28.000 euros pour les films écolos… mais plus rien pour l’agriculture bio !

10,72 % du prix des places de cinéma servent à récompenser les productions favorisant la parité, le bien-être animal.
Cinema

Depuis quelques jours, la Croisette à Cannes est en effervescence : chaque jour, des dizaines de stars foulent son fameux tapis rouge pour présenter leur œuvres cinématographique. Jets, hélicoptères, yachts : les écolos voient rouge et entreprennent de sensibiliser les acteurs, les réalisateurs et toute l’industrie du cinéma sur le poids écologique du monde du film. Outre cette sensibilisation, le Centre national du cinéma (CNC) est passé à l’acte, sous l’impulsion du ministre de la culture Rachida Dati, poussant les productions de films à plus d’engagement pour l’environnement avec un levier financier, et pas des moindres.

Une aide verte pour le cinéma...

En effet, à l’occasion de la 78eme édition du Festival de Cannes, le CNC a annoncé débloquer une prime à hauteur de 28.000 euros par projet pour les productions respectueuses de l’environnement. À partir de 2026, le Centre national du cinéma mettra en place, pour une durée de trois ans, une aide financière destinée aux producteurs d’œuvres de fiction en prises de vues réelles. D’un montant fixe de 28.000 euros par projet, cette aide sera attribuée automatiquement aux sociétés qui appliquent un ensemble de critères établis par un référentiel validé par une instance indépendante. Parmi ces critères, on trouve notamment une meilleure gestion des déchets, le respect de la parité ou encore le respect du bien-être animal sur les tournages...

Ce référentiel, élaboré par des acteurs du secteur en partenariat avec un organisme de normalisation, vise à encadrer certaines pratiques liées à la production. Il repose sur trois niveaux d’engagement et couvre des domaines comme l’énergie, les transports, les achats, le numérique, la biodiversité, la gestion sociale et la formation. L’évaluation se fait à l’échelle du projet ou de l’entreprise, selon le niveau atteint.

Mais des coupes pour l'agriculture biologique

Jusqu’ici, les démarches environnementales dans le secteur reposaient sur des obligations de déclaration. Le nouveau dispositif introduit un lien entre le respect de critères précis et l’octroi d’une aide. Il concerne les productions audiovisuelles, cinématographiques et publicitaires, et s’appliquera de la préparation à la postproduction. Ce changement s’inscrit dans le cadre des orientations définies par le ministère de la Culture et les instances professionnelles concernées.

D’où vient l’argent du CNC, réinjecté dans la promotion de l’écologie radicale au cinéma ? Pas directement des impôts des contribuables, mais il s’agit tout de même de l’argent des Français. Le financement du Centre national du cinéma, établissement public, est constitué de taxes spécifiques, notamment 10,72 % du prix des tickets de cinéma ou encore 5,15 % prélevés sur les revenus liés à la vente de DVD, Blu-ray, les services de VOD ou d’abonnement.

Dans le même temps, alors que les écolos s’assurent de la transition écologique du cinéma, les agriculteurs s’appliquant à cultiver bio perdent les subventions, essentielles à leur survie sur le marché très concurrentiel de l’agriculture. En effet, ce mardi 20 mai, le ministère de l’Agriculture a annoncé la suppression de 15 millions d’euros de subventions à l’Agence bio : 5 millions pour la communication et près de 10 millions pour le fonds Avenir bio. Cette baisse de 64 % du budget 2025 fragilise considérablement le soutien aux filières biologiques, malgré les objectifs gouvernementaux de développement du bio d’ici 2027.

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Raphaelle Claisse
Journaliste stagiaire à BV. Etudiante école de journalisme.

Vos commentaires

26 commentaires

  1. Les films « sociaux » des frères d’Ardenne, soporifiques et convenus à l’excès sont portés aux nues par les gauchistes au pouvoir partout dans le domaine de la création artistique ! Ce ne sont plus des artistes, mais des « éducateurs » de la « bonne » pensée ! Vive Trump qui remet les choses à l’endroit !

  2. Faut rajouter,Selon un rapport du Sénat, la production cinématographique française a été financée à hauteur de 31 % par des fonds publics en 2022, soit un montant astronomique de 1,7 milliard d’euros.

  3. Bonne nouvelle pour « les films à l’arrache », ils devraient pouvoir demander des subventions

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