallacieux, ça sonne creux, ivre de haine envers tout ce qui est réussite.
    Monsieur Bolloré n’en a cure de ces petits anarchistes de papier qui s’agitent juste pour exister.

  5. Pourquoi ces gauchos ne s’en prennent à Monsieur MMA de Quimper aujourd’hui planqué au plus haut niveau de l’état

  6. Le sectarisme de cette gauchiardise abrutie me donne envie de faire des dons à l’extrême droite dure pour compenser.

  7. La gauche en général et même en particulier, surtout lorsqu’elle est extrême, salit tout ce qu’elle touche !
    Leurs méthodes expéditives n’ont d’égal que leur bêtise, ils accusent d’autres d’être les créateurs de leurs « souffrances », imposant à leurs ennemis des souffrances plus grandes encore.
    Il n’y a aucune logique dans tout cela… Ils n’obtiennent que l’inverse de ce qu’ils recherchent, et deviennent un repoussoir !

  8. Un quart des journalistes du Télégramme représente le camp du bien ! Et bien, il faut reconnaître qu’ils imprègnent très bien le journal de l’idéologie bien pensante, car minoritaires sont les articles non soumis à une certaine doxa médiatique. Sans compter bien évidemment, les reprises de l’Agence France Propagande.
    Ces minoritaires actifs ne sont pas contents, qu’ils aillent voir ailleurs ! L’herbe est plus colorée dans feu le journal de référence, ou encore Libération ou l’humanité..

  9. Tous ces gauchos aigris et envieux oublient que ce sont, entre autres, les impôts de Vincent Bolloré, qui les font vivre, via les aides sociales !

  10. Reste-t-il des hommes assez forts pour se lancer dans la bataille contre la doxa « démocrate » ramifiée dans tous les organismes en France et en Europe, et nourrie de nos impts..et de ceux des américains aussi. Bollore s’y investit alors qu’il pourrait tranquillement profiter de ses affaires. C’est un Breton du Finistère, là où les vrais natifs ont encore de l’honneur, de la foi, l’endurance et le génie pour gagner les combats considérés comme perdus. Ces hommes ont encore « le cheval d’orgueil » en eux.

  11. La firme Bolloré permet à combien de personnes de vivre décemment ??
    Par contre C8 fermée par la gauche a mis 400 personnes sur le trottoir. CQFD.

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

Pour la gauche, certains viols dérangent car ce ne sont pas les bons violeurs

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois