[SATIRE À VUE] Comment rester insensible devant un burger frites éco-responsable ?

Le vendeur en ligne Shein pensait fringuer plus vert, mais patatras ! La DGCCRF ne le trouve pas assez éco-responsable.
Photo Ron Lach - Pexels
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La plate-forme asiatique de vente en ligne Shein est épinglée pour ses allégations écologiques mensongères. Une amende de 40 millions d'euros lui est infligée par la DGCCRF. La lutte contre l'écoblanchiment (greenwashing) bat son plein. Le marketing commercial se pare des couleurs de l'écologie.

 

Le temps où les lessives lavaient plus blanc est révolu. Sur le fil à linge, les draps resplendissent d'éco-responsabilité. Par son achat, la ménagère vient de sauver un mètre carré de forêt amazonienne. Encore une machine et Marine Tondelier apparaîtra par le hublot. Les sodas se joignent à la meute de protecteurs de l'environnement. Les chaînes de fast-food s'y mettent. À la traîne, les fabricants de pots d'échappement tardent à se saborder au nom de l'éthique qui les étreint.

Face à la déferlante de marques devenues soudainement ultra concernées par l'écologie, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) intervient. Percluse de morale écolo, n'écoutant que son tiroir-caisse, la plate-forme asiatique de vente en ligne de vêtements à jeter Shein s'est laissée pousser des ailes de sauveuse de planète. Contre les gaz à effet de serre, elle lutte sans relâche. Son impact environnemental diminue de jour en jour. Les curistes se bousculent pour venir respirer le bon air de ses centres de tri.

40 millions d'euros d'éco-amende

Incapable de justifier son élan d'amour pour la nature (et autres manquements commerciaux), Shein se voit infliger une amende 40 millions d'euros par la DGCCRF. En la matière, le pain sur la planche qui se profile ne sort pas du fournil d'un puriste de la boulange. Les produits issus de « circuits courts » abondent, le biodégradable pullule. Dénicher un paquet de biscuits garanti 100 % industriel n'est pas une sinécure. La pomme de terre irresponsable se fait rare. Les amateurs de marques féroces revendiquant d'œuvrer contre la planète restent sur leur faim. Le moindre burger infâme est engagé dans la protection de ce bas monde. De ses deux pains musclés enserrant une chose noirâtre engluée dans un ersatz de fromage fondu, il lutte pour notre bien à nous. Comment ne pas fondre, à notre tour, devant ce petit être qui se bat pour la survie de la planète ?

Le contrôle des allégations environnementales effectué en 2023 et 2024 releva 15 % de galéjades allègrement claironnées aux quatre vents du marketing. En 2021, 430 injonctions de mise en conformité avec le réel furent ordonnées aux contrevenants. Le circuit court du poireau venu d'Argentine redevenait long et éprouvant. Le label « Éleveurs français au chômage » attend son heure pour venir orner les barquettes contenant un steak importé de Pologne. Comme l'appellation « Maraîcher varois dans le besoin » sur les tomates venues d'Espagne. Le réajustement des appellations viendra contrer la vague de greenwashing qui sévit dans les rayons des grandes surfaces. L'éco-blanchiment lave plus blanc que blanc. Et Marine Tondelier de refaire un tour de machine.

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Jany Leroy
Chroniqueur à BVoltaire, auteur pour la télévision (Stéphane Collaro, Bêbête show, Jean-Luc Delarue...)

Vos commentaires

21 commentaires

  1. Shein est épinglé… sûrement à la demande des syndicats de l’ habillement… le problème c’ est qu’ ils se fournissent aux mêmes fabricants et revendent 7 à 10 fois plus cher. J’ ai vu plusieurs fois sur des paquets des adresses prestigieuses de capitales européennes . Est-ce bien intéressant d’ engraisser toutes ces boutiques de fringues qui envahissent les rues ?
    Amitiés à notre cher Jany

  2. J’ai par deux fois l’expérience des « fermiers réunis »…
    La qualité, basique et le prix accessible aux « bobos ecolos ».
    Pas pour toutes les bourses.
    Allez plutôt sur les marchés

  3. Allez faire vos courses dans des magasins de « fermiers réunis » et achetez des produits de saison et locaux si possible. Soupes de légumes, gouters avec une barre de chocolat ou une pomme et un morceau de pain. Cessez de vous bourrer de cochonneries « pour les petites faims ». Mais il est évident que le temps passé à cuisiner vous privera du temps de tablette, etc…À la télé, les pubs de cochonneries à manger ou à boire devraient être taxées et l’argent reversé aux services hospitaliers d’endocrinologie qui s’occupent de diabète, obésité etc…) Et cessez avec les 5-6-7 fruits légumes par jour. Perso, j’ai appliqué la règle : un radis, une framboise, un petit pois, une feuille de salade, une cerise, un haricot vert… Est-ce bien ou stupide?…

    • C’est très bien Maria William mais la prochaine fois ce sera deux radis, deux framboises, deux petits pois, deux feuilles de salade, deux cerises, et deux haricots vert.

    • Facile à dire selon où vous résidez, moi en RP, je n’ai pas cela hélas sinon croyez moi je les ferai travailler !!

  4. Mais bien sur
    Et pour les produits dit du traité mercossur, qui viennent de partout , les moutons de nouvelle zélande et j’en passe, les matériaux pour éoliennes venant de Chine, là ils sont moins regardants les écolos

  5. Le mot : éthique aussi se porte bien. huile de palme  » éthique » , responsable, , je crois ; GPA idem etc Le plus éco-responsable serait encore les circuits les plus courts ( à part les mangues et les bananes _ qui ne sont même plus des Antilles sur nos étals )

  6. Excellent ! Faites en d’autres de ce type contre les écolos-dingos, il y a matière. Ils nous pourrissent la vie sur tous les plans en nous ruinant. Pendant qu’ils roulent en 4/4 et parcourent la planète en avion.

  7. Tant que la fièvre acheteuse sévira encensée par des influenceurs idiots ce monde du gaspillage perdurera. A t’on besoin de 40 paires de chaussures, 20 sacs à main, des vêtements plein les armoires donc certains n’ont jamais servi. Prenez donc exemple sur notre égérie écolo qui porte toujours sa veste verte en attendant d’en prendre une aux élections .

  8. J’espère que vous avez compris que tout ceci constitue un accompagnement marketing de la hausse éhonté des prix dans votre pays ?

  9. « La pomme de terre irresponsable se fait rare » C’est tellement vrai que le prix au kilo du paquet de chips n’a plus aucun complexe à tangenter les 30 € pour certaines références dont le paquet contient désormais plus de vide que de pommes de terre.

  10. J’ai un souvenir ému de la mère Denis. Elle doit se retourner dans sa tombe ;) Au fait, si Tondelier est dans le tambour de la machine à laver ; qu’elle y reste. N’ouvrez pas le tambour.

  11. Quel excellent article! Je me croyais seul à être bassiné (c’est gentiment dit, n’est-ce pas?) par le « bilan carbone » de tout et à tout bout de chant. Associé au « changement climatique » bien sûr. Pas un documentaire nature sur Arte qui y échappe: c’est l’Evangile selon Ste Gaïa qu’on nous fourre dans la gorge.

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