Guerre en Ukraine : bientôt des mercenaires français, genre milice Wagner ?
Une rumeur circule depuis quelques jours sur les réseaux sociaux : la France se préparerait tout simplement à envoyer des mercenaires en Ukraine, genre milice Wagner en Afrique. La preuve ? Le Premier ministre Sébastien Lecornu, sur le rapport de Catherine Vautrin, ministre des Armées, a pris, le 31 octobre dernier, un décret permettant à l’État de désigner des « opérateurs de référence du ministère des Armées » qui peuvent se voir confier, dans le cadre de l'assistance à un État partenaire, « des missions de formation, d'entraînement, de maintien en condition opérationnelle ou de soutien ». En fait, par ce texte, la France se dote d'un cadre réglementaire pour pouvoir agir dans la même cour où jouent Britanniques et Américains (et même les Suisses) depuis de nombreuses années, et ce, afin de renforcer sa capacité d'action dans le domaine de la défense.
Rien de nouveau, en fait
L’objectif est en effet de « répondre aux besoins de la France en matière de coopération internationale militaire et de préserver ses capacités opérationnelles ». L’assistance de la France dans les domaines cités, à des pays avec lesquels la France a des accords de coopération ou de défense, a toujours existé. Faire appel à des sociétés privées qu’on appelle « sociétés militaires privées » (SMP) ou plutôt, en France, « entreprises de services de sécurité et de défense » (ESSD) n’a rien de nouveau, non plus. Cette pratique a cours depuis de nombreuses années. Elle permet, effectivement, de préserver les capacités opérationnelles de nos armées en faisant appel à des prestataires extérieurs plutôt que de détacher des militaires de nos forces armées.
Que ce décret tombe à pic au moment même où Emmanuel Macron s’agite pour que, une fois le cessez-le-feu signé, la « coalition des volontaires » déploie des troupes en Ukraine afin de garantir ce cessez-le feu et pour soutenir l’Ukraine dans la « régénération » de son armée, ne peut être nié. De quoi alimenter la machine à suspicion envers un exécutif qui n'a pas la confiance des Français. Mais de là à dire, comme on le lit ici et là, que la France va envoyer des mercenaires en Ukraine, pour contourner le Parlement, il y a une marge.
Mercenariat : interdit par la loi
D’abord, parce que – on l’ignore peut-être - une loi de 2003 punit la participation à une activité de mercenaire. Et, selon cette loi, qu’est-ce qu’un mercenaire ? C’est une « personne, spécialement recrutée pour combattre dans un conflit armé et qui n'est ni ressortissante d'un État partie audit conflit armé, ni membre des forces armées de cet État, ni n'a été envoyée en mission par un État autre que l'un de ceux parties au conflit en tant que membre des forces armées dudit État ». En clair, un citoyen français (n’ayant pas la double nationalité ukrainienne), individuellement ou par le biais d'une société, qui irait combattre dans les rangs de l’armée ukrainienne (ou russe, d’ailleurs) commettrait un délit.
Le décret du 31 octobre précise bien que les missions qui seraient confiées à ces opérateurs relèvent de la formation, de l’entraînement, du maintien en condition opérationnelle ou du soutien et non du combat. Certes, on peut s’interroger sur les missions de maintien en condition opérationnelle et de soutien. En effet, les unités logistiques modernes (réparation, transport, ravitaillement, évacuations sanitaires ou des matériels endommagés, antennes chirurgicales) agissent et opèrent au plus près des zones de combat et, donc, sont soumises aux feux ennemis. Il suffit de voir les dégâts que font, aujourd’hui, les drones en Ukraine. À ce titre, ces formations de soutien sont des unités combattantes.
Un décret qui borde les choses
Par ailleurs, ce décret a le mérite, finalement, de clarifier les choses et même de les border. Déjà en 2012 (donc bien avant qu’on ait eu cette idée folle d’inventer Macron…), un rapport parlementaire bipartisan (un député UMP, un député socialiste), salué à l’époque par le président de la commission de la défense nationale et des forces armées, le très droitier Guy Teissier, soulignait que « les ESSD sont devenues des acteurs incontournables de la sécurité internationale ». Du reste, ce rapport dénonçait les « confortables idées reçues sur le mercenariat » qui, « trop longtemps », ont « contribué à occulter » des secteurs d’activité très variés allant du conseil et ingénierie en sécurité au soutien à nos forces armées. Il insistait, néanmoins sur la nécessité de légiférer en mettant un place « un système d’agrément des sociétés et des employés ». Nous y sommes. Et d’adopter pour l’État, en tant que client, « une stratégie d’ensemble pour accompagner la structuration du secteur ». L’État stratège ? Ça, c'est une autre affaire...
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35 commentaires
Croire qu’aucun ressortissant européen n’est pas (n’est plus, ne serait plus, aurait été….) « en service » dans les services de défense ukrainiens appartient à chacun en fonction de ses sources d’information….
Le père macron essaie par tous les moyens de s’immiscer dans ce conflit il est prêt encore une fois à nous ridiculiser.
Quand j’étais petit mes parents m’ont appris qu’on ne joue pas avec les allumettes.
Et c’est nous qui allons payer ? ces mercenaires !
si c’est du type wagner…..on voit ce qu’ils font en afrique subsaharienne ! des viols, des vols, des charniers…..
quelle belle image de la France on va donner !!!!
pas en mon nom
Pas la peine. Ce sera avec vos sous.
Notre Occupant élyséen tient à tout prix a montrer au monde entier , que la France a un rôle capital dans le respect du cessez-le feu mettant temporairement fin au conflit russo-ukrainien . Conscient que ce rôle est très secondaire , la présence de personnels représentants la France même sans armes ( Une sorte de FINUL spectatrice ) serait pour lui , qui se rêve en chef de guerre , un pas vers la réalité guerrière .
Nos actuels gouvernants inventent des problèmes avec la Russie pour ne pas s’occuper de ceux existants en France.
Il semblerait que Macron veuille également inventer la troisième guerre mondiale. À force de jouer avec le feu…
L’objectivité et la précision de votre article ont échappé – comme souvent – à la majorité des commentateurs de ce texte. Ils n’y ont trouvé que matière à conforter leurs a priori et c’est bien regrettable ! Difficile de se faire comprendre comme l’a constaté le général Mandon …
Le problème, c’est qu’un décret ça se remplace par un autre. Ensuite, il y a fort à craindre que l’exécutif macron ne soit pas apte à gérer ce type de formation. Enfin, avec quel argent, nous ne sommes déjà pas capable d’assurer la sécurité sur notre territoire faute de moyens.
Un citoyen français ( sans avoir la double nationalite) commetrait un délit. Loi 2003.. a l instar des sportifs, il n est pas interdit à ce citoyen voulant combattre pour l Ukraine de demander à l Ukraine la nation.alite ukrainienne. Et donc..
Comment, qui, pourquoi, pour qui et avec quel argent ?????
Bref des tueurs à gage non anonymes avec le nom de leur commanditaire…