La France et l’Espagne persistent à vouloir le 100 % électrique automobile en 2035
Les gouvernements français et espagnol ont demandé à Bruxelles de maintenir l’objectif initial du Pacte vert européen, qui prévoit l’interdiction en 2035 de la vente de voitures thermiques neuves.
La France et l'Espagne s'opposent au chancelier allemand: les deux pays insistent pour maintenir l'interdiction des voitures thermiques neuves en 2035https://t.co/oofZtHBSH5 pic.twitter.com/mExmoH9GLX
— BFMTV (@BFMTV) October 21, 2025
Selon le média Contexte, « cette note a été validée par Matignon le 20 octobre et envoyée à la présidence danoise du Conseil dans la soirée ». L’objectif était de faire ajouter la demande franco-espagnole à l’ordre du jour de la réunion des ministres de l’Environnement européens, qui s’est tenue à huis clos le 21 octobre à Luxembourg.
Monique Barbut à la manœuvre
Le 29 août dernier, Emmanuel Macron annonçait une feuille de route commune avec l’Allemagne concernant l’avenir de l’automobile. Mais le 6 octobre, à la suite d’une levée de boucliers générale des constructeurs allemands (rejoints par le Franco-Italo-Américain Stellantis), le chancelier Friedrich Merz, suivi par Giorgia Meloni, demandait officiellement à Ursula von der Leyen de lever l’interdiction à la vente en neuf du moteur thermique en 2035. Or, le 10 octobre, la militante écologiste Monique Barbut était nommée ministre de la Transition écologique dans le deuxième gouvernement Lecornu. L’ancienne présidente de WWF France, qui murmurait à l’oreille de notre Président depuis déjà quelques années, n’est sans doute pas pour rien dans la contre-attaque française sur l’échéance 2035, comme l’expliquait le journaliste économique Éric de Riedmatten, sur le plateau de CNews, le 22 octobre. Et il ajoutait qu’elle « ne se rend pas compte que l'automobile en France, c'est 335.000 emplois [directs]. Et si [...] on interdit les ventes d'essence et de diesel en 2035, on aura perdu 40.000 emplois ». Du côté des politiques, silence à gauche, mais pas à droite : « Emmanuel Macron met toute son énergie à détruire définitivement notre filière automobile », alertait, le 21 octobre au soir, sur son compte X, Marine Le Pen (députée RN du Pas-de-Calais), à la suite de François-Xavier Bellamy (député européen PPE/LR) qui dénonçait, de son côté, un « crime contre notre industrie et un cadeau à la Chine ».
Quand la gauche jubilait d’imposer 100% de voitures électriques en 2035, nous dénoncions un crime contre notre industrie et un cadeau à la Chine. Trois ans plus tard, tout ce que nous avions prédit se confirme. Malgré le gouvernement français qui persiste dans cette impasse, nous… pic.twitter.com/L80E1GkjKn
— Fx Bellamy (@fxbellamy) October 21, 2025
Interrogé par BV sur ce nouvel épisode de la tragédie du Pacte vert automobile, Philippe Charlez, spécialiste des questions énergétiques, qui prédisait déjà récemment, dans nos colonnes, l’explosion prochaine « d’une "bulle verte" européenne », constate qu’aujourd’hui, « Stellantis, après avoir mis Poissy au chômage technique, est maintenant en train de faire de même avec les ateliers de Sochaux. Or, au même moment, le groupe annonce investir treize milliards d'euros dans des usines américaines. » Il s’agit là du « plus gros investissement jamais réalisé dans l'automobile depuis 100 ans. Et ils vont créer 5.000 emplois aux États-Unis », précisait, de son côté, Éric de Riedmatten.
Une pure posture idéologique
La position franco-espagnole, qui semble décidément ne relever que de la pure posture idéologique, se comprend mal, côté français, dont plusieurs marques automobiles (Citroën, DS, Peugeot et Renault) sont menacées de mort par l’échéance du tout électrique en 2035. Côté espagnol, « il y a bien sûr Seat, mais la marque appartient au groupe Volkswagen. Dans son cas, la logique économique et industrielle est donc allemande. L'Espagne n'est qu'un sous-traitant », rappelle Philippe Charlez. « L'industrie automobile européenne fait vivre aujourd’hui 15 millions d'emplois. Et ils sont maintenant en grave danger. Pas à l'échéance de six mois, mais disons une dizaine d'années, donc 2035. » Les perspectives actuelles sont ainsi d’autant plus regrettables, explique Philippe Charlez, que « l'Europe en général et la France en particulier avaient encore un avantage, je ne dirais pas compétitif, mais comparatif (au sens où l’entendait l’économiste Ricardo), sur le thermique par rapport à la Chine, qui est incapable de construire des voitures thermiques performantes ».
Or, les Chinois ont très bien compris, « il y a une quinzaine d'années, que l'Europe allait se diriger vers l'électrique et qu’il leur fallait y investir massivement ». Aujourd’hui, ils ont donc « quinze ans d’avance sur nous et ce n’est plus rattrapable, pour deux raisons : leur supériorité technique sur la technologie électrique, d’une part, et leur coût de main-d’œuvre ajouté à de fortes subventions par leur gouvernement, de l’autre ».
Ce débat stratégique a eu lieu chez Renault, se rappelle Philippe Charlez, « dans les années 2015-2020, entre les deux Carlos : Ghosn voulait le tout électrique et Tavares disait qu’il fallait garder le thermique ». Pour Carlos Tavares, le maintien du thermique était d’autant plus jouable qu’il restait de la marge pour « diminuer la consommation de pétrole par deux, en passant de 6 à 3 litres au 100 km » en moyenne. « Mais c’est la vision de Carlos Ghosn qui l’a finalement emporté avec, dans la balance, tout le poids de l'Union européenne. » De fait, à partir de 2021, « les motoristes européens ont commencé à changer progressivement leur chaînes de montage pour monter de la motorisation électrique afin de répondre à l’objectif 2035 ».
Les constructeurs anticipent
Depuis quelques mois, pourtant, ces mêmes constructeurs ont non seulement demandé de surseoir à l’objectif 100 % électrique en 2035, mais ils l’anticipent. Récemment, Volkswagen a mis en pause ses deux usines électriques de Zwickau et de Dresde, Porsche a annoncé son retour au thermique. De son côté, Bentley expliquait déjà, l’an passé, que « les clients des segments de prestige veulent des moteurs thermiques ».
Bien d'autres exemples font du retour actuel des constructeurs au thermique une tendance lourde. Mais si ces réalités ont été prises en compte à Berlin et à Rome, elle ne le sont toujours pas à Madrid et encore moins à Paris. Rarement l’expression « œillères idéologiques » n’aura eu autant de sens.
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79 commentaires
c’est normal se sont les bobos citadins qui ne roulent pratiquement pas qui veulent nous imposer leurs idéologies hors sol
Depuis 2018, les deux Carlos tiraient déjà la sonnette d’alarme pour annoncer la mise à mort de l’industrie automobile française. Au profit de qui ?
Quoi qu’on pense des personnages, les deux Carlos, qui ont des parcours similaires et ont travaillé ensemble, avaient réussi, pour le premier, Ghons, à hisser le groupe Renault au rang de numéro un mondial, alors qu’il était au bord de la faillite !
Macron a préféré le détruire, et nous mesurons aujourd’hui les conséquences de ce caprice d’enfant gâté (maman, il m’a mal parlé, je voulais le double de voix au conseil d’administration par rapport au capital, et il n’a pas voulu !!!) : des milliards de pertes, des milliers d’emplois en moins en France, et une dégradation supplémentaire de l’image de la France. Car n’en doutez pas une seconde, les milieux économiques étrangers connaissent parfaitement les causes réelles des déboires de Renault-Nissan.
Il en va de même pour Tavares, qui avait repris PSA (devenu Stellantis) et l’avait sorti d’une faillite certaine, tout en ne cessant d’alerter sur les dangers d’une interdiction totale des véhicules thermiques en 2035, décidée sans concertation par l’UE. Il avait même permis d’atteindre, avec le moteur diesel, des niveaux de pollution et de consommation inimaginables quelques années plus tôt, même pour les moteurs à essence.
Parti aussi, différemment, mais plus là.
Concernant Renault, nous connaissons la suite économique (heureusement qu’il reste Dacia).
Pour Stellantis, nous sommes passés de 26 à 9… charmant et efficace.
À suivre, mais il semble que nous ayons, en France, cette spécificité qui consiste à ne pas savoir garder les bons éléments.
36 M€. Rapporté au mérite, c’est beaucoup moins que le salaire du directeur général de Libération. Mais « nous » préférerons toujours des D.G de Libération.
Après l’exception culturelle, l’exception managériale à la française.
L’arnaque du siècle disait D.Trump
Ce qui veut dire que toutes les voitures Allemande, Italienne ou autres de l’UE ne pourrons plus venir en France. Les Allemands vont acheter des bateaux pour prendre des vacances en Espagne, leur pays favoris.
Eddy, les phoques et les baleines qui peuplent les îles Kerguelen ne méritent pas une telle sanction
L’avis des automobilistes et des garagistes est il pris en compte ?
La voiture électrique peu écologique, durée de vie d’une électrique bien moindre que les voitures diesel.
Il est aberrant de « mettre tous les oeufs » dans un même panier
Veulent ils revenir aux animaux de trait?
La stupidité de la voiture électrique est amplement démontrée par C. Gérondeau. Cela n’empêche évidemment pas des idéologies ignorants et adeptes de la nouvelle religion écolo de sévir, en particulier chez nous. Nous allons battre des records inégalés de stupidité dans à peu près tous les domaines au train où vont les choses. Pauvre France.
Et pendant ce temps le MEDEF prône l’arrivée de nouveaux migrants ( sans doute n’en avons nous pas encore assez ) . Si les infamies de notre Président durent jusqu’en 2027 , ce que plus personne ne souhaite , il n’y aura plus beaucoup d’industries dans ce pays pour payer les frasques dépensières de ce triste sire . Il aura fait de la France une République bananière vivant du tourisme et de petites combines . Tient on dirait l’Afrique . Quelle idée saugrenue de mettre notre pays dans les mains d’un banquier pendant 10 ans , envoyé là pour le faire entrer dans le moule européen de VDL et ses commissaires non-élus .
Evidemment la France de Macron est encore dans le camp des nuisibles, et ne voit pas que son industrie automobile est en train de mourir à cause des délires de l’U.E.
France-Espagne contre Allemagne-Italie …. on vole vers une autre victoire de l’industrie française. Et le match est même plié. L’électrique intégral a sa place, en agglomération pour l’essentiel, et sa part n’est pas de 100 %. Quant aux « expérimentations » de Vinci pour faire de la recharge par induction sur autoroute …. à 2 millions d’euros le km …. c’est plus un aveu de l’impossibilité de recharger les véhicules en masse sur les aires de service qu’autre chose.
Aux dernières nouvelles, BMW reviendrait au tout thermique. Certainement la plus intelligente des réponses à la concurrence électrique Chinoise. Non seulement ils en reviennent à ce qu’ils maitrisent parfaitement et ne cessent d’améliorer mais ils font plaisir à leurs clients. Ils ont compris que le prix de l’électricité bon marché ne serait pas pérenne. Ce qui se comprend aisément. La perte des taxes sur le thermique doit être compensée en la reportant sur l’électrique. Les clients thermiques retrouvent ainsi tous les agréments du thermique dont autonomie assurée.
Et on veut remettre les mêmes au pouvoir! c’est consternant!
D’ici 2035 il est probable que les nuisibles auront été mis hors d’état de nuire , au pain sec et à l’eau , et peut être davantage.
Macron va-t’en on en a marre de toi, part sur une iles déserte ou dans une grotte comme les moines, médite et prie pour ta repentance.
Macron a son avenir tout tracé : il faut le nommer Préfet à vie des îles Kerguelen.
La France certainement pas parce que le peuple n’est pas idiot. Cette décision d’une certaine caste, qui n’a rien à faire du désastre que cela représente déjà, n’a d’yeux de Chimène que pour une certaine Europe et leurs petits privilèges qui vont avec. Elle nous entraîne vers l’abîme en claironnant que c’est « pour la planète » pendant que nos concurrents se pourlèchent par avance de notre aveuglement.