In memoriam Thierry Ardisson, l’homme en noir, fidèle du Drapeau Blanc

Ardisson rappelait régulièrement que, pour lui, il n’y avait pas de salut en politique en dehors de la monarchie.
T Ardisson
Capture d'écran YT

La disparition de Thierry Ardisson m’affecte car, au-delà de la personnalité parfois controversée, je pleure l’homme sincère d’une vraie fidélité au roi. Ils ne sont pas si nombreux. Sachons leur rendre hommage.

Nous nous sommes connus un 21 janvier et Thierry est mort le 14 juillet. Deux dates ! Un clin d’œil que l’homme qui savait faire parler les mots et qui avait le sens des formules aurait apprécié. Avec ces deux dates, l’Histoire résonne et vient murmurer à l’oreille de ceux qui savent l’entendre. Car au milieu de tous les hommages qui vont lui être rendus, le mien portera sur cet aspect si particulier de sa personnalité. Il disait et rappelait régulièrement que, pour lui, il n’y avait pas de salut en politique en dehors de la monarchie. Le 21 janvier 1793 était, pour Thierry, le pire jour de l’Histoire de France : l’assassinat du roi Louis XVI, une catastrophe dont le pays ne s’était jamais remis.

Interroger les royalistes

Notre première rencontre date ainsi du 21 janvier 1983. Il était venu à la messe organisée à la mémoire du roi-martyr par l’Institut de la maison de Bourbon, comme chaque année, à la Chapelle expiatoire, et il avait tenu à continuer l’échange au-delà. Il avait en tête le livre qu’il allait faire paraître, trois ans plus tard. Pour son Louis XX, il cherchait de la documentation et il voulait interroger des royalistes. La messe en l’honneur de Louis XVI était le bon moyen d’en rencontrer. Nous avions le même âge et, ce jour-là, je l’ai accueilli et nous nous sommes sentis proches. Lui, déjà célèbre et moi uniquement fort de mes convictions. Lui à la recherche de soutien pour les siennes et moi, heureux de partager les miennes.

Pendant 40 ans, nous avons continué, bon an mal an, à nous parler et à échanger. Il y a une quinzaine d’années, il m’avait associé au projet d’un site qu’il avait intitulé La Couronne mais qui, finalement, n’a pas abouti. Je garde encore les travaux préparatoires. Les temps n’étaient pas assez mûrs et il est vrai que la France n’avait pas encore touché le fond. Si les débâcles à venir pouvaient se sentir, elles n’étaient encore pas apparentes pour tous. Et, surtout, qui voyait que les origines des maux venaient des institutions et de la rupture que notre pays avait faite avec ses institutions naturelles, la royauté ? C’est elle qui l’avait façonné progressivement depuis le baptême de Clovis à Reims en 496. Oui, les institutions qui avaient fait de la France un modèle de civilisation, mère des arts, des armes et des lois. Thierry n’était pas de ceux qui vont chercher vers un retour à l’esprit de la Ve ou la création d’une hypothétique VIe au cas où, en changeant de numéro, les choses s’amélioreraient. L’homme aux lunettes noires n’était pas aveugle. Il voulait le retour du roi. Tout le reste était vain. Un point c’est tout.

Les meilleurs rapports avec le chef de la maison de Bourbon

C’est à ce titre qu’il entretenait les meilleurs rapports avec le chef de la maison de Bourbon, le prince Louis, le successeur légitime des rois de France à qui avait été dédié son Louis XX. Contre-enquête sur la monarchie, en 1986. Sa seconde fille, Ninon, était la filleule du prince.

Depuis la parution de son dernier livre, il pensait déjà au suivant qui porterait, justement, sur la monarchie. C’était important pour lui, qui se savait plus ou moins condamné. Il voulait rendre un dernier service à son pays en lui rappelant qu’il avait un régime qui pouvait lui être utile pour l’avenir. Il m’avait dit combien il avait été marqué par ce qui s’était passé en Angleterre, après la mort de la reine Élisabeth et le sacre du roi Charles III. Il voulait transmettre ses convictions.

Thierry, mort ce 14 juillet, demeurera pour moi l’homme du 21 janvier et, plus que l’homme de la télé, celui des lys pour qui il a été un fidèle héraut.

Picture of Philippe Montillet
Philippe Montillet
Historien et juriste

Vos commentaires

25 commentaires

  1. « Un Roi pense à la prochaine génération, un président pense à la prochaine élection ». Niccolo Machiavel, 1532.

  2. Je trouve qu’on en fait beaucoup pour ce personnage pas forcément sympathique, en plus de ses addictions
    Son « humour ne m’atteignait pas vraiment, j’ai du regardé une ou deux fois car invitée, mes hôtes aimaient, bon chacun son truc , au moins j’ai une opinion

  3. Il faut bien reconnaitre que les monarchies constitutionnelles sont plus apaisées que notre république. C’est un fait…

  4. Royaliste ? je découvre ! Dans ses émissions (que j’ai peu regardées) je le voyais plutot : Gauche caviar dans l’air du temps des années 80

    • guarani 24
      Et vous avez raison…gauche caviar.. opportuniste ( Royaliste pour rencontrer du beau linge ) ..misogyne..grossier..insolent…flanqué de son acolyte Baffie..
      Né dans la Creuse, il se sentait honteux de ses origines et de sa famille
      Un mec bien quoi ?!?!?
      Qu’il repose en Paix….

  5. Paix à son âme ! Mais la dévotion postmortem à ce comédien de l’info assez vulgaire est triste car elle semble prouver que la bien-pensance bobo-parigo n’a encore pas validé l’inutilité parasite et destructrice de la nation de la caste aristo moyenâgeuse. Vive la République.

    • Ben… certes. Mais la nouvelle caste  » républicaine  » s’attribue les privilèges d’antan. Au nom du peuple bien sûr.Et puis le sang sur les mains des républicains d’antan; masscreurs sanguinaires, ne part toujours pas…

    • Je préfère une vraie monarchie qu’une république monarchique qui a gardé tous les privilèges et floue le peuple hypocritement. La France n’a été grande, riche et prospère que sous des régimes monarchiques. Vive la France !

  6. Je n’ai dû regarder que deux ou trois fois une émission de T. Ardisson.
    Mais pas plus tard que ce matin, j’ai regardé l’échange qu’il avait eu avec le Grand Rabbin Joseph Haïm SItruk en 2006. Les questions d’Ardisson, si elles étaient directes, étaient pertinentes et à la hauteur des réponses du Grand Rabbin de France.
    Quant au royalisme, si être membre de la Maison de Bourbon oblige encore, pourquoi pas ? La République, même la Ve, sent vraiment le faisandé.

    • Si la monarchie a été abolie à l’époque c’est parce que ce régime était bien plus faisandé que ne l’est notre république aujourd’hui. La convocation des états généraux en a été la preuve (les caisses étaient vides, et le roi voulait augmenter les impôts du tiers état, ça vous rappelle quelque chose ?).

      • Pauvre Louis XVI, bouc émissaire. La révolution a été initiée par les francs-maçons, par des aristocrates, soutenus par le gros Provence, qui voulait prendre la place de son frère. C’est sûr que s’il avait été au pouvoir, ça ne se serait pas terminé comme ça! Le roi avait trop l’amour de son peuple pour utiliser la force pour le mater. Et les caisses vides, c’est surtout l’expédition d’Amérique qui les a vidées.

      • @Philiberte : il est toujours plaisant et réconfortant de constater que des cerveaux fonctionnent encore. Puisse d’autres se réveiller et relire la véritable histoire de France afin d’en mieux comprendre la similitude avec notre situation actuelle. La survie de la Nation est à ce prix.

  7. Laissons donc ce monsieur d’une vulgarité affligeante reposer en paix et loin, très loin, de notre mémoire. Quant à savoir si « sucer c’est tromper » … Ardisson, nein danke .

    • Renny Jacquemart
      C’est bien la seule chose qu’on retiendra de ce bonhomme..
      Avec son sempiternel « magneto serge !!  »
      Ses émissions avaient du succès grâce aux invités..qu’il malmenait allègrement, surtout les femmes…
      Pitoyable..(Que Dieu ait pitié de lui…)

  8. Sincèrement, je ne comprends pas l’adulation dont ce monsieur est l’objet dans nos milieux. Les deux ou trois fois où je l’ai vu ou entendu (chez moi on a mis la télévision sur le trottoir il y a vingt ans, à la naissance de notre aînée), je n’ai vu et entendu que vulgarité et rires gras et bêtes, de sa part comme de celle de son binôme. Une sorte de Coluche de la pire époque.
    René Clémenti

    • Parce que c’est la mode, quand un individu décède, de lui tresser des couronnes quand il est de gauche et de lui cracher dessus quand il est de droite. Et Ardisson le « soit disant royaliste  » à su se rattraper au dernier moment avec ses sorties sur Gaza, et gagner l’admiration ad vitam eternam du peuple gaucho.

    • D’accord avec vous, je n’aimais pas vraiment le personnage, et son « niveau » mais chacun son truc
      Voire antipathique, bon il a mal fini sa vie , cancer du foie ça ne pardonne pas mais bon la consommation de substances y était sans doute pour quelque chose

      • @Stroumphette65 : entièrement en phase avec vous ; ceux qui l’on réellement connu et côtoyé peuvent témoigner de la réalité du personnage. Ses démonstrations télévisuelles ne sont qu’un pâle reflet d’un individu qui a uniquement navigué et utilisé les courants du moment. Brûler la chandelle par les deux bouts lui a finalement été fatal.

      • Stroumphette65
        « Antipathique « …pour moi c’est une litote
        J’aurais plutôt dit ..Exécrable !!

    • Nettoyer les fausses apparences en remettant les choses en place peuvent parfois aider à la compréhension de ce monde…à condition de le vouloir.

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