[STRICTEMENT PERSONNEL] « Avec moi, le déni ! »
« Après nous, le déluge… » : le mot, fameux, est prêté tantôt à Mme de Pompadour, tantôt à Louis XV en personne (on ne prête qu’aux riches) après la défaite de Rossbach qui symbolisait l’accès de la Prusse au rang des grandes puissances européennes et préludait à l’issue, désastreuse pour la France, de la guerre de Sept Ans. L’infortuné Louis XVI, en dépit de son désir éperdu de bien faire, paierait de sa vie et de son trône les erreurs, les fautes et surtout l’incapacité de son grand-père à prendre en compte l’évolution des esprits et surtout l’état des finances du royaume de France.
Enfant capricieux
« Avec moi, le déni ! » : on pourrait résumer à cette formule l’attitude et la politique d’Emmanuel Macron alors qu’il aborde le versant descendant de son second mandat. Sur quelle planète lointaine demeure ce Président hors-sol ? Jupiter, comme il avait pu y prétendre après sa première élection ? Proxima du Centaure ? Apparemment insensible à la situation réelle de la France et insoucieux de son équation personnelle dans notre paysage politique, social et affectif, le chef de l’État fait imperturbablement semblant de rien. Ou, pour être plus précis, il fait comme si… Comme s’il n’avait pas, tel un enfant capricieux, cassé le beau joujou que lui avaient par deux fois, une première avec espoir, une deuxième par défaut, confié les électeurs, comme s’il n’avait pas mis en panne le robuste mécanisme constitutionnel dont on lui avait confié la garde.
Décrié, contesté, détesté, délégitimé, le président de la République actuellement en fonction feint d’ignorer qu’il ne bénéficie plus du soutien que de 15 % des Français et qu’environ 70 % d’entre eux souhaiteraient son départ anticipé. Entre palais, château, forts intérieurs et résidences secondaires, entre l’Élysée, la Lanterne, Brégançon et Le Touquet, il jouit sans vergogne des avantages et des privilèges d’un pouvoir dont il ne détient plus que les apparences et l’ombre insaisissable. Le plus souvent qu’il le peut, il prend son avion de fonction et s’envole pour Washington, où Trump le traite en quantité négligeable, au mieux en gentil animal de compagnie, ou bien, insolent Petit Poucet, il s’en va prêcher aux Moldaves, en attendant sans doute les Poldèves, de tenir tête à l’ogre, au « prédateur » qu’il ne cesse de provoquer et de défier en paroles, qui jusqu’à présent ne sont heureusement pas suivies d’effet, pas plus d’ailleurs que dans aucun autre domaine.
La République est la forme qu’ont revêtue nos institutions pour la cinquième fois depuis 1792. La République n’est qu’une façade en trompe-l’œil, un leurre si la démocratie ne lui confère pas un minimum de substance et de légitimité. La démocratie, c’est-à-dire la reconnaissance et la prise en compte du peuple qui, par le biais des divers types d’élections ou des référendums, est la seule source du pouvoir. Usant de ses pouvoirs constitutionnels, Emmanuel Macron a recouru, en 2024, à une dissolution dont nul, en dehors de lui-même, ne ressentait la nécessité mais dont chacun, à la seule exception de celui qui l’avait décidée, a interprété le résultat comme un désaveu.
Indifférent à l’intérêt général
Une Assemblée ingouvernable, une succession de gouvernements sur un rythme effréné qui fleure bon le retour d’une IVe République dont on croyait le spectre exorcisé, ses huit jours sèchement signifiés au bon docteur Bayrou dont le mérite était pourtant d’avoir émis le bon diagnostic, à défaut d’avoir proposé le bon traitement, l’exécutif réduit à l’impuissance, le législatif étalant son irresponsabilité, les partis, comme autrefois, indifférents à l’intérêt général et faisant chacun cuire son petit ragoût sur son petit feu : voilà où nous en sommes. Pour sortir de l’impasse où nous a conduits celui qui était supposé nous guider, deux solutions s’imposent. Soit une nouvelle dissolution, devenue aussi nécessaire, voire indispensable qu’elle était inutile, voire malvenue l’an passé. Mais celui qui seul est en droit de la décider s’y refuse, car elle pourrait déboucher, s’il était une nouvelle fois désavoué, sur sa démission forcée. L’exemple en fut donné par le général de Gaulle, mais sans doute vient-il de trop haut pour être suivi.
Que reste-t-il de ce qu’avait promis et effectivement apporté à la France le fondateur de la Ve République, à savoir la stabilité, la continuité, la prospérité, et jusqu’à l’impression, peut-être une illusion, de la grandeur retrouvée ? La France, comme au temps de Maurice Bourgès-Maunoury, de Félix Gaillard, de Joseph Laniel ou du malchanceux Pierre Pflimlin, est en passe de redevenir la risée du monde, le paillasson sur lequel on s’essuie les pieds, l’homme malade exposé à tous les coups de pied, y compris ceux des ânes.
Passe encore que Matteo Salvini, ex-homme fort de la droite italienne, réduit à jouer les utilités dans le gouvernement de Giorgia Meloni, raille impitoyablement le va-t-en-guerre Macron et l’invite, s’il y tient tellement, à prendre physiquement les armes pour voler au secours de l’Ukraine. Venant d’où elle vient, l’attaque ne tire pas à conséquence et sa victime y a prêté le flanc. Mais la France est redevenue ce pays que n’importe quel bouffon ou n’importe quel dictateur peut impunément insulter, injurier, voire défier. Ce pays qui, incapable d’arracher son ressortissant, notre compatriote Boualem Sansal, aux prisons algériennes, l’est également de renvoyer de l’autre côté de la Méditerranée ceux des délinquants algériens qui sont théoriquement obligés de quitter notre territoire. Ce pays que le Premier ministre israélien, empêtré dans une guerre sans fin et sans autre issue que de nouveaux carnages, ose accuser, parce qu’il s’apprête à reconnaître, comme cent quarante autres membres de l’ONU, le droit à l’existence et à un État du peuple palestinien, d’antisémitisme. Ce pays dont un ambassadeur, homme d’affaires louche qui n’a d’autre titre à représenter les États-Unis que d’être le beau-père de la fille du roi du monde, se permet de blâmer publiquement les orientations et néglige de se rendre à la convocation justifiée du Quai d’Orsay sans être immédiatement invité à faire ses valises et à retourner d’où il vient…
« La France », goguenardait la comtesse du Barry à l’adresse de son royal amant, « ton café fout le camp ! » S’il n’y avait que le café !
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119 commentaires
Je suis sur que Macron Tartarin et va-t’en guerre, nous prépare tranquillement mais surement un affrontement direct avec les russes en déployant des soldats en Ukraine avec sa coalition de béats. Une façon de se donner une » stature » d’homme d’Etat qu’il n’a plus depuis bien des années. Il va faire encore un mal terrible à la France. Il est terrifiant de vanité et son hubris n’a d’égale que sa mégalomane mortifère.