[CINEMA] I Love Peru, le faux documentaire de Hugo David sur Raphaël Quenard

Désopilant dans certains passages, I Love Peru tombe aussi très souvent à plat.
Copyright Le pacte
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Qu’on l’apprécie ou qu’on le déteste, Raphaël Quenard ne laisse pas indifférent. Omniprésent sur les écrans depuis quatre ou cinq ans, ce jeune acteur comique au fort potentiel dramatique s’est notamment illustré par son bagout, son phrasé particulier et son regard halluciné dans Chien de la casse, Yannick, Les Trois Fantastiques ou encore Le Deuxième Acte. Avant de prêter ses traits à Johnny Hallyday dans un biopic réalisé par Cédric Jimenez, Quenard – son nom sonne en soi comme une blague – est aujourd’hui à l’affiche d’un faux documentaire, I Love Peru, mis en scène par son ami Hugo David. Un film « de potes », tourné avec trois francs six sous, un appareil photo et une équipe réduite au strict minimum.

Une quête spirituelle

Le réalisateur nous explique en voix off que les deux se sont rencontrés sur un tournage, il y a plusieurs années de cela. Hugo David était alors chargé de tourner le « making of » d’un film dans lequel jouait Raphaël Quenard. Leur entente fut telle que le jeune cinéaste continua de suivre son ami au fil des ans et, misant sur la réussite future du comédien, entreprit de le filmer en toute occasion en vue de monter, un jour, un véritable long-métrage.

Gentiment foutraque, I Love Peru met alors en scène l’ascension professionnelle de Quenard, filmé souvent en marge d’un tournage – tel que celui de L’Amour ouf, de Gilles Lellouche – et imagine ce faux ingénu se laisser happer par les pièges de la célébrité. Devenu ingrat, égocentrique, le comédien commence alors à délaisser son camarade et revient six mois après, la bouche en cœur, pour lui demander à la dernière minute de l’accompagner dans un voyage au Pérou ; car venant subitement d’avoir une « vision », après s’être fait lourder par sa copine, Quenard souhaite se lancer dans une quête spirituelle au pays des condors…

Divertissant mais inconsistant

Contrairement au récent documentaire À bicyclette !, qui incorporait par moments des éléments de fiction dans son récit – et interrogeait, ce faisant, l’éthique de son réalisateur Mathias Mlekuz –, le film de Hugo David part de la fiction totale pour intégrer, çà et là, des éléments pris sur le vif et des passages improvisés. À partir de deux cents heures de rushs (dix heures au Pérou et cent quatre-vingt-dix heures en France), Hugo David n’a su tirer, malheureusement, qu’un film de soixante-neuf minutes – c’est dire la qualité globale des images tournées… On touche là le cœur du problème : s’il est franchement désopilant dans certains passages, I Love Peru tombe aussi très souvent à plat. La vulgarité de nombreux dialogues et la personnalité – haute en couleur, certes – de Raphaël Quenard ne tiennent pas lieu de scénario. Peut-être a-t-il été un peu présomptueux de croire que la seule présence de l’acteur suffirait à bâtir une œuvre solide et consistante. En l’état, ce faux documentaire se limite à un sympathique portfolio, à une bande démo pour un jeune comédien qui cherche encore à prouver sa légitimité.

2,5 étoiles sur 5

 

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Pierre Marcellesi
Chroniqueur cinéma à BV, diplômé de l'Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA) et maîtrise de cinéma à l'Université de Paris Nanterre

Vos commentaires

6 commentaires

  1. J’ai vu — et beaucoup aimé cet acteur, mais impossible de me rappeler dans quel film ! Son nom m’avait effectivement paru blagueur !

  2. J’avoue sans honte que c’est la première fois que j’entends parler de cet individu et des films dans lesquels il a joué .

  3. C’était censé être drôle ? On peut parler des frères Lumières, de pierre et marie curie, de Clément ader, l’acier au temps des gaulois que les péruviens n’avaient pas…? Visiblement, ce sont des dialogues entre idiots et c’est maintenant la norme de pratiquer l’humour ridicule dans les comédies. Ca ne match pas avec moi !

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