[TRIBUNE] Hausse des taux d’intérêt : nous allons nous endetter plus et plus cher
La hausse du prix des carburants va progressivement se répercuter sur les autres sources d'énergie, sur la chimie, sur les transports, puis le bâtiment, avant de diffuser sur l'ensemble des secteurs économiques : c'est ce qu'on appelle les « effets de second tour ». Nous entrons ainsi dans un cycle inflationniste dont nous ignorons l'ampleur.
Mais le plus grave est quasi invisible : c'est la hausse des taux des emprunts à long terme. On les mesure en observant l'emprunt phare, à savoir l'obligation assimilable du Trésor (OAT) à dix ans d'échéance, émise par l’État - c'est-à-dire l'emprunteur le plus solvable. En moins d'un mois, ce taux directeur est passé de 3,2 % à 3,7 % : du jamais-vu depuis 2011 ! Cette tension sur les taux de la dette va se généraliser à l'ensemble des emprunteurs - entreprises, secteur immobilier ou collectivités locales -, ce qui se répercutera sur le volume des investissements.
Une tectonique irrésistible
Les dirigeants de nos gouvernements ainsi que de nos banques centrales s'agitent et évoquent une intervention étatique sur les taux : de vaines gesticulations qui ne peuvent influencer brièvement que les seuls taux à court terme. En effet, les taux exigés sur la dette à moyen et long terme échappent à tout contrôle étatique, car ils résultent de deux fondamentaux : le risque et l'inflation anticipée.
Concernant le danger de défaillance, le risque pays de la France n'est plus nul : notre notation, un simple A, est passée à trois niveaux au-dessous de celle de l'Allemagne, laquelle a gardé son AAA.
Quant au taux d'inflation, prenons nos tables d'actualisation et voyons à quoi équivalent cent euros avec un taux annuel d'érosion monétaire de 3,75 %. Réponse : 69 euros dans dix ans et 33 euros dans trente ans ! On comprend mieux pourquoi les épargnants prêteurs sont devenus plus gourmands en cette période d'anticipations inflationnistes... Et aucun pouvoir ne peut s'opposer à cette froide rationalité des marchés financiers.
Pour la France : la double peine
Les années 2026 et 2027 s'annonçaient très noires pour nos finances publiques, déjà dégradées par les frasques macroniennes.
Les intérêts de notre dette publique devaient passer de 65 milliards, en 2025, à 74 milliards d'euros, en 2026, et ce, du fait du volume, mais aussi de la structure de notre dette. En effet, sa durée de vie moyenne est de 8 ans : nous remboursons donc aujourd'hui de la dette contractée en 2018 à 0,2 % pour emprunter, désormais, à 3,7 % ! La hausse des taux d’intérêt ne pouvait pas tomber plus mal, d'autant plus que 311 milliards d'euros d’emprunts nouveaux sont prévus, au cours de l'année 2026.
Voilà qui va creuser notre déficit budgétaire. Qu'on en juge : le simple glissement des taux obligataires de 3,2 % à 3,7 % coûtera au budget de l'État 1,5 milliard d’intérêts supplémentaires en 2026 et 4 milliards en 2027. Le retour à l'équilibre de nos finances publiques nécessiterait, désormais, une cure d'austérité sans précédent. Dans l'immédiat, nous allons nous endetter plus et plus cher.
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29 commentaires
La fuite en avant d’un pays qui a cru a un avenir rose depuis 50 ans et qui se réveille groggy, en passe d’être effacé. Triste bilan.
Ce n’est pas grave, continuons de voter pour la gauche jusqu’à l’effondrement. Il suffira alors d’accuser les riches, le capital, la droite.
La France participe au marathon de la faillite inévitable mais ça n’inquiète pas nos dirigeants dont la devise est » prenons tout ce qu’on peut, taxons tout et n’importe quoi pendant qu’il en est encore temps d’où le fameux en même temps. Le krach de 1929 sera une cacahuète sur une table de réveillon face à ce qui va nous arriver . Consolons nous, il nous restera les yeux pour pleurer et l’eau de pluie pour la soif, c’est plus que rien.
Les petro monarchies qui nous prêtent ne sont pas en ce moment au mieux de leur forme, un bon missile iranien dans le bureau du directeur des banques de Dubaï, Doha, ou Travadja pourrait nous rendre service en èteignant nos dettes dans l’incendie.
Démonstration magistrale d’un euro qui ne vaut plus rien . Cette monnaie de singe nous conduit droit vers la faillite. L’inflation que nous constatons chaque jour c’est la baisse d’appréciation de cette monnaie sur les marchés de plus en plus prudents pour nous prêter.
pensez a nos parents ou grand parents qui ont subi en pire les restrictions ils ont tenu bon
L’euro est devenu une monnaie inflationiste qui nous mène à la faillite.
En 10 ans, vos 100 000 euros d’économie, avec un taux d’inflation de 5 % par an (la vraie, pas celle de l’INSEE, et encore, on est optimiste…), font que vos 100 000 euros ont perdu 50 000 € en valeur, c’est-à-dire en pouvoir d’achat.
Et l’augmentation des salaires ne suit pas l’inflation. Donc nous payons un impôt indirect ou inversé. Pour faire simple, l’État nous arnaque. Pour faire encore plus simple, nous sommes cocufiés par les gouvernements.
Finalement, je donne raison à Philippe de Villiers et Florian Philippot de sortir de l’Europe et de l’euro.
Absolument, oui. quant on vois ce que l’on nous avaient promis avec la grande Europe, forte et libre alors voir les résultats j’ignore si on peux en rire ou en pleurer, vite le Frexit.
L’économie ce n’est pas compliqué. Il suffit d’augmenter les impôts et la dette pour pouvoir dépenser plus !
taxer la réussite pour financer l’échec, telle est la devise depuis 1981
Cette hausse d’impôts va nous amener tout droit vers la déflation.
Pour commencer la question de baisser les taxes sur l’énergie se pose. En ce moment il s’agit d’une augmentation aigüe d’impôts, sauvage et forte ; pourtant le gouvernement n’y voit qu’une manne et l’occasion de se goinfrer. Sans penser aux conséquences. Nous sommes vraiment mal gouvernés.
Imparable ! Même si le futur est toujours imprévisible, la tendance est clairement à la faillite. À plus ou moins long terme selon l’avenir politique du pays.
Lorsqu’on est endetté à hauteur de 3.500 Mds d’euros, voter un budget où pour deux euros qui rentrent il y en a trois qui sortent est tout simplement suicidaire et criminel.
c’est la philosophie des gouvernements macronistes !
pas que, philosophie de gouvernement socialiste et de tout ce qui est de gauche
Ah ah, le porte avion va couler avant d’avoir pris la mer.
On disait que Néron, Caligula, étaient zinzins mais là on tient des champions toutes catégories de la démence suicidaire.
Avec l’approbation des castors.
Tous coupables disait le préfet de police dans le Cercle Rouge !
Sans entrer dans les détails puisque je ne suis pas économiste, il est clair pour moi que l’état devrait fonctionner avec son budget comme je le fais pour le mien. On s’abstient de dépenser quand on n’en a pas les moyens.
Qui plus est, ce n’est pas le peuple qui a contracté toutes ces dettes, mais bien nos élus à toutes les strates, et qui se sont en plus grassement remplis les poches au passage! Et continuent de le faire! Alors que c’est à eux et à eux seuls de rendre des comptes! Mais non, ce sera tjs les mêmes qui paieront et qui seront ruinés, qui verront de plus en plus leurs trains de vies diminués, sans parler de vivre dans un pays au climat liberticide, aux idéologies folles et mortifères, aux insécurités, aux multiples injustices et j’en passe… Youpi
D’accord, mais vous n’êtes probablement pas socialiste !
Mon bon Richard!
Je vois que depuis nos Math-elem à Victor Hugo tu n’as pas oublié de compter; et que tu comptes toujours bien! Bravo. Bien amicalement!