[ENQUÊTE] L’influence grandissante des musulmans de la FEMYSO au sein de l’UE

Marion Maréchal dénonce la présence de cette organisation très marquée au prochain Événement de la Jeunesse européenne.
femyso

Ce vendredi 23 mai, Marion Maréchal, députée au Parlement européen et présidente d’Identité-Libertés, a adressé une lettre à Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, au sujet de la participation, une fois encore, du Forum des organisations européennes musulmanes de jeunes et étudiants (FEMYSO) au prochain Événement de la Jeunesse européenne (European Youth Event) qui se tiendra les 13 et 14 juin prochains à Strasbourg. Marion Maréchal est catégorique : FEMYSO « ne doit pas être autorisé à participer au prochain European Youth Event ». Pour la députée souverainiste, « il est inacceptable que des milliers de jeunes participants de l’EYE puissent être soumis à une influence islamiste contraire à toutes les valeurs européennes, qui plus est à Strasbourg, ville martyre du terrorisme islamique ».

 

 

Rassemblement de jeunes sous l'égide de l'UE

D’abord, qu’est-ce que cet événement organisé sous l’égide du Parlement européen ? Selon le site du Parlement européen, « tous les deux ans, l’EYE (Rencontre des jeunes européens) réunit des milliers de jeunes de toute l’Union européenne et au-delà, au cœur même de la démocratie européenne ». Très bien, mais encore ? « L’événement offre aux citoyens de 16 à 30 ans la chance unique de s’inspirer mutuellement, de débattre directement avec des députés au Parlement européen et d’autres décideurs politiques, et d’échanger leurs idées avec des experts, des activistes et des créateurs de contenu. » À travers les thèmes des tables rondes qui seront organisées et qu’on laissera découvrir au lecteur, on comprend vite l’esprit de cet événement. Mais ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est la participation de FEMYSO.

FEMYSO : « structure de formation des cadres à haut potentiel de la mouvance »

Car qu’est-ce que FEMYSO ? Sur son site, on apprend que FEMYSO est « un réseau paneuropéen de 32 organisations membres dans 22 pays européens et la voix de la jeunesse musulmane en Europe, et est régulièrement consulté sur les questions relatives à la jeunesse musulmane ». Consulté par qui ? Voici la réponse : FEMYSO « a développé des liens utiles avec le Parlement européen, la Commission européenne, le Conseil de l’Europe, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), les Nations unies et une foule d’autres organisations importantes au niveau européen et international ». Donc, une organisation qui a pignon sur rue. La vision de l’Europe de FEMYSO est d'ailleurs celle d’une « Europe diversifiée, solidaire et dynamique où la jeunesse musulmane est un contributeur actif et un acteur de changement ». Tous les mots-valises, ou presque, y sont. Donc, tout va bien. Sauf que...

Sauf que, comme le souligne Marion Maréchal, en citant le fameux rapport du ministère de l’Intérieur français, le FEMYSO est « considéré comme la "branche jeunesse" du Conseil des musulmans européens, clé de voûte de l’organisation frériste en Europe ». En effet, selon le rapport, le CEM est l’organisation islamique « la plus marquée par le cercle restreint de la mouvance, qui coordonne et met en œuvre la stratégie d’influence des Frères musulmans envers les institutions et les pays européens ». Quant au FEMYSO, toujours selon le rapport, il « fait office de structure de formation des cadres à haut potentiel de la mouvance, dans lequel les militants français sont très actifs ». Un activisme que l'on peut deviner, par exemple, à travers les diverses contributions écrites de la présidente de FEMYSO, une Française, étudiante strasbourgeoise, qui défend le port du hijab en usant habilement des arguments et slogans féministes résumés par le célèbre « My body, my choice » (« Mon corps, mon choix »).

Le rapport note encore que « le Parlement européen et les députés sont particulièrement ciblés » et que « le FEMYSO cherche à s’y présenter comme un acteur modéré, doté d’une expertise reconnue sur l’islamophobie et les libertés religieuses ». La participation au EYE participe à l’évidence de cette stratégie d’influence et de lobbying. Une stratégie d’influence qui passe, d’ailleurs, par des canaux de communication inattendus et variés. Ainsi, depuis février, une annonce est publiée sur le site Your Opportunities Africa (Vos Opportunités Afrique), invitant à rejoindre la délégation de FEMYSO pour le EYE 2025.

Un système en poupées gigognes

Le rapport du ministère de l’Intérieur n'est pas le premier, en Europe, qui évoque FEMYSO. Ainsi, un document de plus de 270 pages, intitulé « Les Frères musulmans structure paneuropéenne », publié en 2021 et émanant du Fonds autrichien pour la documentation de l'extrémisme politique à motivation religieuse (Österreichischer Fonds zur Dokumentation von religiös motiviertem politischen Extremismus), organisme créé en 2020 par le gouvernement autrichien, consacre tout un chapitre au FEMYSO. Il confirme ses liens historiques avec la Confrérie à travers le Conseil des musulmans européens, appelé à sa création en 1989 « Fédération des organisations islamiques en Europe (FIOE) ». Une FIOE/CEM qui serait, après une analyse approfondie, basée sur des documents, « la première et la plus importante des diverses organisations paneuropéennes créées par le réseau de la Fraternité européenne pour étendre son influence auprès des institutions européennes et sur tout le continent ».

FEMYSO, quant à lui, qualifié d’« excroissance » de la FIOE, serait « l'une des premières organisations créées par la FIOE pour poursuivre sa stratégie de spécialisation ». Comprendre, en l'occurrence, le ciblage sur la jeunesse diplômée. On serait donc en face d'un système en poupées gigognes : Frères musulmans, CEM, FEMYSO. En outre, ce rapport, s'appuyant sur une analyse de la structure de gouvernance du FEMYSO, souligne qu’un cinquième des membres du conseil d'administration sont « des enfants de certains des plus éminents dirigeants de la Fraternité de première génération en Europe ».

Déjà, en 2023, le RN alertait

Pour revenir en France, déjà, le 10 octobre 2023, la députée Rassemblement national Edwige Diaz avait interrogé le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères au sujet de sa position vis-à-vis du FEMYSO. La députée de Gironde dénonçait « l'entreprise de propagation idéologique inquiétante du FEMYSO au sein de l'Union » et « une position complaisante des institutions européennes à l’égard d’une organisation aux liens confirmés avec l’islamisme ». Par ailleurs, dans cette lettre, Edwige Diaz soulignait le fait que le gouvernement français, en 2022, avait bien pris conscience du problème et avait écrit à la Commission européenne. Mais, malgré cela, le FEMYSO avait participé au EYE de 2023... La lettre du gouvernement français avait dû faire l’objet de toute l’attention qu’elle méritait par la Commission…

Certes, la réponse du ministre Catherine Colonna à l'honorable parlementaire rappela le fait que « la France avait signalé à plusieurs reprises, au cours des deux dernières années, ses vives préoccupations quant à l'attribution de subventions européennes à des organisations promouvant des valeurs incompatibles avec celles de l'Union européenne, à l'instar de l'association FEMYSO ». Car, bien évidemment, FEMYSO a reçu des subventions de l'UE. Mais le ministre avait conclu sa réponse dans une langue de bois irréprochable : « La France reste pleinement mobilisée, aux côtés des États membres et des institutions européennes, dans la lutte contre les discours contraires aux valeurs de l'Union européenne que portent certaines organisations, et continue de faire preuve de la plus grande vigilance quant à d'éventuels financements de ces organisations problématiques par des fonds publics, qu'ils soient nationaux ou européens. » Parfait.

Le 23 octobre 2024, la sénatrice centriste Nathalie Goulet déposait sur le bureau de la haute assemblée une proposition de résolution relative aux financements européens d’entités en lien avec les Frères musulmans et l’islam radical. Selon elle, le FEMYSO ne respecte pas les principes prévus par la convention de subvention de la Commission européenne, par ses liens assumés avec les Frères musulmans, révélés par Florence Bergeaud-Blackler dans son ouvrage Le Frérisme et ses réseaux. En conséquence, cette proposition de résolution invitait le gouvernement français à enjoindre à la Commission européenne de résilier la convention de subvention avec le FEMYSO. On ignore la suite donnée.

Et en juin prochain, si l'on en croit la lettre de Marion Maréchal, visiblement, FEMYSO est toujours annoncé à Strasbourg…

« Des tropes islamophobes »

Bien évidemment, FEMYSO, dans un communiqué publié le 21 mai sur son site, dénonce « le discours d’exclusion et l’attaque du rapport français contre la société civile musulmane ». Un rapport qui utiliserait des « tropes [des clichés, NDLR] islamophobes ». Ce communiqué rappelle que « FEMYSO est une organisation fièrement dirigée par des jeunes et démocratique » qui exhorte le gouvernement français « à reconsidérer les conséquences à long terme des politiques qui aliènent ses propres citoyens » et appelle « les institutions européennes, les acteurs de la société civile et tous les défenseurs des valeurs démocratiques à s’opposer fermement à cette tendance dangereuse à marginaliser et à réduire au silence les communautés musulmanes européennes sous prétexte de sécurité ». Pour l'heure, on attend avec impatience la réponse que fera à la lettre de Marion Maréchal la présidente de cette institution européenne qu'est le Parlement européen...

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

25 commentaires

  1. Quand on détruit une civilisation , la nature ayant horreur du vide , une autre civilisation s’installe .

  2. Et dire que Lepen avait prévenu
    Et encore il ignorait que l’UE serait complice pour détruire nos nations

  3. Faut-il que l’Union européenne soit si faible , que 52 millions de musulmans vivant dans l’espace Schengen puissent imposer leur vision d’avenir aux 400 millions d’habitants judéo-chrétiens .

  4. On ne peut vaincre un adversaire sans le nommer ni le connaître, c’est ce qui se passe avec l’Islam que nos
    Hommes politiques présentent tel qu’ils voudraient qu’ils soit et non tel qu’il est. Quant à notre sympathique Marion MARECHAL il faudra qu’elle nous explique comment on peut être souverainiste tout en restant dans
    cette Union Européenne.

  5. bon courage à celui ou à celle qui va prendre la suite du bourbier constitué sciemment par le mozart de la finance.

  6. Nous sommes nombreux à constater, effarés, le suicide de l’Europe. Le premier pas fut de déclarer la mort de Dieu. Le reste suit : l’IVG dans la Constitution, bientôt l’Euthanasie. Ces deux peines de mort sont bordées par un délit d’entrave. Protéger la vie vous envoie en prison avec pénalité financière beaucoup plus sûrement que des attaques au couteau entraînant le décès de la victime. C’est vertigineux. Je ne connais pas de civilisation qui se soit ainsi auto-détruite avec des Lois mortifères.

    • Vraisemblablement parce qu’il a existé des civilisations qui ont résisté, le bien être n’étant pas encore installé, le ronronnement et la somnolence ont des effets pervers…

  7. Curieux : ce sont deux femmes, Marion et Sarah, qui parlent avec courage et conviction des vrais problèmes.

  8. La seule différence entre l’UE et LFI sur cette question, c’est que LFI assume ses choix, alors que l’UE avance masquée.

  9. Il est temps d’interdire les frères musulmans, milis gorus et l’iesh uoif en France et en Europe

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