[ÉDITO] Lyon : pour Grégory Doucet, sa campagne a été « parasitée par la mort de Quentin »…

À StreetPress, le maire de Lyon explique que le débat du 24 février avec ses concurrents a donné trop de place.
Capture d'écran Ville de Lyon
Capture d'écran Ville de Lyon

Le maire de Lyon, Grégory Doucet, en situation ultra-défavorable pour conserver sa mairie, a trouvé les responsables de l'échec probable de sa campagne municipale : ce sont les médias et Quentin ! Il s'est confié au média d'extrême gauche en ligne StreetPress dans un article publié sous ce titre : « À Lyon, la campagne municipale "parasitée" depuis la mort de Quentin Deranque ». Le média exprime une déception. « Depuis la mort du militant néofasciste Quentin Deranque, le 14 février, lors d’une rixe en marge d’une conférence de Rima Hassan, députée européenne de La France insoumise, à Sciences Po Lyon, les propositions des candidats aux élections municipales à Lyon semblent avoir disparu du débat public. » Il faut s’attacher au message. En clair, le lynchage du jeune défenseur des Némésis a bien trop dominé les débats. Il eût fallu expédier le drame en quelques heures dans le gouffre étanche des faits divers. Trop de place pour Quentin ? Ce fut notamment le cas le 24 février où, sur BFM TV, « plus de quarante minutes de débat — sur une heure trente au total — ont été consacrées à cet événement », constate le média en ligne. Le plus surprenant est à venir, car le maire de Lyon s'est exprimé. Grégory Doucet a bien tenté de « recentrer le débat », ce 24 février, explique-t-il à StreetPress. En vain. Selon lui, sa campagne a bien été « parasitée par la mort de Quentin ». « Parasitée » ! Parasiter ? Instiller une gêne, une nuisance, une perturbation malvenue.

La faute des médias

Ce qui est embêtant, donc, dans le meurtre barbare de Quentin, ce n'est pas le lynchage à mort d'un jeune à six contre un, c'est que cela empêche le maire vert Grégory Doucet de faire campagne tranquillement... Cela le gêne, l'entrave. Car il avait prévu d’aborder des thématiques majeures, Grégory Doucet. Par exemple : « créer 30 % de logements sociaux d’ici 2040 », « engager la transformation des places de quartier pour renforcer leur rôle de centralité ». Ou encore « créer 60 nouvelles rues aux enfants, combinant piétonisation et végétalisation ». Le lynchage du jeune homme est venu perturber ses plans.

Gregory Doucet désigne, du reste, les coupables de ce parasitage : c'est de la faute des médias et des politiques. Car cette perturbation est liée à « ce que certains ont voulu faire de cet événement, à la manière dont les médias s’en sont emparés et à la récupération politique qui en a été faite », dénonce le maire de Lyon, qui s'encombre peu de la gravité des faits. « Les médias » jouent opportunément les boucs émissaires, à gauche, lorsqu’on en a besoin pour expliquer l’échec prévisible d’un mandat et d’une campagne. Il ne fallait donc pas parler du drame, ne rien dire et surtout ne pas y penser, ne pas rechercher les causes. Apporter des fleurs et voter Doucet. « Quand bien même il reste un jeune homme qui n’aurait pas dû mourir sous les coups, il était membre d’un groupe identitaire et défendait des idées antirépublicaines », expédie Grégory Doucet. La gauche, celle dont Giscard d'Estaing contestait le « monopole du cœur », a bien changé.

Diminuer l'horreur d'un lynchage

Car il y a pire, dans la classe politique lyonnaise. La candidate LFI à la mairie Anaïs Belouassa-Cherifi ne se pose aucune question sur le mouvement ultra-violent, dissous et étroitement impliqué dans ce drame. « Je n’ai pas à rougir d’avoir soutenu la Jeune Garde, le seul mouvement qui lutte contre le fascisme à Lyon quand l’État et les collectivités ne faisaient rien face à la montée de l’extrême droite », explique paisiblement la candidate à StreetPress. Alors que le candidat RN-UDR et Jean-Michel Aulas ont suspendu leur campagne une journée, la candidate LFI et le maire ont poursuivi la leur comme si de rien n’était. Ils se sont simplement opposés à l’affichage du portrait de Quentin sur l’hôtel de ville, proposé par Aulas.

Empêtrée dans un schéma de pensée où la gauche est définitivement bonne et généreuse et la droite violente et égoïste, la gauche lyonnaise se débat entre intérêt électoral, aveuglement devant l'échec d'un mandat et tentation d'excuser le pire, de diminuer l'horreur d'un lynchage en plein Lyon. Soit un concentré de violence et d'égoïsme à but électoral. La sanction est attendue dimanche.

Picture of Marc Baudriller
Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

67 commentaires

    • Des élections « parasitées », il n’y a pas que ce petit personnage qui en a (prétendûment) souffert.
      Je pense à François Fillon, puni pour une affaire de chiffons.
      On pourrait penser également à Eric Zemmour. Mais là, c’est une guerre qui a perturbé l’élection. Pour notre malheur !

  1. Campagne « parasitée » par la mort de Quentin… Parasitée, quel mauvais choix d’expression. Perturbée oui mais finalement très peu compte tenu des liens que Doucet entretient avec la jeune garde, compte tenu du drame choquant qu’est sa mort. Tous ceux qui ont un lien même minime avec ce groupe violent auraient du immédiatement être écartés, interrogés. Il s’en titre très bien.

  2. Chronique d’une mort politique annoncée !
    Non monsieur doucet, la mort de Quentin, aussi horrible et inacceptable soit-elle, n’est pas la seule raison du rejet dont vous êtes à juste titre la victime.
    Toutes les excuses sont bonnes à prendre n’est-ce pas… D’ailleurs vous devriez avoir honte !
    Tout ceci au cas où nous ne sauriont pas que les lyonnais sont écœurés par votre prestation catastrophique à la tête de la ville.
    Et du fait qu’ils en ont ras-le-bol de vos « lubies escroclogistes » laides et qui coûtent un pognon de dingue.
    Les lyonnais ne viennent plus sous vos fenêtres dans le centre-ville, les commerces ferment les uns après les autres…
    Sans oublier évidemment l’insécurité galopante que vous feignez d’ignorer !

  3. C’est très clair : les lyonnais sont des imbéciles qui n’ont pas compris la profondeur du message de M. Doucet. Et puis ce pauvre Quentin : au mauvais endroit au mauvais moment ! Parce que sur le fond : un être humain assassiné à raison de ses opinions, y a pas de quoi en faire un fromage. M. Doucet n’avait pas compris comment il avait été élu (il n’était pas le seul) et il n’aura pas compris pourquoi il aura été (peut-être) viré.

  4. Il aurait suffi de quelques mots de compassion après le meurtre de Quentin pour désamorcer le parasitage. Mais au lieu de ça, Doucet a refusé l’affichage du portrait de Quentin sur sa mairie et fait maintenant cette déclaration écœurante qui le discrédite encore plus que son bilan catastrophique et ses projets délétères. C’est ce qu’on appelle ne pas avoir de sens politique. Quand Doucet ne sera plus maire, il pourra rejoindre cette pauvre Sandrine Rousseau et l’élève Delogu dans leur combat héroïque contre l’OAS.

  5. Ils me font bondir tous ces gauchistes pur beurre. A vomir. Si ils avaient rencontré de vrais neonazis, cette jeune garde n’aurait plus besoin d’être dissoute. Juste capable d’agresser à 6 contre 1 un gamin de 58 kg. Je suis pris de vertige face à ce courage.

  6. Qu’aurait fait mister Doucet si au contraire un extrême gauchiste était mort ? toute sa campagne contre « l’extrême droite »… et sa campagne justement n’est elle pas perturbée par une certaine extrême gauche ?

  7. Indécent, mais autrement dit, pas entièrement faux, malgré tout.
    Cela étant, pas exclusivement pour monsieur-moi-même, mais pour tous.
    Hidalgo-Doucet même politique. J’espère que JM Aulas va rendre leur ville aux Lyonnais.

Laisser un commentaire

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

Traitement des violences sexuelles à Paris : une partie des médias est soumis à la gauche
Gabrielle Cluzel sur CNews

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois