La Furia censurée : un humour trop à droite

« Nous sommes dans l’abus de pouvoir le plus sinistre et manifeste », dénonce Laurent Obertone, auprès de BV.
Laurent Obertone

« La gauche a le droit de rire. La droite non. » La Furia est dans la tourmente. La très droitière revue satirique est bannie des kiosques depuis quelques mois et alerte sur une « censure » et une atteinte à la liberté d’expression. La cause ? Le magazine, qui va fêter en décembre sa quatrième année d’existence, s’est vu retirer son agrément cet été. Laurent Obertone dénonce un « arrêt de mort économique » et un « abus de pouvoir ».

L’écrivain, familier des grands entretiens de Boulevard Voltaire, est à l’origine du trimestriel qu’il a cofondé avec Laura Magné, ex-éditrice de la maison d’éditions Ring et deux boxeurs qui n’ont pas l’habitude de faire dans la dentelle : le dessinateur Marsault et l’influenceur Papacito.

SOS Racisme et SOS Homophobie, encore et toujours

L’affaire éclate le 2 juillet, lorsque la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) retire son agrément au titre de presse engagé. Une décision qui sonne comme une condamnation à mort pour La Furia, puisqu’il ne peut plus bénéficier, désormais, des avantages fiscaux, des tarifs postaux préférentiels et du droit aux aides à la presse. Mais il perd surtout son agrément IPG (information politique et générale) qui rend obligatoire la mise en vente d’un titre de presse par les marchands de journaux.

La CPPAP reproche au journal satirique un contenu pouvant « faire l’objet de poursuites pénales ». Pour Laurence Franceschini, la présidente de la commission, par ailleurs membre du comité d’éthique de France Télévisions, la revue « pose une question de discrimination » ; elle justifie ainsi la suppression de son « caractère d’intérêt général ». La Furia avait pourtant obtenu son premier agrément en 2022, une validation qui fut renouvelée fin 2024.

Quelle est l’origine d’un si brusque revirement ? Il ne faut pas aller chercher très loin. Les professionnels de la traque à l’anticonformisme et au politiquement incorrect : SOS Racisme et SOS Homophobie. En avril, les associations déposaient trois plaintes dans lesquelles elles dénonçaient des « propos racistes, sexistes et LGBTphobes ». Les blanches colombes s’empressaient d’alerter et de faire pression sur la CPPAP, qui ne s’est pas fait prier longtemps. Il faut dire qu’en ces matières, Laurence Franceschini, ex-directrice des affaires juridiques de l’Arcom, est devenue spécialiste.

Charlie Hebdo intouchable

On imagine aisément qu’à la lecture de La Furia, la gauche et la bien-pensance de notre temps s’étranglent. La une du numéro paru en avril peut donner une idée du style particulièrement corrosif adopté par les irrévérencieux : un bourreau cagoulé tient à la main une hache ensanglantée, avec ce titre : « Justice, c’était mieux avant. » Faut-il apprécier l’humour, le ton et l’esprit de La Furia pour s’indigner d’un cas d’école où le deux poids deux mesures règne en maître ? Assurément non. Quand BV l'interroge sur la radicalité de l'humour de sa revue, Laurent Obertone campe droit dans ses bottes : « Étant donné la situation radicalement épouvantable du pays, notre humour ne sera sans doute jamais assez radical. Il est temps de se réveiller. » L’auteur de La France Orange mécanique s’insurge contre une atteinte manifeste à la liberté d’expression : « Nos contenus seraient "susceptibles de choquer". À partir du moment où une commission peut radier sur cette base l’agrément d’un titre de presse, contre l’avis de la Justice, nous sommes dans l’abus de pouvoir le plus sinistre et manifeste. » Les fameuses plaintes dont la revue a fait l’objet ont en effet été classées sans suite. « Charlie Hebdo a essuyé quantité de procès et de condamnations sans perdre son agrément », se défend l’écrivain, qui pointe une flagrante injustice : « Cette flagrante différence de traitement s’explique par notre différente couleur politique. »

Appel au soutien

La Furia est donc la nouvelle victime de la formidable influence de SOS Racisme et SOS Homophobie qui prouve leur indécrottable pouvoir de nuisance. Rappelons que les associations comme SOS Racisme vivent sur le dos du contribuable, se gavant de subventions publiques. À titre d’exemple, en 2022, l’État s’est engagé pour trois ans à verser, aux adeptes de Touche pas à mon pote, 230.000 euros, chaque année, « afin de soutenir ses actions de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT+ ». « Ces gens, dotés de ressources considérables, feront toujours tout pour nous réduire au silence », avertit Laurent Obertone, qui ne baisse pas la tête et lance un appel à ceux qui voudraient les soutenir : « Il est temps de leur montrer qu’on ne les laissera plus faire. » Dans un message vidéo publié ce jeudi 23 octobre, l’auteur de Guerilla affirme qu’il manque deux mille abonnements « pour sauver » La Furia et mettre ses ennemis « sous terre ».

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

32 commentaires

  1. Oui mais les journaux de gauche sont bien arrosés avec nos impôts. C’est une attaque de plus de cette gauche qui détient bien trop de pouvoir depuis des décennies et qui pourrie la vie de tous, et qui se croit tout permis.

  2. Wikipedia nous informe sur cette dame. C’est une énarque de 69 ans !!! Et dire que la gauche explique qu’il faut revenir à la retraite à 60 ans… J’imagine que l’organisme « indépendant » qu’elle dirige sort du strict cadre des règles de la fonction publique et que cela permet des salaires dépassant ce cadre…
    ‘Laurence Franceschini est médiatrice du cinéma (Je suis allé voir ce qu’est une médiatrice du cinéma voir mon autre post) depuis 2015 et présidente du conseil d’administration de l’Institut national d’histoire de l’art depuis 2016.
    Elle préside la Commission paritaire des publications et des agences de presse (CPPAP). En janvier 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Paris ordonne à la CPPAP de rendre à FranceSoir, au moins provisoirement son agrément. Il estime que « la CPPAP n’aurait pas statué en toute impartialité », et que cela est propre à créer « un doute sérieux sur la légalité de la décision ».
    C’est étrange. Je mettrais à main à couper que cette dame est de gauche, voire d’extrême gauche. Et le petit doigt de cette même main me dit que je vais garder et l’un et l’autre…

  3. Hé oui toujours la gauche qui pourrie la vie de tout le monde. Que le journal ne plaise pas,ils ne l’achète pas point.

  4. SOS racisme sont les pires racistes, ils ne supportent pas les blancs, a chaque fois qu’un blanc fait des zigzags avec la bien pensance chadoque des subventions publiques de Nicolas, ils trouvent toujours le « mur des cons » pour venir y pleurnicher.

  5. Le racisme est permis quand il s’attaque aux Francais blancs et aux catholiques, bizarre ce deux poids deux mesures.

  6. Quand un pouvoir s’attaque aux médias dissidents »,martèle à la population ce qu’elle doit penser, dire, manger etc….il me semble que le nom approprié est dictature, non?

  7. De tous temps une certaine gauche agit par envie, jalousie, par haine, au choix des circonstances.

    • Pourquoi dites-vous « une certaine gauche » ? Il y en a une autre ? TOUTE la gauche a TOUJOURS agi par envie, haine, jalousie, ressentiment, bref, animée de passions et pulsions tristes. Il ne faut plus avoir peur de le dire et de les dénoncer. « De gauche » doit devenir une insulte, une marque d’infamie. Car ils sont par essence et par nature infâmes.

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