Syndicalisme dans les industries électriques et gazières, mission sociale ou agenda militant ?
« Nous nous attachons à déconstruire les stéréotypes de genre dès l’enfance dans nos colonies de vacances. » La phrase n’est pas un slogan de campus mais est extraite de l’édito du Journal des activités sociales de l’énergie de novembre 2025, publication de la Caisse centrale des activités sociales (CCAS) des industries électriques et gazières (IEG).
Intersectionnalité : le logiciel militant
Le dossier central consacré au féminisme assume une ligne idéologique explicite. Valérie Thuderoz, présidente de la Commission activités internationales et solidarités, affirme ainsi : « Les Activités sociales s’engagent résolument dans le combat féministe. » Et l’objectif affiché est clair : nous « œuvrons à déconstruire les stéréotypes de genre dès l’enfance ».
Dans le même dossier, les notions de genre, d’inclusion et d’intersectionnalité sont traitées comme des évidences, avec la dénonciation d’une « désinformation autour des questions de genre » et la mise en avant de contenus inclusifs. L'approche intersectionnelle dans la prise en charge des victimes de violences sexistes et sexuelles se fait en citant, notamment, Amnesty International.
Une grille de lecture où les discriminations sont pensées comme cumulatives, mêlant sexe, origine, genre, orientation, etc. Le dossier évoque également les « minorités de genre (LGBTQIA+) » et les discriminations pouvant se cumuler, dont les « LGBT-phobies ». Autrement dit, la CCAS n’agit pas seulement comme un opérateur social. Elle diffuse une vision politique du monde. Sollicité par BV, elle n'a pas souhaité répondre.
Des objectifs de neutralité non respectés
Olivier Vial, directeur du CERU, Centre d’étude et de recherche universitaire, précise que le sujet dépasse le simple débat culturel, il touche au rôle même de l’institution. « Normalement, ils ont des objectifs de neutralité », rappelle-t-il à BV.
Or, selon lui, la CCAS est devenue une caisse de résonance syndicale : « C’est la CGT qui tient totalement ce comité d’action sociale. » Le phénomène, estime-t-il, s’inscrit dans un mouvement plus large : « On voit qu’elle s’ouvre […] aux logiques intersectionnelles. » Et il résume la dérive en une formule : « La frontière qu’il y avait entre le syndicalisme et l’activisme est en train de disparaître. »
Un virage idéologique assumé
Olivier Vial cite un exemple emblématique, l’évolution du vocabulaire employé par la secrétaire générale de la CGT : « Sophie Binet ne parle plus de lutter contre l’anthropocène mais contre le capitalocène. » Le terme n’est pas neutre : il ne s’agit plus de critiquer un modèle industriel ou des pratiques, mais de désigner le capitalisme lui-même comme cause structurante de la crise écologique. Olivier Vial insiste sur l’origine de cette notion : « Celui qui invente le concept, c’est Andreas Malm », militant d'extrême gauche suédois. Et il ajoute : « C’est lui qui aujourd’hui sert de caution intellectuelle à la secrétaire générale de la CGT. »
Dans l’esprit de Vial, ce glissement lexical illustre une stratégie : remplacer le syndicalisme social par un discours idéologique global, mêlant écologie radicale, lutte des classes revisitée et, par extension, les nouveaux marqueurs militants (intersectionnalité, déconstruction, etc.).
Une gestion jugée très insatisfaisante
Le problème, ce tournant militant se déploie sur une structure financée à un niveau exceptionnel. La Cour des comptes, dans son rapport de 2023, rappelle que les entreprises des IEG consacrent près de 400 millions d'euros par an aux activités sociales. Ce financement représente en moyenne plus de 2.850 euros par salarié, ou encore 4,4 % de la masse salariale de la branche.
La Cour pointe surtout un déséquilibre majeur : « Plus de la moitié de cette somme finance les frais de structure. » En 2021, elle calcule précisément une part de charges de structure à 54,5 %. Autre chiffre qui claque : les institutions sociales emploient près de 2.750 salariés permanents.
Et malgré les réformes annoncées, la Cour juge que « la gestion des activités sociales demeure très insatisfaisante » et que « la situation financière […] reste particulièrement fragile ». Plus grave encore, elle indique que la CCAS a accumulé 234 millions d'euros de déficits depuis 2010.
L’action sociale doit-elle déconstruire ?
À la lecture du magazine, la CCAS ne cache pas son ambition : former, orienter, déconstruire, rendre inclusif et promouvoir des cadres militants devenus dominants dans une partie de la gauche culturelle. Mais l’institution est financée par une contribution massive et durable, que la Cour des comptes juge en partie diluée dans des coûts de structure.
Dans ce contexte, l’interrogation devient explosive : est-ce la mission d’un organisme social des industries électriques et gazières d’enseigner la déconstruction du genre dès l’enfance, ou devrait-il se concentrer sur l’accès aux vacances, aux loisirs, aux aides et aux prestations, dans une stricte neutralité ? La CCAS assume en tout cas son cap, noir sur blanc. Reste à savoir si les entreprises qui la financent et les bénéficiaires, eux, avaient signé pour ça.
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22 commentaires
Et dire que tout cela est financé par nos factures..
Personne n’a rien signé….On sait qu’il y a toujours dans les Traités des « clauses secrètes », qui sait que la « part du gâteau » que constitue pour la CGT (et donc le PC), la gestion des ouvres sociales d’EDF/GDF (entreprises nationalisées à la Libération) des oeuvres sociales dont le bugdet a été ficé à 1% du chiffre d’affaire des entrerpises (et non du bénéfice, saisissez bien la nuance) est un accord tacite entre le haut patronnat et le Parti Communiste, suite à la participation du PC à la Libération de la France occupée…Cela a permis de fournir un grand nombre de jobs à l’utilité surévaluée à toute une clientèle (on vous laisse deviner le profil socio culturel) au sein des structures du Comité d’Entreprise (la CCAS) mais aussi et là c’est plus grave au sein de l’entreprise par le jeu de la porosité que permet le statut (les employés des entreprises – ex EDF GDF- peuvent muter vers la CCAS… et inversement…..Ainsi, nombre de militants bien à gauche ont pu occuper des postes à responsabilité dans les secteurs administratifs, y imposer leur petite loi délétère, disposer d’une foule de renseignements sur les collègues, … pour le plus grand embarras des employés non encartés au bon syndicat ou pas encartés du tout…..Sans parler des entreprises « amies » que fait travailler le Comité d’Entreprise…..Tout ce petit monde voit s’effondrer cette manne et devient fou et prêt à tout…Y compris de lécher cette gauche sociétale qui les méprise mais peut pérenniser leur niche….Qu’une vraie droite arrive au pouvoir et ils sont tous cuits.
Je suis très heureux de vous lire mais j ajouterais que mon grand père » communiste notoire » a été nommé par les Allemands maire d une ville assez importante en 1940, sans parler qu il ce moquait de son fils sur le front près de Forbach du sabotage des obus envoyés au front. Mon père était chef de pièce c est à dire dirigeait les soldats avec lui au canon alors que les communistes je l ai hais ensuite une autre parti de ma famille a connu.la DDR. DeGaulle le communiste c est lui le bandit qui a aidé en 1945 comme aussi avec l Algérie. Une question je suis à la recherche des origines de Jacques Chirac avis au Scherlock Holmes. J ai ma petite idée.
Je suis d’accord avec vous , mais il faut avouer que les syndicats ont bien changé , ils se bornent à conserver les avantages acquis de haute lutte sous d’autres hospices mais aujourd’hui ils sont surtout les instruments de politiques de l’extrême gauche comme du centre qui se bornent à introduire le sociétal et donc à noyer le poisson dans l’eau des luttes syndicale ,et plus, encore ,depuis que les syndicats reçoivent beaucoup plus de subventions que d’argent issu de la collecte des timbres de leurs adhérents ;
C’est comme ces associations qui n’existent que par le fait du prince, genre machines à recaser les copains .
Plus haut j ai écrit sur mon grand-père communiste ,il travaillait à la SNCF dans les années 1925 1931 quand mon père donc était enfant son père mettait de l argent dans les timbres pour remplir les carnets des copains communistes et ce faire bien voir sans doute et mon père n avait pas à manger rachitique à 12 ans, le curé lui donnait un peu à manger sans le montrer,père communiste obligé, à 8, 9 ans fruits pas mûre essayait de boire du lait de chèvre et a même tété une truite coopérante ensuite à 12 ans il a été pris sous les ailes d un » oncle bienveillant comme apprenti pâtissier il faisait 1 mètre 20, il l a aidé à apprendre à lire. Je suis à la disposition de personnes qui voudraient en savoir plus.
« accord tacite entre le haut patronnat et le Parti Communiste ». En fait accord tacite entre de Gaulle et Maurice Thorez, secrétaire général du PC, de retour de Moscou.
Staline vavait dit Thorez est un traître je vais le tuer. J écris beaucoup mais mon père a été réfractaire au travail obligatoire STO n a jamais eu de médaille mais Marchais et autres oui. Je viens de retrouver un papier ou il était menacé s il n allait pas au STO ça c était de la résistance pas de pacotille comme celle des cocos.
les cocos….aux manoeuvres, encore, d’un machin, très soviétique
Je ne comprends pas comment les militants de base de la CGT ont pu élire Sophie Binet, avec toutes ses dingueries sociétales, à la tête de leur syndicat. Désormais, des militants CGT défilent dans chaque manifestation woke, antiraciste, féministe, écologiste, … Ces actions militantes n’ont rien à voir avec le combat syndical. Autrefois on qualifiait la CGT de courroie de transmission du parti communiste, aujourd’hui elle est devenue la courroie de transmission de LFI et de la gauche déconstructiviste.
La CGT est foutue ! comme la ville de Paris et France Télévisions, après Areva et le parti écolo. Rien de surprenant. Gordon Childe l’avait prévu
On est loin des Henri Krasuki , Louis Viannet et autre Georges Séguy pour lesquels j’ai une certaine nostalgie .
De fait, ce sont les employés d’EDF qui auront le dernier mot et choisiront, ou non, la participation de leurs enfants;.
N’oubliez pas que les consommateurs de gaz et d’électricité payent une taxe (CSPE je crois ?)pour alimenter le CCAS, que le fournisseur soit public ou privé. C’est intolérable !
Cela fait longtemps que les syndicats, subventionnés par nos impôts ne protègent plus les travailleurs mais font de la propagande bien à gauche….
Ne me parlez pas de syndicats.
Moi non plus, harcelée moralement pendant deux ans par une soit disant déléguée syndicale CFDT, c’est bon j’ai donné, on ne les voyait que pour les votes et quand il y avait des problèmes, eux dans leurs beaux bureaux climatisés ne comprenaient pas mes requêtes ….
Au secours n’y envoyez pas vos enfants…
Faut il envoyer ses enfants dans des colonies de vacances ou l’objectif est de les déconstruire ? Je ne prendrais pas le risque.
Faites un article sur le procès en appel qui se tiendra a Marseille le 7 février prochain entre generation identitaire et sos méditerranée.
Toute l ‘œuvre sociale de GDG et d’EDF est payée par les consommateurs donc nous tous sur nos factures (La CTA ,Contribution sur la Taxe d ‘Acheminement) Et cerise sur le gâteau les employés de ces 2 enreprises ne payent que 4% de leur consommation de gaz et d ‘électricité non plafonnée, ne payent pas leur abonnement ,et cet avantage ou plutôt ce privilège est conservé pendant toute leur retraite .
Merci les consommateurs. !!
C’est bien de rappeler que ca coûte 2850 euros par salarié et 4,4% de la masse salariale
.mais il faut y rajouter que tout ca est payé par les factures électricité et gaz ..de tout le monde,et que les salariés EDF GDF,eux ne paient pas ou très peu ces énergies mêmes
retraités…
Et de ne ne pas oublier que les services fiscaux prennent en compte ces avantages en nature sur leur feuille d’impôts ! … soit environ 2000€.