[MEDIA]« Alias Benito ! »: Éric Ciotti comparé à Mussolini par Nathalie Saint-Cricq

Sur France Info, une remarque diffusée à l'antenne à cause d'un micro resté ouvert a provoqué un tollé...
Nathalie Saint-Cricq
capture X FranceInfo

Nouveau grave dérapage de l’audiovisuel public. Ce dimanche soir, aux alentours de 22 heures, une séquence diffusée en direct sur France Info a choqué de nombreux téléspectateurs. La chaîne info de France Télévisions s’apprêtait à retransmettre le discours d’Éric Ciotti, président de l’UDR, lorsque l’incident s’est produit. « On va écouter en direct Éric Ciotti, en tête à Nice », a lancé la présentatrice Myriam Encaoua. À peine a-t-elle eu le temps de terminer sa phrase que l’on a entendu une autre intervenante dire, à voix basse : « Alias Benito ! » Cette voix est celle de Nathalie Saint-Cricq, éditorialiste à France Télévisions.

La comparaison avec Benito Mussolini, dictateur fasciste exécuté par la résistance en 1945, n’est pas passée inaperçue sur les réseaux sociaux. De nombreux internautes s’en sont indignés, sur X : « Il s’agit, pour le moins, d’une faute professionnelle lourde rigoureusement incompatible avec son maintien en fonctions ! », « Démission », « Et certains pensent encore que la commission d’enquête parlementaire de Charles Alloncle est inutile ? »

Des excuses peu convaincantes

Près d’une heure après les faits, le compte officiel de France Info n’a pas pu faire autrement que de revenir sur l’incident. « Nous présentons nos excuses à Éric Ciotti pour un propos inapproprié et déplacé prononcé sur notre antenne par une journaliste de la rédaction de France Télévisions », peut-on lire dans un tweet laconique. Nathalie Saint-Cricq a également pris la parole, ce 15 mars, à l'occasion d’une « petite mise au point » : « Je voulais présenter mes excuses à monsieur Ciotti. J’ai tenu tout à l’heure à l’antenne, juste avant son intervention, des propos qui étaient inappropriés et déplacés qui relèvent d’un manque de discernement de ma part. Donc, je présente mes excuses, ainsi qu’aux téléspectateurs. »

Mais voilà, parmi les internautes, beaucoup mettent en doute la sincérité de ces « excuses ». Associer droite nationale et fascisme est en effet une pratique courante sur l’audiovisuel public qui, le 11 mars dernier, par la voix de l’éditorialiste Patrick Cohen, traitait déjà de « fachos » certains candidats du RN. « Ne parlons pas de "propos inappropriés" et ne croyons pas ces fausses excuses, écrit, sur X, le sociologue Mathieu Bock-Côté. Ils sont tout à fait conformes à la ligne du service public qui assimile la droite nationale au fascisme. Par ailleurs, ils ne sont pas "inappropriés", ils sont odieux, faux et minables. »

Une petite caste bien installée

Face au tollé, Nathalie Saint-Cricq a écopé d’une semaine de suspension. Elle ne pourra donc pas nous faire profiter de ses opinions politiques, le soir du second tour des municipales. Une sanction, somme toute, assez légère au vu des propos tenus. Il faut dire, aussi, que l’éditorialiste bénéficie de nombreux soutiens, au sein du petit monde médiatique. Certains internautes se sont amusés à lister les membres de sa famille qui étaient à l’antenne, ce dimanche soir, livrant leurs analyses politiques éclairées. Un décompte pour le moins édifiant.

De son côté, Éric Ciotti n’a pas commenté l’affaire. Son parti n’a pas, non plus, jugé utile de publier le moindre tweet à ce sujet sur son compte X. On peut s’en étonner, voire le déplorer. Il s’agirait, peut-être, pour la droite nationale, de ne plus se laisser fasciser impunément et de s’élever, enfin, contre une caste médiatique qui lui est ontologiquement hostile.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

128 commentaires

  1. Ils n’arrivent même plus à se modérer. C’est dire le niveau. Curieusement l’arcom ne semble pas être intervenue. Y aurait-il des règles différentes pour certains, ce qui serait bien étonnant dans notre grande démocratie.

  2. Heureusement que cette journaliste soit disant tellement expérimentés, compagne du grand journaliste qu’est Duhamel, du grand humaniste Kouchner, oui cette journaliste qui interroge nos plus célèbres politiques, n’aura pas sévit sur CNews. Car là, l’Arcom aurait prouve son efficacité en fermant, comme elle en rêve depuis longtemps, cette chaîne. Une fois de plus : 2 poids 2 mesures ou privilège rouge ?

  3. Cette journaliste toise en permanence ses auditeurs et même ses confrères. Elle est souvent assez pédante. Elle joue avec son clan et les rémunérations de l’audio visuel public. Cette incident marque bien son appartenance. En « VOIX OFF » nous la découvrons mieux. La presse colorie beaucoup l’information. Prenez garde !!!!

  4. Des excuses un peux trop facile et a mon impression personnel sans convictions comme un texte récité.
    L’Arcom bon enfant avec le service publique tiendra grand compte de ses excuses pour la couvrir heureusement, j’ai grande conviction qu’elle n’est pas étroitement liè avec CNews, ça aurais été très différent.

  5. L’épisode Nathalie Saint-Cricq, l’exemple typique de la supériorité de la gauche sur la droite.

    La gauche est toujours en « excuses ». Mais le mal a été fait, froidement affiché. Les propos ont été tenus. Ils ont frappé les esprits. Ils ont été largement relayés, sans restrictions. Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. D’autant que le « quelque chose » est monté en épingle par des médias.

    La droite, elle, se confond en retraits « je retire ce que vous venez de dire », dans l’instantanéité. Mal tout juste entendu, mal aussitôt retiré de la circulation médiatique. On s’excuse.

  6. C’est a cela qu’on reconnait aussi la maitrise de soi…Les chiens aboient et la caravane passe….Un jour viendra ou ces propos devront se payer autrement que par des excuses. Et ne pas repondre c’est aussi dire qu’on ne pardonnera pas ….

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