Gaîté Lyrique : l’addition salée d’une posture bien-pensante

Paralysée cinq mois, la Gaîté Lyrique s’effondre… et accuse la mairie de trahison.
©Jean Bexon.
©Jean Bexon.

La Gaîté Lyrique a essuyé une véritable « douche froide », selon les mots de sa direction, dans un communiqué publié jeudi 15 mai. L’établissement culturel envisage désormais un dépôt de bilan, après cinq mois de paralysie ayant pour cause l’occupation de ses locaux par environ 400 migrants et pour conséquence un déficit de trois millions d’euros. Mais, surtout, la ville de Paris a annoncé qu’elle refusait de « participer au redressement économique » de la structure, malgré un engagement initial du maire Anne Hidalgo, toujours selon les équipes de la Gaîté Lyrique. Une situation que la direction dénonce mais qui, sans son refus initial d’agir face à l’occupation des lieux par 400 « jeunes », aurait sans doute pu être évitée.

Des mots, des mots, toujours des mots...

L’établissement, qui se présente comme un « lieu de création artistique et d’engagement », appartient à la ville de Paris. Il semble aujourd’hui payer le prix des postures politiques d’élus prompts à promettre mais absents lorsqu’il s’agit d’agir. La direction affirme que « le conseil municipal de Paris avait pris plusieurs mesures » de soutien exceptionnel. Elle dénonce désormais la décision de la ville de « ne pas apporter son soutien économique pour la réouverture du lieu », fermé depuis le 17 décembre 2024, « comme elle s’y était pourtant engagée à de nombreuses reprises ». Si la mairie a bien commencé à verser sa subvention annuelle de 3,3 millions d’euros, elle n’ira pas au-delà. Résultat : 80 emplois menacés et une mise en demeure adressée à la collectivité par la Gaîté Lyrique SAS.

 

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Un choix assumé, une responsabilité niée

Si cette volte-face indigne aujourd’hui les équipes de la Gaîté Lyrique, qui avaient réuni en février 3.400 signatures en soutien à l’établissement, la position prise par leur directrice Juliette Donadieu dès le début de l’occupation interroge.

Visiblement plus soucieuse de préserver l’image d’un lieu opposé à « la fragmentation sociale, les divisions, l’affrontement » que de défendre son établissement et ses salariés, Juliette Donadieu avait choisi de ne pas faire appel aux forces de l’ordre, dans les 48 heures suivant l’arrivée du Collectif des jeunes du parc de Belleville, comme la loi l’y autorisait pourtant. Celle qui disait regretter « le caractère subi et soudain de cette occupation » avait toutefois rappelé « la légitimité de la revendication du collectif visant à obtenir un toit » pour ceux qui se prétendaient « mineurs isolés », bien que non reconnus comme tels par l’Etat.

« Il est impensable, au risque de les mettre en danger, de rejeter ces personnes à la rue, au milieu du mois de décembre », avait-elle alors déclaré, espérant certainement faire pression sur le gouvernement et la ville de Paris pour trouver un hébergement à ces clandestins, toujours plus nombreux au fil des semaines. En février, devant une situation devenue « explosive », marquée par des violences croissantes « en gravité et en fréquence », elle en appelait encore à l’État. Mais ce dernier n’avait pas cédé au chantage des associations et de la Gaîté Lyrique. Lorsqu’il avait procédé à l’évacuation des plus de 400 migrants, leur proposant des situations d’hébergement d’urgence à travers la France, Juliette Donadieu avait dénoncé, à travers un énième communiqué, une situation « déplorable » dont elle et ses équipes ne se « satisfaisaient pas ».

 

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Un pari moral… payé cash !

Juliette Donadieu pensait sans doute obtenir en retour une reconnaissance morale pour son attitude humaniste et le soutien financier des pouvoirs publics pour remettre l’établissement sur pied. Mais le pari de la bien-pensance s’est retourné contre elle.

Aujourd’hui, la directrice demande aux contribuables de réparer les conséquences d’un choix assumé mais lourd de conséquences : celui de sacrifier la viabilité économique de la Gaîté Lyrique sur l’autel d’une posture politique. La ville, elle, a choisi de s’en laver les mains.

Vos commentaires

63 commentaires

  1. Comme si l’État, ou même la Ville de Paris, ne disposait pas d’édifices non ou mal utilisés à mettre à disposition des « nécessiteux » sans heurts pour l’emploi de quiconque, sans dommages financiers, sans conflit ! Mais non ! Sous prétexte de motivation sociale (une posture d’une hypocrisie sans nom en réalité) on laisse s’installer l’inacceptable et l’on s’en lave les mains ensuite alors que la situation est devenue purement incontrôlable, le tout aux frais du contribuable….ou comme disait ce cher président Hollande : c’est gratuit, c’est l’État qui paye ! Honte à tous ces non-intervenants. Ils sont responsables et coupables.

  2. Elle aurait du se méfier la directrice de l’établissement car avec 8 ou 10 milliards de dettes la Mairie Paris ne serait pas pressée de rembourser et le piège vient de se refermer sur les bien-pensants par leurs amis bien-pensants. C’est formidable. Mais ne vous inquiétez surtout pas ils iront voter comme un seul homme pour les mêmes bien-pensants, on ne change pas une équipe qui perd zut alors.

  3. Juliette Donadieu pourra s’inspirer des saines paroles de Bossuet et comprendre que Dieu se rit des hommes qui chérissent les causes dont ils regrettent les conséquences.

  4. Comment ça ! Ils n’ont pas donné un coup de balais avant de partir ? Ils n’ont pas dit merci ? Je plains le contribuable parisien qui devra payer la facture. Pour les bobos désappointés… Je serai plus réservé.

  5. Il faisait très froid cet hiver, pour la première fois j’ai vu un gauchiste avec les mains dans ses propres poches.

  6. Illustration parfaite en matière de responsabilité sous régime macronien. On bavarde, on joue les grands seigneurs, à l’arrivée, le contribuable doit payer.
    La meilleure solution dans ce temps où l’immeuble n’est pas totalement dégradé, c’est de vendre avec les dettes et le coût de la rénovation en l’état, c’est à dire à très bas prix afin d’épargner le contribuable.

  7. Ils l’ont cherché, ils l’ont eu, mais ça n’est pas aux contribuables de payer les errements doctrinaires d’une poignée de bobos nantis , gavés d’argent public.

  8. C’est cela, c’est beau la France, la générosité avec l’argent des contribuables ! Et ces associations, pourquoi ne financent – elles pas au moins une partie des dettes ?

  9. En tant que contribuable parisien, je n’ai pas d’objection à la fermeture définitive de cette salle de spectacles.

  10. tiens, pour une fois je suis d’accord avec Hidalgo! La directrice a choisit? qu’elle assume. Ç a servira peut être d’exemple aux autres !

  11. Bah ils étaient pourtant bien d’accord d’accueillir « ces pauvres migrants », bah débrouillez maintenant, le gauchisme on voit les résultats ! La mairie de Paris leur fait quand même un coup pas top , pourtant eux aussi pro migrants, que se passe t il ? Enfin en tous cas leurs « ennuis » franchement je m’en moque. Et je suis polie

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