Sus au pretty privilege : au nom de l’égalité, interdit de se pomponner !
Le Parisien publiait, le 8 mars, un article sur le « pretty privilege » (privilège de la beauté) rassemblant des témoignages de femmes avouant soigner particulièrement leur apparence en entreprise : « Idiote ou pas, la crainte de manquer de crédibilité professionnelle à cause de son apparence est partagée par toutes les personnes que nous avons interrogées », résume le quotidien. Ainsi, le pretty privilege serait une sorte de discrimination invisible et profondément ancrée à laquelle chacune ferait plus ou moins allégeance sous peine d'être professionnellement pénalisée.
Égalité professionnelle : le « pretty privilege » au bureau ou quand la beauté ouvre les portes…
➡️ https://t.co/w5ATJ5pDLf pic.twitter.com/q7UAFEcN0b— Le Parisien (@le_Parisien) March 8, 2026
L'apparence, vitrine de la compétence ?
Avant de sauver le monde, la beauté sauverait-elle l’entreprise ? C’est en tout cas ce qui ressort de l’article du Parisien : « Tenue, maquillage, cheveux, je pense à tout. C’est pénible de devoir tout calculer ainsi, mais je vois bien que le fait d’être jolie et souriante donne envie aux gens de signer des contrats », explique Justine, chef d’entreprise. On jugerait donc le fond du travail à la forme du travailleur. D'ailleurs, si l'on en croit le quotidien, il s'agit plus de soin, de l’attention portée à son apparence que d’une beauté innée : il s’agit de donner une bonne image, de se faire vitrine de son travail, et ce n’est pas le privilège de quelques élus.
Il y a une dizaine d’années, la direction d’un lycée des Yvelines, qui organise chaque année un concours d’éloquence, expliquait avoir imposé aux finalistes un code vestimentaire : costume et cravate pour ces messieurs, tenue de soirée pour ces demoiselles. L’objectif avait été rempli, la forme influençant le fond, les discours proposés avaient gagné en exigence et en niveau. Alors, s’il ne faut pas juger un livre à sa couverture et si les préjugés ont leurs limites, qu’évidemment l’habit ne fait pas forcément le moine, il reste plus facile de croire que le travail d'un salarié tiré à quatre épingles sera plus soigné que celui d'un salarié négligé.
Le magazine Forbes avait même publié un article regroupant des « leviers concrets » pour lutter contre cette discrimination qui confond apparence et performance, contre « ce biais [qui] se retrouve dans les relations au quotidien : un manager à l’apparence soignée inspire plus facilement confiance ; un collaborateur jugé "charismatique" est souvent perçu comme plus compétent. Dans les métiers exposés (vente, communication, événementiel…), l’image peut devenir un critère implicite de performance au détriment des compétences réelles. » Alors, il convient de « mettre en place des démarches inclusives, valorisant toutes les formes de diversité – y compris physique. Adopter des politiques de recrutement et de promotion fondées sur les compétences, l’expérience et la valeur ajoutée réelle. » Peut-être est-il plus simple de demander aux candidats de venir en pyjama, façon saut du lit, pour être certains de ne pas se laisser influencer par une apparence proprette ?
Au nom de l'égalité, interdit de se pomponner ?
Le Parisien l'explique bien : l'apparence est pour beaucoup un capital à entretenir pour optimiser ses chances de succès professionnels : « De nombreuses personnes considèrent aujourd’hui leur physique comme un capital, dans lequel il faut investir pour maximiser ses chances de réussite, explique Jennifer Padjemi, auteur de Selfie. Comment le capitalisme contrôle nos corps (Éd. Seuil). On fait du sport, on choisit un uniforme de travail, on investit dans du maquillage dans l’espoir de retirer les bénéfices de cette prime à la beauté. » Le problème, pour le quotidien, est que ce privilège-là serait une « forme de discrimination quasi invisible [que] certaines [auraient] intégrée » au détriment de celles dont l'apparence serait trop éloignée des normes de beauté.
En mars 2006, une loi pour l’égalité des chances « avait pour but de rendre le CV anonyme obligatoire pour les entreprises comportant plus de 50 salariés », explique L’Express, ajoutant que « la mise en œuvre de cette mesure nécessitait l’adoption d’un décret d’application, mais ce dernier n’a jamais vu le jour ». Si, pour ne pas discriminer, il faut donc gommer toutes les différences, autant piocher au hasard dans une liste de CV. Les CV anonymes auraient surtout fait de tous les salariés - à niveau équivalent - des individus interchangeables, sans personnalité et sans qualités propres, en plus de mettre un dernier clou sur la liberté de recrutement des entreprises. D’autant que, juridiquement, les entreprises sont déjà tenues à la neutralité, comme on peut le lire sur le site Culture RH : « L’article 225-1 du Code pénal et l’article L.1132-1 du Code du travail interdisent toute différence de traitement fondée sur des éléments physiques non pertinents pour le poste. Cela inclut à la fois l’apparence corporelle (taille, morphologie, couleur de peau, cheveux) et l’apparence vestimentaire ou « look » (coiffure, maquillage, tatouages, bijoux). »
Manifestement, difficile, pour le quotidien, de faire la différence entre la beauté d'un visage et les apprêts qui s'y ajoutent. Quoi qu'il en soit, apparemment, pour ne pas discriminer, il faudrait une égalité dans la mocheté. Ou alors, faudrait-il envisager des quotas de négligés dans les sociétés ?
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65 commentaires
A l’époque du moche, une fille se doit de ne pas être belle sinon c’est pas bien…. La burqa va réduire ça….on va y arriver.
C’est connu, « l’habit ne fait pas le moine » mais pour être respecté des autres, il faut commencer par soi-même.
Et si on laissait aux femmes leur libre arbitre ? Après la couleur du slip et comment le laver on s attaque maintenant au code vestimentaire. Il y a plus important me semble-t-il.
C’est certain, il y a plus important à débattre en ce moment mais, de temps en temps, c’est nécessaire d’aborder des sujets plus légers pour ne pas déprimer.
La discrimination est le sel de la vie, un guide pour nous aiguiller.
A Coët, mon vorace nous disait : « c’est la gueule qui mène le monde ».
La situation en France est catastrophique mais on préfère s’intéresser à des sujets complètement stupides. Ras le bol de cet égalitarisme à tout crin. Certaines aiment se pomponner et d’autres détestent et bien qu’elles fassent comme elles veulent. En tant qu’enseignante, je fais toujours très attention à ma tenue. Et les élèves/étudiants y sont sensibles. Je ne suis pas leur « pote » je les respecte et ils me respectent. D’autre part, je le fais aussi dans mon quotidien . C’est aussi un respect de soi même .
Picasso nous montrait déjà la voi, plus c’est moche plus c’est cher hahahaha.
» il reste plus facile de croire que le travail d’un salarié tiré à quatre épingles sera plus soigné que celui d’un salarié négligé. »
Tout dépend du travail à effectuer.
Une femme de ménage en robe de soirée ne me donnerait pas confiance.
Ceci dit, tout salarié négligé, néglige en général son travail!
On peut être en cotte pour faire du jardin, en tenue appropriée pour réparer un toit, sans pour cela être négliger.
Oui, Il ne faut pas confondre entre « être négligé » et entre « être en costume de soirée pour réparer un toit, être garagiste ou bûcheron.
Idem pour les femmes = être femme de ménage, soignante, éleveuse en robe longue de soirée n’est pas appropriée, mais on peut ne pas être négligée pour autant.(vêtements propres, mains bien entretenues du fait des travaux manuels qui les abîment)
Non?
Parfaitement raison
Et bientôt sans doute la chirurgie inclusive consistant à dégrader son physique pour ne pas stigmatiser les gens peu gâtés par la nature? Ces âneries seront vite abandonnées si le chiffre d’affaire s’en ressent. Présenter un physique soigné est une courtoisie appréciée par les clients ou les collègues de travail sauf dans certains secteurs très particuliers. Et cela n’a rien à voir avec une quelconque discrimination. Il est vrai que certains journalistes du secteur public travaillent leur aspect négligé. Ne serait ce pas un des facteurs de rejet qui explique les audiences de la 16 ?
donner une bonne image, c’est important, nécessaire même, mais pas suffisant. For sure…
Avoir une tenue correcte, voire soignée, est un signe de respect pour autrui ET pour soi-même. Le respect serait t’il devenu un gros mot ?
A l’évidence le pretty privilege n’est pas appliqué chez Lfi quand on voit certains visages déformés par la haine au micro de l’Assemblée. Et pour ce qui est de la tenue vestimentaire négligée, ils sont tous à fond dedans.
Il suffit de regarder les élus LFI pour comprendre. Il suffit de regarder comment s’habillent les starlettes hollywoodiennes, des haillons à plusieurs milliers d’euros, plus le jean est déchiré plus il coûte cher. L’apparence est le reflet de l’âme. On peut avoir une apparence soignée même quand la nature ne nous a pas gâtée. C’est aussi un respect que l’on doit à l’autre. Mais aujourd’hui plus on parle de respect moins on en voit la couleur. Alors continuons dans la laideur, habillement, architecture, langage, idées. L’effondrement de cette société occidentale n’en finit pas, et même si c’est intellectuellement une période intéressante à vivre, c’est tout de même assez triste.
Plutôt que l’apparence, je dirai plutôt que le visage est le reflet de l’âme
Oui dans certaines entreprises françaises on privilégie les têtes refaites plutôt que les têtes bien pleines. Faut-il pas qu’elles plaisent à qui de droit? Cela s’appelle la promotion canapé .
Et si les hommes se maquillaient. Cà serait rigolo! Pourquoi pas!
Il y en a de plus en plus
vous ne trouvez pas qu’ils sont assez efféminés comme ça