[CHRONIQUE] Un désastre politique qui annonce la fin de la Cinquième République

Quelle issue nous reste-t-il ? Une formidable réaction qui balaiera tout le système politique et administratif.
photo Jean Bexon
photo Jean Bexon

« Oh ! ne les faites pas lever ! C’est le naufrage... » Rarement ce vers de Rimbaud (Les Assis) s’est aussi bien appliqué à la situation politique de la France. Et très particulièrement au parti de Bruno Retailleau. Le soutien des Républicains au gouvernement de Sébastien Lecornu est injustifiable. Alors que la candidate du Parti socialiste a obtenu 1,7 % à l’élection présidentielle, le PS dicte au gouvernement une politique absurde.

LR en soutien d'un budget... socialiste !

Le budget concocté par Bercy laisse encore filer la dépense publique et augmente la pression fiscale de 14 milliards dans l’État le plus imposé du monde ! Depuis François Mitterrand, Président désastreux, contrairement à la légende qui prétend qu’il fut le « dernier grand Président », la politique socialiste en matière d’économie, de fiscalité et d’Europe n’a cessé d’apporter la preuve de sa nocivité : décrochement économique, prolétarisation de la classe moyenne, désindustrialisation accélérée, assistanat généralisé, fuite des talents… Personne ne semble réaliser que s’il existe des paradis fiscaux, c’est parce qu’il y a des enfers fiscaux. Depuis des décennies, la France mène une politique à l’inverse de celle qui lui permettrait de se redresser et de se libérer de l’asservissement de l’endettement. S’endetter pour investir utilement est sain. S’endetter pour financer le fonctionnement d’un État dispendieux et un assistanat social ouvert au monde entier est suicidaire. Le tout sur fond de ritournelle contre les « riches », l’héritage, les nantis dans l’État le plus fiscalisé du monde !

Lâcheté politique

Ce désastre politique qui annonce la fin de la République, cinquième du nom, met en lumière trois tares de ce régime devenu désastreux.

En premier lieu, la lâcheté politique qu’illustre LR. Éric Ciotti, lui, a su rompre avec l’engrenage de la lâcheté des Républicains. Ceux-ci ont prouvé qu’ils préféraient leur parti à leur patrie, leurs intérêts particuliers au bien commun des Français. La lucidité et le courage dont a fait preuve le président de l’UDR, en brisant l’absurde tabou imposé par la gauche à la droite conformiste au sujet du Rassemblement national, va porter ses fruits. Les adhérents de LR vont rejoindre en nombre la formation d’Éric Ciotti. C’est bon pour lui, mais surtout pour la France.

Gabegie de l’État administratif

En second lieu, le poids insupportable de la technostructure étatique. Le budget qui sera présenté ne sera pas celui de Sébastien Lecornu mais celui de Bercy. Quand il n’y a plus ni de pensée ni de vision politiques, c’est le comptable avec son crayon sur l’oreille qui dirige et ce sont les bureaucrates qui décident. Le bien commun s’évanouit au profit des intérêts bien compris de la caste administrative. Depuis des décennies, la France n’est plus gouvernée mais elle seulement administrée. De surcroît, mal administrée. L’augmentation sans fin des prélèvements obligatoires ne sert nullement à réduire le déficit mais seulement à alimenter la gabegie de l’État administratif.

L’homme d’État prévoit, dessine un avenir, choisit, décide et entraîne. Le rôle du fonctionnaire, aussi haut soit-il dans la hiérarchie, est d’exécuter. Pour notre malheur, les hommes politiques ont la vue courte car bornée par la prochaine échéance électorale. Ils ne décident plus de rien car les fonctionnaires décident pour eux et parce qu’ils ont bradé la souveraineté de la France, et avec elle leurs pouvoirs, entre les mains de la technocratie bruxelloise. Qu’est devenu le gouvernement de la France ? Une valse à deux temps entre technocrates nationaux et technocrates européens, pendant que des politiciens hagards font tapisserie.

L’infernal tropisme totalitaire de la gauche française

En troisième lieu, l’empoisonnement des esprits par l’idéologie héritée de la Révolution française, mâtinée de celle de sa fille bolchevique. L’infernal tropisme totalitaire de la gauche française, nourri d’égalitarisme et de haine sociale, accouche toujours de propositions spoliatrices tant des libertés réelles des Français que du fruit de leur travail. Dormez tranquilles, braves gens, la République sait mieux que vous ce que vous devez penser, sait mieux que vous comment vous devez vivre et sait mieux que vous comment dépenser l’argent que vous avez gagné à la sueur de votre front ! Et qui ose protester est un factieux ou un fasciste ou encore un égoïste qui n’a pas compris que l’emprise toujours plus insupportable de l’État avec ses normes et ses impôts est une exigence de justice sociale !

Quelle issue nous reste-t-il ? Une formidable réaction qui balaiera tout le système politique et administratif, mais encore tout le système de pensée qui empoisonne notre pays et le conduit à un irrémédiable déclassement. Certains considèrent que la Révolution n’est pas achevée, qu’il faut la continuer ou, plutôt, en reprendre le court. Au contraire, le salut de la France ne viendra que si nous savons nous purger de l’esprit de la république jacobine qui nous empoisonne depuis deux siècles.

Picture of Stéphane Buffetaut
Stéphane Buffetaut
Chroniqueur à BV, élu de Vendée, ancien député européen

Vos commentaires

70 commentaires

  1. Le gouvernement est tellement nul qu’il se fait dicter les décisions par un parti quasiment mort de charlatans socialistes. Tellement nul que Lecornu aurait mieux fait de s’adresser à l’ I.A. .

  2. « Une formidable réaction qui balaiera tout le système politique et administratif » ET EUROPÉEN, ET JUDICIAIRE ET SCOLAIRE ET ÉCONOMIQUE !!!

  3. Vème REPUBLIQUE

    Il faut la remettre à l’endroit : mandat de 7 ans, législatives tous les 5 ans comme avant le changement de durée de la mandature.
    Le système actuel vérifie quelques points de vue :
    “La politique ne consiste pas à faire taire les problèmes, mais à faire taire ceux qui les posent.” (Henri Queuille – Président du Conseil sous la IVe République | Né en 1884)
    « La politique fut d’abord l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. À une époque suivante, on y adjoignit l’art de contraindre les gens à décider sur ce qu’ils n’entendent pas. » (Paul Valéry)

    Donc, surtout, – vœu pieux ? -, que les Français s’éduquent politiquement pour ne pas élire des guignols, des bonimenteurs, des usurpateurs, des rigolos en tout genre, etc.

    Naguère, en lisant « Le Monde » et « Le Figaro », il était possible de faire une « synthèse des deux faces de la lune ». De nos jours, l’’odieux visuel de sévices publics » (© G.W.Goldnadel) et les media affidés, dissimulent, mentent sciemment ou par omission, voire annoncent leur idéologie. La contradiction est n’est guère possible; vilipendée à peine émise. Méthodes quasi totalitaires.

    “J’essaie d’encourager les gens à penser de façon autonome, à remettre en question les idées communément admises. Ne prenez pas vos présomptions pour des faits acquis. Commencez par adopter une position critique envers toute idée « politiquement correcte ». Forcez-la à se justifier. La plupart du temps, elle n’y arrive pas. Soyez prêts à poser des questions sur tout ce qui est considéré comme un fait acquis. Essayez de penser par vous-même. Il y a beaucoup d’information en circulation. Vous devez apprendre à juger, à évaluer et à comparer les choses. Il vous faudra faire confiance à certaines choses, sinon vous ne pourriez pas survivre. Mais lorsqu’il s’agit de choses importantes, ne faites pas confiance. Dès que vous lisez quelque chose d’anonyme, il faut se méfier. […] mais pour ça il faut travailler. Et c’est pareil pour tous les sujets, les uns après les autres.” [Noam Chomsky, 2010]

    IL FAUT PRENDRE LE TEMPS DE DECRYPTER

    “Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. ” Steve Jobs / Discours à Stanford en 2005
    « La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n’est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle se soumettre, ce serait cesser d’exister. » Henri Poincaré

    • Depuis des décennies, ces gouvernements cumulent couardise, incompétence crasse, manque de vision. Leur seule boussole est la poursuite de leurs mandats.
      Et si nos « élites de caniveau » avaient un peu de courage, elles pourraient donner des directives à l’Europe plutôt que les subir. Car si la France menaçait de sortir de l’Europe, celle-ci serait complètement ébranlée, et risquerait de disparaître. Mais tous ces élus ne pensent qu’à conserver leur douillet fauteuil.

  4. Pour la enième fois, ce n’est pas la constitution de la 5ème République qui pose problème. Mais la nullité crasse de la classe politique depuis Mitterrand. Mitterrand a placé tous ses sbires à tous les postes. Aujourd’hui, ce sont leurs enfants, l’escrologie et la macronie, qui leur ont succédé.
    Ce qu’il faut c’est modifier les conditions d’accès à un système de votation de type Suisse, car les politocards ont tout verrouillé !

  5. Excellent ! Enfin un article pertinent sur l’indispensable rupture qui s’impose. Indispensable aussi d’abroger les lois constitutionnelles et donc la constitution de 58 qui finie par être l’équivalent d’un catalogue de la Redoute de « tous les droits sans aucune colonne vertébrale ».

  6. Article remarquable ; tout est dit, hélas, et bien dit. La France consternée se désole devant une République qui sourit d’une joie mauvaise.

  7. EN 1958, il a fallu attendre la fracture, en 1981, il a fallu attendre la fracture, pareil en 2025-26 ? ne peut-on, dans ce pays, rester mesuré, consciencieux, prudent, adulte ?????

  8. Je ne suis pas certain que ce soit la fin de la Ve République. Les politicards apeurés actuels – de l’extrême Gauche à LR – voudraient voir l’avènement de la VIe, mais se rendent-ils comptent qu’ils imitent la IVe à la perfection?

    • Tout à fait, la Vème République n’est pas faite pour les petits bonhommes. N’est pas de Gaulle qui veut

  9. Le PS, 1,7 % des voix, dicte au gouvernement — qui veut éviter à tout prix l’arrivée au pouvoir du RN patriote– une politique absurde et nous entraîne vers un suicide économique et financier collectif. Au secours !

    • La socialo-macronie, c’est à dire l’état profond, prend pretexte que le RN serait l’hydre fasciste pour interdire l’accès au pouvoir à celui-ci.
      La réalité est tout autre. Ces gens qui depuis mai 81 ont placé petits copains, maitresses, enfants, amis, etc. dans tout un tas d’organismes bidons, assoces reconnues d’utilité publique (défense de rire), commissariat au plan-plan, etc. etc. etc., ces gens craignent purement et simplement un éventuel « spoil system » en cas d’arrivée du RN au pouvoir !
      Adieux logements de fonction dans les beaux quartiers de Paris ! Adieux HLM (sic) rue de Rivoli ou dans le 16ème grâce à Ian Brossat, Adieux restos étoilés Michelin payés par le con-tribuable. Adieux les fringues de luxe ! Autrement dit l’APOCALYPSE !!!
      La fin de leur petit monde doré sur tranche ou il n’est pas nécessaire d’être travailleur, compétent, intelligent et talentueux pour réussir !
      Voilà ce qui terrifie réellement ces vautours qui dépecent la France depuis maintenant plus de 40 ans !

      • Une fois de plus en accord total avec vous. Une caste de pillards qui rappelle furieusement une aristocratie dégénérée. À balayer.

      • Entièrement d’accord. Ils tremblent pour leurs acquis qui se renouvèlent de père en fils. « Au voleur ! au voleur ! à l’assassin ! au meurtrier ! « , criait Harpagon, déjà modèle du bourgeois gauchiste qui n’en a que pour lui.

  10. Pour une fois, une analyse qui a du contenu, sans se noyer dans des considérations secondaires, et qui donne une véritable vision de la situation.
    Elle montre bien que nous assistons, peut-être, à la contre-révolution de celle de 1789. Espérons qu’elle évitera une Terreur.

  11. L’agonie est lente..pourrons nous au moins punir un jour ceux qui l’ont causée? A
    commencer par le  » president » ? Posera t on. Les bonnes questions par exemple: qui a finance les campagnes électorales ? Qui et comment ont été  » récompensés  » les auteurs de l’affaire alsthom, ou les fanatiques de la vaccination ? Rien n’est moins sûr,..avec notre  » justice »… alors tout ca pourrait finir très mal…

  12. Avec Les Républicains » de ce Monsieur Retailleau, ce n’est plus « l’union des droites », c’est l’union de la droite avec la gauche !

    • Le LR que l’ont pensait à droite toute compte fait sont du centre gauche. Je n’ai plus eu aucun doute quand je les ai vus rejoindre la macronie en devenant ministre , en appelant à soutenir macron (homme de gauche) dans toutes les élections et en appelant à faire barrage au RN

  13. Concernant ce désastre politique, on dirait que leur monde est parallèle au nôtre avec leur organe de propagande France télévision, et avec un » Lecornul en trois mots » qui ne se rattrape pas en esprit opportuniste, très souriant et satisfait de sa forfaiture qui lui a permis de montrer son vrai visage: « La République en Masque » d’un adulescent de la vraie vie.
    Manifestement à 39 ans et fier d’être réserviste d’extrême centre, c’est toutefois un faux pèlerin qui porte une honte certaine, comme son idole!
    Un vendéen averti en vaut deux…car « Les daubeurs auront leur tour d’une ou d’autre manière » (Le lion, le loup et le renard/ La Fontaine).

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