En 2026, l’INRAP met à l’honneur nos « ancêtres » les Gaulois
Pour sa dixième saison scientifique et culturelle, l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) consacre l’année 2026 à l’âge du fer et à nos ancêtres les Gaulois. Ce choix thématique démontre non seulement l’importance croissante des découvertes archéologiques qui redéfinissent notre vision du monde gaulois, mais également la fierté de mettre en lumière une culture profondément enracinée dans un territoire qui devint notre belle France. L’INRAP souhaite ainsi valoriser les avancées de la recherche, améliorer la compréhension des sociétés celtiques et partager avec les Français des découvertes révélant des pans entiers d’une histoire méconnue.
Un programme événementiel riche
Cette saison gauloise va se déployer à travers un vaste programme d’expositions, de colloques scientifiques mais aussi de festivités pensées comme de véritables immersions historiques. Parmi ces temps forts figure notamment la célébration des fêtes de Beltaine au théâtre antique de Mandeure, dans le Pays de Montbéliard, au mois de mai 2026. À cette occasion, au cœur d’un monument datant du Ier siècle après Jésus-Christ, les visiteurs pourront voyager dans le temps, écouter quelques conteurs transmettre des récits ou encore découvrir des savoir-faire artisanaux anciens maîtrisées dès l’âge du fer.
Certaines découvertes archéologiques récentes occuperont également une place centrale dans cette programmation. C’est déjà le cas depuis le 24 janvier avec l’exposition « Lavau, un prince celte en bord de Seine vers 450 avant notre ère », qui met en lumière l’une des plus riches sépultures aristocratiques du premier âge du fer jamais mises au jour en France. À Dijon, les fouilles conduites à la fin de l’année 2024 ayant révélé treize sépultures gauloises exceptionnelles, dans lesquelles les défunts étaient inhumés en position assise, une pratique funéraire extrêmement rare pour cette période, seront également mises en avant. Ces découvertes majeures devraient même être présentées au public à l’occasion des Journées européennes de l’archéologie, les 12, 13 et 14 juin 2026, dans le cadre de la création d’un véritable village de l’archéologie avec la participation du site archéologique de Bibracte et du musée Denon de Chalon-sur-Saône.
Conscient que tous ne peuvent se déplacer à travers le territoire, l’INRAP a également imaginé une solution innovante. Par la création future d’une exposition dédiée aux Gaulois au sein de la Galerie muséale numérique de l’institut, l’INRAP proposera ainsi une sélection d’objets emblématiques et exceptionnels, aujourd’hui conservés dans différents musées français. Le public pourra alors découvrir l’imposant carnyx de Tintignac, les intrigantes têtes gauloises sculptées de Trémuson ou encore le mystérieux dôme aux dragons de Roissy. Autant de noms évocateurs, presque mythiques, qui éveillent notre imagination, nourrissent notre curiosité et rappellent la part de merveilleux que porte l’archéologie, cette science rigoureuse et indispensable pour révéler, comprendre, transmettre et faire vivre notre passé.
Casser les mythes pour restaurer la vérité
L’organisation par l’INRAP d’une saison consacrée aux Gaulois revêt un intérêt particulier, tant cette période demeure mal connue des Français ou déformée par des œuvres distrayantes mais également historiquement erronées. En effet, soyons honnêtes, nombre d’entre nous ont pénétré dans le monde des Celtes grâce aux célèbres aventures d’Astérix. Si ces récits ont contribué à rendre les Gaulois sympathiques, ils ont néanmoins véhiculé quelques idées erronées. Contrairement à ce que laisse croire la figure de notre cher Obélix, les Gaulois n’ont jamais érigé de menhirs : ces monuments mégalithiques remontent au Néolithique, soit plusieurs millénaires avant l’âge du fer.
En replaçant les faits dans leur contexte scientifique, l’INRAP s’attache à restituer une vision plus fidèle des sociétés gauloises. Cette démarche passe également par une clarification essentielle : le terme même de « Gaulois » est une désignation forgée par les auteurs romains, notamment Jules César dans La Guerre des Gaules. En vérité, il n’a jamais existé de peuple gaulois unifié. Les appellations de Gaule Belgique, Gaule aquitaine, Gaule celtique, Gaule narbonnaise ou Gaule cisalpine correspondent avant tout à des découpages administratifs romains postérieurs à la conquête. En réalité, ces régions étaient peuplées d’une multitude de peuples indépendants, chacun doté de ses propres traditions.
Nombre de ces peuplades ont même laissé une trace dans notre mémoire collective, souvent sans que nous en ayons conscience. Les Namnètes ont donné ainsi leur nom à la ville de Nantes, les Parisii à Paris ou encore les Carnutes connus pour leur forêt où se réunissaient les druides. Les Arvernes, les Éduens, les Séquanes, les Pictons ou les Rèmes comptaient également parmi ces peuples puissants qui habitaient sur notre territoire actuel avant l’arrivée des Romains.
L’héritage des Celtes
L’héritage gaulois se manifeste également de manière plus discrète mais tout aussi profonde dans la langue et la culture françaises. Plusieurs mots du vocabulaire courant possèdent des racines celtiques, tels que la charrue, le tonneau, etc. À ce legs culturel s’ajoute une mémoire incarnée par des figures majeures, au premier rang desquelles Vercingétorix, chef arverne qui tenta, en -52, d’unifier les peuples de la Gaule pour mieux résister à Jules César.
En mettant à l’honneur les Gaulois, l’INRAP ne se contente pas de présenter des vestiges archéologiques, il invite à une véritable réappropriation de cette période de l’âge du fer. La saison gauloise permet de reconnaître une continuité historique, une filiation culturelle et territoriale qui relie la France à ces peuples anciens. Elle constitue bien plus qu’une succession d’événements scientifiques ou culturels : c’est un hommage assumé aux vestiges laissé par les Gaulois dont nous sommes, à bien des égards, les héritiers.
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29 commentaires
» En réalité, ces régions étaient peuplées d’une multitude de peuples indépendants, chacun doté de ses propres traditions » dont les plus soutenues étaient les guerres tribales incessantes, stoppées définitivement par la Pax Romana. Ce qui a permis ensuite l’essor de la Gaule romaine, jusqu’à son indépendance grâce au baptème de Clovis. Merci Jules!
Je remarque que plus les archéologues font des découvertes et travaillent sur le monde de nos ancêtres qu’ils soient gaulois ou mérovingiens et moins l’éducation nationale transmet aux enfants .
Notre histoire s’est enrichie de découvertes importantes depuis des décennies, mais les profs de l’Education nationale font comme si nous en étions restés à l’école de grand papa.
C’est un peu frustrant pour ceux qui font ce travail parce que le but , j’espère , n’est pas seulement de discourir , de faire des colloques entre spécialistes , et des expos pour touristes érudits ou bobos ébahis à faire profiter de leurs dernières découvertes, mais surtout de transmettre au plus grand nombre et aux générations futures et vulgariser ce monde de nos ancêtres et non pas que cela serve uniquement d’alibi culturel au politiques locaux en se glorifiant de ce qui est permis avec l’argent public.
En bon élève à 70 ans , j’apprend beaucoup mais il serait souhaitable que ce soit les plus jeunes qui soient intéressés par notre histoire .
L’INRAP peut en être le vecteur ; Par contre je ne comprend pas le sens de « préventives » dans l’acronyme INRAP.
Hors quels seraient les endroits et les personnes les plus appropriées pour le faire ?
Ont ils peur que les enfants se mettent à aimer ce pays ?
Oui nous en sommes vraiment les descendants sans doute plus que des Francs et autres « barbares ». Les Gaulois avaient déjà ce haut niveau technologique – lié à leur inventivité qui nous caractérise et que nous laissons filer « pour quelques $ de plus » à des gens qui en profitent largement comme les Romains. Ils avaient également – hélas ce génie de la division qui leur valut d’être (difficilement) conquis comme nous devons nous préparer à l’être. Il faut relire les Commentaires de César. C’est certes un ouvrage orienté politiquement mais il est plein d’annotations anthropologiques toujours valables. C’est aussi le premier ouvrage consacré à une conquête coloniale.
Ceux que vous appelez barbares , ont été les ascendants et ancêtres des nobles et aristocrates,, ceux que l’on appelait les sangs bleus.
Les ruraux de certaines régions comme la bourgogne avaient cette conscience très vivante en eux ,d’être des gaulois jusque dans l’entre deux guerre., Des descendants de gaulois Eduens , Sequanes , Ambarres ou Ségusiaves.
Il y avait encore une certaine distance entre les « seigneurs » locaux et les descendant de gaulois qui formaient deux castes non pas opposées mais qui savaient rester à leurs place ce qui explique les marques de déférence des descendant gaulois qui était plus un façon de rester chacun chez soit que de la soumission.
je ne prends pas au sérieux ces histoires de gaulois car je suis sur que sur les réseaux sociaux je vais bien trouver qu’en fait ce sont des arabes et des africains qui se sont battus contre les gaulois et qu’ils ont gagnés et que ce sont eux qui ont fait la France, donc qu’elle leur appartient, et Mélenchon en sera d’accord. le plus triste est qu’on trouve à peu près ce genre de discours sur X par exemple et que certains en sont persuadés, d’accord vu le niveau ce n’est pas très surprenant.
Il y en a bien qui affirment que la terre est plate . Ben! oui!, puisque ce sont des « savants » qui l’affirment
Grivois et réfractaires ?
Espérons que l’INRAP rendra aux gaulois, l’organisation de l’espace en France, notamment le réseau routier qui existait bienavant les romains.
Enfin, espèrons que F. RUFFIN, « le smicard » ne s’approprira pas cet événement pour en faire son « puy du fou de gauche » !
Institut national de recherches archéologiques … préventives !
En prévention de quoi ? De la destruction du site pour construire une autoroute , installer une énième éolienne ?
Je me suis également posé la question concernant le sens de « préventives ».
Ayant interrogé Google, j’en sais un peu plus.
Faites comme moi !
Bonne idée, on va voir ce qu’en pense nos gauchistes!!!, Mais si vous pouviez arrêter de dire 450 avant notre ère (laquelle?, quaternaire??) mais 450 avant Jesus Christ, cela serait mieux!
@frmalaga
L’ère chrétienne, ce serait parfait.
Problème… Cette formule risque d’en froisser quelques-uns.
Zut ! Nous sommes en France, pays où la religion chrétienne prédomine.
Petit à petit, on donne des coups de gomme, mine de rien.
Oui il faut continuer de dire » nos ancêtres les Gaulois » car quelles que soient nos origines nous sommes culturellement leurs héritiers , du moins jusqu’à présent .
Et en outre, la formule est plaisante.
Tiens, ça contredirait notre grand ( et coûteux Jack(!) Lang) qui nous explique que la France a des origine musulmanes .
Il faut dire que ce parasite républicain est prêt à tout pour qu’on rembourse ses notes de frais.
Merci c’est bien de le rappeler, L’Europe n’a rien a voir avec une quelconque origine musulmane, les dates ne correspondent pas avec l’origine particulièrement Française.
Çà lui a échappé mais quel opportuniste sachant que c’est complètement faux çà fait plaisir a ses amis.
comme ségolène…..
En -52 avant JC, il n’y avait pas de musulmans.
Ceci dit, vous pouvez être d’origine du Moyen Orient et être Chrétien et même au moyen Orient, en Palestine aussi, il y a des chrétiens et des églises (enfin moins depuis que le peuple élu les bombarde, c’est vrai) .
Et on peut être d’origine gauloise et être musulman (j’en connais et je n’en reviens pas, mais c’est ainsi, cela existe) .
Cette manie de confondre religion et ethnie m’agace au plus haut point, encore plus si cela vient d’un ancien ministre de la culture!
Grand merci à EdM. Jusqu »au XIVe siècle notre pays était nommé, par tous ; la Gaule. Et encore en Grèce au XXIe siècle. La toponymie est très majoritairement gauloise et sans doute la grande majorité de nos gènes (jusqu’au début du XXe siècle). Quant aux colonisateurs romains, et leurs crimes de masse ? Tout le nord de l’Italie était gaulois (Gallia cisalpina) et une bonne partie des légionnaire en venaient (Cf.De Bello Gallico). Ayant fait des études classiques j’ai dû subir cette propagande, inventée par des pseudos érudits, qui rabâchaient que les Romains étaient très civilisés et les Gaulois des primitifs. Et que donc rien ne venait des Gaulois ! Quant à la langue française : sa syntaxe (SVO) n’a rien à voir avec le latin, langue archaïque (SOV). Et en français usage (inconnu du latin) du pronom, de l’article ; et pas de déclinaisons. Comme en celte ! Et notre vocabulaire est simplement indo-européen : latin ou gaulois ?
Même les « voies » ne sont pas romaine. Avant césar, la Gaule disposait d’un réseau routier important
Occulter de façon abusive l’influence latine sur les origines de la France n’est pas plus sain, culturellement, que nier l’impact gaulois sur l’actuel hexagone et son environnement.
Une multitude de tribus, certes, Ferdinand Lot en dénombrait une centaine superposant grosso modo les départements actuels, mais du même sang, s’il nous est encore permis de l’affirmer aujourd’hui: celte. Qui sont restés des siècles sur les mêmes terres, créant des spécificités locales, certes.
Mais à contrario de l’historicité révisionniste affligeante représentée notamment par la «mouvance Boucheron », qui raisonne essentiellement en terme d’institutions « la France n’existe qu’à partir de quand elle a des institutions « , évidemment, il convient de raisonner en termes de peuple, culture et langage et « socialisation de l’affectivité « , c’est à dire mode de vie.
De cette approche humaniste on peut situer l’origine de la matrice Française à l’arrivée des celtes en Gaule (dans toute la Gaule donc la future France institutionnelle) aux environs de sept siècles avant JC..
De quoi créer quelques habitudes et légitimités…..
Je conseille la très bonne vidéo accessible à tous sur la chaine historique Hérodote : L’identité européenne, une histoire de gènes ?
Nos ancêtres, on ne croit pas si bien dire.
Les autres invasions ont marqué civilisationnellement, beaucoup moins génétiquement…
Les plus gros marqueurs génétiques correspondent surtout aux migrations du néolithique (cultivateurs : 6000 ans) et celtiques (âge du bronze fer). Les chasseurs cueilleurs sont peu apparents (faible nombre à l’arrivée des cultivateurs), idem pour les romains ce qui parait étonnant. Notoires mais minoritaires : Francs, Burgondes, Goths, Vikings.
Dons après l’arrivée des Normands, très peu d’immigration, pas de changements du substrat de la population avant la fin du 19ème siècle.
Chut, ne pas le répéter, nos gauchos n’apprécieraient pas !!!
Pour les adeptes de la génération spontanée de 1789, les gaulois n’ont jamais disparu et sont présents dans les gènes des français. On ne fait jamais disparaître un grand peuple.
L’histoire,le bien lourd fardeau pour la gauche! Ils aimeraient tant faire comme certaines dictatures et changer toute notre histoire.
Malheureusement , c’est déjà le cas !