Tarn : Castres, une ville moyenne gangrenée par le narcotrafic et la délinquance

Après les grandes villes, la pieuvre du narcotrafic étend ses tentacules aux villes moyennes.
Capture d'écran France 3
Capture d'écran France 3

Le Tarn est un département à dominante rurale situé en région Occitanie. Au nord, Albi et sa somptueuse cathédrale Sainte-Cécile ; au sud, la sous-préfecture du département, Castres. Une ville connue pour abriter le prestigieux 8e régiment parachutiste d'infanterie de marine, le siège social de Pierre Fabre et une valeureuse équipe de rugby évoluant en première division du championnat de France, le Castres olympique. Une commune qui, cependant, commence à faire parler d’elle pour de mauvaises raisons.

Le mercredi 3 décembre, suite à un signalement, une unité de police de la BAC se rend dans le quartier de Lameilhé, connu pour être sensible, afin de trouver deux individus armés. Après avoir mis la main sur une carabine dissimulée sous un véhicule, des coups de feu éclatent. Les forces de l’ordre sont ciblées par les occupants d’une voiture. Sur les sept policiers présents, trois reçoivent des « éclats de plomb », comme indiqué par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, sur X. L’un d’entre eux est blessé à la tête.

Tentative d’homicide

À la suite de « ces actes graves » – le ministre ne se mouille pas –, le procureur de la République de Castres a annoncé qu’une enquête était ouverte pour « tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique ». Preuve que ce qui s’est passé ce mercredi sur le sol castrais est un peu plus que « grave » ? Peut-être…

La suite de l’affaire montre en tout cas que les faits ne doivent pas être pris à la légère et s’inscrivent dans une problématique plus globale de narcotrafic. Le lendemain des tirs, une soixantaine de CRS ont été déployés à Lameilhé et à Aillot pour sécuriser ces deux quartiers. Une saisie a également été opérée. Trois fusils de chasse, deux pistolets, des cartouches en tous genres, 1.640 g de résine de cannabis et 330 g de cocaïne ont été confisqués.

Guilhem Carayon, vice-président délégué de l'Union des droites pour la République, analyse la situation pour BV : « Ce qui se passe habituellement dans les métropoles arrive dans des villes de taille moyenne comme Castres. » Selon lui, il y a dans cette ville de 50.000 habitants des « affrontements entre bandes rivales castraises et toulousaines », mais également « des terrains préemptés par les dealers » pour leur business. « Ce n’est pas du petit trafic. » Les honnêtes gens sont délogés, ils ont peur. Parfois, la nuit, « ils sont réveillés par des coups de feu ». Guilhem Carayon est formel : si les choses se passent ainsi, c’est parce que « l’État ne parvient pas à faire régner l’ordre public ».

Le vice-président délégué de l'UDR milite pour plus de fermeté : « peines plancher, saisies des biens, contraventions dissuasives pour les consommateurs… » Il reproche aux dirigeants de n’avoir que des mots pour les maux : « Il y a souvent des discours martiaux mais, dans les faits, est-ce qu’on se donne les moyens pour que ça ne se reproduise plus ? Les Français ont l’impression que les politiques ne font que de la communication. » Ont-ils tort ? Ce n’est pas certain.

Une ville à bout

Guilhem Carayon réclame, pour son département comme pour le reste de la France, « un tour de vis sécuritaire ». Il insiste : « Sans réponse ferme, je ne vois pas comment on pourrait mettre un terme à cette spirale », puis il conclut : « Il faut terroriser les narcotrafiquants, ça va sauver des vies. »

Plus que les membres des réseaux de stupéfiants, l’État ne devrait-il pas terroriser les délinquants dans leur ensemble ? Pour rappel, en novembre dernier, une femme de 88 ans a été agressée à Castres ; en octobre, un soixantenaire a été extrait de son véhicule et roué de coups en plein centre-ville ; en mai, la fête foraine de la ville a été le théâtre d’une importante rixe au cours de laquelle un jeune homme a été poignardé dans le dos…

Castres n’est plus la petite (mais pas trop) ville où il fait bon vivre, où les enfants peuvent aller acheter le pain sans surveillance. S’il y a toujours eu quelques points de deal, des quartiers à éviter et, de temps à autre, des affrontements entre jeunes des quartiers et militaires, la situation n’a jamais été aussi critique. Cela n'a rien de rare, il en est de même dans de nombreuses villes moyennes de France : Sète, Alès, Nevers…

 

Vos commentaires

29 commentaires

  1. Si les trafiquants prolifèrent ,c’est que les consommateurs prolifèrent aussi !! On peut en déduire que nous sommes entourés de plus en plus de « drogués » dans notre vie courante !! Que peut on demander à un peuple qui ne pense qu’à sa « dose » ???

  2. Pendant ce temps l’ultra gauche accuse la police de tuer et des citoyens désemparés tentent de défendre leur bien et ce sont eux les coupables.

  3. Dordogne : la drogue est arrivée dès les années 1974 et a prospéré jusque dans les tout petits villages
    Rien pour arrêter le fléau , ça profite à beaucoup de gens
    et dans ma ville LFI/Ecolos prendront peut être la mairie ; AU SECOURS

  4. L’État n’a jamais eu la volonté politique de réagir pour combattre ce cancer . C’est pas d’aujourd’hui. Fort avec les faibles et faible avec les forts. Rien de nouveau . Donc le mal avance. La solution existe pourtant bien. Demandez à Javier Milei comment il a fait en Argentine.

  5. 9=Ca fait depuis 1983 année ou j’arrivais a Grenoble pour un bref passage que je dit qu’il devraient mettre l’armée dans ces quartiers… et là il se trouve qu’il y a une caserne de la légion. Depuis 42 ans des voitures crament TOUTES les nuits, que ce soit a St Martin d’Hères, à Echirolles, aux Quartiers Olympiques, Gières…
    A Grenoble il y a l’armée, les CRS… de quoi réagir ! Non ? Comme a Castre , et pourtant Macroléon premier ne fait RIEN comme tous ses prédécesseurs depuis le miteux.

    • On ne veut pas mettre l’armée sous le faux prétexte qu’elle ne sait pas faire le maintien de l’ordre, mais c’est surtout que ça donnerait une mauvaise image de la république, on devrait se rappeler la bataille d’Alger qui fut un succès, donc l’armée sait faire.

  6. Pour s’en sortir la Colombie a mis sur pied une véritable armée de police pour stopper ou ralentir le narcotrafic. L’escobardisation est en plein essor en France, une période de cartels se profile lentement mais sûrement. Qui et comment va stopper ce cancer de la drogue ?

  7. Pour avoir contacté ce monsieur Guilhem Carayon.
    Il est pour la dechéance de la nationalité française pour les binationaux délinquants.
    Les portugais pensent mettre en oeuvre une mesure similaire, pour les naturalisés portugais ayant été condamnés a plus de 5 ans de prison

    • Bonjour vert100, Cela serait une bonne idée si ensuite notre gouvernement les renvoyait chez eux. Mais quand on voit comme il peine à appliquer les OQTF…

  8. Là comme ailleurs, il y faut, en plus, l’armée .Pas n’importe laquelle . Et la volonté de contrôler  » quoi qu’il en coûte » .

  9. C’est drôle, c’est la ville où j’ai exercé ma fonction de policier municipal pendant 32 ans jusqu’en août 2022 et je peux affirmer que la situation avait déjà commencé à se dégrader dès 1997 . J’ai encore les images de portable chez moi de feux de poubelles, de voiture,de caillassage datant entre autres de 2014/2015 , et le trafic de drogue est chose courante . Et avec mon équipe,nous avons même permis par notre intervention directe la saisie dans une voiture de 5kg de cannabis en avril 2015 ( vérifiable sur internet) parmi d’autres nombreuses interventions de ce type et en tous genres. L’histoire ne fait que continuer et s’aggraver. Nous ne sommes pas au bout de nos peines.

    • Quand on importe le tiers monde, il faut importer le système judiciaire qui va avec .
      Dans leurs pays d’origine, la justice est plus sévère.

  10. ils tirent sur les policiers…riposte immédiate..
    notre foutriquet national qui veut sa guerre…il en a une la..sur notre sol .pas besoin d’aller en ukraine
    et sur l « ensemble du territoire outre le fait d’eradiquer la racaille et faire en sorte que l insécurité cf le salvador…ca aurait aussi le mérite d entrainer nos forces armées

  11. mais qui donc sont les clients (acheteurs, précisons) de ces marchands des rues ??? pas de client, pas de commerce possible, c’est la base de toute étude commerciale ! donc, cessez d’acheter, il n’y a plus de dealers !!! simple, non ?

  12. Jeunes des « quartchiers », on connait.

    Je gage que le 8ème RPIMA doit frémir d’en découdre avec ces « richesses », histoire de rétablir certaines valeurs.

Commentaires fermés.

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