Au Kirghizistan, l’UE dénonce… l’interdiction du niqab ! On se pince…

Le Parlement européen critique l'interdiction du niqab au Kirghizistan ! En ignorant la progression de l'islam radical.
Pixabay niqab

C’est une annonce qui n’a pas manqué de faire réagir, sur les bancs de l’Assemblée. Alors que le Parlement européen s’apprêtait, ce mardi 9 septembre, à entériner l’accord de partenariat et de coopération renforcé avec le Kirghizistan, un amendement a soudainement fait tiquer.

Présenté comme « un cadre moderne et ambitieux pour renforcer le dialogue et la coopération dans des domaines clés tels que le commerce, l’investissement, le développement durable, l’éducation, la recherche ou encore l’État de droit et les droits de l’homme », le texte était prometteur. Mais entre les louanges protocolaires et les rappels attendus sur l’autoritarisme croissant, la corruption endémique ou l’opacité des fonds publics, les rapporteurs européens ont choisi de s’attarder sur un point qui, lui, n’avait rien d’évident : la condamnation de l’interdiction du niqab au Kirghizistan, mis en vigueur par le pouvoir qui siège à Bichkek, la capitale, en février dernier.

Un pays à 90 % musulman, entre laïcité et radicalisation

Le Parlement européen a ainsi affirmé « s’inquiéter de l’entrée en vigueur d’une loi restreignant la liberté de religion en instaurant un registre national des communautés religieuses, des amendes pour le port de certains vêtements comme le niqab et un contrôle accru de l’enseignement religieux ».

Sans logique excessive, Nacho Sánchez, eurodéputé espagnol du groupe socialiste, affirme que le Kirghizistan est un allié dans la lutte contre le terrorisme mais regrette en même temps « un recul de la démocratie ». Pour lui, « la République kirghize est un partenaire clé pour la prévention du terrorisme et la coopération multilatérale ». Pour combien de temps, si une large part de sa population, à 90 % musulmane, continue de se rapprocher de l’islam radical ?

Plusieurs élus se sont insurgés devant ces positions européennes, dont l’eurodéputée française Laurence Trochu qui dénonce, auprès de BV, un « texte complètement contradictoire » où l’UE « fait la morale à un pays » sans prendre en compte les réalités locales.

Cette accumulation de griefs laisse effectivement perplexe. Car le Kirghizistan est aussi l’un des plus grands pourvoyeurs de djihadistes partis combattre au Moyen-Orient. Si le pays reste relativement épargné par le terrorisme sur son sol, il demeure une terre de recrutement pour l’État islamique. Dans ce contexte, empêcher le pouvoir d'agir est-il irresponsable ?

Le beurre et l’argent du beurre

Bien sûr, les rapporteurs européens ont également déploré « des mesures de répression ciblant particulièrement les personnes LGBTIQ+ », rappelant que plusieurs organisations de premier plan ont été démantelées et qu’une loi adoptée en août 2023 introduit des dispositions jugées discriminatoires. Ils regrettaient encore que le projet de loi anti-discrimination n’ait pas inclus l’orientation sexuelle ni l’identité de genre et ont invité le pays à « adopter une législation complète contre la discrimination, incluant l’orientation sexuelle, le genre, le handicap et l’ethnicité ». Les rapporteurs ont enfin dénoncé « les taux élevés de violence domestique » et le manque de parité dans les institutions du pays. L'UE poursuit sur ses rails sans la moindre analyse de la situation locale.

Les droits des LGBT sont malmenés dans de nombreux États musulmans ou dans certains pays à majorité musulmane, et les droits des femmes peinent souvent à s'y maintenir, lorsqu’ils y existent.

L’eurodéputée du groupe des Conservateurs et Réformistes européens, qui a tenté sans succès de faire adopter un amendement pour supprimer cette critique du texte, ne cache pas son exaspération : « On ne peut pas laisser une population sombrer dans l’archaïsme religieux. » Pour elle, l’Europe donne ici une nouvelle preuve de son décalage avec les réalités du terrain en reprochant au Kirghizistan « les mesures fortes qu’il prend pour lutter contre l’islam radical » qui prend de plus en plus d'ampleur dans le pays. Et d'ajouter : « Demain, le fera-t-elle pour la France ? »

Vos commentaires

94 commentaires

  1. Allez demander aux femmes iraniennes ou afghanes ce qu’elles en pensent ? Suite au tremblement de terre en Afghanistan , les femmes meurent sous les décombres, la loi talibane ne prévoit pas de les sauver, la bêtise de ces fous d’Allah est incommensurable !

  2. Les médias de Gauche européens accusent les Etats-Unis d’être le gendarme du monde . Alors que la Socialocratie bruxelloise ne se gène pas pour jouer à la police des moeurs version iranienne .

  3. Je pense que les habitants de tous les pays d’Asie Centrale (quasiment tous les pays se terminant en « stan » ), pays des turkmènes, des ouzbeks, des kirghiz, des afghans, des kazhaks et des tadjicks, se fichent complètement de ce que pense le nain qu’est devenu l’Europe.

  4. Ingérence européenne ! Mais on n’accepte pas les ingérences américaines ou soi-disant russes
    Quelle hypocrisie, quel cynisme , tout ce cirque incite à vouloir sortir de l’UE

    • Le palement européen est devenu complètement fou, noyauté qu’il est par les délires gauchistes, on parle des socialistes espagnols qui soutiennent la liberté de religion au Kirghizstan et donc le port du niqab, mais on pourrait aussi citer nos Manon Aubry ou notre chère Rima. Et en même temps défendre les droits des LGBTIQ+: ce qui serait louable si ce n’était pas si antinomique. Ce parlement UE ne comprend rien au monde qui l’entoure, et ne se rend même pas compte qu’il se decrédibilise auprès des peuples qu’il fait mine de soutenir. En fait c’est à l’image de notre époque, ou toute forme d’intelligence, de capacité d’analyse est remplacée par l’application de dogmes .

    • Pour un chrétien, oui, mais l’islam n’est pas le christianisme des musulmans. Regardez les modèles de société dans les pays islamiques et vous verrez qu’on est loin de la laïcité à la française. L’islam gère la société et la vie des individus de A à Z, et ce n’est pas un choix, c’est une obligation.

  5. Le Qatar c’est les pépètes . On aime bien ça à Bruxelles sans oublier nos membres du gouvernement et de nombreux élus.

  6. l’Europe s’occupe du monde, quand s’occupera t’elle de l’Europe. Je suis consterné par ces ingérences permanentes et dépité de voir la chute venir sans réactions de nos élus.

  7. On a envie de dire : de quoi je me mêle ?Cela prouve, une fois de plus, que l’UE ne supporte pas que les pays soient libres de leurs choix. Il faut vraiment faire le ménage dans ce truc.

    • c’est des gens qui travaille pour eux avec notre pognon quand vous comprendrez qu’ils nous ont roulés dans la farine depuis la monnaie unique mais demander aux gens de réfléchir (cest impossible))avec 50 ans lavage de cerveau pourtant il y a eu le vote de 2005 comme exemple

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