« L’Algérie devrait être condamnée pour crimes contre l’humanité »
Après les deux premiers volets de L’Histoire interdite (2023 et 2024), Valeurs actuelles publie son nouveau hors-série* L’Histoire interdite vol. 3. Il aborde, entre autres, les tortures pratiquées par le FLN en Algérie, les dernières heures de Pierre Laval ou les liens de Gaulle-Franco. Entretien avec son directeur et directeur délégué de la rédaction de Valeurs actuelles, Arnaud Folch.
Marc Baudriller. Vous ouvrez ce troisième volet de L’Histoire interdite par un dossier consacré aux tortures du FLN durant la guerre d’Algérie. Qu’apportez-vous de nouveau ?
Arnaud Folch. Pour la première fois dans cette trilogie, nous publions des documents qui démontrent que le FLN algérien, toujours au pouvoir dans le pays, et accusant la France de « crimes contre l’humanité », mériterait lui-même cette condamnation. Car s’il y a eu, c’est vrai, des cas de tortures pratiquées par l’armée française pour obtenir des renseignements, le FLN, lui, a pratiqué, des massacres de masse : plus de 200.000 personnes au total ! Et quand je dis massacres, je ne parle pas seulement d’assassinats mais des pires exactions : écartèlement, démembrement, peau arrachée, yeux crevés, femmes enceintes éventrées, fillettes violées… le tout, le plus souvent, à l’encontre de la population musulmane, et ce, avec un objectif politique : maintenir la population sous la terreur afin d’imposer l’indépendance.
M. B. Les documents que vous publiez sont-ils avérés ?
A. F. Ils sont issus de deux sources principales : les 154 pages de recension, avec noms des victimes, lieux et circonstances, compilés en 1957 par le ministère de l’Algérie, alors dirigé par le socialiste Robert Lacoste, ainsi que plusieurs documents découverts par l’historien Jean-Jacques Jordi, lui-même plutôt de gauche, dans différentes archives : Centre historique des archives nationales, Service historique de la Défense, Service central des rapatriés, etc. C’est lui qui a exhumé ce document que nous publions, témoignant qu’il y a bien eu des Françaises envoyées dans les bordels de l’armée FLN – et que nos autorités le savaient. Lui, encore, qui a déterré cette effrayante note de la Sécurité militaire classée « secret-confidentiel » : la découverte, dans une cave d’Alger, d’une quarantaine de Français utilisés comme « réservoirs à sang » pour les soldats FLN, jusqu’à ce que mort s’ensuive…
M. B. Concernant les dernières heures de Pierre Laval, sur quoi vous êtes-vous appuyés ?
A. F. Notamment sur les souvenirs oubliés rédigés par l’un de ses avocats, Me Baraduc. Que l’on ne s’y méprenne pas : notre enquête ne vise pas à défausser Laval de ses responsabilités, mais à démontrer que son procès a été « abominable », comme l’a lui-même reconnu le garde des Sceaux de l’époque, Pierre-Henri Teitgen, dans le sens où il a été entièrement bâclé – 5 interrogatoires sur les 25 prévus, toutes les notes de Laval confisquées… -, totalement à charge – les membres du jury, choisis parmi des résistants, le menaçant pendant les débats : « Fumier, sale traître, ordure ! », « Douze balles dans la peau, voilà ce que tu mérites, salaud ! », etc. – et que son exécution, après sa tentative de suicide, a été tout aussi « abominable ».
M. B. Vous consacrez un long article à la rencontre de Gaulle-Franco de 1970. Pourquoi ?
A. F. Parce que cette rencontre, dernier acte public du Général, qui mourra cinq mois plus tard, est le plus souvent ignorée ou minorée par ses biographes. À en croire Max Gallo, c’est tout juste si de Gaulle, en voyage touristique en Espagne, n’a pas été contraint à ce déjeuner. Or, c’est exactement l’inverse. Alors ambassadeur d’Espagne en France, Robert Gillet l’a en effet reconnu : c’est le Général lui-même qui a réclamé cette rencontre, et ses quelques jours de villégiature, avant et après, n’ont été qu’un prétexte inventé de toute pièce. La vérité, c’est que de Gaulle, à partir de 1944, a toujours entretenu des liens avec Franco. Auquel il a, après leur rencontre de 1970, adressé une lettre privée vantant chez lui « l’homme qui assure, au plan le plus illustre, l’avenir, le progrès et la grandeur de l’Espagne ». Il est vrai qu’à lire les quatre pages que nous consacrons également aux propos « politiquement incorrects » de De Gaulle (République, avortement, etc.), cette proximité cachée n’a rien de surprenant. Tenez, une petite phrase méconnue, en plein débat actuel sur l’immigration : « Si une communauté se plaint de racisme à son égard, c’est parce qu’elle est porteuse de désordre. Quand elle ne fournit que du bien, tout le monde lui ouvre les bras… »
* Le hors-série de Valeurs actuelles, L’Histoire interdite vol. 3, 132 pages, 11,90 euros, est disponible en kiosque et sur boutique.valeursactuelles.com.
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26 commentaires
Tout rentrera dans l’ordre avec ce pays, lorsque Macron ne sera plus au pouvoir.
Le criminel tente toujours de passer pour une victime…
Je suis parfaitement conscient que René de Chambrun n’était pas forcément le plus objectif. Sauf erreur de ma part, c’était le gendre de Pierre Laval. Quand on lit son livre « …et ce fut un crime judiciaire…le procès Laval » (éditions france-empire, avril 1984) on ne peut que s’interroger sur le fonctionnement de la justice de l’époque…Je vais commander votre hors-série, dès que le site fonctionnera normalement…
On devrait couper les ponts avec l’Algérie et renvoyer tous leurs ressortissants
Le divorce est prononcé. Rien d’autre à dire.
Pour ça, il faut d’abord renvoyer Macron à ses petites affaires bancaires.
L’algérie cela fait 63 ans que les gouvernants nous bassinen t avec la repentance le massacre des Français rue d’sisly du 26 mars à alger silence le massacre de PN du 5 juillet jour de l’indépendance à Oran ça aussi c’est le silence et ce niais de macron qui ne connait même pas l’histoire de france va dire e n algèrie oui la france a commis des crimes contre l’humanité alors que la france n’a aucun reproche à se faire
Oh que oui ! Quant à Franco, il faudrait « revisiter » l’histoire de la dite République espagnole. Et s’il a eu la main très lourde, il a définitivement fait rentrer son Pays dans la Démocratie (concept tout à fait étranger aux Espagnols de 1936).