[STRICTEMENT PERSONNEL] La République, cahin-chaos
C’était en 1968. Au joli mois de mai. Jamais le carnaval n’avait été aussi tardif, ni la chienlit si plaisante. « De Gaulle au musée ! »… « De Gaulle à l’usine ! » Les joyeux cortèges qui sillonnaient les rues bordées d’arbres abattus et de voitures calcinées rivalisaient d’enthousiasme et d’imagination. Aux élections législatives qui suivirent, en juin, la dissolution de l’Assemblée nationale, les gauches furent laminées et le parti du Président remporta une victoire sans précédent.
De Gaulle : « Moi ou le chaos ! »
N’empêche… de Gaulle n’en avait pas moins senti le vent du boulet. Il avait vu le gouvernement - son gouvernement – chanceler et la Ve République encore enfant - son enfant - chanceler sur ses bases. Usure du pouvoir ? Usure de l’âge ? Il doutait, pour la première fois depuis 1958, d’être encore en phase avec son cher et vieux pays. Le cœur de la France battait-il toujours à l’unisson du sien ? Il décida de s’en assurer et, pour cela, d’en appeler au peuple, à ses bons vieux Gaulois réfractaires, seul moyen selon lui de retremper sa légitimité dans la potion magique du suffrage universel, et choisit délibérément le premier sujet qui lui venait à l’idée – l’amorce de la décentralisation et la réforme du Sénat, un sujet assurément moins capital que l’indépendance de l’Algérie ou l’élection du chef de l’État au suffrage universel –, sachant d’expérience qu’un référendum a toujours une dimension plébiscitaire et que pour nombre d’électeurs, la question posée a moins d’importance que celui qui la pose.
Très vite, sitôt la campagne lancée, l’homme du 18 juin (et du 13 mai) sentit que la chose se présentait mal. Interviewé par le féal et loyal Michel Droit, le général lui déclarait, dès le 10 avril 1969 : « Si le peuple français s’y opposait, quel homme serais-je si je ne tirais pas sans délai la conséquence d’une aussi profonde rupture ? » « Moi ou le chaos ! », résumèrent immédiatement toutes les oppositions, qualifiant de chantage le résultat qu’elles appelaient pourtant de leurs vœux, sans trop y croire ? De Gaulle disposait d’un Parlement à sa discrétion, le sujet de la consultation était après tout relativement secondaire, mais surtout, avait-on jamais vu depuis Cincinnatus un élu de la République renoncer au pouvoir sans y être contraint ?
Le 27 avril 1969 à 20 heures, les chiffres définitifs tombèrent. Avec 52,4 %, le « non » l’emportait. Le 28 avril à 0 heure 11 minutes, un communiqué de l’Élysée annonçait que le général de Gaulle quittait la présidence de la République avec effet dès midi le même jour.
Plus d’un demi-siècle a passé. L’État est toujours debout, mais dans quel état !
Au fondateur ont succédé les fossoyeurs, à Octave Auguste Romulus Augustule. La Ve République, pourtant, est toujours debout et, quoi qu’on en dise, elle a encore les reins solides. Certains, qui évoquent déjà une crise de régime, ne mesurent pas plus la portée de leurs propos que la gravité de leur diagnostic. Il est clair que nous traversons une crise politique dont l’intensité et les conséquence risquent bien évidemment de s’aggraver si celui qui en est le principal responsable s’obstine dans son attitude d’enfant capricieux et têtu.
En procédant, sur un coup de tête, à une dissolution qui n’était nullement nécessaire, puis en refusant comme il le fait de dissoudre l’Assemblée ingouvernable qui résulte de cette décision, en persistant à jurer qu’il ira au bout de son deuxième et désastreux mandat, quoi qu’il en coûte à la France, Emmanuel Macron bloque le jeu normal des institutions dont il est constitutionnellement la clef de voûte et le garant. Dissoudre ou démissionner, ou, mieux encore, démissionner et permettre la tenue d’une nouvelle élection présidentielle se traduirait par l’immédiate remise en marche d’une mécanique grippée par les fausses manœuvres d’un conducteur dont on a découvert, jour après jour, qu’il n’avait jamais passé le permis de conduire l’État.
Les fautes, les erreurs, les tête-à-queue, les engagements suivis de reniements que le chef de l’État a accumulés en huit ans de mandat sont le fait d’un homme dont les convictions et, par suite, les positions et la politique n’ont rien de fixe, de durable et d’arrêté.
Un Président contesté, détesté, récusé, rejeté...
Que ne donnerait M. Macron pour réunir sur son nom et son mandat les 47,6 % de voix que son si lointain prédécesseur a interprété comme un insoutenable désaveu, lui qui, depuis maintenant près de trois ans, a 15 % d’opinions favorables. En cette rentrée 2025, Emmanuel Macron n’est pas seulement un Président contesté, il est un Président détesté. Il n’est pas un Président récusé mais un Président rejeté. Un homme qui entend gouverner, qui prétend diriger ce qui fut une grande puissance, une grande démocratie, et qui s’appelle la France, en dépit du Parlement, en rupture avec le peuple et au détriment même de la fonction qu’il occupe et qu’il avilit.
« Quel homme serais-je... ? » disait de Gaulle, en avril 1969. Quel homme est Emmanuel Macron ? Un opportuniste d’un cynisme sans nom qui, trouvant que la place est bonne, s’y incruste contre tout bon sens ? Un fou d’orgueil et de vanité qui se regarde dans la glace et rit de s’y voir si beau ? Un homme que la nature et son parcours ont porté au sommet et qui, atteint d’une forme sévère d’autisme, n’a qu’un rapport distant avec la réalité. Quelqu’un, quoi qu’il en soit, dont l’obstination nous conduit, cahin-caha, vers le chaos.
Qu’adviendra-t-il du nouveau Premier ministre – le troisième en un an - que le président de la République vient de plonger dans l’enfer de Matignon ? Sébastien Lecornu, ministre depuis huit ans, et généralement apprécié, s’est vu assigner une tâche digne des douze travaux d’Héraclès : à la barre d’un modeste canot de sauvetage, par gros temps et annonce de tempête, déséchouer et prendre en remorque le Titanic. On ne peut lui souhaiter, dans l’intérêt du pays, que bon vent, bon courage… et bonne chance.
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56 commentaires
Il aura mis du temps à surgir le chaos prédit par le général de Gaulle mais il est la. De nombreux signes avant coureurs l’ont annonce depuis plus de quarante ans mais les français sauf quelques visionnaires en ont fait fi. Aujourd’hui ils pleurent mais finalement c’est bien fait ils ont eux même creusé leur tombé.
Je ne comprend plus , Macron doit certainement comme moi lire , entendre tout les écrit, les commentaires négatifs le concernant, il doit avoir des conseillers, pourtant en le voyant en l’entendant rien ne le concerne il a tout bien fait c’est pas lui le responsable c’est les français étonnant !
La République a les reins solides ??
Non elle est sur le point de basculer dans une guerre civile amorcée par l’ultragauche
C’est mon sentiment ‘Pedro400’. La République a été lâchée par des lâches et elle est sur les genoux. Castaner, qui a été recasé, adore cette image déjà prêt à mettre le second à terre.
« Quel homme serais-je », oui mais le paon impubère est-il un homme ?
Reconnaissons à Macron une certaine constance : il a toujours œuvré dans le but de détruire le pays que des inconscients et des opportunistes lui ont confié. Il le fait avec efficacité et il ne veut rien d’autre que mettre à profit les quelques mois de mandat restant pour terminer le travail et achever notre pauvre nation. Un petit Mozart, de la malfaisance…
Si ce président est la cause de tous nos malheurs n’oublions pas qu’il est là par la volonté d’une majorité d’électeurs qui l’ont reconduit dans ses fonctions. N’oublions pas non plus que les puissances de l’argent qui l’ont sorti de son anonymat pour le porter au pouvoir en 2017 ne donnent aucun signe laissant supposer qu’elles veulent s’en débarrasser au plus vite. Enfin, gardons à l’esprit qu’une partie de son opposition, aussi virulente se montre-t-elle, ne veut pas sa destitution. Ne confondons pas l’effet avec les causes. Macron parti, ses électeurs, ses soutiens financiers et médiatiques tout autant que ses oppositions en carton, seront toujours là, prêts à tout pour que surtout rien ne change.
Notre président n’attend qu’une chose un bon conflit armé avec la Russie auquel cas il fera « cadeau de sa personne à la France » et en profitera pour rester dans son manoir parisien à rêver de son avenir européen,
Non = il l’attend pour pouvoir dégainer l’article 16 et faire comme son ami le joueur de piano debout = rester un temps infini au pouvoir sans élections.
Ceci est mon avis . Je n’ai jamais parlé à ce petit monsieur et je ne veux pas qu’il m’approche.
Oui, il faut le dire, de Gaulle a chancelé en 68. Pompidou était alors en Afghanistan, il attendait son retour pour comprendre, pour agir. Même les chênes peuvent douter. De Gaulle n’était pas homme à se contenter d’un amour mitigé. Il le voulait franc et massif. Il saisit le non référendaire pour s’éloigner, renvoyer la France à ses démons. Aujourd’hui, quel retour parmi ses détracteurs d’hier ! Qui n’est pas gaulliste ? » Quel homme suis-je qui m’accroche au pouvoir contre la majorité des Français ? « . Vous êtes cet homme, M. le président 15%. Vous qui quetez en vain l’amour des Français, qui avez cru les acheter avec leur argent, qui les avez conduits au bord du précipice. Vous êtes cet homme. Ni chêne ni roseau. Narcisse, se mirant dans les moires de ses illusions.
Un président de la République , surgit de nulle part , à la faveur d’un coup d’Etat judiciaire qui a éliminé un adversaire dangereux , on n’a jamais vu la justice galoper aussi vite .
Un président de la République sans expérience politique , qui s’est fait réélire sans campagne électorale , en agitant par deux fois au deuxième tour un parti diabolisé , pour que les castors apeurés courent aux urnes pour l’élire .
Exactement.
Parfaitement exact !! hélas !!
La France de 2025 n’est pas la France de 1969 , la population a fortement changée , s’est fortement métissée comme dit Mélenchon.
L’immigration de masse extra-européenne est passée par l’hexagone , et a apporté avec elle une religion conquérante qui s’installe , croit et multiplie , impose peu à peu sa loi religieuse en lieu et place de la loi démocratique , le nombre , le nombre , le nombre , c’est le nombre qui fait la loi .
un livre va sortir sur les liens de LFI et les islamistes……
ne peut-on pas se poser la même question sur macron ?
Les qualités requises de force de caractère, de logique, de courage et de distinction pour mériter la fonction prestigieuse que doit être celle de Président de la République, Philippe de Villiers les possède toutes.
Nous sommes de plus en plus nombreux à le penser.
Se laissera-t-il tenter ?
Il est un peu tard pour lui et nous. Mais quand il disait maintes réalités et prévisions il y a 30 ans, 30% de ploucs ne l’ont pas cru !! Et si l’on donnait le droit de vote pour la présidentielle qu’à ceux qui ne sont pas assistés ??
Tard?.. il ferait un très bon président, patriote, honorable et … efficace !
oui – où étaient ceux qui lui donnent maintenant raison ? quand nous galérions avec le MPF ?
Pas de droit de vote à ceux qui ne paient pas d’impôts et à aucune élection. Etre citoyen c’est payer des impôts donc pas citoyen, pas électeur, c’est simple.
Macron n’était pas fait pour ce poste. Et pour ceux qui ont voté pour lui, ils en ont pris conscience trop tard. L’âge ne fait rien à l’affaire. Jeune ou vieux, être Président de la République demande des qualités de force de caractère, de logique, de courage et de distinction. Macron n’en a aucune.
Macron se voyait déjà président des États-Unis d’Europe et la présidence de la France n’était pour lui qu’une première marche, une entrée en matière. C’est un pervers narcissique qui ne supporte PAS qu’on décide pour lui, qui ne supporte PAS d’avoir tort.
Je partage.
Et du patriotisme français et non européen ou mondial !!
Comparaison n’est pas raison, 1958 et aujourd’hui sont 2 mondes différents autant vouloir additionner des chats et des chiens, une civilisation les sépare. Macron peut démissionner, le pays sera toujours ingouvernable les castors, les institutions, l’état de droit feront barrage et nous terminerons avec E Philippe ou un clone choisit par le système que les médias par une propagande éprouvée sur le mode pandémie ou invasion russe feront élire. Il faut être naïf pour croire qu’à l’heure de l’UE, la globalisation un vote puisse changer les choses. En France plus que tout autre pays le changement ne peut venir que d’une catastrophe mais doit on l’espérer ou la redouter.
De toute façon si rien ne se passe, la catastrophe sera à nos portes avant le prochain mandat. La France est dégradée et le tsunami économique et financier approche.
Hélas elle n’est pas que dégradée financièrement , elle est totalement délabrée, et ce par la volonté d’un seul . Sa démission serait la seule solution, mais pour ce ,il lui manque l’honnêteté.
J’aimerais être moins pessimiste ! Si Macron démissionne, l’alliance des vraies droites pourrait donner un bon coup de pied dans la fourmilière et nous sortir de l’ornière. Non ?
@lily : si Macron démissionne (ou est démissionné ? ) la France restera toujours attelé à l’Europe et, en conséquence, restera toujours sous le commandement de Bruxelles. Lequel Bruxelles mettra en place une marionnette à ses ordres. Et même sorti des griffes de Bruxelles (sous main des mondialistes !) la France devra faire face à ses troupes sournoises qui ne s’interdiront pas de semer le cahots avec des révolutions de couleur comme elle l’a pratiqué en Roumanie, et tente de le faire en Serbie, et autres pays qu’elle à décidé de s’approprier. Reprendre notre liberté ne sera pas chose facile et engendrera de toute manière larmes et souffrances.
oui…mais l’alliance des vraies droites…..n’existe pas !….et n’existera pas….
et le RN, on le place où ? à droite ?
M. Macron en prend pour son grade et il le mérite.
N’y aura-t-il personne dans son entourage pour lui dire qu’il doit jeter l’éponge ? Qu’il a suffisamment nui à la France ?
Son « entourage » est dans la même logique de destruction ! …
Vous ne vous débarrassez pas d’un virus avec un masque ! … IL FAUT un vrai traitement ! …
Faudrait en toucher un mot à Brigitte !