Hébergement d’urgence des migrants à l’hôtel : la facture est faramineuse

Selon le SAMU social de Paris, 90 % des personnes qu'il héberge à l'hôtel ont une nationalité étrangère.
©shutterstock_editorial_507394954
©shutterstock_editorial_507394954

1,2 milliard d’euros. Chaque année, l’État dépense 1,2 milliard d’euros pour héberger des migrants, souvent en situation irrégulière, à l’hôtel, faute de places suffisantes dans les centres d’hébergement d’urgence. Ce montant, calculé par Europe 1, a de quoi indigner bon nombre de Français. Marion Maréchal, la première, juge scandaleux qu’« une chambre d’hôtel sur dix [soit] réquisitionnée et payée par l’État pour loger des migrants ». « Si vous voulez baisser les charges sur les salaires, il faut réduire l’assistanat et, donc, le coût de l’immigration », explique ainsi la présidente d’Identité-Libertés, au micro de LCI, ce 19 septembre. Une analyse partagée par Éric Ciotti (UDR) qui, pendant la dernière campagne des législatives, appelait également à agir sur ce levier pour « faire des économies sur le coût de l’immigration ».

24 millions de nuits d’hôtel financées par l’État

Des structures d’hébergement saturées. Déjà, en 2019, un rapport parlementaire confirmait « la saturation des dispositifs d'hébergement d'urgence, malgré une augmentation continue des capacités du parc et de son financement ». Six ans plus tard, la situation ne s’est pas améliorée, loin de là. En effet, selon l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), « si l’hébergement à l’hôtel était marginal, avant les années 2010, celui-ci a été massivement utilisé […] au cours de la crise sanitaire de 2020 ». Depuis, la barre des 60.000 nuitées d’hôtel payées par l’État quotidiennement est largement dépassée. Au 31 décembre 2022, l’État français s’est ainsi retrouvé contraint de réquisitionner plus de 67.000 chambres d’hôtel afin de pallier le manque de places dans les structures d’hébergement d’urgence dites généralistes. En 2024, l’IGAS comptabilise en moyenne 65.000 chambres louées, chaque nuit, par l’État. Au début de l’année 2025, 64.000.

Le calcul de la facture est simple. Chaque année, l’État finance plus de 24 millions de nuit d’hôtel pour un coût moyen de 19,09 euros par nuit. Ce à quoi il convient d’ajouter les différents frais inhérents à la réservation. Le milliard d’euros dépensé par l’État est alors rapidement dépassé…

Poids important de l’immigration

Reste la question du poids de l’immigration. Selon la loi, ces hébergements d’urgence ont vocation à accueillir « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale ». Ainsi, toute personne sans domicile fixe peut en théorie demander un hébergement d’urgence. Mais comme le notent les auteurs du budget 2024, « dans de très nombreux départements, le dispositif d’hébergement généraliste doit faire face à des flux migratoires difficilement maîtrisables ». « L’augmentation des publics à situations administratives complexes (demande de titre de séjour en cours, déboutés de la demande d’asile ou de titre de séjour) explique le recours aux places d’hôtel, leur situation ne permettant pas de les orienter vers le logement adapté. »

Selon plusieurs sources, il apparaît ainsi que les migrants, notamment les clandestins, occupent la majorité des chambres d’hôtel réservées par l’État. Le Secours catholique, l’un des opérateurs à qui l’État délègue la gestion de ces hébergements d’urgence, note ainsi que parmi les personnes hébergées à l’hôtel en Île-de-France, 67 % sont d’origine étrangères (hors Union européenne), dont 53 % n’ont pas de titre de séjour valide. Dans une enquête menée en 2022, le SAMU social de Paris explique, de son côté, que 90 % des personnes qu'il héberge à l’hôtel ont une nationalité étrangère (hors Union européenne). Parmi eux, 45 % sont en situation irrégulière et 17 % ont une situation régulière précaire (demande d’asile en cours, titre de séjour court…).

Comme le note l’IGAS, ce système, très onéreux, ne peut être pas viable. Or, la facture pourrait continuer d’augmenter, alors que les étrangers en situation irrégulière sont de plus en plus nombreux, en particulier en Île-de-France… Lors de l’examen de la loi Immigration, les députés avaient tenté de soumettre l’attribution d’un hébergement d’urgence à certaines conditions (ne pas être débouté du droit d’asile ni visé par une obligation de quitter le territoire français). Mais le Conseil constitutionnel avait finalement censuré cet article…

Picture of Clémence de Longraye
Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

114 commentaires

  1. Etrangers en situation irrégulière = hébergement d’urgence en prison. Tout au moins dans un état de droit qui se respecte.

  2. Quel que soit le montant total de cette facture, le gouvernement et son Président de la République s’en fichent complètement , car ce sont les contribuables actuels et leurs enfants , et même petits enfants qui, paieront . Ces mêmes personnages ne seront plus là pour se justifier .
    Elle n’est pas belle la vie ?

    • La France est un pays formidable. Surtout si vous venez sans y être invité, sans papier. C’est là que vous serez le mieux reçu : hébergement gratuit, soins médicaux, aides sociales, avocats, et j’en passe.
      Par contre, si vous venez légalement, tout sera à votre charge.
      Je crois que je vais jeter mes papiers d’identité, elle est pas belle la vie pour les clandestins… seulement.

  3. Mais interdit d’essayer de chiffrer le cout total de l’immigration , il faut ajouter aux frais d’hébergement à l’hôtel , les subventions versées aux associations qui aident les migrants , les diverses aides versées aux migrants , l’AME , les fonctionnaires qui travaillent pour l’immigration , forces de l’ordre , magistrats , enseignants ….

    • …les coûts de maintien de l’ordre, de justice, de détention, de saccages lors des émeutes, les multiples dégradations quotidiennes dans les écoles, églises, cimetières, etc, etc…, présentes et à venir.

    • Les traducteurs aussi parce que bizarrement ils ne comprennent plus rien quand ils sont arrêtés pour des méfaits plus ou moins graves, les mineurs enfin mijeurs qui nous coutent 50.000 par an chacun, additionnés bout à bout c’est 100 milliards, des richesses pour la France qu’on nous dit sans cesse, c’est plutôt le tonneau des Danaïdes …..

  4. L’immigration , la droite veut la limiter au strict nécessaire , et je l’approuve , la gauche veut un accueil sans limite .
    Mais , les patrons qui veulent des salaires le plus bas possible , pour gagner le plus d’argent possible , adorent l’immigration , et pourtant , en majorité ils sont plutôt à droite . Apparemment les patrons vivent très bien cette contradiction .

  5. Hommage appuyé et reconnaissance à BV qui, au fil de ses passionnants articles et autres interventions médiatiques rappellent, listent, soulignent les faits marquants du passé, palliant ainsi nos défaillances mémorielles. Au gré des découvertes révoltantes qui, peu à peu émergent des fonds obscurs de l’Etat profond socialiste, il sera sans doute bientôt salutaire de publier, chiffres et faits concrets à l’appui, la triste réalité des spoliations du peuple français.

    • C’est la seule solution! Et aucune aide à tous ceux qui passeraient au travers des mailles du filet. Nous avons bien une île ou deux en guise se de salle d’embarquement pour le retour chez eux. Désolée!

  6. Un Trump XXL ne serait pas de trop en France , il y a tant à faire car pour celui où celle qui voudrait avec de la volonté … s’y atteler , c’est avec la tronçonneuse de marque Mileï .

    • Soros , une curiosité , juif hongrois devenu américain et milliardaire , et , il consacre sa fortune à aider l’immigration en Europe , immigration majoritairement musulmane , étonnant non ?

    • et si on commençait déjà par la construction de prisons et de centre de redressement pour mineurs ?
      ça devrait reduire significativement le besoin de constructions hotelières…..

    • NON. C’est comme les coucous, on nous jettera hors du nid pour prendre notre place. C’est déjà dans les projets… Chacun aura droit à X mètres carrés pour vivre et le reste sera redistribué…En URSS, ça s’appelait des appartements communautaires, collectifs. Elle est pas belle la vie qui nous attend. Ce sera le « Vivre ensemble »…

      • Perso j’ai un chalet de trois pièces et le bois sa brule très bien. Je dormirais en prison, nourri, logé, blanchie.

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

J’ai dénombré dix coups portés à la tête de Quentin Deranque par des antifas
Jean Bexon sur Sud Radio

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois