Élections : Jean-Luc Mélenchon mise sur le vote musulman, et il a raison

Les municipales l’ont prouvé, le corps électoral musulman faire gagner La France insoumise.
Photo de beytlik: https://www.pexels.com/fr
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Les élections municipales ont livré leur verdict le dimanche 22 mars. Après les spéculations vient le temps des analyses. Qui vote pour qui ? Différents paramètres, comme les catégories socioprofessionnelles, l’âge des électeurs ou autres sont souvent étudiés. Ce qui l’est moins, en revanche, est l’impact des religions sur les bulletins insérés dans l’urne. Est-ce qu’une communauté religieuse peut faire basculer une élection ?

Après les élections présidentielles de 2022, le vote confessionnel a été analysé par l’IFOP. Il ressort de cette étude que « le vote catholique ne se démarque pas par sa spécificité – ou, par extension, par son unicité – mais plutôt par son alignement relatif sur le vote de l’ensemble des Français ». De fait, il n’y a pas réellement de vote catholique. Il y a, en revanche, bien un vote musulman. Pour preuve, au premier tour des présidentielles, les électeurs de cette confession se sont majoritairement positionnés en faveur de Jean-Luc Mélenchon (69 %). De leur côté, les Juifs, historiquement de gauche, commencent à basculer vers la droite, mais leur proportion dans la population française (moins de 1 %) ne peut avoir une réelle influence sur le résultat final.

Une influence évidente

En définitive, il n’y a que les musulmans qui, par l’homogénéité de leur vote et leur nombre (environ 10 % du corps électoral), peuvent faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Et ils le font plutôt en faveur de La France insoumise. En témoignent les résultats à Creil (60), Saint-Denis (93), Roubaix (59), Vaulx-en-Velin (69), Vénissieux (69) et Saint-Fons (69) lors des municipales.

Ces six villes sont tombées aux mains de candidats de La France insoumise. Ce sont des territoires où l’immigration est particulièrement importante. À Creil et à Saint-Denis, les immigrés représentent respectivement 33 % et 38 % de la population, tandis qu’un Roubaisien sur quatre est immigré. Même chose, ou presque, dans les communes du Rhône, où la part de la population immigrée est de 30 % à Vaulx-en-Velin, 24 % à Vénissieux et 28 % à Saint-Fons. Certes, tous les immigrés ne sont pas musulmans, mais si l’on en croit l'étude Trajectoires et origines menée par par l’INED et l’INSEE, la majorité le sont : « 44 % des immigrés et 32 % des descendants d’immigrés se déclarent musulmans, dans notre pays. »

D’ailleurs, dans ces communes, le nombre de mosquées et de salles de prière pour 100.000 habitants est bien plus élevé que la moyenne nationale (3,8 lieux de culte musulman pour 100.000 habitants). Selon les données collectées par mafrance.app, il y en aurait 16,4 à Creil, 9,6 à Saint-Denis, 15,1 à Roubaix, 13,3 à Vaulx-en-Velin, 13,5 à Vénissieux et 10,2 à Saint-Fons. Signe d’une surreprésentation sur ces terres qui ont fait le choix de l’extrême gauche.

Des perspectives inquiétantes

Dans une interview accordée au Point au lendemain des municipales, Lucas Jakubowicz, auteur de Vote religieux, un tabou français (Éditions de l’Observatoire), confirme qu’il y a bien une corrélation entre l’islam et les élections des têtes de liste insoumises : « Ses victoires aux municipales arrivent sans exception dans des zones urbaines où les musulmans sont surreprésentés. » Plus éloquent encore, selon lui, la victoire de LFI est en partie conditionnée à la surreprésentation d’électeurs musulmans ou de conscience musulmane.

La population musulmane de France ne cessant d’augmenter, plus le temps passe, plus Jean-Luc Mélenchon et les siens gagnent des voix. Lucas Jakubowicz explique : « Le phénomène existe, il risque d’aller en s’accentuant. On peut le déplorer, mais il est plus intéressant de comprendre pour essayer d’anticiper. Il n’y aura pas de retour en arrière. »

Autrement dit, à terme, si la France continue sur les mêmes bases en matière d’immigration et de démographie et qu'elle laisse le communautarisme à visée politique se développer, ce ne seront plus six villes que pourrait gagner l’extrême gauche, mais le pays tout entier.

Vos commentaires

67 commentaires

  1. Il faut être clair et direct , l’avenir de la France se joue actuellement : ce n’est pas l’extrême gauche qui risque de gagner tout le pays , si nous continuons à laisser aller les choses , mais très vraisemblablement l’islamisme .

  2. Difficile de croire à un sursaut français. Je me console en me disant que mes enfants sont tous bilingues ou trilingues, ont tous vécu plus ou moins longtemps à l’étranger, et disposent parfois de 2
    passeports.
    Pour moi, la France a signé son arrêt de mort.

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