[TRIBUNE] La victoire politique n’est pas encore à nous

La droite avance, le système riposte : rien n’est joué pour l’échéance décisive de 2027.
© Capture écran TF1
© Capture écran TF1

Les élections municipales ont permis d’enregistrer quelques éclatants succès et confirmé l’ancrage des maires d’une droite décomplexée, conquérante et surtout efficace. Ainsi, 61 petites communes vont être dirigées par la droite nationale et enracinée. Elles ont permis de faire émerger de jeunes talents, comme Romain Lemoigne à La Flèche, ainsi que la conquête de grandes villes comme Nice, où Éric Ciotti a fait la preuve du bien-fondé de son choix. Très instructif, aussi, est le fait que les maires sortants du RN ou d’une droite sûre d’elle-même, tels Robert Ménard ou David Lisnard, ont été réélus et souvent plébiscités, preuve que gouverner à droite, c’est gagnant.

Primauté du réel

Ces élus sont tout simplement enracinés dans leur commune, leur région, leur nation, leur culture et leur civilisation. Ils n’ont pas honte de ce qu’ils sont et de ce que nous sommes. Ils ne baissent pas les yeux devant la gauche hypocrite faussement moralisatrice, pas plus que devant la gauche révolutionnaire et violente jusqu’à l’assassinat, chacune jouant sa partition dans un jeu de rôle bien rodé. Ils font primer le réel sur l’idéologie. Mais pour la gauche, la réalité est fasciste, puisqu’elle vient toujours démentir l’idéologie marxiste-léniniste quels que soient ses avatars.

Toutefois, ce serait une grande erreur de croire que la victoire est inéluctablement à nous. Chacun voit bien que le système se met en branle pour pousser Édouard Philippe, réélu au Havre. L’homme illustrerait parfaitement la phrase fameuse du prince de Lampedusa dans Le Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change. » Or, les élections de 2027 sont peut-être celles de la dernière chance. Celle de sauver la France de l’effondrement définitif, voire de la guerre civile et/ou interraciale.

Les scènes inadmissibles survenues dans certaines mairies conquises par LFI, notamment à Saint-Denis, ne sont pas innocentes. Elles rappellent, par les méthodes d’intimidation et d’humiliation, 1793 ou 1917. Les socialistes seraient bien inspirés de se souvenir du sort réservé aux Girondins ou aux « socio-traîtres » comme Kerenski. Comme toujours, ils ont fait le lit de ceux qui les ont éliminés. Mais ces scènes déplorables avaient aussi un autre but : effrayer le « bourgeois ». L’électeur conformiste est frileux et facilement effarouché, tout comme le monde des affaires. Cette agitation révolutionnaire a aussi pour objet d’effrayer les électeurs afin qu’ils redoutent le chaos si, d’aventure, un candidat de la droite nationale venait à emporter l’élection présidentielle.

Bêtise de la droite

Ne nous y trompons pas, le grand cirque de l’antifascisme, de l’antiracisme et du front républicain nous sera resservi une fois encore et il possède encore une certaine efficacité, en dépit du désastreux résultat des dernières élections législatives.

En politique, rien n’est pire que de sous-estimer l’adversaire ou de croire la victoire acquise avant le combat. Rien ne nous sera épargné : ni les manœuvres judiciaires, ni les procès en incompétence, ni la reductio ad Hitlerum, ni le chantage au chaos. Il faut le savoir et s’y préparer, et rappeler sans cesse que la situation désastreuse de la France est le fait de cette vieille classe politique, à l’image d’Édouard Philippe, remplie de personnages surdiplômés mais calamiteux dans les faits et qui illustrent si bien les mots de Montaigne : « Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine. »

Dans le combat qui s’annonce, si l’étiquette fait beaucoup, elle ne fait pas tout. Après l’élection présidentielle viendront les législatives. Ce sont alors des centaines de candidats qu’il faudra aligner en ordre de bataille. Or, la personnalité du candidat, selon la circonscription, est ce qui peut faire emporter la victoire quand le match est serré. Elle peut faire déplacer les quelques centaines de voix, ces voix à la marge, qui font passer de l’échec au succès. C’est dès aujourd’hui qu’il faut opérer les choix, pour que dès la rentrée des hommes et des femmes de qualité soient sur le terrain pour se faire connaître et apprécier. Pour cela, il faut éviter les pièges de la facilité que sont les diplômes qui peuvent signifier le conformisme, l’expérience qui peut être de l’usure, le jeunisme qui peut être de l’amateurisme… Il faut des personnalités sérieuses, ouvertes au contact, travailleuses, dont émanent la compétence et la volonté qui rassurent, tout en incarnant la volonté de changement profond qui irrigue le peuple français.

Non, la victoire n’est pas encore à nous. Il ne faut pas sous-estimer la frilosité des électeurs, ni la bêtise de la droite, ni la force du système et de ses médias. Si la victoire est à portée de main, elle n’est pas encore acquise et c’est la qualité et le courage des hommes qui nous permettront de l’emporter. Non l’illusion d’un mouvement inéluctable. Rien n’est jamais inéluctable, y compris le succès électoral qui permettrait d’engager le redressement de la France.

Picture of Stéphane Buffetaut
Stéphane Buffetaut
Chroniqueur à BV, élu de Vendée, ancien député européen

Vos commentaires

103 commentaires

Laisser un commentaire

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

Exclure les blancs des lois anti-racistes est aussi un racisme institutionnel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois