Clémentine Autain, nouvelle égérie du SNU ?

Pour le Service national universel, la députée ex-LFI incarne "la solidarité". Julien Odoul dénonce un "endoctrinement"
Capture d'écran © France3
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Le Service national universel (SNU) appartient à la litanie des belles promesses d’Emmanuel Macron qui sombrent comme un cadavre dans la mer, entraîné vers les fonds marins par deux boulets en guise de lest : les finances et l’idéologie.

Le SNU est une idée lancée en 2017 par le chef de l’État en campagne présidentielle. Le projet voit le jour en 2019, dans un premier temps sur la base du volontariat, mais dans l’objectif à terme de le rendre obligatoire pour toute une tranche d’âge. Aujourd’hui, il s’adresse à des jeunes entre 15 et 17 ans « souhaitant vivre une belle expérience collective, se rendre utile aux autres, créer des liens forts et se découvrir un talent pour l’engagement », peut-on lire sur le site du service civil. Deux étapes le constituent : un séjour de cohésion de deux semaines et une mission d’intérêt général de deux jours minimum. Les activités ressemblent à celles d’un grand camp scout : randonnées, compétitions sportives, bivouacs. « Une aventure humaine forte, permettant à tout un chacun de mieux se connaître, de s’engager et de contribuer à la cohésion nationale autour des valeurs républicaines. »

Clémentine Autain remplace Jeanne d'Arc

Pourtant, de nombreuses défaillances graves démontrent non seulement les carences, mais une tendance idéologique certaine qui oriente le contenu de ce qui est transmis aux jeunes lors de ces séjours. Le dernier exemple date d’une session de la Bourgogne-Franche-Comté. Sa cérémonie de clôture qui se déroulait à Joigny (Yonne) fut l’occasion de découvrir ce qui se trame, derrière les beaux concepts creux énoncés plus avant. Pendant leur session, les jeunes sont répartis en équipe. Chaque « maisonnée » devait donc présenter, en cette fin de séjour, une valeur qu’ils avaient choisie et une personnalité incarnant cet idéal, à prendre en exemple. Les thématiques et célébrités mises en lumière laissent pantois. Si Jean Moulin est la personnalité choisie par les jeunes pour incarner « la loyauté » et Martin Luther King « la justice », on découvre qu’Olympe de Gouges incarne « l’égalité », Coluche « la coopération », Simone Veil « l’ouverture d’esprit », Gisèle Halimi « le respect » et - cerise sur le gâteau - Clémentine Autain, la député d’extrême gauche de Seine-Saint-Denis, est la personnalité de référence de « la solidarité ».

Le député RN de l’Yonne, Julien Odoul, présent à cette cérémonie de clôture remet en cause ces thèmes et personnalités choisie qui ne seraient en aucun cas le fruit des aspirations des jeunes de 15 ans mais bien de l’orientation idéologique des animateurs de la session. « Nous avons donc des encadrants qui ont proposé une députée d’extrême gauche pour servir de modèle, pour que les jeunes travaillent dessus. » Le profil des autres personnalités sélectionnées remplacent un long discours pour comprendre ce qui fut transmis aux enfants lors de ce SNU. Auprès de BV, le parlementaire mariniste constate que la cérémonie rassemblait, à travers les différentes prises de parole des autorités, « tous les poncifs de l’extrême gauche ». S’exprimaient tour à tour la responsable de la session, le maire PS de Joigny, le directeur académique des services de l'Éducation nationale, le directeur de cabinet de la préfecture. « Éloge du vivre ensemble, du refus de la haine et du rejet de l’autre, sujets environnementaux, j’ai assisté à un déroulé du programme de La France insoumise », dénonce Julien Odoul. Parmi les activités évoquées pour raconter la session, « la visite d’une ferme pédagogique bio, pour dénoncer la loi Duplomb » et « une rencontre avec un exilé ». Le SNU, c’est le drapeau français, le lever des couleurs, le port d’un uniforme, mais « quand on gratte, on constate un danger pour la cohésion nationale » avec des « discours immigrationnistes forcenés ».

Une vidéo qui dénonce… le racisme parental

Autre exemple en date, en juin, un jeune en classe de seconde rentre chez ses parents après une session de SNU qui équivaut à son stage professionnel de fin d’année. Il rapporte avoir eu des animateurs qui tenaient des propos très orientés, politiquement. Et que l’un d’eux, entre deux activités, sur un temps de repos, lui avait montré une vidéo expliquant pourquoi tous les parents sont racistes et conseillant, de ce fait, aux enfants d’envoyer balader leurs père et mère sous le charmant vocable d'« allez-vous faire enc*** ». Alertée par cette situation, Séverine Duminy, vice-présidente de l’association Parents vigilants et cadre Reconquête, s’interroge, auprès de BV : « Comment sont recrutés les animateurs ? J’ai du mal à croire que les responsables de session ignorent leurs orientations politiques. »

Ce qui révolte d’autant plus Julien Odoul, c’est que, derrière, « c’est le contribuable qui paie ». Avec environ 80.000 jeunes qui effectuent le SNU, on estime le coût de l’opération à 160 millions par an. La Cour des comptes a d’ailleurs gravement remis en cause le fonctionnement et l’utilité du SNU, dans un rapport publié en septembre 2024. Le projet d’Emmanuel Macron de le rendre obligatoire (800.000 personnes) était chiffré à 10 milliards d’euros. Et l’objectif de mixité sociale et de s’adresser à une jeunesse plus orpheline est raté, puisque « les milieux d’origine des jeunes participants se caractérisent par une surreprésentation de jeunes dont les parents servent ou ont servi dans les corps en uniforme et de catégories socioprofessionnelles plus favorisées », soulignait la Cour.

En janvier, lors du très laborieux examen du projet de loi de finances pour l’année 2025, le Sénat avait quasiment voté la suppression de ses crédits, qui finalement ont été diminués.

Si le SNU vit son chant du cygne, puisque l’extrême gauche elle-même s’y oppose, personne ne le regrettera.

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

48 commentaires

  1. La gauche a visiblement vite compris que le SNU pouvait lui servir de lieu d’endoctrinement a ses idéos nauséabond et a former des intervenants qui ce sont fait embauché sous fausses caquettes..
    Il faut revoir totalement l’encadrement qui doit être composé uniquement de militaires spécialement former pour cette encadrement et non de civils politisé.

  2. Y à qu’à rétablir le service militaire (le vrai), point barre. Le SNU est, comme toutes les inventions du locataire de l’Élysée, un ratage dans les grandes largeurs et qui coûte un bras.

    • Bonjour,
      Le problème est que, à titre personnel, je ne pense pas que donner un enseignement militaire à une certaine population soir des meilleurs idées

      • Effectivement , pour rétablir le SN , il faut commencer par faire en sorte que les indésirables soit « invités » a retourner dans leur pays d’origine.

  3. Le SNU est un machin ou un truc à l’image de tout ce que dit faire Macron mais ne fait que le dire: Un truc à côté de la plaque pour faire parler de lui.
    Patrie, nation, respect, dignité, honneur et Armée ou religion sont pour lui des inconnus qu’il ne cesse d’imiter avec une touche personnelle toujours désolante et sans contradiction. La France n’avait pas besoin de ce genre d’élu sur les restes de Hollande, rappelons lui!

  4. J’ai fait mon service militaire à Joigny au groupe géographique en 82-83 et je ne le regrette pas du tout même si j’avais demander l’Allemagne pour en chier et que j’aurai pu me faire pistonner pour aller en gendarmerie à Auxerre !
    Bref, le service militaire c’est bien mais à condition de garder une armée de professionnels ! Cela ferait du bien à tous ces jeunes de ne plus avoir leurs smarts greffés dans une des 2 mains durant 1 an et d’apprendre quelques choses !

  5. Clémentine Autain de gauche malgré tout l’argent qu’elle touche de ses livres et son salaire de député, j’adore cette contradiction

Commentaires fermés.

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