59 victimes de l’extrême droite ? Un gros problème de méthode
Douze victimes depuis 2022, cinquante-neuf morts depuis 1986… Tel serait le bilan criminel de l’extrême droite, en France. Deux chiffres répétés dans les médias et sur les réseaux sociaux à seule fin de faire passer la mort de Quentin Deranque pour un accident exceptionnel, alors que la violence d’extrême droite serait meurtrière de façon systémique et avérée sur quarante ans.
Marion Maréchal ment.
12 personnes sont mortes sous les coups de l’extrême droite depuis 2022 dans notre pays. https://t.co/4LbcIxtBYh
— Paul Vannier (@PaulVannierFI) February 17, 2026
Le premier chiffre est celui du député LFI Paul Vannier. « 12 personnes sont mortes sous les coups de l’extrême droite depuis 2022 dans notre pays », a-t-il tweeté pour dénoncer le fait que « Marion Maréchal ment ». Les 59 morts, eux, sortent de la musette de l’historien Nicolas Lebourg, relayés par 20 Minutes, eux aussi pour démentir Marion Maréchal. Historien, il l’est, Nicolas Lebourg. Il est aussi passé par « Ras l’Front » et la Gauche populaire. Première alerte : les chiffres viennent de sources non exemptes de biais idéologiques.
Additionner tout et son contraire
La seconde alerte est méthodologique. L’étude comptable de Nicolas Lebourg — « Les morts causées par les radicaux en France » — est révélatrice car « l’extrême droite » y est un concept fourre-tout, passé sur le lit de Procuste. Se retrouvent mêlées des victimes de conflits de voisinage et des victimes de mouvements indépendantistes. « Nationalisme = extrême droite dans cette hallucination statistique », commente Arnaud Stephan. Relevons, de notre côté, cet autre trait hallucinatoire : le décompte de l’assassinat d’un pied-noir, en 1993 à Montpellier, « par un extrémiste de droite pagano-sataniste », spécimen d'une grande rareté… La méthode veut qu’on ne mette pas ces crimes sur le même plan que la rixe qui a provoqué la mort de Clément Méric.
Le chiffre de Paul Vannier est de la même eau. L’assassinat du rugbyman Federico Martin Aramburu fait suite à une altercation dans un café de Saint-Germain-des-Prés au petit matin. La politique y a peu de part, sinon aucune part. Les trois Kurdes tués à Paris, fin 2022, par William M. ? Son racisme ne peut être détaché de ses troubles paranoïaques et schizophréniques. De même la mort d’Aboubakar Cissé dont le meurtrier, Olivier Hadzovic, est dérangé et n’a pas le profil du « faf » ordinaire, puisque appartenant à une famille rom originaire de Bosnie.
Entre nuances et « fake news »
L’étude de Nicolas Lebourg n’est d’ailleurs pas dépourvue d’honnêteté. Elle reconnaît que le tableau est très complexe suivant la matière prise en compte, ce qui est intentionnel, circonstanciel, etc. Nicolas Lebourg sait faire preuve de nuance lorsqu’il écrit : « La moitié des morts violentes (sauf djihadistes) concerne les militants politiques [droite et gauche, NDLR], la moitié des assassinats (sauf djihadistes) implique des mouvements séparatistes, et plus des deux tiers des victimes ont été provoqués par des violences à référentiel islamique. »
Mais lorsqu’il présente les choses dans les médias, le message devient tellement simpliste que la coupable est « l’ultra-droite », avec ses 59 victimes, tandis que l’ultra-gauche, elle, n’en aurait que six à son actif. Pour le commun des lecteurs et téléspectateurs, « ultra-droite » renvoie peu ou prou au Rassemblement national ou à Reconquête. On voit le tour de passe-passe.
Si ces chiffres étaient vrais…
Adoubé par Mélenchon, le chiffre de 59 est obtenu si artificiellement qu’il peut être ramené à 57 par Manon Aubry ou à 53 par le politologue Xavier Crettiez, sur Arte. Ce qui compte est qu’un chiffre circule et qu’il soit assez haut pour effrayer. Or, si le nombre de victimes était si considérable, pas une semaine ne passerait sans hommage devant une plaque commémorative, sans documentaire sur France 2 et sans éditorial d’Aphatie.
Nous sommes là dans un récit gauchiste, celui d’une mythification qui devient « fake news » en passant de main en main. Ce nombre de victimes de « l’extrême droite » est à rapprocher d’autres mythifications. Celle, par exemple, d’une menace du terrorisme d’extrême droite, dont la majoration n’échappe à personne : elle est destinée à minimiser le terrorisme islamiste, aux morts bien réels par centaines. Ou celle de « la police tue », alors que c’est essentiellement le narcotrafic lié à l’immigration, qui tue. Et, le cas échéant, l’extrême gauche et les sbires de la Jeune Garde, organisation dissoute sur le papier… mais prospère sur les trottoirs de Lyon et d’ailleurs.
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49 commentaires
Quand le filtrage de l’information ne suffit plus on se lance dans le mensonge .
Remontons alors jusqu’au génocide vendéen et la terreur, ça va en faire des victimes de la gauche
Je me demande si les viols de madame Pelicot n’ont pas été organisés par l’Extreme Droite… Si Michel Founiret n’était pas un membre des Identitaires et si Raphael Arnault n’est pas en réalité un membre du RN, infiltré chez LFI pour lui porter prejudice.
En attendant, je rigole quand j’entends monsieur Coquerelle s’inquiéter pour sa vie devant les soit disant attaques des permanences LFI… et demander la protection « de la police qui tue »…
Ils ont oublié les accidents de chasse , les chasseurs sont tous des beaufs de droite c’est bien connu.
L’art de la gauche dans la récupération est sidérant. A part Méric je ne me souviens pas d’une médiatisation outrancière d’autres crimes.
La clique à Merluche devrait inclure aussi les victimes d’accidents routiers, on ne connaît pas les opinions des conducteurs en tort, si ça se trouve certains avait voté Juppé à une époque. Ça coûte rien et ça debarasse. Faussaires et menteurs.
Lors de l’affaire du cimetière de Carpentras et de la mort de l’antifa Clément Méric, les médias en ont fait des tonnes et des tonnes. Si l’extrême droite avait vraiment tué 59 fois depuis 1986, les médias auraient fait la même chose pour chaque mort et on s’en souviendrait.
Oui mais à Gôche on ne lit que les journaux de droite.
En effet Eric, pour le cimetière de Carpentras l’implication du FN de l’époque a été mise en cause, sans jamais démentir alors que c’était des gauchistes là encore mais on en parle encore comme quoi c’est le FN qui avait fait ces horreurs, les médias bien sur n’ont rien démenti et continuent à alimenter cette rumeur
Peut être arrivent ils à ce total en considérant les racailles comme des nazis ?
C’est très possible.
Si on considère que le virus de la Covid-19 est d’extrême droite, cela fait beaucoup plus de victimes encore. Tout est une question de référentiel. Tenir une comptabilité des victimes n’a aucun sens, c’est comme si on comparait les décès causés par les attentats islamistes en France avec le nombre de morts sur les routes … c’est inepte. Ce qu’il faut considérer, ce sont les faits, la responsabilité pénale des personnes mises en cause, et bien sûr, la responsabilité morale des personnalités politiques, qui, par leurs compromissions et leur discours, ont permis à ce drame (et bien d’autres) de se produire.
La mort elle même, quand on considère ses représentations populaires, ne serait elle pas d’extrême droite ?
Il y a beaucoup d’inondations en ce moment et partout en Europe, la montée de l’E D sans doute ?
À l’heure actuelle, le décompte serait encore plus effrayant, avec des millions de victimes dans notre pays depuis Charles Martel.
Il existe une liste, facile à trouver sur internet, des onze meurtres qui auraient été commis par l’extrême droite depuis 2022. En réalité, si on examine ces drames, on s’aperçoit vite qu’AUCUN n’a de rapport avec un mouvement dit d’extrême droite.
Par exemple, un des cas correspond à un militant Kurde tué par un opposant. D’autres sont supposés, d’après la gauche, avoir des relents racistes et seraient donc imputables à l’extrême droite —-.
J’ajoute que si jamais un des ces cas était vraiment de la responsabilité d’un mouvement de droite, les médias se seraient déchainés pour nous le rappeler.
Jusqu’alors, depuis que ce chiffre est brandi dans les médias suite au meurtre de Quentin, je n’ai entendu aucun journaliste ( hors CNews) reprendre l’intervenant pour l’infirmer, voire pour simplement le nuancer. Un journaliste cela devrait s’intéresser aux faits que vous avez, semble-t-il, trouvés aisément.
numéro complémentaire, le 112. Ah non, c’est pour les urgences!
Si vous entendez les LFI évoquer le meurtre raciste de « Ismaël Aali » en haute Loire. ..événement qui date de l’année dernière.
Ce sont en fait 2 amis de longue date .
C’est une beuverie , qui termine en noyade lire compte rendu dans » Le Monde. »
Ne vous laissez pas avoir .
Lorsque l’extrême gauche considère qu’il existe une composant raciste dans un meurtre, elle l’attribue aussitôt à un mouvement qu’elle estime être d’extrême droite même s’il n’a aucun rapport avec le drame.
Pour affiner la classification des violences attribuées à l’extrême gauche, L’Observatoire des violence de la gauche a revu sa catégorisation afin de rendre le relevé plus précis et plus transparent. Elle se décompose comme suit 1. Les violences physiques
– Contre des opposants politiques
– Contre les forces de l’ordre
– Menaces ou intimidations physiques
2. Les dégradations matérielles
– Contre l’espace public et les bâtiments publics
Au total plus de 84 cas d’agressions physiques et 166 matériel.
Comparés à LFI, le Dr Goebbels et son Propagandastaffel étaient des petits garçons!