Jusqu’où va-t-on descendre ? La défaite des Victoires de la musique !
Les éditions de cette fête des professionnels de la musique se suivent et se ressemblent, descendant d’une gamme à chaque fois. Tout ce joli petit monde, partagé entre plusieurs multinationales du disque, telle une sorte de Yalta sonore, se congratule. Sans chercher la rime riche, comme dirait l’ami Théodule, le téléspectateur, surtout quand amateur de musique, n’y trouve évidemment pas son compte ; même si le sentiment de s’être fait posséder est bel et bien là. Et c’est très logiquement que les audiences du raout en question, 41e édition du nom, sont en berne constante, ce vendredi 13 février ; encore une date qui porte la poisse.
À en croire Le Parisien, « il s’agit du pire score historique pour la cérémonie de récompenses de la scène musicale ». Même son de cloche au Figaro TV : « Avec 1.615.000 téléspectateurs en moyenne seulement (9,1 % de part d’audience, selon Médiamétrie), la retransmission en direct des Victoires de la musique sur France 2 a enregistré la plus faible audience de son histoire. » Il n’empêche que ce désastre du service public télévisuel n’a pas été perdu pour tout le monde, la chanteuse Theodora – sans « é », SVP, il paraît qu’elle y tient beaucoup – ayant empoché quatre statuettes à elle seule. Et pas que des lots de consolation, s’agissant des Victoires de « l’album de l’année », de « la révélation féminine de l’année », de la « révélation scène » et de « la création audiovisuelle ».
Fabrication d’une icône…
Mais, au fait, qui est Theodora ? Lili Théodora Mbangayo Mujinga, d’origine congolaise, est née en Suisse. Ses parents sont médecins. Elle n’est donc pas enfant de la rue, loin s’en faut, et encore moins du ghetto. À dix-sept ans, elle se lance dans la musique, forte de l’approbation de son père. Elle n’est pas plus enfant battue, pas plus qu’elle n’est victime de « racisme systémique », ayant été invitée à participer, dès janvier 2023, à l’audition générale Île-de-France des iNOUïS du Printemps de Bourges. Un an plus tard, son premier succès Kongolese sous BBL. Les paroles ? Pas tout à fait du Georges Brassens, dira-t-on : « Ouh, ouh, ouh, ouh, ouh/J’ai volé ton boo-ouh-ouh-ouh-ouh-ouh/Trop sexy/Ouh, ouh, ouh, ouh, ouh, ouh/J’ai volé ton boo-ouh-ouh-ouh-ouh-ouh […] Et mes gros seins me font souvent mal au cou/Baby boo, tu sais, je vaux beaucoup […] Et oui, oui mon cul est gros/Donc y a des daddies qui ont trop les crocs. » À lire cette poésie, on a le sentiment que cette dame souffre autant qu’elle fait souffrir la langue de Molière. C’est bien simple : à côté, les paroles de sa consœur Aya Nakamura, déjà évoquée sur ce site, c’est du Françoise Hardy. Et puis, il y a la musique, évidemment. Les moins téméraires de nos lecteurs peuvent se contenter de ceci, le Kongolese sous BBL en question :
Les plus audacieux pourront même se fader son album en entier, sorte d’expérience extra-sensorielle hors du commun. Et c’est là qu’on voit que les temps changent, et pas forcément en bien. Car avant, on pouvait écouter un album en entier sur YouTube sans être interrompu par des publicités intempestives. Désormais, et il faut bien que tout le monde puisse vivre, le même site de vidéos caviarde la musique de réclames. Seulement voilà, entre deux chansons de Theodora, on entend soudain de la musique ressemblant à peu près à de la musique et on se dit « chouette, il n’est finalement pas si mauvais que ça, son disque ». Pas de pot, il s’agit de ritournelles programmées sur ordinateur pour des publicités vantant les mérites d’entreprises de plomberie, d’agences de voyages, de poker en ligne ou de crèmes amincissantes. C’est dire le niveau de la bouse en question.
Même Le Figaro prend l’événement au sérieux : « Critiquer les textes d’Aya Nakamura ou de Theodora vaut aujourd’hui une forme d’opprobre moral. Cela sonne comme l’aveu d’une oreille réactionnaire ou, pire, d’un mépris de classe. […] L’art des paroliers n’a pas attendu Theodora pour être malmené. Dans les années 80 et 90, l’ère disco et les premiers hymnes électro, pour ne citer qu’eux, ont apporté leurs lots de rimes très plates. Même saoul, le fêtard n’est pas fier de chanter : "Tu tapes, tapes, tapes, c’est ta façon d’aimer". Rien de nouveau sous le soleil, donc. Si : quatre Victoires de la musique. »
Félicitée par le PS… c'est dire
Mais il est vrai que la Castafiore en question n’est pas que chanteuse, cumulant cet emploi avec celui de penseuse. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, elle pense bien. Soit en penchant du bon côté : celui de l’idéologie supposée dominante. Et dans le genre, c’est un véritable festival. Elle est à la fois pour Gaza et contre l’extrême droite, pour les LGBTQUIA+ (sans oublier les AZERTYUOP-) et contre le racisme. D’où ces déclarations pour le moins interstellaires, retrouvées sur sa fiche Wikipédia et qui avaient échappé à notre pourtant vigilante attention : « Je trouve que j’ai beaucoup pris à la communauté drag. En plus, la communauté LGBT+ est grave derrière moi. » Est-ce grave, docteur ? Non, quand on lit la suite : « C’est un monde que j’ai beaucoup apprécié, dans un moment de ma vie où je me renfermais sur moi-même sans m’en rendre compte. J’ai rencontré des gens qui étaient vraiment là pour s’exprimer et s’unir. Je pense que certains d’entre eux ont senti ce besoin presque paternel de venir m’aider. » Vous avez compris ? On espère, vu que l’auteur de ces lignes ramasse vos copies dans moins d’une heure.
En attendant, Theodora, c’est la France. Mieux : sa « fierté », tel que finement noté par Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste. François Mitterrand, son lointain prédécesseur, écoutait plus Barbara que Theodora. Pour la gauche, ce n’est plus une page qui se tourne mais un livre qui se ferme, en attendant que notre artiste en fasse de même.
Bravo Theodora, merci pour cet art ! Tu es la fierté de la France. https://t.co/dzAI8mtHKo
— Olivier Faure (@faureolivier) February 14, 2026
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts



































80 commentaires
A 24h près, on a échappé de peu au non hommage à Quentin…
autant pour moi ….les victoires de la musique ….c’est quoi ????
la fête de la musique ???? c’est quoi ça ???
M. Gauthier est au fait, question musique. Je ne savais pas qu’il y avait eu les dites : victoires de la musique. Ca ne m’intéresse pas beaucoup les « nouveautés » actuelles. La dernière fois que j’ai regardé à la TV une émission musicale, c’était un ( bel ) hommage à Serge Lama.
Je prépare une « Anthologie de la connerie » sa chanson y aura toute sa place.
Panot, Rousseau, Ségolène, Ersilia, Delogu, etc, etc, et même Macron… En combien de volumes vais-je pouvoir faire tenir tout ça ?
Dis donc, Mike, as-tu déjà commencé? Mets toi au boulot fissa. T’en as au moins pour trente ans à raison de 3 volumes par an.
Courage, je suis avec toi……en pensées. L’énormité de la tâche me fait frémir!
Bison
De quoi sont donc coupables la littérature et la musique pour qu’on les massacre ainsi ?
Encore enfant,Mozart passait des heures sur le clavecin de son père en quête d harmonie musicale » je combine les notes qui s aiment » disait .les victoires de la musique consacrent aujourd hui les notes qui ne s aiment pas et martyrisent nos oreilles,