À Auch (Gers), trois policiers braquent leur arme sur un paysan
Ce samedi 27 décembre, trois représentants des forces de l’ordre, dont un commissaire divisionnaire, ont dégainé leur arme de poing pour mettre en joue un jeune paysan en tracteur. Une scène inhabituelle et particulièrement grave dans le contexte incendiaire de la crise paysanne. Plusieurs vidéos de la scène prises par des témoins adhérents à la Coordination rurale ont indigné le monde paysan et enflammé les réseaux, mais le ministère de l’Intérieur estime, pour sa part, que la réaction des forces de l’ordre était proportionnée.
Un cadre de la police nationale a braqué son arme sur un agriculteur à Auch (Occitanie, Gers) ce samedi 27 décembre dans la soirée. La préfecture du Gers estime que le conducteur a entamé une manœuvre et a avancé vers les forces de l’ordre. Selon les autorités, cette manœuvre… pic.twitter.com/zgyfzb2u9M
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) December 28, 2025
Les policiers sont « intervenus dans le cadre légal »
Logiquement, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, dans une publication sur les réseaux sociaux du 28 décembre, défendait les actions des forces de l'ordre : si, selon lui, « de nombreuses manifestations spontanées ont pu se dérouler sans être entravées, permettant une expression revendicative large, Auch [était] le théâtre, depuis plusieurs jours, de dégradations significatives ». Il affirme que, dans cette affaire, les policiers « sont intervenus dans le respect du cadre légal. Le conducteur du tracteur n'ayant pas obtempéré aux injonctions, faisait mouvement vers eux, les mettant directement en danger. » Il ajoute « qu'aucune expression violente ne peut être tolérée ».
Même son de cloche du côté d'Alain Castanier, préfet du Gers, qui livre plus de détails : « Le conducteur a entamé une manœuvre et avancé vers les forces de l’ordre. Cette manœuvre dangereuse les [a obligés] à faire de nouvelles sommations avec sortie d’arme. » Le représentant de l’État précise : « Un tracteur avec une épandeuse s'est positionné en travers de la route à proximité de la place de Verdun et a aspergé la façade du journal La Dépêche du Midi. »
Rappelons que si les nouveaux barrages sur les axes structurants n’ont pas été tolérés à l’approche des vacances scolaires, aucun autre barrage n’a été levé par les forces de l’ordre et de nombreuses manifestations spontanées ont pu se dérouler sans être entravées, permettant une… https://t.co/4jYT78a2jr
— Laurent Nuñez (@NunezLaurent) December 28, 2025
« Comme des cow-boys »
Mais les agriculteurs présents ne partagent pas le discours des autorités. Plusieurs agriculteurs témoins de la scène contredisent cette version des faits et dénoncent ces sorties d’arme. Contacté par BV, Jérôme Courrèges, président de la CR du Gers, présent sur les lieux, insiste : « Le tracteur était moteur tournant, certes, mais à l’arrêt ! C’est un engin lourd avec une remorque, ça n’est pas une Ferrari. Cela nécessite du temps pour le déplacer. On ne peut pas foncer sur quelqu’un comme ça. »
L’éleveur témoigne : « Les forces de l’ordre sont arrivées comme des cow-boys en gueulant. On aurait dit une scène de chasse au sanglier. C’est eux, les pecs (idiots, en occitan) qui ont commis une erreur, et on veut maintenant nous faire passer pour des bandits. » Jérôme Courrèges estime que le jeune agriculteur visé par les armes à feu n’est en rien un profil dangereux : « C’est quelqu’un de très calme ; d’ailleurs; il a tout de suite obtempéré avant d’être menotté et placé en garde à vue. »
Policiers qui ont sorti leurs armes face à des agriculteurs : selon le président de la CR du Gers Jérôme Courrège, témoin des faits, le tracteur était moteur tournant mais à l’arrêt. pic.twitter.com/D9bwiR0DE4
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) December 30, 2025
La CR locale refuse, par ailleurs, de parler de dégradation contre les locaux de La Dépêche du Midi. « Les agriculteurs ont étendu du fumier pour lutter contre la désinformation. Ceux-ci ont ensuite retiré et nettoyé ce qui avait été épandu », explique le président de la CR 32.
Après avoir visionné les vidéos qui offrent différents angles, d’autres adhérents de la CR expriment leur indignation. Pour James, éleveur dans le Loir-et-Cher, l’agriculteur n’avait pas à être mis en joue par des armes létales. Contacté par téléphone par BV, il détaille la scène : « Au vu du petit tas de fumier qui était à son arrière, l’agriculteur a obtempéré à l’injonction de cesser l’épandage. Nul besoin de sortir une arme pour arrêter l’ensemble, qui était déjà nécessairement à l’arrêt lors de l’épandage. »
Pour la Coordination rurale, l'agriculteur a voulu repositionner son tracteur sur la route « afin de laisser le passage à un véhicule de secours ». C'est à ce moment-là, vers 22h, que celui-ci s'est retrouvé « mis en joue par trois policiers armés de 9 mm ».
Le syndicat classé à droite annonce avoir saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ainsi que le procureur de la République. Mais ce 30 décembre, le ministre de l'Intérieur annonce avoir écarté la saisie de l'IGPN.
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89 commentaires
Flic en civil, sans brassard police et manifestement pas rompu à ce genre d’intervention. Par contre l’agriculteur qui n’a montré aucun signe d’agressivité a été mis en garde à vue. Pauvre France.
Soutien absolu aux policiers : TROIS policiers (TROIS) ne pointent pas chacun leur arme sur un même individu sans une évidence de dangerosité. Un tracteur, même à un seul kilomètres par heure, peut représenter un danger absolu. Sans avoir la totalité du dossier sous les yeux je m’interdis de me prononcer. Une enquête à tête reposée, une conclusion du chef d’enquête et on en reparle. D’ ici là les réactions sont sans intérêt.
Eh bien, mon ami ! Si vous jugez des images que chacun peut voir en boucle que nous étions dans une situation évidente de dangerosité, je vous souhaite de ne jamais être confronté à un vrai contexte de tension … sinon, achetez des caleçons étanches !
Cette sortie d’arme est évidemment, non seulement tout-à-fait hors cadre réglementaire, mais également totalement injustifiée … car, si elle l’était, le sang coulerait à flot quotidiennement dans les banlieues armées dans lesquelles nos courageux flics ne mettent jamais un pied !
Si ces policiers ne jetaient pas de l’huile sur le feu, tout irait mieux. Honte à eux.
Les dictatures ont recours aux forces policières, puis plus tard à l’armée.
La honte pour la police. On dira après qu’il y a des cowboys dans la police.
Avec Nunez, c’est le retour du matraquage ( gilets jaunes). Le niveau de recrutement dans la police est au plus bas. Avec ça l’avenir est bien sombre…
honte à ces 3 policiers
alors que la grande majorité des français « aiment » leurs forces de l’ordre, qu’ils contiuent comme ça et nous serons tous « contre eux »
ce qu’on voit là contre nos agriculteurs, on ne l’a jamais vu contre les blacks blocs !!!!! qui, eux, ne cachent pas qu’ils sonbt sur place pour casser et tuer du « flic » !
On aimerait que les forces dit de l’ordre ait la même attitude envers d’autres manifestants autrement plus dangereux. mais dans ces cas précis la réponse ne serait pas aussi respectueuse à savoir obéir. Jusqu’à quand le pouvoir aura t il sa garde prétorienne .
Des intervenants ont argué du fait que les policiers ont eu peur. Si des policiers ont peur, il ne faut pas les garder, ils ne seront pas capables de se frotter à de vrais malfrats.
La Dépêche ne méritait elle pas, ici comme en d’autres circonstances d’ailleurs, le sort qui lui était promis ?
Continuez ainsi, radicalisez le mouvement et opérez une convergence des luttes, agriculteurs, infirmiers, médecins etc.. Le fruit est mûr, il va tomber! Les masques eux aussi sont tombés sur ce gouvernement aux abois et cette UE dictatoriale! Ne vous y trompez pas, ils ne sont pas incompétents, ils ont une feuille de route qu’ils appliquent à la lettre! Il faut maintenant les détruire totalement, nous n’avons plus d’autre choix!
dégainent ils aussi rapidement devant les racailles.
Cette image de ce commissaire pointant son arme sur un couple d’agriculteurs désarmés est UNE HONTE totale
Quand on voit le laxisme, quand il y a des rave party sur les champs des agriculteurs on ne bouscule pas ces drogués gauchistes , bah non pas les moyens, pour les rodéos dans les champs , pas d’intervention
Les gauchistes antifas fachos eux même qui cassent, brulent, dégradent, rien pas de mesure pour les stopper
Les émeutes, les pauvres chéris de macron qui s’ennuient les pauvres, on laisse faire aussi et même que maintenant on va payer nous Français, pour les émeutiers
J’espère qu’après ce que j’appelle une provocation , les agriculteurs ne vont rien concéder et amplifier même car là c’est grave je trouve
Une enquête et puis … LE DOSSIER, RIEN QUE LE DOSSIER. J’ai peine à croire que TROIS policiers sortent leur arme sans aucune raison validable. Je n’écris pas que c’est impossible mais je pense que c’est improbable. A ce stade les gens sont dans l’émotion ; tout se dit, tout s’écrit mais perso, sans le dossier ficelé je me contente d’attendre.
Tout le sud de la France est vérolé par ces groupes de presse aux ordres que sont Sud-ouest et Midi-Libre, on ne trouve que leurs journaux dans les présentoirs, cela dure depuis 40 ans