Critiques contre l’islam : trois ans de prison requis contre un prêtre espagnol

En 2017, l’abbé Custodio Ballester avait notamment déclaré : « L’islam radical veut détruire l’Occident. »
© Capture écran YouTube - HazteOir.org
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La Justice espagnole serait-elle indulgente envers les offenses au christianisme et d’une extrême sévérité lorsqu’il s’agit de l’islam ? Ce 1er octobre, elle devra décider du sort de l’abbé Custodio Ballester, poursuivi pour incitation à la haine et discrimination contre l’islam. Le procureur de Malaga a déjà requis trois ans de prison à l’encontre du prêtre espagnol dans cette affaire. Une peine « disproportionnée », selon les soutiens de l’ecclésiastique, qui dénoncent une atteinte à la liberté d’expression.

Un dialogue avec l’islam impossible ?

Les faits remontent au mois de février 2017. L’abbé Custodio Ballester participe alors à l’émission La Ratonera Digital aux côtés d’un autre prêtre, le père Jesús Calvo, également poursuivi dans cette affaire. Interrogé sur le dialogue interreligieux, l’abbé Ballester affirme alors que « l’islam radical souhaite détruire la civilisation occidentale ». Et, comme il le raconte à nouveau dans les colonnes d’El Mundo ce 28 septembre, il dénonce ensuite, au cours de l’émission, certains prêches dans les mosquées qui prônent « l’extermination des infidèles ». Puis, évoquant un autre sujet, il conclut l'émission en affirmant que « l’immigration illégale [conduit] à un remplacement de population ».

Rapidement, « Les Musulmans contre l’islamophobie », une association espagnole controversée, porte plainte pour incitation à la haine. À ces propos, le Collectif de lutte contre l’islamophobie ajoute au dossier une tribune de l’abbé Custodio Ballester écrite en 2016 pour dénoncer le dialogue interreligieux. À l’époque, l’évêque de Barcelone plaidait pour un dialogue « nécessaire » avec l’islam. L’abbé Ballester dénonçait, de son côté, un « dialogue impossible ». Dans sa tribune, le prêtre souhaitait rappeler que « l’islam n’admet pas le dialogue : soit vous croyez, soit vous êtes un infidèle ». Il rappelait ensuite que « dans les pays où les musulmans détiennent le pouvoir, les chrétiens sont brutalement persécutés et assassinés. De quel dialogue parlons-nous ? » Et il terminait : « C’est une chose de ne pas mépriser les gens pour ce qu’ils croient et de ne pas les persécuter pour cela. C’en est une autre de mettre notre foi en hibernation pour qu’elle ne se heurte pas au dogme progressiste et à l’idéologie qui déclare la guerre à notre foi. »

Autant d’éléments constitutifs d’un discours de haine, selon le parquet de Malaga (Andalousie) qui, en 2020, a décidé de poursuivre le prêtre. Selon la Justice espagnole, les propos de l’abbé Ballester dépasseraient le cadre d’une critique légitime de l’islam et donneraient une image négative de la communauté musulmane. Sur la base de l’article 510 du Code pénal espagnol qui punit les incitations à la haine, le procureur de Malaga requiert donc trois ans de prison contre l’ecclésiastique.

Pour sa défense, l’abbé Ballester, qui invoque le droit à la liberté d’expression, assure avoir toujours parlé de l’islam radical, et non de la communauté musulmane en général. Il assure s'inscrire dans la lignée du discours de Ratisbonne prononcé par le pape Benoît XVI en 2006.

Déjà 25.000 signatures en soutien

Cinq ans après le début de l’instruction, « l’affaire prend de plus en plus d’ampleur », confie, à Boulevard Voltaire, une journaliste d’El Mundo qui a travaillé sur le sujet. Certains députés du groupe Vox n’ont ainsi pas hésité à partager sur leurs réseaux sociaux des publications en soutien à l’abbé Ballester.

Plusieurs associations catholiques dénoncent, de leur côté, le caractère « disproportionné » des réquisitions. Une pétition a par ailleurs été lancée pour demander la fin des poursuites contre le prêtre espagnol. Ces collectifs catholiques pointent du doigt un deux poids deux mesures : « Les attaques contre le christianisme – profanations d’églises, perturbations massives ou moqueries publiques – restent généralement impunies, tandis que les critiques de l’islam radical sont sévèrement poursuivies », écrit l’un d’eux. Sur les réseaux sociaux, on voit ainsi se multiplier des publications « Somos todos Custodio Ballester » (« Nous sommes tous Custodio Ballester », NDLR) en soutien au prêtre. En France, Florence Bergeaud-Blackler, auteur d'un ouvrage sur les Frères musulmans, dénonce, pour sa part, l’avènement d’une « société charia-compatible qui interdit le blasphème en faisant passer le blasphème pour un délit ».

À quelques jours de son jugement, l’abbé Custodio Ballester, interrogé par El Mundo, continue malgré tout d’avoir confiance dans « le bon sens de la justice ».

Picture of Clémence de Longraye
Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

83 commentaires

  1. Il me semble que Mahomet a été le premier infidèle car il a rejeté le Christ, s’est cru supérieur à Dieu et a fondé sa propre religion. A l’heure actuelle, être un vrai catholique fidèle à l’enseignement du Christ et à Benoît XVI et aux papes qui l’ont pécédé suscite la haine des modernistes, mais pas celle de Dieu!

  2. « Le premier qui dit la vérité il doit être exécuté ». Bravo Béart. Au fond, du moment qu’on a accepté le mot valise « islamophobie » tout devient possible…

  3. Comme le temps passe ! Pourtant, que sont 90 ans dans l’espace de vie d’un Grand pays, qui à peine a cicatrisé ses plaies héritées de son histoire récente et tumultueuse dans une guerre civile sanguinaire qui fit plus d’ 1million de morts, dans la plus grande boucherie jamais organisée par les bonnes consciences de ses acteurs, tous partis confondus, et contribua a élever les espagnols, les uns contre les autres, indistinctement, dans le plus grand aveuglement. Il semblerait que cela n’ait suffi, et comme d’aucuns, en France, rêvent d’en finir avec 1789, d’autres, de l’autre coté des Pyrénées, seraient prêt à semer les graines de la dissension, pour reprendre un conflit qui prit fin en 1938, mais qui, semble-t-il ne fut jamais, aux yeux de certains, conclu, et donc conduire les espagnols dans un nouveau marasme, dont leurs soi-disant amis européens ne seraient pas étrangers, pour y souffler sur les braises, au vent de l’idéologie et du grand remplacement, pour se terminer, comme toujours, dans le chaos ,dont les innocents font les frais. Les leçons du passé ? Pas apprises, sinon, retenues, semble-t-il !

  4. Dire que ce pays s’est libéré en 1492 du joug musulman après presque 8 siècles d’occupation et de colonisation… Une mémoire tragiquement et délibérément oubliée.

  5. Le procureur de Malaga ??? Un cabron !
    Certains en Espagne semblent rêver au retour du Califat, le Premier Ministre en tête !

  6. Des affaires semblables ( poursuites judiciaires, peines de prison encourues et parfois effectives ) il y en a dans plusieurs pays d’UE autrefois laïques et/ou très tolérants depuis un ou deux ans. La moindre critique de l’islam ou de simples constats sont rebaptisés « discours de haine », en Suède, en France, en Grande Bretagne etc et même, hors UE, en Suisse. Je ne suis pourtant pas complotiste, mais nous voyons de nos yeux la répression qui s’installe contre toute velléïté de contestation de l’islamisation en cours. Pour l’instant, on ne risque « que » la prison. La suite ?

  7. Que ce soit en Espagne ou ici,la  » justice  » ,qu’elle soit pénale ou administrative,nationale ou européenne,se fait toujours le bras armé de l’immigration,et de l’islam en particulier.Il en va de la justice comme pour les médiocres que se choisissent les électeurs : pour eux tous,l’immigration est un projet de société qui consiste à remplacer à terme les populations natives,donc à installer une sorte de grand remplacement. De son côté,ici en France,on a un certain parti politique ,que les sondages placent à 35 % d’intentions de vote,qui nous certifie que ce « grand remplacement » n’est qu’une théorie complotiste,(Je cite).Devant un tel constat lénifiant,je reste coi ….

  8. Pas de racisme la dedans, mais de la vision, du réalisme et pourtant 3 ans de prison, on rêve, c’est de l’aveuglement ou de la bêtise sans nom, affligeant.
    La France n’est plus seule, on se console comme on peut!

  9. Les musulmans se prononcent eux-mêmes contre « l’Islam radical », en déclarant « ce n’est pas cela, l’Islam! » à moultes reprises, à la suite d’attentats notamment. Il faudrait quand même faire la part des choses.

    • Oui, ils disent cela. Mais certains m’ont dit : « votre liberté d’expression, un jour on l’interdira »( un très gentil artisan avec qui je discutais souvent, au moment où Charliea publié « les » caricatures) ou « moi aussi, si mon fils se pacsait avec un homme, je le — » ( une voisine, à l’occasion d’un meurtre par sa mère d’un jeune homme gay ). Entre autres.

  10. CES espagnols sont aussi ignares que nos élus ! lisez le Coran et vous comprendrez que ce prêtre a tout à fait raison, documentez vous sur l’invasion musulmane en eSPAGNE du sud et vous comprendrez, lisez, par exemple, « crétiens, juifs et musulmans dans AL ANDALUS » de Dario Fernandez-Morera. Vous serez édifié.

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