[ANIMAUX] Les éleveurs auront un peu plus de liberté pour faire face au loup
Le reclassement du loup, passé d’espèce « strictement protégée » à simplement « protégée », entraîne des aménagements réglementaires dans les pays des États membres de la convention de Berne. Ainsi, en France, dès janvier prochain, les éleveurs auront davantage de liberté pour faire face aux attaques. Fabienne Buccio, préfète coordinatrice nationale, a annoncé, le 23 septembre, « la suppression, dans les territoires exposés à la prédation, du régime d’autorisations dérogatoires au profit d’un système déclaratif ».
Le loup se porte bien au niveau européen
Référent loup de la Coordination rurale, Christian Provent se réjouit, auprès de BV, de la perspective continentale donnée à la question. « Nous demandions depuis longtemps que le dossier prédation soit porté au niveau européen. L’évaluation de la population lupine par les principaux pays a permis d’établir un effectif d’environ 20.000 loups. La commission permanente de la convention de Berne a estimé que la population est en effectif suffisant pour ne plus être menacée et a donc reclassé l’espèce. »
L’adaptation du cadre juridique s’accompagne, comme il est de règle en matière d’environnement, d’une consultation publique. Le titre est entortillé : « Projet de décret portant diverses dispositions relatives aux mesures de protection des espèces animales non domestiques et végétales non cultivées ». Mais c’est bien du loup qu’il s’agit. À voir les réactions, les avis sont à 90 % défavorables : ce sont les pro-loup qui s’expriment. « Comme dans toutes les consultations publiques, réagit Christian Provent. Nous, syndicalistes, passons l’info, mais le monde agricole n’est pas habitué à ce genre de consultations et, donc, se manifeste peu. D’où notre faible mobilisation. » La vie d'un éleveur se passe dehors plutôt que devant un écran d'ordinateur.
L’État se décharge du fardeau
Cela va-t-il desservir la cause des éleveurs ? Non, puisque, la décision de reclassement a eu lieu et que les États membres sont tenus de présenter des mesures, nous rassure Christian Provent : « Toutes les composantes du Groupe National Loup [GNL] sont invitées à s’exprimer par l’envoi de contribution et la tenue de réunion. Ce vendredi 3 octobre, nous serons à la troisième réunion de concertation du GNL, avec un objectif : formuler des propositions sur les modalités à mettre en œuvre, pour mise en place début 2026. » Car, dans les propositions actuelles, tout n’est pas clairement défini.
Il faut d’ailleurs mesurer ce que ce progrès implique. « D’une certaine manière, explique le Monsieur Loup de la Coordination rurale, l’État se décharge sur les éleveurs. Jusqu’à maintenant, tout était mis en œuvre en faisant appel à des professionnels de la louvèterie. Avec les nouvelles règles, beaucoup de responsabilités vont retomber sur les épaules des éleveurs. » Or, tous les éleveurs ne sont pas chasseurs. Tous n’ont pas une pratique suffisante pour gérer, à leur niveau, la présence du loup. « Cela risque d’être problématique. Nous souhaitons que les chasseurs s’engagent aux côtés des éleveurs, pour ne pas laisser ceux-ci seuls face au problème. »
Pro-loup et anti-loup
Du côté des pro-loup, on dénonce, comme le WWF, « l'ouverture d'une chasse aux loups ». Outrance, car il n’y aura bien sûr rien de tel. La préfète coordinatrice a rappelé que « l’objectif est clair : améliorer la coexistence entre le loup, dont le bon état de conservation doit toujours être garanti, et les activités d’élevage qui font face à une prédation lupine importante et croissante en France ». De même, la consultation publique, qui parle d'« assurer un état de conservation favorable des populations des espèces concernées et permettre leur coexistence avec les activités économiques existantes ».
Cette coexistence est une idée séduisante mais irréaliste, pour Christian Provent : « La présence du loup partout est totalement incompatible avec l’élevage et plus généralement avec les activités humaines. » Il déplore que les associations restent aussi campées sur leur position du « loup partout ». Il pointe du doigt une incohérence fondamentale. « Le loup est une espèce magnifique quand il s’exprime dans un milieu sauvage. Mais lorsqu’il tue quinze, vingt moutons, dans un enclos, pour le plaisir et pour n’en manger qu’un ou deux, sont-ce ses qualités intrinsèques qui s’expriment ? Je ne crois pas. »
Un exemple ? Cet éleveur de la Meuse qui a perdu 27 brebis égorgées, et 45 autres blessées, dans huit attaques de loup durant l’année. Pro-loup d’un côté, éleveurs cherchant à protéger leurs animaux et leur travail de l'autre : deux conceptions de la nature s’opposent. L’une, idéale, où le loup ferait sa place en harmonie avec les campagnes françaises. L’autre, ancrée dans un réel plus sanglant.
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64 commentaires
Lire l’historien Jean Marc Moriceau : L’homme et le loup, 2000 ans de guerre. Nos ancêtres combattaient le loup et l’ont éradiqué au 19ème siècle pour de biens bonnes raisons.
Le problème pour définir les responsables d’une attaque est qu’il n’y a guère de différences entre une meute de chiens errants et celle d’une meute de loups… problème, une déclaration tardive demande des analyses approfondies pour déterminer le coupable…
L’autre problème c’est que l’humain est incapable de se contenter de ce qu’il a et éprouve le besoin de grignoter les espaces sauvages, rendant compliqué la cohabitation. C’est la même chose pour les ours !
Enfin il y a un problème bien plus grave : les bergers sont-ils chasseurs et si tel est le cas sont-ils armés en conséquence et capables de chasser le loup ?
En effet l’état se décharge sur les éleveurs sans en mesurer les conséquences, y compris de sécurité publique…
Je randonne beaucoup dans toute la France, sauf dans les zones désormais infestées d’ours et de loups, je n’ai jamais rencontré de meutes de chiens errants contrairement à de nombreux pays au sud de l’europe. Cela peut arriver sans doute, mais je pense que c’est très rare, c’est un mythe escrologiste.
Réponse à M. Michel Bigot : vos arguments ne sont pas dénués de bon sens. Néanmoins, en ce qui concerne les faunes locales je crois déceler que vous incriminez les loups de les faire disparaître… Personnellement, je regarde plutôt du côté des chasseurs. La France est le seul pays d’Europe où la chasse est autorisée toute l’année ! Dernièrement l’Etat à ré-autoriser, contre l’avis de la LPO et des scientifiques, la chasse à l’alouette des bois alors que c’est une espèce qui frise encore la disparition. Il est évidemment plus facile de ne voir dans la présence du loup que des aspects négatifs alors qu’il est en haut de la chaîne alimentaire et qu’à l’instar des renards il contribue à faire disparaître des carcasses d’animaux faibles et potentiellement malades. Si des épizooties, dans les zones de montagne ou en plaine, sont évitées c’est bien grâce aux prédateurs ! Sans oublier la prolifération des sangliers. Le loup fait son boulot à leur encontre mais, là encore, les chasseurs se plaignent de « sa Concurrence » ! La vérité c’est que l’Humain veut tout dominer. Ce sera sa perte.
Je ne suis pas un fana de la polémique. Je lui préfère de loin l’exposé des faits. Bien qu’avec du retard je sens donc la nécessité de vous informer de choses que vous ignorez. Quand je dis que le loup fait disparaître des faunes locales c’est un fait. Les chasseurs respectent des quotas (qu’ils sont souvent loin de réaliser) mais les loups les ignorent. Pourquoi le leur reprocher ? Il faut bien qu’ils vivent. Dans de très nombreux département la chasse est limitée et souvent à un jour, le dimanche et il est ni question de tirer sur tout ce qui bouge ni de ne pas respecter les époques de reproduction. Le chasseur est un gestionnaire qui ne va pas détruire son cheptel et même si cela peut étonner ceux qui en parlent sans les connaître, il aime la vie sauvage. Votre référence à l’alouette des bois est purement gratuite. Elle n’est pratiquement pas chassée. Et quel rapport avec le loup ? Il en est de même pour son rôle salvateur dans l’élimination des carcasses. Des carcasses j’attends encore d’en voir mais s’il y en avait ce sont les corbeaux qui s’en occuperaient. Quant à la régulation du sanglier par le loup, là il y a de quoi rire. Le loup n’est ni bête ni particulièrement courageux si vous voyez ce que je veux dire. Je vous rejoins sur l’esprit de domination de l’homme pour ce qui est de l’occupation d’espaces libres par les « amoureux de la nature » qui sont eux une nuisance pour cette biodiversité dont chacun parle sans avoir de quoi il s’agit.
C’est quand même bizarre en Italie il y a aussi des loups mais on en entend pas parler. Les italiens seraient-ils plus forts que nous en ce qui concerne la protection des troupeaux ou ont-ils une autre façon d’aborder la cohabitation avec le loup? On peut se poser la question.
Allez lire la presse italienne avec traduction automatique, vous y apprendrez qu’en France, tout se passe bien avec les loups et les ours et qu’il n’y a que les italiens qui ne savent pas gérer et en ont marre.
« …au niveau européen. L’évaluation de la population lupine par les principaux pays a permis d’établir un effectif d’environ 20.000 loups. ». Certains lecteurs ont lu cette phrase en diagonale et reprochent à Samuel Martin de parler de 20.000 loups en France, alors qu’il s’agit de l’Europe. BV a beau aimer les chasseurs et ne pas aimer les loups, je préfère quand même remettre les pendules à l’heure.
Cela fait des années que je suis la problématique du loup, prenant connaissance des dossiers et des témoignages. Et il s’avère que ce sont les élevages qui sont le moins protégés qui sont le plus attaqués. Bergers ou éleveurs qui ont accepté de se soumettre aux protections recommandées ont mis la prédation en échec. Ainsi, toutes ces mesures qui vues, sous votre angle, paraissent donner raison à Von Der Leyen qui est à l’origine du déclassement du loup, sont fallacieuses et dangereuses. Elles méconnaissent tous les efforts entrepris, avec succès, par ceux qui reconnaissent la cohabitation avec le loup possible. Par ailleurs, je vous rappelle que cela fait des décennies que l’on tue le loup et que ce sont précisément là où il est le plus chassé que les attaques sont récurrentes. Pourquoi ? Parce que lorsqu’une meute est éclatée, les animaux survivants se dispersent et attaquent plus facilement ! Le loup est victime des tirs autorisés mais également de chasses illégales et de braconnages. Sa viabilité est menacée ! Ce déclassement est un scandale contre la biodiversité. Pour rappel, des bénévoles de Férus et autres associations montent tous les ans en estive pour apporter leur aide aux bergers et éleveurs. Etre pro-loups ne signifie pas être l’ennemi du pastoralisme.
Je prends acte que vous aimez le loup. Moi aussi. Et que le WWF veut le protéger contre vents et marées. On devrait assez facilement trouver un terrain d’entente = Etant donné que chaque loup consomme X animaux sauvages (qui ont également droit à notre protection) ou élevés (idem) par semaine et qu’on estime leur nombre à tant dans tel ou tel secteur, que le WWf ou toute autre organisation recueille les fonds correspondants à leur alimentation. Sinon, on se retrouve devant des situations très injustes = Comme chez un de mes amis du Sud du Massif central où on ne trouve plus un seul des mouflons qui y vivaient en nombre et en toute quiétude (à part quelques prélèvements par les sanguinaires chasseurs). Ou comme chez ces éleveurs qui n’ont plus que les yeux pour pleurer en dépit de soins et d’alarmes continuelles. Pointer un défaut de surveillance de ceux-ci, dire qu’on tue le loup ou encore qu’un loup est moins dangereux en meute n’a aucune crédibilité. Il faut vous revenir sur terre. La France n’est pas le parc du Yellowstone = La zone est inhabitée. On n’y pratique aucun élevage. Le loup y a été ré-introduit parce que faute de prédateurs les cervidés avaient proliféré au point de mettre en danger la végétation et la santé des espèces. A chacun son loup et que leur abattage soit autorisé sans formalités administratives en cas d’attaque. Il en restera toujours mais les autres espèces devront en payer le prix.
Et quand il y a un loup….il y a un flou ! et l’écologie punitive, donne du lest, ici, pour mieux passer ailleurs, dans des dimensions plus incommensurables, comme le Mercotur…même si le loup doit être le bémol permettant de faire passer la partition europeaniste au nez et à la barbe des pauvres agriculteurs, toujours et encore bernés, pensant qu’on s’occupe d’eux avec intéret …certainement, mais pour les éliminer plus efficacement !
La « liberté » de tuer des Loups, si c’est ça la liberté, c’est abject. Et contrairement aux commentaires que j’ai lu, les « pro Loups » sont exactement le contraire de ce qui est ecrits par certains « commentateurs », qui eux ,n’ont jamais eu de Loup et encore moins gardé des moutons, et là je parle D’EXPÉRIENCE, j’ ai eu deux loups que j’ai élevé et gardé toute leur vie, et croyez-moi, ceux-là vous ne les auriez jamais approché à plus de dix mètres, et cela en gardant un troupeau de 29 moutons en montagne, conclusion vous n’y connaissez rien, mais vous en parlez !! comme quoi…
Comme quoi…. effectivement, BV commente gaillardement la nouvelle chasse aux loups ouverte pour faire plaisir aux chasseurs, et BV aime les chasseurs. D’accord avec vous. Si les éleveurs géraient de plus petits cheptels et protégeaient correctement leurs moutons par des clôtures et des chiens patous la journée, et bergerie fermée pour la nuit, on n’en serait pas là. Le loup fait partie intégrante de la biodiversité et l’État, comme à son habitude, fout tout par terre.
Pure réflexion de quelqu’un qui vit sur une autre planète.
Avec un cheptel de 300 à 400 ovins, vu les charges, vous pouvez dégager un salaire de 500 à 700 euros/mois pour 12h/jour minimum à l’année.
Je vous passe le coût des clôtures et la gestion quotidienne des parcs et de l’abreuvement avec les déplacements surtout si votre parcellaire est divisé, je pense que cela vous dépasserait totalement.
L’essentiel des ovins viennent désormais de Nouvelle Zélande. Les exploitations sont en moyenne 15 fois plus grandes qu’en France et toute d’un seul tenant, il n’y a pas de gestion de loups, il n’y en a pas et leur nature s’en porte très bien.
L’agneau de Nouvelle Zélande revient à moins de la moitié de l’agneau français même en rajoutant le transport.
Cette expérience ne s’applique en rien au sujet. N’est-il pas par ailleurs interdit d’élever des animaux sauvages ?
Ah ah ah restez dans votre centre ville, vous n’y connaissez rien au monde des paysans de la montagne, et à nos tradition et notre labeur journalier.
Je n’y crois pas un millardième de milliseconde.