[ANIMAUX] UE : la gauche hésite à voter pour le bien-être des chats et des chiens

Horreur : la rapporteur du texte, Veronika Vrecionová, serait « d’extrême droite ».
Photo de Jozef Fehér www.pexels.com
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Le 19 juin, le Parlement européen a adopté en première lecture un texte consacré au bien-être des chiens et des chats. Un sujet de société, puisque 44 % des ménages de l'UE possèdent un animal de compagnie. La rapporteur du texte est la Tchèque Veronika Vrecionová, qui préside depuis un an la commission de l'agriculture et du développement rural.

Des animaux achetés sur le Net

La loi promeut des réformes importantes. À commencer par l’interdiction de vente en animalerie dans tous les pays de l’UE - déjà en vigueur dans quelques-uns, comme en France depuis le janvier 2024. Cela, afin d’éviter les achats coup de cœur qui mènent souvent à des abandons, une fois que l’emballement a disparu et que l’animal est ressenti comme une charge.

Parallèlement, un autre mode d’achat a la cote, auprès des jeunes générations : la vente en ligne. Il s’y réalise 60 % des acquisitions de chiens et de chats. Or, Internet favorise les circuits parallèles, les élevages clandestins ou non, particulièrement en Roumanie et en Bulgarie - où la bien-traitance est sacrifiée sur l’autel de la rentabilité. Sachant que le marché du chien et du chat en Europe représente 1,3 milliard d’euros annuels, les trafics sont florissants. BV a recueilli le témoignage de Manon. C’est sur Instagram qu’elle a vu l’annonce d’un éleveur français vendant les chiens d’un élevage de… Serbie. Hors UE, donc, à ce jour. Elle a acheté un dobermann via Internet. Différentes options de livraison étaient possibles, Manon a payé 900 euros pour la livraison « de luxe », tout confort pour le chien - à vrai dire, invérifiable. La législation européenne voudrait imposer une identification par puce et un enregistrement obligatoires dans toute l’UE et pour les animaux entrant dans l’UE.

Les mutilations ont toujours cours

En terme d’élevage, le projet de loi présente deux avancées. D’abord, la fin de la consanguinité, préjudiciable puisqu’elle « augmente l’incidence des troubles héréditaires et compromet le fonctionnement du système immunitaire ». Le Parlement émet la possibilité de la conserver « pour préserver des races locales dont le patrimoine génétique est limité ».

Ensuite, l’interdiction des mutilations (oreilles, queue, griffes, cordes vocales). Des pratiques globalement interdites en France depuis les années 2000. Mais rien n’interdit d’acheter des animaux essorillés dans un autre pays et de l’importer en France. C’est le cas du dobermann qu’a acquis Manon : queue coupée, oreilles coupées, officiellement pour des raisons sanitaires. Or, l’ablation des oreilles (otectomie), si elle se justifie pour certains chiens de travail, n’est qu’une mutilation inutile quand elle est pratiquée à des fins esthétiques.

Lors de la présentation du texte en commission, l’eurodéputé RN Gilles Pennelle a voté contre le texte. Mais en session, il a voté pour. « Certains amendements de commission n'étaient pas satisfaisants, explique-t-il à BV. En plénière, j'ai voté pour le texte car il y avait une exemption pour les agriculteurs, les forces de l'ordre, les particuliers avec portées occasionnelles, ainsi qu’une possibilité pour les États membres d’appliquer des règles plus strictes… » C’est le cas des otectomies, autorisées pour des chiens de chasse, mais « uniquement si elles sont réalisées par un vétérinaire », dit l’amendement voté. Cela fait dire à certains que le texte a été influencé par les lobbys de la chasse.

Réticences à gauche

Le bien-être animal étant un sujet consensuel, on se serait attendu à un vote unanime en faveur du texte lors de la session. Le résultat : 457 voix pour, 17 voix contre et 86 abstentions. Les écolos et la gauche d’une façon générale n’ont apporté leurs voix qu’avec réticence. En cause, le positionnement politique de la rapporteur, Mme Vrecionova : elle appartient au groupe Conservateurs et Réformistes européens (ECR), classé « à l’extrême droite », nous disent La Croix ou 20 Minutes. Concrètement, l’ECR rassemble les Fratelli d'Italia (parti de Giorgia Meloni), les Polonais du PiS, les eurodéputés exclus de Reconquête…

Lors de son élection à la tête de la commission agriculture, Veronika Vrecionová a fixé ses priorités : améliorer les conditions de travail des agriculteurs familiaux, en luttant notamment contre « la bureaucratie excessive », et développer le bien-être animal. Il en faut vraiment peu pour être étiqueté « extrême droite » !

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

39 commentaires

  1. Et ben voilà, quelques régulations, diectives et lois supplémentaires, c’est vrai qu’on se sentait presque abandonné d’avoir le droit de faire quelque chose sans remplir un tas de formulaires ou payer des taxes !!… Moi j’avais acheté mon chartreux dans une animalerie Quai de la Mégisserie, 900 euros, et ce sont des coups de coeur suffisamment coûteux pour ne pas abandonner l’animal la semaine suivante. Je ne sais pas s’il existe des structures de vente réellement éthiques dans ce secteur, mais passer par Internet pour cela, me semble encore plus hasardeux que l’animalerie …

  2. D’un phrase, on pourrait en finir définitivement avec cette injure « d’extrême droite » débile :
    Définition de l’extrême droite : Est d’extrême droite ce qui privilégie une élite, une aristocratie, au détriment du peuple, bafouant ainsi la démocratie. Je pense que tout le monde sera d’accord.
    Qui privilégie une élite au détriment des peuples exploités ? Les mondialistes qui privilégient une élite richissime, d’apatrides de conviction et souvent milliardaires, qui exploitent tous les peuples, producteurs comme consommateurs, provoquant des tragédies sociales et environnementales.
    En France, on reconnaît tout de suite les macronistes, avec leurs dégâts gravissimes de tous ordres et l’enrichissement de l’élite mondialiste, surtout par la machine infernale « union européenne », et les restrictions continues des libertés (jusqu’où iront-ils ?).
    Tous les mondialistes, surtout les européistes, sont donc d’extrême droite./

  3. La gauche et l’extrème gauche ne s’aiment pas alors comment voulez vous qu’ils aiment les animaux.

  4. Et pourquoi pas lutter contre les corses hippiques pauvre chevaux rendu en esclaves sans parler de leur monter dessus sans qu’ils acceptent mais le comble, le hallal pour qui leur mort se précède d’horribles souffrances bien cherchés par leur bourreaux, les scientifiques précisent qu’ils restent conscient plusieurs minutes avant de perdre consciences.

  5. C’est bien connu tout ce qui n’est pas du camp du bien est d’extrême droite. Tellement commode de cacher sa propre incompétence derrière ce slogan.

  6. Je pense que si l’on est incapable d’éprouver de la compassion pour les animaux, il est impossible d’en éprouver à l’égard des humains. Il est peut-être là, leur problème… ?!

  7. Que dit le bon sens populaire: « qui n’aime pas les animaux, n’aime pas le humains »; J’ose espérer que les électeurs s’en souviendront pour les échéances électorales

  8. Le texte n’évoquant pas le bien-être des surmulots et des moustiques, les réticences à gauche sont bien naturelles.

  9. FREXIT de toute urgence pour sortir de cette dictature « UE » qui n’a aucune légitimité ! …

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