[VIVE LA FRANCE] La Poste propose une Ballade des dames du temps jadis
À l’occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, La Poste a fait fort et a sorti un carnet de douze timbres, chacun à l’effigie d’une reine de France. Presque incroyable, mais vrai ! Si La Poste avait déjà choisi de mettre à l’honneur des figures féminines pour telle ou telle journée commémorative, choisir les reines de France peut sembler délicieusement désuet et mérite en tout cas d’être salué : on a retrouvé les neiges d'antan si chères à Villon.
Douze reines de France
Douze timbres, douze reines qui ont marqué l’Histoire de France. Évidemment - loi salique oblige -, aucune d’elles n’a régné officiellement, mais chacune d’entre elles a laissé son empreinte et marqué son époque : « Dans le royaume de France, aucune reine n’a jamais gouverné en son nom propre. À partir du XIVᵉ siècle, l’exclusion des femmes de la succession au trône s’impose par l’interprétation de la loi salique, limitant leur pouvoir à des formes indirectes : régence, influence, représentation. Ce carnet rend hommage à douze reines, de l’ère capétienne à l’Ancien Régime », est-il écrit en description, sur le site. Ainsi, Isabeau de Bavière, Catherine de Médicis, Adélaïde d’Aquitaine, Marguerite de France, Marie Leszczynska, Anne d’Autriche, Marie de Médicis, Louise de Lorraine-Vaudémont, Jeanne d’Évreux, Anne de Bretagne, Blanche de Castille et Marie-Antoinette peuvent, depuis cette semaine, remplacer Marianne sur vos enveloppes.
Plus ou moins connues
S’il est difficile d’ignorer qui furent Blanche de Castille, Anne de Bretagne, Catherine de Médicis ou Marie Leszczynska, certaines autres reines sont moins connues et l’initiative de La Poste a aussi le mérite de réhabiliter leur mémoire. Qui se souvient de Jeanne d’Évreux, par exemple ? Reine de France et de Navarre, épouse de Charles IV le Bel, leur descendance uniquement féminine terminera la dynastie des Capétiens directs.
Louise de Lorraine-Vaudémont fut reine de France et de Pologne, l’épouse d’Henri III, c’est elle que l’on appellera « la reine blanche » à cause du deuil royal en blanc qu’elle portera après l’assassinat de son mari qu’elle aimait tant et auquel elle ne put jamais donner d’enfant. Elle est la seule reine de France à être réellement inhumée dans la tombe qui porte son nom dans la basilique Saint-Denis.
Isabeau de Bavière semble être l’exact opposé de cette reine appréciée de son peuple : l’épouse de Charles VI aura douze enfants et est considérée comme l’une des plus détestées : « Un chœur unanime a accablé Isabeau de Bavière. Chroniqueurs, historiens, romanciers ont instruit son procès : une reine dépensière, débauchée, dépourvue de tout sentiment maternel, qui a livré la France aux Anglais. On le lit chez Étienne Pasquier, Brantôme, Voltaire, Sade, Dumas, Zevaco, jusqu’à Paul Morand ou Alain Decaux », peut-on lire, dans Le Monde.
Quant à Adélaïde d’Aquitaine, petite-fille du légendaire viking Rollon, elle est l’épouse d’Hugues Capet et la fondatrice de la dynastie du même nom.
Qui méritent de l'être
Chacune d’elle méritait amplement de se voir ainsi mise en lumière, et si on peut en saluer l’idée, elle n’en reste pas moins étonnante, compte tenu des éditions déjà parues. À titre d’exemple, en 2013, avec son carnet intitulé « valeurs de femmes, femmes de valeurs ». « À l’occasion de la Journée internationale de la femme, La Poste a décidé de rendre hommage aux femmes, par les valeurs qu’elles portent, à travers 12 timbres-poste sur le Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc. Une course 100 % féminine à travers le Maroc, pour laquelle La Poste s’implique depuis 10 ans en engageant, chaque année, 12 de ses collaboratrices. En entreprise comme sur les pistes du Rallye, les femmes portent fièrement de belles valeurs. Leurs aventures de chaque jour les incitent à se dépasser, à s’entraider, à accorder leur confiance, à s’adapter, à s’ouvrir aux autres… Ces notions, partagées par La Poste et par le Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc, sont à l’honneur dans ce carnet. »
Vous en conviendrez, le thème semblait plus dans l’air du temps, tout comme celui choisi pour le carnet de 2021, à l’effigie de Simone de Beauvoir : « Près de 35 ans après son décès, l'écrivaine et philosophe qui signa l'un des textes fondateurs du féminisme demeure une référence », expliquait alors France Bleu. Ce n’est pas faux, on pourrait même dire que c'est la seule référence pour certaines qui voudraient attribuer à la compagne de Sartre le quasi-monopole du féminisme, ou plutôt d’un certain féminisme. La Poste, cette année, rappelle que les femmes ne l’ont pas attendue pour assumer leur responsabilité et inscrire leur histoire dans l’Histoire.
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30 commentaires
Une initiative qui semblait réjouissante dans sa présentation initiale et qui est largement gâchée, comme tout ce qui émane de près ou de loin du pouvoir actuel, par le choix de représenter Isabeau de Bavière qui voulut vendre la France à l’Étranger. Un précurseur de Macron, en quelques sorte. Il n’y a pas de hasard.
C’est beau et prestigieux mais ils vont se faire traiter de facho par les malades mentaux!
Voila « » une idée qu’elle est bonne » Coluche
Il manque notamment Anne de Kiev et Aliénor d’Aquitaine ! Et, à quand une série avec les maîtresses des rois de France ? Puis, les maîtresses des présidents de la République ?
Adélaïde d’Aquitaine ? N’est-ce pas plutôt Aliénor d’Aquitaine? Si même vous sur Boulevard Voltaire vous êtes capable de sortir un nom de Reine de France inconnu….où allons nous ! Ce ne peut-être qu’Alienor celébrissime dans l’Ouest. Et la seule issue d’Aquitaine.
« Chacune d’elle méritait amplement de se voir ainsi mise en lumière… » dîtes-vous. Je me permets d’avoir un avis un peu différent en ce qui concerne certaines, notamment la traîtresse Isabeau de Bavière, les 2 Médicis, chacune ayant joué un rôle des plus néfastes dans notre Histoire.