Entre homos et trans, le torchon LGBT brûle

En désaccord sur la place accordée à la question trans, une ligue homosexuelle claque la porte du mouvement LGBT.
@Arthur zKrause/unsplash
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Un tournant, dans l'histoire du mouvement « LGBTQIA+ » ? Ce 20 septembre 2025, une organisation internationale a publié un communiqué annonçant sa rupture avec ce qu'elle appelle « l'establishment LGBTQ+ ». On doit cette initiative à la LGB Alliance, une ligue de collectifs lesbiens, gays et bisexuels présents dans 18 pays dont la France, qui a décidé de reprendre son indépendance et marquer son désaccord sur la question trans. Pour l'organisation, le but est de recentrer les luttes sur les droits basés sur l'orientation sexuelle, dévoyées selon elle au profit de la fameuse « identité de genre ».

La question des enfants se trouve au centre de leur exaspération. « Nous déclarons notre indépendance du mouvement LGBTQ+ pour en finir avec la transition des mineurs », déclarent ces militants. En France, le sujet a fait débat, l'année dernière, après qu'une proposition de loi portée par les Républicains et adoptée par le Sénat a exigé l'encadrement des pratiques médicales pour les mineurs en questionnement de genre. Il faut dire que le nombre de consultations a nettement augmenté chez les moins de 18 ans, ces dix dernières années. En 2020, on dénombrait un peu moins de 9.000 personnes suivies en affection longue durée (ALD) pour transidentité. Parmi elles, 294 mineurs, contre 8 en 2013. Ces enfants sont-ils réellement en mesure de consentir librement à des traitements hormonaux ou chirurgicaux aux effets souvent irréversibles ? La LGB Alliance pense que non.

Les dérives de l’intersectionnalité

Depuis sa création en 2019, la LGB Alliance a fait du rejet du transgenrisme sa marque de fabrique. Elle défend une position « critique du genre », affirmant que « les lesbiennes, les gays et les bisexuels se définissent comme attirés par le même sexe » et que ce droit est menacé par « des tentatives visant à engendrer une confusion entre sexe biologique et notion de genre ». Aujourd'hui président de LGB International, Frederick Schminke a précisément créé l'Alliance LGB en France en 2024 pour défendre les droits fondés sur le sexe. Une approche en totale opposition avec l’Inter-LGBT qui organise, chaque année, la Marche des fiertés parisienne. En 2024, le sujet trans s’était invité au cœur des revendications du défilé, dont le mot d’ordre était : « Contre la transphobie : transolidarités ! » Sur l’affiche, le drapeau arc-en-ciel avait même été remplacé par le drapeau de la communauté trans.

Dans leur communiqué, l’Inter-LGBT et SOS Homophobie ne cachaient rien de leur dérive idéologique. Leurs nouveaux combats prioritaires y étaient listés noir sur blanc. « Avec l’extrême droite au pouvoir, toute avancée, notamment sur les questions trans et intersexes, tout progrès et toute justice sociale pour les travailleur•euses du sexe, les demandeur•euses d’asile, les personnes réfugiées, vivant avec le VIH ou en situation de handicap seront condamnés à la régression », alertaient-ils. À côté des malheureux trans, des prostitués et des migrants, les simples homosexuels font bien entendu figure de grands privilégiés qu’il n’est plus urgent de défendre. « Nous devons refonder le cœur du mouvement gay et lesbien, qui a été bafoué par des militants trop extrêmes », souligne aujourd'hui Frédéric Schmincke, qui reproche à la mouvance LGBT d'avoir « perdu de vue certains combats, alors que l'homosexualité reste pénalisée dans 64 pays dans le monde ».

La priorité des associations devrait, en effet, être de lutter contre les violences faites aux personnes homosexuelles. Des oppressions, agressions et meurtres généralement commis au nom d’une idéologie politico-religieuse qu’on retrouve de Gaza à Alger en passant par Kaboul et Téhéran. Mais quelle association osera s’emparer de ce combat qui vaut à quiconque ose s’en approcher d’être associé à l’extrême droite ?

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

49 commentaires

  1. J’avoue n’avoir jamais rien compris au parallèle imbécile, et contre-productif, fait par ces associations entre homosexualité et transgenrisme. Bien que personnellement hétérosexuel, j’arrive à concevoir que deux hommes puisse être attirés physiquement et intellectuellement l’un par l’autre ou deux femmes l’une par l’autre.
    En revanche, qu’un homme soit attiré par un autre homme à condition qu’il se transforme, y compris au travers d’opérations aussi invalidantes que définitives, en femme (et vice et versa pour les couples de femmes) me laisse pantois ! Autant se mettre en couple tout simplement avec une femme qui en aura, en supplément, tout les atouts biologiques et psychologiques inhérents liés à sa nature féminine … comme la capacité de porter et de mettre au monde des enfants tuant dans l’œuf, par exemple et si j’ose dire, la problématique scandaleuse et inhumaine de la GPA !
    Homosexualité et transgenrisme n’ont donc absolument rien à voir l’un avec l’autre !

  2. La Gay Pride est un monument de vulgarité et arborant des drapeaux en soutient aux terroristes palestiniens, ils deviennent les idiots utiles d’un état qui punit l’homosexualité ! Rappelons que suivant les sourates du Coran, ils doivent êtres mis à mort !

  3. Je crois qu’en France la très grande majorité des personnes se fichent de l’orientation sexuelle des autres. Ce qui les irrite c’est l’identité de genre qui n’a aucun sens et, encore plus que cette lubie, c’est le militantisme agressif et le prosélytisme forcené d’une toute toute petite minorité.
    Sinon, pourquoi la transidentité ouvre droit à l’ALD ? Je croyais que ce n’était pas une maladie …

  4. La grande majorité des gens se moquent éperdument de l’orientation sexuelle d’autrui. Mais que les LGBTQI+ nous laissent paix avec leur propagande.

  5. C’est marrant cette manie chez les minorités de vouloir claironner leurs différences et ce besoin d’en exiger une reconnaissance des gens qui n’en ont rien à faire.

  6. Chacun fait ce qu’il veut de sa vie, de son corps et même de son âme. Mais le prosélytisme, qu’il soit plus ou moins forcé, ne peut faire partie de la vie en société et surtout pas avec l’enfance comme cible. L’homosexualité remonte à la nuit des temps. Elle fait partie de nos moeurs aujourd’hui et ne révolte plus personne. Une partie de ses pratiquants (rien de péjoratif dans le mot), très courageusement, se révolte contre l’exhibitionnisme, contre le prosélytisme qui, entre autres, se répand en « gay prides » ou « marches de la fierté » dans les rues toutes aussi malsaines les unes que les autres. Comme quoi le bon sens peut aussi se trouver de ce côté.

  7. Que représente exactement ces minorités dont le seul but est d’être marginal tout en bénéficiant d’avantages .
    Il est temps de ls mettre à la place qu’ils méritent, une minorité bruyante qu’il faut laisser grailler, ils se fatigueront vite.

  8. Franchement ça me fait marrer
    Il est clair que certains homos ou lesbiennes n’apprécient pas du tout la façon dont leur sexualité est mise en avant, pour ceux qui considèrent à juste titre que c’est du domaine du privé
    Et là étalage, défilés, propos haineux de la part des trans et autres vis à vis des hétéros, ils demandent de la tolérance mais eux n’en ont pas vraiment !!!

  9. Mon mari et moi avons eu des amis homos et nos enfants aussi. Jamais de problèmes. Une amitié franche, sincère et cordiale. Bravo de se désolidariser des « trans » et autres…À quand une loi qui interdit de toucher aux mineurs pour changement de sexe. Interdiction de toucher à leur intégrité physique. Pour les autres, AUCUNE prise en charge par la sécu ni des mutuelles. Ce qui se passe actuellement est une honte! De même pour la GPA. STOP!!!

  10. Nous assistons aux prémices d’une furieuse guerre de pouvoirs qui va se déchaîner entre les différentes factions et opportunités de l’élite de gauche. Comme d’habitude.

  11. Tout cela me fais honte malgré que je suis moi-même homosexuel. Je n’ai jamais eu besoin de défiler, me déguiser et maquiller pour exister et vivre ma vie sereinement avec mon conjoint depuis 31 ans. Est-il utile de provoquer et « exiger » de par sa différence ? Non

    • Beaucoup sont comme vous et je les respectent pour cela, et hélas trop silencieux justement, à dénoncer cet étalage de ce qui devrait rester du domaine du privé et que dire des drag queens faisant la lecture et leur propagande

    • comme toujours…une minorité de dégénérés impose leurs lubies à d’autres qui vivent normalement sans que ça ne n’ait jamais posé de problème à personne (on a tous plus de 65 ans)
      j’ai beaucoup d’amis homos depuis des décénies. Ils sont comme vous (et j’ai l’impression que c’est le plus grand nombre), nous vivons tous, très bien, depuis toujours dans le plus grand respect des uns et des autres avec une amitié très profonde et solide.
      Ils ne « s’affichent » jamais comme, nous, de notre côté, ne le faisons pas non plus
      ça s’appelle vivre en harmonie
      la vie intime des uns et des autres ne regarde personne, pas plus aujourd’hui qu’hier et même avant-hier

    • Bravo. Cela ressort du domaine privé. Et ce sont ceux qui veulent à tout prix s’étaler sur la place public qui font monter l’homophobie. Qu’ils mènent la vie qu’il veulent, c’est leur problème, mais qu’il ne nous emm… pas en exigeant toujours plus de reconnaissance. On s’en fout !

  12. Un mouvement qui exclut d’emblée les 3/4 du clavier AZERTY ne peut être que sectaire , raciste et paradoxalement non inclusive, d’extrême drouate voire fascisante.

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