[ÉDITO] Une urgence de Sophie Binet : débarrasser la France de LVMH !

Pour la patronne de la CGT, « les rats quittent le navire ». Dans BV, Sophie de Menthon exige des excuses publiques !
@Wikimedia commons
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Salauds de patrons ! Interrogée, ce 3 décembre, par Benjamin Duhamel au micro de France Inter, la patronne de la CGT Sophie Binet a livré le fond de son cœur et, apparemment, on n'y trouve pas beaucoup de place pour les chefs d’entreprise. Elle maintient ses propos tenus en début d'année 2025 : « Les rats quittent le navire », avait lancé Binet. Elle parlait des entrepreneurs français qui exportent ou installent tout ou partie de leur production à l’étranger. Comme s'ils le faisaient de gaieté de cœur.

Le mouvement patronal Ethic de Sophie de Menthon avait déposé plainte, en février 2025. À la surprise d'Ethic, la secrétaire générale de la CGT a été mise en examen en début de semaine ! À l’origine de ce coup fumant, la patronne d’Ethic, jointe par BV, jubile : « Il faut arrêter de mal considérer les patrons, cela va de l’intimidation à l’insulte. Les rats ! Alors que les patrons cherchent à rester en France, à se débrouiller. Il faut quand même savoir que les grands patrons nous font vivre, nous, les PME, les sous-traitants, les artisans, ceux qui travaillent à Notre-Dame de Paris et bien d’autres. Savoir qu’ils font l’image de la France à l’étranger. L’économie va à vau-l’eau : il faut arrêter cela. » Sophie de Menthon ne demande pas de dommages sonnants et trébuchants à la CGT mais « des excuses publiques envers les quatre millions d'entrepreneurs français, qui traversent une période particulièrement difficile ».

« On en a trop »

En face, le visage de la CGT ne bronche pas. Les rats ? « Une image populaire, plaide Sophie Binet. C’est important qu’on puisse participer au débat public et parler sans langue de bois. » C’est bien connu : la gauche réclame la liberté d’expression, mais seulement à son profit. Pour la droite, on sort la muselière. Quant aux patrons, Sophie Binet remet une pièce dans la machine : « La France est handicapée par ses patrons », ose-t-elle, ce 3 décembre, sur France Inter : « Pourquoi est-ce que j’ai dit cela ? Parce que la France est handicapée par ses multinationales. On en a trop, explique-t-elle, et pas assez d’entreprises de taille intermédiaire. Et puis les multinationales traitent très mal leurs sous-traitants. »

On se pince. La France en faillite, handicapée par ses patrons ? Un non-sens. D’abord, Sophie Binet ne fait pas le détail entre les multinationales type LVMH, qui vendent à l’étranger des produits fabriqués en grande partie en France, et les multinationales étrangères comme les chinoises Shein ou Temu, qui vendent en France sans y développer le moindre emploi. Ennuyeux, pour un acteur économique de cette importance dans notre pays. Par ailleurs, pour la patronne de la CGT, nos entreprises n’ont aucune difficulté dans le pays le plus taxé du monde, elles font simplement du « chantage à la délocalisation », explique Sophie Binet. Difficile de pousser plus loin l’aveuglement. Enfin, le couplet anti-LVMH, calqué sur les obsessions de l'extrême gauche, oublie que le groupe porte... près de 40.000 emplois salariés.

LVMH : 15 milliards d'euros d'impôts versés à la France sur dix ans

Surtout, c’est oublier qu’avec l’aide active de la CGT (et parfois de la droite…), la gauche mondialiste et anti-frontières a consciencieusement ruiné presque tous les pans de notre économie : la sidérurgie, l’industrie, l’agriculture... Elle laisse des milliers d’ouvriers et de cadres sur le carreau. Eux ont, mieux que Sophie Binet, compris ce qui se passe : ils ont quitté la gauche en courant et votent RN par millions. Restent quelques secteurs encore debout, dont le luxe, notamment parce que la France y compte un entrepreneur génial et que les marges y sont plus élevées, ce qui permet d’échapper au naufrage. Rappelons à Sophie Binet que, sur dix ans, la multinationale honnie LVMH a réglé 15 milliards d’euros d’impôts sur les sociétés à la France, dont 3 milliards en 2024.

Mais, au fond, Sophie Binet n’est pas seule. Cette haine pavlovienne de l’entreprise et du patron rejoint tout un pan de l’opinion en France, en gros celui de La France insoumise élargie à la gauche verte et au PS. Cette France de la ruine n’a pas changé depuis la révolution industrielle et reste acquise au marxisme mortifère. Comme eux, Sophie Binet persiste et signe. Juchée sur ce qui reste de notre économie, elle refoule ceux qui tiennent encore, souvent héroïquement, la vitalité entrepreneuriale du pays.

Ah, qu’il ferait bon vivre dans la France de Sophie Binet, débarrassée de ses patrons ! Au pays de la secrétaire générale cégétiste, des Français enfin égaux dans la misère, ouverts à tous les vents de la mondialisation, se partageraient des aides sociales et des dettes abyssales, sans l'ombre d'une multinationale. On attend maintenant la réaction du MEDEF : le syndicat des grands patrons reste pour l'instant étonnamment silencieux.

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Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

125 commentaires

  1. C’est aussi une urgence pour Élise Lucet ! Ces personnes cherchent à détruire ce qui fonctionnent en France en apportant un lourd tribu à la décadence du pays. Et c’est le contribuable qui finance France TV et la CGT.

  2. Je suggère que les responsabilités au sein des syndicats de salariés soient subordonnées à l’obtention préalable d’un LABEL de compréhension de l’économie.

  3. Tant que l’Etat aidera financièrement les syndicats (subventions ou défiscalisations) ce genre de comportement inconséquent perdurera.

  4. Les articles 63 à 66 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) prévoient que toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre Etats membres sont interdites. et pays tiers
    la faute a l’ue

  5. Le taux de syndicalisation en France est de 7 % des salariés environ. La CGT ne représente qu’une partie de ces 7 %.
    Je ne pense pas que Sophie Binet ait une représentativité populaire ou des moyens financiers qui lui permettent ce type de rodomontade. Le temps n’est plus où les communistes ou leurs diverticules représentaient quelque chose en France. La modestie s’impose madame Binet, la théorie du Grand Soir a du plomb dans l’aile !

  6. Il faut surtout débarrasser la France de cette CGT !
    Dommage en partie, parce qu’elle est parfois bien utile dans une usine, mais la confusion mentale et idéologique les a pénétrés…et éloignés de défendre vraiment les ouvriers…une sorte de trans CGT, diforme et sans colonne vertébrale utile au monde d’aujourd’hui.

  7. Comment peut-on raisonner aussi sottement : lorsque toutes ces multinationales Françaises qu’elle exècre auront déménagé, elle n’aura plus de salariés à « défendre », elle n’aura donc plus de raison d’exister…

  8. La CGT n’est absolument pas un syndicat de défense des travailleurs bien au contraire. Il faut voir combien d’emplois qui auraient pu être sauvés on été perdus par son intransigeante. Pour la CGT plus il y a de chomeurs, plus elle est contente : ça fait gonfler les adhesions au syndicat.

  9. Pauvre femme qui vit recluse dans la haine et la jalousie avec pour seul projet la destruction de notre économie.
    Retour en arrière quand la CGT et le PCF tuaient les entreprises en les sabotant par des grèves aux moments cruciaux de leur vie, notamment quand les carnets de commande étaient pleins. Je les ai vu ravager l’économie ardennaise ou je vis.
    Quant à LVMH, rappelons que les conditions sociales dans cette entreprise son très enviables, comme d’ailleurs dans pratiquement toutes les multinationales françaises.
    Cette femme est dangereuse. Elle a un beau relai avec Elise Lucet qui a décidé de s’en prendre à Bernard Arnaud

  10. Une urgence ? Autre que celle d’une gauchiste hors des réalités d’un monde qu’ils ont pourtant voulu ainsi en appelant à voter pour Maastricht ? Ou qui a appelé à voter Mélenchon ? Dépolitiser les syndicats, dissoudre l’idéologie inféconde qui y règne, bien que minoritaires mais ayant néanmoins une capacité de nuisance disproportionnée, destructive pour les salariés et le pays, et cela comme pour le service public avec nos impôts ! : Quelques idées ? supprimer toutes formes de subventions, rendre obligatoire l’adhésion salariale mais aussi patronale à un syndicat de son choix, rendre obligatoire le vote au sein de ces institutions comme cela devrait être le cas d’ailleurs pour toutes les élections nationales ou régionales avec comptabilisation des votes blancs, le nombre et le bon sens feront le reste.

  11. Ce serait intéressant de comprendre comment les plus nuls finissent par se hisser au premier rang de toutes les organisations.

    • C’est justement parce qu’ils sont nuls, qu’ils ne se posent pas de questions qu’ils foncent, marchent sur les autres, sont prêts à toutes les compromissions pour réussir, ils ont souvent une grande gueule, empêchent les autres de s’exprimer et prennent l’ascendant. On trouve la même chose dans les affaires, ceux qui ont fait des études, réfléchissent, pèsent le pour et le contre et ne font souvent rien. Par contre ceux qui n’y connaissent rien foncent, osent sans se poser de questions quant aux conséquences éventuelles et je peux dire par expérience parce que j’en ai certainement vu des centaines que 75% réussissent à améliorer leur situation sur le moment, après dans le temps 5 ans après il n’en reste plus que 15%, certains ont échoué et d’autres ont trop bien réussi et n’ont pas pu maitriser leur succès par manque de connaissances.

    • L’université et l’UNEF constituent une bonne filière d’apprentissage du désordre, de « l’agitprop » !

    • C’est « Le principe de Peter, syndrome du manager incompétent, tout employé a tendance à s’élever jusqu’à son niveau maximal d’incompétence. » désolée, mais ici, nous n’avons pas le droit de mettre un lien)

  12. Quand la chappe de plomb communisto-écolo‐lfiste se sera abattue sur la France, mme Binet pourra apprécier un paysage fait de kolkhozes et d’entreprises d’Etat. Tout le monde sera pauvre mais bien informé par la Pravda.

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