Chute de Bayrou (et du macronisme) : LR et Retailleau à la croisée des chemins
Ce week-end a lieu à Port-Marly, dans les Yvelines - fief historique de Gérard Larcher -, le congrès du parti Les Républicains, présidé par Bruno Retailleau. Pris de court, comme les autres ministres, par le vote de confiance suicidaire demandé par François Bayrou, le ministre le plus populaire du gouvernement se trouve à la croisée des chemins : faut-il poursuivre l'aventure gouvernementale pour rester dans la lumière ou quitter le Titanic macroniste pour éviter de sombrer avec lui ? La question est sur toutes les lèvres et, derrière les formules policées des dirigeants, les langues des cadres et des militants se délient.
Le PS à Matignon : pour Retailleau, c'est non !
Le tangage chez LR, cette fois-ci, s'est produit à deux niveaux : faut-il voter la confiance à Bayrou ? Faut-il rester au gouvernement si Macron nomme un socialiste à Matignon ? Pour la première question, le dilemme est fort : LR a largement participé au gouvernement Bayrou et ne pas voter la confiance serait incompréhensible. C'est le sens de la position de Retailleau, réaffirmée par Larcher ce samedi. Mais voilà, il est question du budget, de hausses d'impôts, et Laurent Wauquiez, patron des députés du parti, a tôt annoncé qu'une bonne partie de ses troupes s'abstiendrait ou voterait contre. De toute façon, la chute de Bayrou est actée. Pour le maintien de LR en cas de Premier ministre PS, la question a été tranchée samedi soir par Othman Nasrou, le secrétaire général du parti : « Si la gauche est à Matignon, la droite sera dans l’opposition. » Retailleau a enfoncé le clou dans son interview au Figaro : « Je l’ai dit en face du président de la République et du Premier ministre très clairement : si ce sont les socialistes, ce sera sans nous. [...] La gauche en France est l’une des plus archaïques d’Europe ! » Fermez le ban.
Retailleau : rester ou partir ?
Mais si Macron renonce à sa lubie socialiste, Retailleau doit-il rester ? Public Sénat révèle que lors de son entretien, vendredi, avec Macron, Gérard Larcher aurait fortement plaidé en faveur du maintien de Bruno Retailleau au gouvernement. L'ascension politique de Retailleau s'est construite sur son arrivée à Beauvau, il y a un an. Cette popularité pâtirait-elle d'un départ du gouvernement ? Pas sûr. Et la figure montante de LR perdrait certainement davantage à poursuivre l'aventure dans des gouvernements minoritaires, à l'heure où les Français ont tourné la page Bayrou et souhaitent en faire de même avec Macron. Confidence cash d'un militant, cité par le Figaro : « Il faut laisser Emmanuel Macron dans sa m... avec les socialistes. C’est lui qui a créé tout cela. On a aucun intérêt à les aider. » Pour Retailleau et son parti, l'heure de l'opposition et des combats électoraux qui s'annoncent a sans doute sonné.
Laurent Wauquiez veut faire « sauter le système » !
La séquence Bayrou a redonné un peu d'air à Laurent Wauquiez. Patron du groupe, il a prévenu que les députés ne soutiendraient pas Bayrou comme un seul homme. Un cadre interrogé par Public Sénat explique l'état d'esprit de ces parlementaires LR fébriles : « Si, demain, il y a une dissolution, nos députés ne veulent pas faire campagne sur le terrain en se présentant comme les élus qui ont tenté de sauver Bayrou. Quel est son bilan, à part son impopularité, son inaction et la loi Paris Lyon Marseille ? » Samedi, Wauquiez s'est placé dans la perspective d'une présidentielle, dans un discours aux accents disruptifs et trumpistes : partant d'un constat sans concession (« La France est bloquée, nous ne pouvons plus agir »), mettant en garde contre le risque d’un « naufrage de la France », il a dénoncé une « crise de régime » et une « crise de l’impuissance ». Devant des adhérents conquis, il s'en est pris à « une minorité qui a mis la main sur la conduite du pays. Une minorité d’inspiration de pensée de gauche qui a verrouillé le pays. » Wauquiez, disruptif jusqu'à quel point ? On a beaucoup réagi à sa sortie de jeudi dernier sur son refus de censurer automatiquement un gouvernement PS. C'était pour le moins incompréhensible. Et Retailleau a vite recadré le débat. Mais, focalisé sur le PS, on a un peu oublié que Wauquiez a bien dit ne vouloir censurer a priori « ni un gouvernement PS ni un gouvernement RN » pour éviter « une instabilité catastrophique ».
Si la question d'un gouvernement RN ne se pose pas, dans l'Assemblée actuelle, elle sera peut-être très rapidement à l'ordre du jour, en cas de dissolution, vu les sondages prometteurs. Et là, la phrase de Wauquiez est bien plus disruptive : les LR seront-ils enfin prêts à rejeter les oukases de la gauche et à soutenir un gouvernement RN qui reprendrait les quatre piliers de gouvernement (« Mieux rémunérer le travail », « la maîtrise des comptes publics », « la maîtrise de l’immigration » et « la sécurité ») qu'ils viennent de réaffirmer pour conditionner leur participation gouvernementale ? En tout cas, ce dimanche, sur LCI, Laurent Wauquiez a également rappelé que le RN faisait bien, pour lui, partie de l'arc républicain.
Laurent Wauquiez appelle à un rassemblement de la droite, qui aille "de Gérald Darmanin à Sarah Knafo", et estime que le Rassemblement National fait partie de l'arc républicain.pic.twitter.com/fJzcEhSHnS
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) September 7, 2025
En tout cas, Wauquiez l'a bien dit : pas de censure automatique d'un gouvernement RN. L'après-Bayrou se précise.
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118 commentaires
L’heure de vérité viendra au second tour des législatives. LR fera-t-il encore élire des socialistes ou des LFI face au RN ? C’est là que Macron espère finir de tuer ce parti et récupérer tout le centre mou.
En se fondant avec le Centre , le RPR devenu l’UMP ( Union des Moutons de Panurge , dixit Philippe de Villiers à l’époque ) la Droite a perdu son âme, ses convictions, renié de Gaulle, trahi ses électeurs , bref elle est morte
un jour pas très lointain , un journaliste demandait au petit fils du Général ; selon vous quelle femme ou quel homme politique se rapproche le plus de la pensée de votre Grand Père ? réponse: aucun ! Donc la messe est dite ! Le Gaullisme , le vrai, est mort avec le Général ! Actuellement celles , ceux qui se réclament du Gaullisme , sont des escrocs !
Pas clair le Wauquiez !
Envie de se venger de Retailleau ?
Ce week-end à Port Marly a illustré à nouveau la guerre des chefs qui préside à la destinée des LR. D’un côté Retailleau, le patron, l’élu du mouvement qui ressemble à l’âne de Buridan, et de l’autre Wauquiez, le battu, le déçu, qui n’a pour autant renoncé à rien et surtout pas à la candidature suprême. Le poison de la discorde est donc à l’oeuvre, et quand Wauquiez déclare que le RN fait bien partie de l’arc républicain, (mais irait-il jusqu’à une alliance ?) il ne fait que mettre du sel sur les plaies de Retailleau, hostile à toute idée de rapprochement avec M Le Pen. Une clarification s’impose, peut être apparaîtra t’elle à l’issue de la prochaine séquence gouvernementale, mais une chose est sûre, seul un regroupement des forces de droite permettrait de l’emporter, et à jouer aux cons les ténors de la droite LR risquent fort d’être les cocus de l’histoire, une nouvelle fois…
Voter un budget avec un premier ministre socialiste serait une nouvelle catastrophe de plus. Alors non pas de gauche ou centriste au pouvoir. La Droite, la Vraie.
Jupiter doit bien se marrer dans sa tour d’ivoire élyséenne.
Après avoir donné la parole à son peuple, ces crétins de gaulois n’ont pas voulu donner de majorité au pays !
Après avoir torpillé un premier ministre PR, puis un MODEM, un socialiste serait logique pour une durée de quelques semaines, sauf si le traitre WAUQIEZ le soutiens.
A moins que, au hasard d’une nouvelle dissolution, notre stratège envoie au tapis le jeune BARDELA.
EM va encore bien rouler tout le monde dans la farine, jusqu’au bout : il l’a dit, il le fera.
Quant aux LR, ils poursuivent inlassablement leur descente aux enfers, en continuant à se dire gaulliste : une infamie de plus à la mémoire du Général.
DE VILLIERS, homme providentiel, malgré son âge, il est plus jeune que TRUMP !
Bien vu
Les LR ce sont les complices, et même les artisans d’un « arc républicain », qui en 2024, qui a coupé la France en 3 blocs incompatibles là où jusqu’alors s’affrontaient seulement 2 blocs : la droite ou la gauche, ils ont donné naissance à une nouvelle tendance, le ni droite ni gauche, à savoir « le centre mou », laissant croire que le « macronisme », c’est au centre ! Et puis LR, c’est de 2017 à 2024…LE MAIRE aux finances. Autrement dit 1300 milliards de dette supplémentaire…Une paille !
Les piliers IMMIGRATION et SECURITE n’en font qu’un seul. Quant à mieux rémunérer le travail, ça ne se comprend qu’en supprimant les »aides à ne rien faire »qui permettent de vivre dans l’inaction assez confortablement.
Comment imaginer sans rire une candidature à la présidentielle d’un Retailleau, président d’un parti qui a honoré de sa collaboration avec Macron les postes de soixante-huit ministres et secrétaires d’État en huit ans et se noyant misérablement dans le marigot macronien, pris en tenaille entre les islamo-trotzkistes avec leurs otages écolos-socialistes et le Rassemblement national avec ses alliés et au plus haut dans tous les sondages.
Nos bons LR ont la mémoire courte. Ils ne se souviennent même pas du bon temps où ils s’appelaient encore UMP. À cette époque, ils faisaient moins la fine bouche au point d’être appelés UMPS.
Comme le vent tourne sans cesse , ces pauvres girouettes vont « choper » le tournis !!!
Les LR aujourd’hui, c’est Judas multiplié par 49…
Que de blabla, de calculs alors que
1- Macron reste
2- la France reste dans l’Union européenne
Mettez qui vous voulez au gouvernement cela n’a aucune importance
Tout le monde médiatique « mainstream » se désole de l’absence d’esprit de « compromis » dans les divers partis, en France…Sans jeu de mot intempestif sur le vocable, ce qui semble devoir nous être proposé s’apparente davantage à une compromission, sous la bannière supplémentaire de gens, qui, quoiqu’ayant fait moins de 2 % aux dernières élections présidentielles, gouvernent déjà la plupart des institutions du pays et l’emmènent tranquillement (ou pas) vers l’abîme…Seule solution pour éviter le gouffre : casser cette situation !