Bagarre au tribunal de Créteil : « Ils n’ont pas de respect pour l’institution »
C’est une scène d’une rare intensité qui a sidéré toutes les personnes présentes au tribunal judiciaire de Créteil, ce lundi 1er décembre. En début de soirée, alors que se tenait le procès des meurtriers de Mansour, assassiné en 2022 pour avoir refusé d’être fouillé par un dealer de la cité Victor-Hugo à Gentilly, de violents heurts ont éclaté entre bandes rivales dans l’enceinte même du tribunal.
L'audience comme terrain de règlement de comptes
« C’était vraiment très impressionnant », glisse à BV une source judiciaire qui a assisté à la scène. Il a fallu que « tout le service de police de Créteil soit déployé » pour rétablir le calme au sein de la cour d’assises. Vers 18 heures, les échauffourées ont démarré en salle d’audience, dans le box même où comparaissaient trois des mis en cause dans cette affaire liée au trafic de stupéfiants. Après plusieurs jours d’audience et un interrogatoire éprouvant, l’un d’eux a fini par désigner l’auteur du tir qui aurait coûté la vie à Mansour, selon des informations du Parisien, confirmées auprès de BV. Le principal intéressé se trouvant dans le box, la tension a explosé immédiatement : une bagarre a éclaté entre les détenus Sofiane, Elijha et Emmanuel, avant de gagner la salle des pas perdus où attendaient les « soutiens » des différentes parties.
« Il y avait beaucoup de monde, plus d’une centaine, c’était très tendu dans le tribunal. » La situation a été jugée suffisamment préoccupante pour que le président ordonne que les audiences se poursuivent à huis clos « pour préserver l’ordre public ». Une démarche que certains estiment « intéressante » à relever, compte tenu du fait que le huis clos est le plus souvent requis pour préserver l’anonymat d’une victime ou d’un mineur. « Là, c’est qu’ils ont considéré qu’il y avait un vrai danger. »
Un phénomène « assez fréquent »
« Ces incidents reviennent assez souvent lorsque des rixes opposent des quartiers », raconte à BV l'employé habitué à ces scènes parfois impressionnantes. « Dans ces cas-là, il y a toujours du monde et un peu de désordre. » Pas plus tard que le 27 novembre, un affrontement similaire avait éclaté au tribunal d’Évry entre bandes rivales impliquées dans un meurtre. En mai, c’est au tribunal de Bordeaux qu’une bagarre avait éclaté, là encore à l’intérieur même du bâtiment, dans une affaire de tensions entre deux cités.
« Il arrive que les amis soient dans la salle d’audience et interpellent le prévenu pour lui lancer "courage mon reuf". Ils ont tendance à mettre pas mal le bazar dans les tribunaux. » À Créteil, ce type de débordements n’est pas inédit, mais « de cette ampleur-là, franchement, c’est rare ».
« Ils n’ont pas de respect pour l’institution »
L’ordre qui prévaut pour ces personnes n’est pas celui du tribunal, constate, lors des audiences, le fonctionnaire : « L’ordre, le vrai, c’est celui de la cité. » Leur autorité ne dépend pas des juges mais « des grands de cité ». L’ordre judiciaire, ajoute-t-il, « ils s’en moquent, ils n’ont pas de respect pour l’institution ».
Malgré le huis clos, la pression reste palpable. Le hall est resté plein toute la journée : « Ça zone, on peut sentir la masse arriver. » Le délibéré est attendu jeudi. « Je pense que ce sera de nouveau le bazar », souffle-t-on, dans les couloirs du tribunal.
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67 commentaires
D’où l’intérêt de remettre des bagnes pour y envoyer sans jugement toute cette racaille sans foi ni lois !
Il va falloir mettre les juges sous protection policière, l’exercice de leur métier devient périlleux. L’ordre judiciaire est en péril. Les prétoires se confondent avec les zones de non droit. Il y a de quoi être tenté de raccrocher sa robe d’audience ou de demander une prime de risque et des cours d’art martial. Un comble pour des magistrats du siège.
Que ces bandits ne respectent pas les institutions, ça ne devrait pas surprendre quiconque c’est dans leurs gènes.
Que ça reste impuni ça c’est surprenant. Bien que……
Dès qu’ils sont enfants ils savent qu’ils ne risquent rien, un gosse de 15 ans laisse un homme de 50 ans qu’il a mis dans le coma sur le trottoir et rentre chez lui tranquillement, au tribunal il a un rappel à la loi sans inscription au casier judiciaire.
« Ils n’ont pas le respect de l’institution » D’où vient-il cet homme !? Il serait temps qu’il atterrisse !
Un jour si rien n’est fait l’affrontement se fera par les armes. L’immobilisme des gouvernement successifs y conduit irrémédiablement.
Les juges déplorent le chaos qu’ils on pourtant contribué a engendrer.
Je trouve ça plutôt intéressant que la magistrature subisse , elle aussi, le bazar mis par nos « chances pour la France » pour lesquelles ils ont tant d’indulgence .
Ben quoi, le tribunal « comme au bled » fait partie de leurs coutumes, respectons-les.
Vu l’insecurite qui regne dans ce pzys’ai du mal a comprendre que ces proces soient publics..les incidents existent drpuis tres longtemps..Temoin en cours d’assise j’avais deja ete menace par une » famille » il y a 30 ans..devant les policiers qui disaient sue c’etait normal puisqu’on donnait mon nom et mon adresse lors du proces et aux avocats lors de l’instruction puis qu’on exigeait ma presence a la cour..Sans doute au debut fu siecle dernier les proces servaient d’exemple dissuasif pour le public,quand pour le vol d’un bout de pain on allait au bagne pour le
public..comme on excecutait en place publique..Aujourd’ hui vu le laxisme ambiant
Il vaudrait mieux juger a huis clos,les temoins et jures se sentiraient plus a l’aise et l’instance serait sans doute plus redoutee…
Tous dans le même cachot pendant 1 semaine.
Non, dans le même bateau …
comment voulez vous que ces « jeunes » aient du respect pour les Institutions françaises alors qu’ils n’arrêtent pas de cracher sur notre pays
Faut dire que els juges ne respectent pas plus cette institution, quand tu vois qu’un juge a décidé que la comparaison « immédiate » du me qui a agressé bardella était reporté et qu’il n’y aurait pas de prison. Tu comprend que pour certains c’est l’immunité totale, comment pourraient ils respecter la justice après ça?
Mais comment voulez-vous qu’ils respectent l’Institution ? A chaque infraction commise, c’est rappel à la loi, mesures éducatives, placement en centre dont ils s’échappent avant que les formalités administratives soient effectuées. Alors quand ils sont convoqués pour du sérieux et bien ils s’attendent à ce qu’un magistrat leur face les gros yeux. Le respect ne fait pas partie de leur vocabulaire.
« Ils s’en moquent, ils n’ont pas de respect pour l’institution » !? …mais l’institution est elle encore respectable quand les victimes sont condamnées à indemniser leur agresseur ou leur squatter ?