Faudrait-il sauver France Culture d’une privatisation ?

Sa ligne éditoriale est plus pernicieuse : en se nimbant d’une aura scientifique, elle distille sa doxa bien-pensante.
© Wikimedia Commons / Zairon
© Wikimedia Commons / Zairon

Resterait-il quelque chose à sauver, dans le paquebot de Radio France ? C’est en tout cas ce que certains semblent croire : France Culture serait nécessaire pour transmettre un savoir impartial et neutre au milieu de notre actualité polarisée et fourmillante de « fake news » à « débunker ». Angélisme ou naïveté, France Culture n’échappe pourtant pas à la règle et sa ligne éditoriale serait même encore plus pernicieuse, puisque c’est en se nimbant d’une aura scientifique et donc, par essence, sans parti pris que la radio distille sa doxa bien-pensante. C’est ainsi que, sous couvert d’une haute question philosophique - « Peut-on se réjouir de la mort de quelqu’un ? » -, voilà Jean-Marie Le Pen et Charlie Kirk mis sur le même plan qu’Oussama ben Laden : il faut vraiment n’avoir honte de rien !

 

La déconstruction comme ligne éditoriale

Pourtant, pour sa rentrée, France Culture nous avait promis la lune : « Alors que l’actualité s’emballe et que les certitudes vacillent, France Culture aide toutes et tous à décrypter le réel pour appréhender le monde. Cette exigence d’éclairer, de questionner et de raconter anime notre projet éditorial, entre information rigoureuse, débats passionnés, savoirs vivants et récits puissants. » Il y avait là de quoi se réjouir sincèrement, pour le contribuable : son argent serait employé au bien commun, au débat des idées, à la diffusion du savoir. Alors, depuis ces grandes annonces, Nicolas en a-t-il pour son argent ? Rien n’est moins sûr ! Il n’est même pas nécessaire, d’ailleurs, de fouiller bien loin : les dernières émissions proposées en podcast [baladodiffusion, NDLR] sont un florilège de ce que peut offrir de meilleur l’idéologie de la déconstruction. Digne Héritière des Cultural Studies, France Culture offre à ses auditeurs un véritable militantisme académique sous couvert d’analyse et de décryptage.

Ainsi, dans sa série « Écrire l’Histoire de France, mode d’emploi », deux historiens, Patrick Boucheron et Gérard Noiriel, vous décrivent « l’histoire d’un pays pluriel qui n’a ni identité figée ni origine commune », et dans cette émission, Patrick Boucheron présente un ouvrage formidable concocté « avec près de 149 historiennes et historiens » qui « prônent une conception pluraliste de l’Histoire en réponse à "l’étrécissement identitaire" qui domine aujourd’hui le débat public ». Voilà qui est clair, vous ne pourrez pas dire que vous n’étiez pas prévenus ! Christophe Colomb n’est pas épargné, lui non plus : « L'un des personnages les plus mythifiés de l'Histoire occidentale a longtemps bénéficié de son aura de grand navigateur, au détriment de l'homme colonisateur, ayant soif d'or et d'épices, pratiquant l'esclavage, massacrant les Indiens... » On vous a dit déconstruction, rien n’échappe au bulldozer France Culture.

Un relativisme dogmatique

En 2024, Le Figaro Magazine, en s’appuyant sur une étude de l’Institut Thomas More, avait déjà dénoncé ce parti pris idéologique au profit des idéaux de gauche, et même si France Inter était désignée comme la chaîne « dont l’orientation politique et idéologique est la plus marquée, avec 32 % de participants répondant à la qualification "socialiste et progressiste" », France Culture, malgré ses grandes promesses de neutralité scientifique, ne pouvait pas tellement se prévaloir de mieux. S’il faut tout déconstruire, ne mettre aucune règle et faire du relativisme un dogme, on comprend mieux comment Charlie Kirk et Jean-Marie Le Pen se retrouvent sur la même ligne qu’Oussama ben Laden : au nom de quoi se réjouir de leur mort serait-il moins légitime que de fêter celle d’un terroriste à l’idéologie mortifère et aux centaines de morts ? Rassurez-vous, comme l’expliquait Sibyle Veil, la présidente de la maison ronde, à la commission culture du Sénat, le 8 octobre dernier, « les équipes de la radio publique développent un nouveau "baromètre" en s’appuyant sur l’IA » pour mesurer le pluralisme sur ses antennes. France Culture sera-t-elle mieux notée que les autres chaînes ? Encore une fois, tout dépend de la neutralité de ladite IA…

Qu’à cela ne tienne, France Culture l’a promis, fin août : cette année, la radio « affirme son rôle de média de référence, accessible et vivant, pour nourrir votre curiosité, vous surprendre, vous émouvoir et vous rassembler ». On se demande quand même qui la radio espère encore fédérer, à force de s’employer, ouvertement ou à mots couverts, à déconstruire au nom du savoir tout ce qui constituait, naguère, l’ossature culturelle et symbolique française.

Vos commentaires

48 commentaires

  1. Quand on voit ce qu’on a fait à ‘La Furia’ créée par Laurent Obertone, on est en droit de ressentir une crainte certaine pour la liberté d’expression de la droite. La gauche, elle, est bien protégée par tous ces bien-pensants. Elle n’a aucun souci à se faire. Selon que tu es de gauche ou de droite, la différence de traitement qu’on t’inflige est palpable.

  2. Ce que vous écoutez à radio france ou à france culture c’est ce que les allemands écoutaient en 1933 sous le régime nazi.

  3. Il faut privatiser tout le public, et ne garder qu’une chaîne de TV publique orientée uniquement sur l’info :une émission à 13 h et une autre à 20 h… Aucun autre programme;sauf événement particulier

    • La retransmission des évènements sportifs par le service public permet de voir ces programmes gratuitement, enfin pour pas plus cher que ce que l’on paye déjà.

  4. Bien sûr que oui il faut privatiser les médias publics propagandistes de la bien pensance mais jamais inquiètes par un autre machin à dissoudre qu’est l’ARCOM.

  5. DEI : Diversité, Egalité, Inclusion. La devise des gauchistes et des centristes wokes. M.Trump a bien désigné ce mal qui nous ronge de l’intérieur.

  6. Ces historiens ont raison de dire que la France est un « pays pluriel qui n’a ni identité figée ni origine commune » , nous gardons 2.5 à 4% d’ADN néanderthalien, les Celtes arrivés ils y a 2 600 ans se sont mélangés aux locaux, Marseille était une colonie phénicienne, les francs ont colonisé l’actuelle Champagne et Picardie , les bretons sont des celtes réfugiés de la grande bretagne lors des invasions vikings, ces derniers s’étant aussi installés en Normandie. Ces ethnies et cultures se sont mélangées au fil des siècles pour former la France, fort heureusement en gardant un partie de leur spécificités régionnales. Oui, corses, basques, savoyards, bourguignons, bretons sont pluriels mais partagent aujourd’hui une culture commune ,une histoire commune, une religion commune, une langue commune très différente des cultures africaines et du moyen orient. Petite remarque, les secondes et troisièmes générations issues des réfugiés arméniens, vietnamiens, cambodgiens brandissent ils des drapeaux de leurs pays d’origine lors de match de foot, font ils partie des casseurs dans les manifestations, ont ils la haine de la France, nous ont ils imposé les lois de leur religion, leur coutumes, peuplent ils nos prisons ?

  7. J’ai beaucoup écouté France Culture mais j’ai complètement arrêté il y a une douzaine d’année, ne supportant plus le catéchisme progressiste qui s’y était installé. Par contre, s’il y a une radio du service public à conserver, c’est France Musique, même si la qualité a un peu baissé ces dernières années.

  8. Le Citoyen qui n’écoute jamais France Culture et déteste l’islamo-gauchisme ne peut être foncièrement mauvais.
    A l’opposé, on peut se questionner sur ceux qui font l’audience de cette radio étatique.
    La messe le dimanche, pour une radio d’un état laïc, déjà, « ça craint sévère » dirait un djeune, de ceux qui n’écouteront jamais France- culture. Pour TOUT le reste des programmes, les critères de sélection des animateurs, c’est de la veine des autres radios « publiques » gérées par l’état.
    Et leur « efficacité  » tant structurelle qu’économique est plus que discutable. Radio France est en faillite… comme France télévision d’ailleurs.
    Et avec 10.000 employés, selon la presse, quasi fonctionnaires, très bien payés pour leur travail de prosélytisme du mondialisme versus woke, c’est plus que le personnel cumulé de TOUTES les radios privées, dites libres, émettant en France.
    Ah si! Il y a France bleu! Chroniques des faits divers locaux et autres déclaration d’élus en mal de notoriété…et « M’ame Michu qui a causé dans le poste ». Faut-il consacrer autant d’argent de nos impôts à cette « activité socialo-démago » ?
    La privatisation de ces chaines de radio… et de télé, réclamée par la droite républicaine va s’imposer rapidement. Et « l’obligation de résultats » aussi.

    • Les émetteurs de Radio France disposent d’une couverture bien supérieure à la concurrence (toujours grâce à nos impôts) donc mécaniquement plus d’audience, le reste est à l’avenant. Sinon j’aime bien les infos locales.

  9. Puisqu’ils sont tellement pour la dé construction il devraient approuver la privatisation. Déconstruire le public.

  10. Encore un exemple des femmes au pouvoir. Après Ernotte à France Télé, après Lauvergeon à Areva, après Hidalgo à Paris,……. l’idéologie est au pouvoir au détriment de l’efficacité et de la croissance. Rappelons aussi que l’arrivée des femmes au gouvernement (Veil en 74) correspond au début de l’endettement de l’état français.

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

Traitement des violences sexuelles à Paris : une partie des médias est soumis à la gauche
Gabrielle Cluzel sur CNews

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois