Au Louvre, la 30e édition du Salon du patrimoine rend justice à l’Art déco

Le Salon du patrimoine 2025, une célébration de la transmission, de l’innovation et de la permanence du beau.
Capture écran Salon International du Patrimoine Culturel - FaceBook
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Chaque automne, le Carrousel du Louvre accueille le plus grand rendez-vous européen consacré à la sauvegarde, la transmission et la valorisation du patrimoine : le Salon international du patrimoine culturel. En 2025, cette 30e édition, organisée par Ateliers d’Art de France du 23 au 26 octobre, met à l’honneur le mouvement Art déco, à l’occasion du centenaire de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925. Ce thème rend ainsi hommage à une esthétique qui, tout en célébrant l’élégance et la géométrie des Années folles, continue d’inspirer les créateurs d’aujourd’hui.

Une vitrine du patrimoine vivant

En 2024, le Salon international du patrimoine culturel a réuni 346 exposants issus de 11 pays différents et attiré près de 20.700 visiteurs au Carrousel du Louvre. Ces chiffres confirment ainsi son rôle majeur dans la valorisation des savoir-faire français et européens. Parmi les exposants figuraient notamment les Monuments historiques, la Fondation du patrimoine, le Mobilier national, les Ateliers Gohard, la Manufacture de Sèvres, l’École Boulle ainsi que de nombreuses entreprises labellisées Entreprises du Patrimoine Vivant.

L’édition 2025 poursuivra cette dynamique en accueillant de nouveaux acteurs du patrimoine bâti, de la restauration d’œuvres d’art et du design d’intérieur. Les visiteurs pourront découvrir les innovations de Maisons Pariente, Saint-Gobain, Degaine Patrimoine ou encore les Ateliers Loire, réputés pour leurs vitraux d’exception.

Le salon se veut aussi un espace de dialogue entre la tradition et l’innovation, où les artisans d’art côtoient architectes, ingénieurs, conservateurs et restaurateurs. Les quatre journées seront rythmées par des conférences, des démonstrations en direct, des remises de prix et des expositions thématiques. Ce rendez-vous met également en avant les métiers d’art qui participe activement à la préservation et à la restauration de notre patrimoine comme des ébénistes, des ferronniers, des maîtres verriers, des mosaïstes, des doreurs, des tailleurs de pierre ou encore des restaurateurs de textiles.

Ces artisans perpétuent des gestes qui furent déjà au cœur du mouvement Art déco, dans les années 1920, lorsque le dialogue entre technique, beauté et fonctionnalité portait l’art vers un nouvel horizon.

L’Art déco : un style entre rigueur et élégance

Né juste avant le début de la Première Guerre mondiale et prenant son élan durant l’après-guerre, l’Art déco incarne la rencontre entre l’art, l’industrie et la modernité. À la différence de l’Art nouveau, tout en courbes et en naturalisme, il prône l’ordre, la symétrie, la géométrie et la pureté des lignes. Les artistes de ce mouvement cherchent à unir l’élégance du luxe français et la rationalité du monde moderne.

Parmi les figures majeures, Émile-Jacques Ruhlmann s’impose comme le maître du mobilier d’exception, Jean Dunand comme le grand laqueur de l’Art déco, René Lalique comme le poète du verre et du cristal et Pierre Chareau comme un architecte de talent.

De ces grands artistes vont naître de grandes œuvres comme le paquebot Normandie, le théâtre des Champs-Élysées d’Auguste Perret ou encore le Palais de la Porte Dorée. Tous ne sont que des fragments d’un style novateur.

L’Exposition de 1925 : la naissance d’un art moderne

Le Salon du patrimoine 2025 célèbre également le centenaire de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, inaugurée à Paris le 28 avril 1925. Cet événement colossal, autrefois installé entre les Invalides, le Grand Palais et les quais de Seine, avait réuni des milliers d’exposants venus de vingt et un pays et attiré près de seize millions de visiteurs. Son ambition : montrer la suprématie du goût et du savoir-faire français dans un monde en pleine modernisation.

Les pavillons rivalisaient alors de créativité : le Pavillon du Collectionneur de Ruhlmann incarnait la perfection décorative, tandis que le Pavillon de l’Esprit nouveau de Le Corbusier proclamait l’avènement d’une nouvelle architecture.

Un siècle plus tard, le Salon du patrimoine 2025 reprend ce flambeau. Il rappelle que les savoir-faire de 1925 - la marqueterie, la laque, le verre gravé, le métal ouvragé - continuent d’irriguer la création actuelle. Les artisans d’aujourd’hui, héritiers de cette excellence, œuvrent à restaurer ces décors d’un monde sorti de l’horreur de la Première Guerre mondiale.

Ainsi, le Salon du patrimoine 2025 n’est pas seulement une rétrospective, c’est une célébration de la transmission, de l’innovation et de la permanence du beau. Paris y réaffirme son rôle de vitrine mondiale de l’artisanat d’excellence et du patrimoine vivant.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur à BV, licence d'histoire-patrimoine, master d'histoire de l'art

Vos commentaires

7 commentaires

  1. Bien dommage que ce centenaire ne fasse pas l’objet d’une exposition. Aux amateurs de ce style, je signale qu’il existe un parcours Art Déco à Bruxelles et une exposition qui doit toujours être en cours au musée Bellevue.

  2. n’aimant pas l’art déco en général, j’ai du mal à y voir  » une célébration de la transmission, de l’innovation et de la permanence du beau. »

    Mais chacun ses goûts et les goûts et les couleurs, cela ne se discute pas dit l’adage.

  3. La, on peut parler d’art et de beau. Rien à voir avec la grenouille en plastique, ou le sapin du même métal à usage encore indéterminé.

  4. J’admire l’Art Déco (qui devrait s’appeler l’Art nouveau plutôt, car c’était alors une nouveauté fondamentale), il m’enchante.
    Et j’aime l’Art Nouveau (qui devrait s’appeler l’Art Déco, car il s’agissait bien de décoration et non d’une nouvelle conception de l’architecture).

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