Quand le boomer visé par Bayrou fait… la manche !
Le mercredi 27 août, François Bayrou, sur le plateau du journal télévisé de TF1, pointait du doigt les boomers qui, selon lui, sont dans une situation de « confort ». Qu’en est-il réellement ? Ces Français nés durant les Trente Glorieuses sont-ils vraiment aisés ? François Bayrou a-t-il raison de mettre tous ces retraités dans le même sac, celui de l'opulence ?
Évidemment, non. Si une partie des retraités peut effectivement être considérée comme aisée, une autre peine à joindre les deux bouts. Pire : certains de ces « boomers » sont parfois dans une situation de grande précarité. Sur les réseaux sociaux, les témoignages sont édifiants. Une première vidéo diffusée au printemps montre Agnès, une retraitée parisienne de 85 ans, en train de faire la manche. Face caméra, elle explique : « J’ai une toute petite retraite, je ne touche que 900 euros par mois. » Elle raconte ensuite avoir 800 euros de frais pour se loger, électricité et charges comprises. Les 100 euros restants ne suffisant pas à son quotidien, Agnès fait la manche « depuis à peu près un an ». Cette habitante du XVIIe arrondissement de Paris ne vient que le samedi et le dimanche pour mendier à proximité du marché des Batignolles.
Des boomers dans la misère
Agnès n’est pas une exception. Une autre séquence mise en avant sur X fait état de la situation de Janine. Elle a 80 ans, elle est parisienne comme Agnès et, comme Agnès, elle fait la manche. Avec 700 euros de pension par mois, la retraitée ne parvient plus à remplir son réfrigérateur. Pour se nourrir, elle fait appel à la générosité des passants.
Pauvre France ..
Quant à 80 ans, une mamie fait la manche pour manger.. pic.twitter.com/GeawtISTEs
— raymond (@raymond28677463) April 29, 2024
À ce sujet — Bayrou : le boomer qui parle mal aux boomers
Ces deux femmes espèrent qu’une bonne âme leur fera l'aumône. C'est difficile à croire, mais c’est un moindre mal. Certains retraités sont passés à l’étape suivante et ne comptent même plus sur la bonté des actifs : ils fouillent les poubelles pour survivre. Ils sont très loin de la situation de confort dénoncée par le Premier ministre.
Ces cas sont évidemment extrêmes et non majoritaires, mais ils ne sont pas marginaux. En France, 11,1 % des retraités (1,8 million) vivent sous le seuil de pauvreté. Ils disposent de moins de 1.128 euros mensuellement pour subvenir à leurs besoins. Parmi eux, beaucoup de femmes dont les pensions sont, en moyenne, 40 % moins importantes que celles des hommes, comme indiqué dans une étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques). Ces dernières touchent en moyenne 1.178 euros par mois, contre 1.951 euros pour les hommes.
Dans les deux cas, ce n’est pas vraiment ce que l’on peut appeler « rouler sur l’or ». N’en déplaise à François Bayrou, lorsque les retraités se serrent la ceinture, ce n’est pas nécessairement pour empêcher le bouton de leur pantalon de lâcher après un bon gueuleton. Quel effort supplémentaire pourraient donc bien faire ceux qui ont déjà atteint le dernier cran de la sangle ? La généralité faite par le Premier ministre est mal à propos. Tous les boomers ne sont pas riches et, quand bien même ils le seraient, doivent-ils être tenus pour responsables des malheurs financiers de la France ?
Des boomers en colère
Ils le sont par le Premier ministre, et cela ne passe pas. Christian, un retraité marseillais de 74 ans, confie à BV : « J’ai travaillé, j’ai cotisé et maintenant je suis retraité. Je ne vis pas au crochet de la société. Avant de demander à ceux qui ont cotisé de faire des efforts, le gouvernement ferait mieux de faire le point sur tout l’argent qui est dilapidé à droite ou à gauche. » Il ajoute : « Bizarrement, ce sont ceux qui travaillent ou qui ont travaillé que le gouvernement veut pénaliser. » Il fait notamment référence à la suppression de deux jours fériés, à l’étude et à la réforme de l’assurance chômage.
Ce retraité est en colère et, s’il se contient pour ne pas « aller sur un terrain glissant », il n’en pense pas moins. Il ne prétend pas être « un expert en finance publique », mais il lui semble néanmoins que « les Français donnent déjà beaucoup pour un État qui ne se remet pas en question et qui dépense sans compter »… ou plutôt qui dépense mal, puisque malgré une dépense publique annuelle de près de 1.450 milliards d’euros, il laisse certains de ses aînés mendier et fouiller les poubelles.
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72 commentaires
Les « boomers » que je connais ne partent pas en croisière ni ne jouent au golf, ils survivent !!!
Prendre les boomers comme boucs émissaires ça commence à me gaver !!!
Certains ont surement mal voté, mitterand en 81 mais sinon ?
Mr Bayrou a tort. Ce ne sont pas les plus jeunes qui auront la dette sur le dos et ceux sont eux qui sont coupables de l’ avoir fait atteindre le niveau actuel ?
La génération qui a fait 1968, autrement dit les boomers, est évidemment innocente de la dette ?
Le vote des « boomers » risque d’avoir un effet boomer ang…
Prenons le cas d’Agnès : déjà, elle pourrait toucher 140 euros de plus au titre de l’ASPA. ensuite, LA CAF versera à son propriétaire un complément pour son loyer, ce qui devrait permettre de baisser au minimum ses charges de moitié. Ensuite, les restos du coeur pourraient l’accueillir pour un filet de courses une fois par semaine ou encore le secours catholique. Ca éviterait à cette pauvre Agnès le gène que doit lui occasionner le fait de mendier.
Je ne vois pas pourquoi, seules certaines » personnes » bénéficieraient de ces aides et pas les français dans le besoin ! Quand on pense qu’un couple d’étrangers qui n’a jamais vécu en France, touche à 65 ans 1600 euros par mois au titre de l’ASPA…….
En France ce sont les mêmes qu’on aide, et jamais aucun remerciement
Les Français ont de la dignité et n’osent pas aller aux restaus du cœur, ou autres , les assistantes sociales ne s’occupent d’eux je sais de quoi je parle
Il n’est pas inutile non plus de signaler que le coût d’un EPAHD le rend inaccessible à la grande majorité des retraités ….!
On a mal compris, Bayrou parlait uniquement des boomers de la politique ! Qui n’auront pas à faire les poubelles…
De combien notre »cher » Bayrou va t-il disposer pour vivre de sa retraite semi active, puisqu’il va rester maire de Pau ?
Après quelques années d’enseignement, qui lui a ouvert le droit à la seule retraite par capitalisation, Préfon, possible uniquement pour les fonctionnaires, il navigue, ou plutôt, louvoie au gré du vent, dans la politique.
Dans ces différentes fonctions, il était loin des 40 heures, même 35 heures de »travail » hebdomadaires !
Personnellement, ancien cadre de l’industrie pharmaceutique, directeur régional, j’étais plutôt entre 60 et 70 heures, incluant de voyager pendant le week-end (non récupérables), pour être sur le terrain dès le lundi matin .
Et pour constituer mon petit patrimoine immobilier, les taux de crédit tournaient autour de 15%.
Dans ce domaine, aussi, les choses ont bien changé.
Alors, monsieur Bayrou, à défaut de clairvoyance, un peu d’honnêteté.
Bayrou est irresponsable de tenir des propos pareils . Remarquez , ce n’est pas la première fois qu’il se trompe , ça fait quarante ans que ça dure .
Il oublie une petite chose dans sa reflexion de surface , c’est que les retraités qui représentent après tout plus de 40% de l’electorat français sont encore ceux qui en consommant alimente partie de l’activité !
Bayrou nous refait le coup des « non-vaxx », boucs-émissaires ostracisés et désignés à la vindicte populaire par son chef au moment de la pseudo crise du Covid ! Maintenant c’est le tour des boomers, pour mieux les culpabiliser ! Vieille pratique machiavélique qui marche toujours du « diviser pour régner » !
Indécent de la part d’un boomer qui va cumuler plusieurs retraites et avantages acquis à vie par sa fonction de premier ministre, retraites dont on cherche en vain la justification, vu son bilan politique !
Je propose de revenir aux conditions de travail et de vie des boomers. (je suis né en 1943). En gros : 44 hrs par semaine, 3 semaines de congés payés, pas de pont, pas de RTT, 6 mois pour avoir un téléphone PTT et pas de « je me mets en arrêt maladie ». Bon courage !
ITOU – et je n’en suis pas morte. Ma retraite, je ne l’ai pas volée, et je profite de ma bonne santé pour aider les autres au sein d’associations diverses. Dieu Merci.