[CHRONIQUE] Censure, crise politique : la soupe à l’union des droites au menu ?
La chute de la maison Bayrou était annoncée. Elle a eu lieu. Nette. Spéculation et martingales politiques vont bon train. Le Président de la République a repoussé l’idée d’une dissolution. « En même temps », avec lui rien n’est jamais certain. Il est en quête d’un nouveau Premier ministre qui, à son tour, sera en quête d’une majorité ou, à tout le moins d’une absence de censure. Nous nous croyons revenus aux charmes de la quatrième République. Mais après tout, « chassez le naturel, il revient au galop ». Le « détestable régime des partis » (De Gaulle) est inhérent à la République : « il est passé par ici, il repassera par là ».
Comme de juste voici que nos marmitons de la tambouille politique se disputent à propos de la recette de la soupe à l’union des droites. Au demeurant, il a suffi que Nicolas Sarkozy décerne un certificat de vertu républicaine au Front national il y a quelques jours pour que les spéculations aillent bon train. Il a fallu du temps à l’ex président pour réaliser que le Rassemblement national n’était plus le Front national. Cela fait en effet quatorze ans que Marine Le Pen en a pris la présidence afin de le transformer.
Droites : alliances vaut mieux qu'union
L’emploi de mots justes est un hommage à la langue française. Il permet la clarté de l’expression, signe de celle de la réflexion, et la justesse du raisonnement. Prouesse en des temps où notre décadence se traduit aussi par l’avilissement de notre langue, soigneusement entretenu par des journalistes incultes et des politiciens qui ne le sont pas moins.
Ainsi nous parle-t-on beaucoup d’union des droites, mais est-ce le mot juste ? N’est-il pas, justement, ce qui empêche que la France, qui n’a jamais été aussi à droite, soit gouvernée à droite ? Il y a dans le mot union l’idée de quelque chose qui forme un tout, une sorte d’agrégation qui entraîne une uniformisation, donc une perte de ce qui fait l’originalité d’une pensée politique. Se sentant menacés dans leur nature propre, les partis ont donc tendance à s’arcbouter sur leurs spécificités et dès lors l’union ne peut se réaliser, ou se traduire purement et simplement par l’alignement sur le plus fort.
Ne serait-il pas plus efficace et opérationnel de promouvoir une alliance entre les droites. Ainsi chacun garde ses spécificités mais tous s’accordent sur un programme commun de gouvernement, c'est-à-dire sur ce qui nous rapproche plutôt que sur ce qui nous divise. La démarche d’alliance serait beaucoup plus acceptable et efficace que la difficile recherche d’une union qui effraie les uns et les autres. Pour cela, il faut évidemment faire preuve d’indépendance d’esprit et de courage. Vertus qui ne sont pas nécessairement les répandues dans le monde politique.
La droite conformiste risque de payer le prix fort de sa lâcheté
Eric Ciotti a fait preuve de l’une et de l’autre. Mais au-delà du courage son attitude répond à une logique démocratique : faire qu’un pays qui est majoritairement à droite soit gouverné à droite. Il est bien pitoyable que les « chapeaux à plumes » du parti LR aient choisi de se conformer aux oukases de la gauche et aient reculé devant une alliance avec le Rassemblement national et privé ainsi ses électeurs d’une alliance qu’ils désirent dans leur grande majorité. La droite conformiste qui déjà n’est plus que l’ombre d’elle-même, risque de payer le prix fort pour sa lâcheté.
Bruno Retailleau peut bien en appeler à la France des honnêtes gens devant un décor bleuâtre qui veut évoquer sans doute un paysage campagnard aussi irréel que les architectures qui illustrent les billets en euro, il aura bien du mal à justifier la trahison de ces honnêtes gens qu’il prétend représenter. Ce nouvel avatar de la majorité silencieuse fait oublier que les troubles politiques ont toujours été fomentés, depuis la révolution française, par des minorités agissantes. Or nous sommes précisément dans un de ces moments où la France pourrait aisément basculer dans le chaos. Tout y concourt : l’insuffisance de la classe politique, la situation financière du pays, la sclérose administrative, la submersion migratoire et civilisationnelle, la décadence des mœurs, le refermement sur soi de l’oligarchie, la difficulté pour vivre avec une aisance minimum, les tensions internationales…
Dans ces périlleuses circonstances, il est de bon ton de se féliciter de la solidité des institutions de la Ve République. C’est une mauvaise plaisanterie car s’il y a la lettre de la Constitution, c’est l’esprit de celle-ci qui en fait la force réelle. Or cet esprit a été sans cesse bafoué. Si le Président est la « clé de voûte des institutions », c’est parce qu’il a l’adhésion de la nation. La détestable habitude depuis Mitterrand, de s’accrocher au pouvoir, même quand on a été désavoué par les électeurs, a perverti totalement notre système institutionnel. Le meilleur service que Macron pourrait rendre à la France serait de se démettre. Mais se soucie-t-il encore de la France ?
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35 commentaires
« Mais se soucie-t-il encore de la France ? » le « encore » suggère qu’il se soit soucié un jour de la France. Or, il paraît évident aujourd’hui que la seule chose qui le préoccupe a toujours été uniquement sa (toute) petite personne.
Quant à l’union des droites, la faiblesse des politiques n’est que le reflet du niveau général du pays. Si elle ne se fait toujours pas au prétexte que les gens pensent que cela entraînerait la disparition de certains partis est triste et sans réflexion. Alors s’il faut parler d’alliance, qui est effectivement plus compréhensible, pour que s’unissent des partis ayant des différences pour prendre le pouvoir et mener une politique de droite, tant mieux. Le problème est que LR n’est plus vraiment un parti de droite (voir encore hier Retailleau s’offusquer de quelques têtes de cochon déposées devant des mosquées alors qu’il reste silencieux à de vrais attaques contre les catholiques, comme l’incendie d’une statue de la vierge pendant le déroulement d’une messe). Le RN est-il de droite quand on lit le programme économique ? Alors alliance de quels partis autour de quel programme commun ? N’est-ce pas ça le problème et le frein ?
Macron s’est il un jour soucié de la France?
Le RN est le premier parti de France. Il mène une politique régalienne depuis belle lurette mais il est vrai qu’au niveau économique il n’a rien à voir avec les LR et Reconquête qui eux sont des libéraux pur jus. Le RN peut éventuellement gagner seul en chipant des voix à la gauche et ainsi passer la barre des 50%. Cependant, il serait intéressant aussi pour lui de s’allier notamment avec Reconquête qui n’est pas macron-compatible. Mais les dirigeants de ce parti ne cessent de vilipender la patronne du RN et de son adjoint. Comment voulez-vous que le RN s’associe à eux…
Effectivement, je pense que la seule façon pour que la France se sorte de ce bourbier, est une envie des deux partis de Le Pen et de Zemmour, à faire, un programme commun allant dans ce sens, sans vouloir faire des alliances profondes.
Vous avez raison. Alliance ne veut pas dire Union!
s’en est-il jamais soucié…? …de la France….?
D’accord avec cet article mais auquel est passé sous silence la majorité d’électeurs dits de droite qui ont voté NFP de LFI en suivant les consignes du Front Républicain . Ces Francais de droite sont comme leurs dirigeants alliés au NFP des collabos. C’est la triste France d’aujourd’hui. J’exècre et je hais.
Va pour l’alliance des droites. Mais qu’elle se fasse et vite. Le pays étouffe sous la chape de plomb imposée par Macron et sa clique. La tempête n’est pas loin. Elle approche dangereusement. Et le bateau France, roule et tangue dangereusement. Il était une fois…mais les Français n’aiment pas qu’on leur raconte des histoires.
Un programme commun de gouvernement bien sûr mais aussi ce qu’a dit Sarah Knafo récemment = C’est au parti le plus puissant de signifier qu’il veut travailler en groupe.
Elle est fine SK on le sait ! mais ML n’est pas prête à se bruler à la flamme !
L’union des droites… Le problème est qu’une partie des formations qualifiées de droite ne le sont pas, sans avoir pour autant d’ancrage précis. C’est en fonction des circonstances. Naturellement, la priorité c. est de faire barrage au RN quitte à s’allier aux staliniens. Dans ces conditions il ne peut y avoir d’union des droites ;et c’est la gauche qui gouverne avec le succès que l’on constate. Les Wauquiez et Cie préfèrent donner dans l’ambiguïté, à l’intérieur de laquelle il y aura toujours matière à brouter.
Quand on a vu Knafo l’autre soir sur Cnews on craint le pire. Elle a été nulle et ne pense qu’à diviser. Elle a beau avoir la risette aux coins des lèvres, sortez les archives : ex de louis sarkosy et nouvelle de zemmour qui lorsqu’il a viré en politicien n’avait pas de mots assez durs contre le RN et faite un peu l’histoire de son ascension au pinacle de la télé réalité.
Tiens, je pensais que cette semaine nous avions une éclipse de lune !
Il n’y aura jamais de véritable union des droites avec Marine le Pen, elle ne changera pas un iota de son programme pour se rapprocher des propositions des autres partis à connotation patriote.
Bardella à plus de chance avec la jeune génération Marion Maréchal, Sarah Knafo, FX Bellamy, Florian Philippot, liste non hexaustive.
Très bonne liste!
Le pouvoir des mots et leur sens profond: l’alliance n’est pas l’union. Elle serait suffisante pour gagner !