À Carpentras, un couple condamné pour avoir intimidé le violeur présumé de leur fille
La peine est légère, mais son symbole, lourd de sens, pèse sur leurs cœurs de parents. Ce mardi 13 janvier, un couple de Vauclusiens a été condamné par le tribunal de Carpentras à verser 300 euros d’amende avec sursis pour avoir voulu extirper des aveux au violeur présumé de leur fille. L’adolescente, âgée de 15 ans au moment des faits, avait révélé à ses parents, en 2022, l’agression qu’elle aurait subie et qui l’a « brisée », confie sa mère au juge.
Plus rapidement jugés que l’agresseurs de leur fille
Après avoir porté plainte, c’est en décembre 2024 que le couple de quinquagénaires décide de se rendre en pleine nuit chez celui que leur fille accuse depuis plusieurs mois de l’avoir agressée sexuellement. Là, le père, électricien de profession, neutralise le digicode du portail, permettant ainsi à lui-même et à sa femme de pénétrer dans la propriété, avant de s’acharner sur la sonnette, les voitures et de menacer de tuer l’agresseur présumé à l’intérieur de la maison. Un accès de colère et une soif de justice qui vaudront à ce couple, parents de deux enfants, de comparaître devant le juge et d’être condamné à indemniser les parties civiles, alors que l’instruction visant à déterminer la culpabilité de l’homme est toujours en cours.
Si, pour ces parents, l’idée de se retrouver, pour des « mots qui ont dépassé [leurs] pensées », devant un juge est « inconcevable », ce dernier tranche fermement : « Vous êtes allés trop loin. » Avant même qu’ils ne puissent entendre la vérité sur le cas de leur fille de la part de la justice, celle-ci s’empresse de condamner ce qu’en France la loi n’autorise pas, quelles qu’en soient les circonstances : se faire justice soi-même.
Le phénomène des auto-justiciers
Et pourtant, des personnes comme elles, qui se sentent impuissantes ou abandonnées dans leur désarroi, il y en a beaucoup, dans le pays des droits de l’homme. À tel point qu’en janvier 2025, le journaliste et spécialiste du monde judiciaire Pierre Rancé consacrait une enquête à ce phénomène, qui, dit-il, est en pleine expansion depuis une décennie. Des commerçants qui affichent les visages de leurs voleurs, des guets-apens pour traquer les pédocriminels, des escadrons pour déloger les squatteurs… De plus en plus de personnes préfèrent s’en remettre à leurs propres moyens pour tenter de rétablir un équilibre face à leur injustice ou, tout simplement, pour retrouver leurs biens.
En décembre dernier, TF1 donnait la parole à un viticulteur anonyme qui, faute d’intervention de la préfecture, avec l’aide de ses amis agriculteurs, avait violemment dégradé les voitures de milliers de participants à une rave-party organisée illégalement dans ses vignes. Leur action, il la justifiait par un ras-le-bol de « se faire marcher sur les pieds », tout comme cet artisan de la région de Mareuil-en-Périgord qui avait tiré sur l’homme qui lui volait régulièrement son bois, à l’aide de balles en caoutchouc, avant d’appeler la police. Il avait été poursuivi en 2024 pour tentative de meurtre, puis condamné à un an de prison avec sursis pour violences aggravées. Une décision qu’il disait comprendre, tout en soulignant la dureté du système judiciaire français à son égard. « À la base, j’étais la victime et la situation s’est totalement retournée. »
Comme pour beaucoup d’autres avant lui, en témoigne encore le cas de Louise, étudiante qui s’était retrouvée, en mars 2025, devant le tribunal correctionnel de Lyon pour avoir affiché sur les réseaux sociaux le visage de l’homme qui l’avait agressée sexuellement et qui avait été condamné pour ces faits en 2023. La même année, un père de famille était condamné à huit mois d’emprisonnement avec sursis par le tribunal de Roanne pour avoir roué de coups un adolescent de 16 ans, mineur isolé, soupçonné d’agression sexuelle sur sa fillette de six ans. L’un des amis du père, avec qui ce dernier avait infligé la correction à l’agresseur présumé, avait écopé de six mois ferme sous bracelet électronique, informait France Bleu.
Le même incident judiciaire était survenu en 2012 à un couple qui avait infligé, deux ans auparavant, une « grosse gifle » à un adolescent de 13 ans soupçonné d’avoir violé leur petite dernière de 4 ans. Le tribunal de Bergerac avait condamné les parents pour coups et blessures à une amende de 200 euros avec sursis, relevait Sud-Ouest. Une décision qui ne leur convenait pas, avaient-ils déclaré, regrettant de passer pour « un couple de voyous » alors que, dans cette histoire, la victime se trouvait dans leur foyer.
Des victimes sur le banc des accusés
Manque de confiance en une Justice jugée laxiste, impatience face à des procédures interminables, pour Pierre Rancé, ce phénomène grandissant qu'on ne peut pas chiffrer s’explique par la surcharge des commissariats et des tribunaux qui empêche un traitement rapide et efficace des enquêtes et finit par laisser croire à certains qu'avec la Justice française, on est mieux servi que par soi-même. Finalement, cette Justice les rattrape vite et les victimes, trop promptes à ce qu’elle leur soit rendue, finissent sur le banc des accusés.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts





































65 commentaires
Macron déclarait il y a quelques années que la société ne devait pas être le Far West. La situation à laquelle il nous a conduit est pire puisque dans l’Ouest, en l’absence de protection de l’Etat, il était au moins possible de se faire justice soi même sans être condamné pour cela.
La pince Burdizzo , ça existe et ça supprime tout risque de récidive .
Sans doute très efficace pour chanter dans la même tessiture que Balavoine, puisqu’un article lui est aujourd’hui consacré sur BV.
Ce ne sont pas (seulement) les parents qui DOIVENT réagir, mais la SOCIÉTÉ dans son ensemble. TRÈS FORTEMENT et IMMÉDIATEMENT. La loi de la nature dicte que tous les êtres vivants doivent protéger leurs enfants. Je répète : LES ENFANTS. Sinon, nous n’existerions plus. Par conséquent, dans le cas de la société humaine, ces délinquants spécifiques DOIVENT être jugés IMMÉDIATEMENT et avec la FORCE MAXIMALE. Nous devons cesser de brouiller les pistes ou tergiverser avec toutes sortes d’arguments idiots.
A propos de viol, après les violeurs sous OQTF (qui n’avaient rien à faire sur notre territoire), c’est un policier de 45 ans, de la petite commune de Charente de Nersac, qui a été mis en examen pour viol sur mineur …
Il a reconnu les faits ainsi que 5 autres agressions.
Où sommes-nous en sécurité ?
Il existe aussi des poissons volants, mais ils ne constituent pas la majorité du genre. (Michel Audiard).
Ou comment déguiser la partialité en impartialité…
Nayib Bukele, président d’un Salvador débarrassé de ses racailles en quelques années seulement, est un exemple pour tout ceux qui rêvent de justice.
Existe-t-il des parents qui n’éprouveraient pas le besoin de punir celui qui s’en est pris à leur fille ? Le risque encouru de la part de la justice français ne peut effacer ces crimes : tous les parents que je connais en témoignent.
Qui changera les œillères qui aveuglent certains juges ? Quel député proposera une loi qui appuiera la volonté des parents des victimes ? Quels élus défendront cette proposition de loi ? Quel garde des sceaux en assurera la mise en application stricte et aussi rapide que possible ?
Franchement,je comprends ce père de famille et je ne condamne pas son action, n’en déplaise aux juges qui semblent avoir choisi leur camp. Après il doit bien y avoir des moyens de régler ses comptes plus discrètement.
Nous vivons à une époque où tout est inversé
Un homme est une femme
Une femme est un homme
Le bien est le mal
Le mal est le bien
Un assassin est bien
Une victime est mal
La liste est longue…
C’est ce qui arrive quand on marche sur la tête…
la vitesse de l justice fait peur, depuis 3 ans le violeur présumé (c’est comme ça qu’on appelle les délinquants tant qu’ils ne sont pas jugés) est toujours en balade sans aucune contrainte, par contre la gamine elle est condamnée à vie, mais les juges s’en tape comme d’habitude, ce type de délinquance devrait être prioritaire en justice, mais on préfère se cantonner aux voleurs de carambar, ça fait plus de délits solutionnés.
Les juges sont très souvent les meilleurs soutiens des criminels et presque toujours les ennemis des victimes. La jouissance, pour un juge, c’est de trouver dans le fatras des lois, celles qui lui permettront de faire le mal en sanctionnant les victimes et les innocents et en choyant les coupables. Et quand il n’en trouve pas, il commet alors la « faute de procédure » adéquate.
en parfait accord avec votre analyse.
C’est tout à fait ça !
La justice et les magistrats font partie de la honte de ce pays. Ils ne sont plus au service du peuple mais comme le reste, au service de l’idéologie gauchiste
Les Français doivent commencer à prendre des photos des juges qui prennent de telles décisions au mépris de ce qui est juste et éthique…sans aucune autre action.
Quand l’Etat n’arrive pas à protéger les citoyens de la criminalité, quand la Justice (parfois du fait de la Loi) ne sanctionne pas les auteurs à la hauteur de leurs crimes, la tentation est grande de se faire justice. C’est tout simplement le signe de la déliquescence de l’Etat qui, mal voire pas gouverné, n’assure plus la paix sur le territoire national. A force de voir un président s’occuper du monde entier, les Français ont la certitude d’être abandonnés.
La Justice, en France? Faites pas rire!
La surcharge des commissariats et des tribunaux qui empêche un traitement rapide et efficace des enquêtes, n’est plus une excuse. Quand l’État veut, il peut. Macron nous le montre sur d’autres sujets.
Le traitement est pourtant « rapide et efficace » quand il s’agit de juger des victimes…