[STRICTEMENT PERSONNEL] Attaché ? Vous ne courez donc pas où vous voulez ?
Qu’est-ce qu’un attaché parlementaire européen ? Un ange gardien, bien que l’existence et le sexe de ces envoyés du ciel ne soient pas reconnus par les institutions fédérales. Un couteau suisse – bien que la Confédération helvétique ne soit pas membre de l’Union européenne. Plus précisément, un homme, ou une femme, recruté par un eurodéputé mais rémunéré sur le budget du Parlement européen et chargé d’assister le parlementaire qui l’a engagé en tenant son agenda, en organisant sa communication, en travaillant sur ses dossiers et en préparant ses interventions et ses discours. Un militant, de toute évidence, lié à son employeur par une proximité idéologique et personnelle. Un employé de l’UE, tenu d’habiter Bruxelles, Strasbourg ou Luxembourg, et interdit, contre tout bon sens, contre toute logique et même contre la morale la plus élémentaire, de se mêler des affaires du parti politique d’où il est le plus souvent issu, adhérent, voire candidat à divers types d’élections. Bref, à la fois un salarié et un fidèle, lié dans son travail par toutes sortes d’obligations, y compris les plus contraignantes et les plus absurdes. « Attaché ? Vous ne courez donc pas où vous voulez ? », s’étonne le loup sauvage face au chien domestiqué dans une fable de La Fontaine.
Dura lex, sed lex...
Après avoir, durant des décennies, tiré le diable par la queue et même, à l’occasion, sollicité le plus rouge des diables, seul à lui faire crédit, l’irrésistible ascension du Front, puis Rassemblement, national a fait soudain ruisseler entre les mains de ses dirigeants et de ses élus, habitués et résignés à la dèche, un flot d’argent, bienvenu mais inédit, qu’il n’a pas su maîtriser. Disons les choses comme elles sont : le parti a été léger, pour ne pas dire désinvolte. De vieilles fidélités ont été récompensées et rétribuées, sans que leur soit demandé en contrepartie un travail réel ; des assistants ont été engagés sans fournir le travail pour lequel ils étaient payés. Mais, surtout, le parti a assigné des salariés de l’UE à des tâches ou leur a confié des missions qui ne relevaient en rien de leur emploi officiel. De ces errements, le mouvement, en la personne de certaines de ses figures les plus emblématiques, a été sommé de payer la note de ses erreurs. Cher, très cher. Il est de fait que le RN a ignoré et enfreint des règlements dont l’affaire a pourtant mis en lumière l’absurdité des dispositions et des contraintes. Dura lex, sed lex, ont fait valoir, la gueule enfarinée, les juges parisiens. Car c’est un tribunal des bords de Seine, une chambre correctionnelle de Paris, à défaut d’une quelconque Cour européenne (pourtant plus directement concernée), qui a présenté l’addition aux présumés coupables.
Amendes, dommages et intérêts, restitution du trop-perçu, on ne contestera pas la partie proprement financière de l’arrêt rendu. On se bornera ici à faire toucher du doigt l’iniquité du jugement prononcé, la discrimination à l’égard d’un parti légal traité depuis un demi-siècle comme s’il ne l’était pas et, surtout, l’atteinte portée par un tribunal qui juge au nom de la République au principe même de la démocratie.
Selon que vous serez gauchiste, centriste ou diabolique…
La Justice française, pour des faits de même nature, sinon de même ampleur, a disculpé François Bayrou, président du MoDem, au motif que, pas plus que du scandale de Bétharram, le maire de Pau, surmené, n’avait eu connaissance de la gestion des finances de son propre parti. Autre exemple, le très sympathique et très démocratique mouvement animé par le nommé Mélenchon (Jean-Luc), poursuivi pour des faits analogues à ceux qui ont entraîné la condamnation du RN, est l’objet depuis 2017 d’une instruction qui, à ce jour, n’a encore abouti à aucune comparution devant une cour quelconque.
En revanche, on le sait, l’aspect de l’arrêt rendu le 31 mars dernier à l’encontre de Marine Le Pen qui fait problème, tant du point de vue de l’équité que de la validité, est la décision du tribunal de prononcer l’exécution « provisoire », autrement dit immédiate, de la condamnation à l’inéligibilité pour cinq ans. Rien, à ce jour, n’est venu amender, reporter, annuler une sanction sans précédent contre la présidente du premier parti politique français. Sans doute les juges, tout comme ceux qui viennent d’envoyer un ancien président de la République dans un haut cul-de-basse-fosse, ignoraient-ils tout du contexte électoral, politique, national dans lequel ils ont rendu leur sentence.
C’est pur hasard si, en quelque huit années, des tribunaux français ont brisé la carrière, sali l’honneur et extradé du domaine des lois républicaines trois dirigeants de la droite française. Interdire à un homme politique, et de ce rang, de briguer un mandat - et quel mandat ! -, c’est interdire à un professeur d’enseigner, à un médecin de soigner, à un auteur de publier, c’est condamner l’interdit, comme un lépreux au Moyen Âge, comme un hérétique au temps des guerres de Religion, comme un Juif après l’armistice de 1940 ou un militant communiste après juin 1941, à la mort sociale. Les juges qui ont voulu que Marine Le Pen soit réputée indigne de se présenter à quelque élection que ce soit savaient parfaitement ce qu’ils faisaient et que, mine de rien, éternels chats-fourrés, au mépris de leur devoir de neutralité, en dépit de la séparation des pouvoirs, sans souci de la proportionnalité du châtiment au crime, ils prétendaient s’immiscer et interférer dans le plus fondamental des droits d’un système démocratique : la souveraineté du peuple.
Des millions de Français privés de leur liberté
Car, à travers la condamnation de Marine Le Pen, et quelques sentiments – adhésion, sympathie, indifférence, hostilité, haine envers le Rassemblement national, ses candidats, sa direction et sa candidate aux plus hautes fonctions -, ce n’est pas seulement celle qui a obtenu 33 % des voix à la présidentielle de 2017, 42 % des voix à la présidentielle de 2022, qui est créditée de 36 % des voix au premier tour d’une élection présidentielle, avancée ou non, et d’une victoire possible le moment venu. Ce sont des millions de citoyens français, onze millions, treize millions, seize millions, davantage qui, par la décision arbitrale - je veux dire arbitraire - d’un tribunal, se voient privés de leur droit civique le plus élémentaire et accompagnés jusque dans l’isoloir par une petite voix qui les ampute de leur possibilité, de leur liberté, de la confidentialité de leur vote et sont frappés, sans avoir rien fait pour cela, d’une forme modernisée d’indignité nationale. Déni de justice ? Cela peut se discuter. Déni de démocratie ? C’est clair comme le jour.
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40 commentaires
Et on ose parler de démocratie !! La parole du peuple ne veut plus dire grand chose !! On a inventé la dictature démocratique , on demande l’avis du peuple mais il est fait que ce qui arrange une minorité aux postes clés !!
Il faut attendre tranquillement que « ça pète » et prendre ses responsabilités sans pitié ni etats d’âme. Et s’affirmer de France .
Un pays dans lequel plus de 40% des électeurs à la dernière élection présidentielle sont dénoncés constamment par l’immense majorité des médias comme des « extrémistes de droite » est un pays gravement malade, en guerre civile profonde. La guerre des « élites » contre le peuple. La France n’est pas une démocratie libérale mais un état totalitaire subtile, doux, dans lequel la multiplicité des médias n’est absolument pas une garantie de liberté de pensée : la préfiguration du « Meilleur des Mondes ».
En France s’ajoute une guerre entre des ethnies et des cultures totalement incompatibles sur un même territoire. Ce n’est plus seulement la guerre d’une élite contre le peuple français, mais une guerre des peuples entre eux et même contre les « élites » : Le sommet de la Guerre Civile.
Parce que vous pensez que le régime politique en place en France est celui de la démocratie ? En démocratie, la souveraineté appartient au peuple, or de quand date sa dernière consultation et son choix a t’il été respecté ? Ne voyez vous pas que jour après jour les libertés au sens le plus large sont restreintes, que les propositions ou options ne sont plus offertes, que le pouvoir est confisqué par des minorités ou des Instances dites hautes, ou encore un organisme supra-national, ou encore pour faire le lien avec votre billet que les décisions de justice frappent avec dureté, plus souvent qu’à leur tour, les représentants dit du camp du mal, et qu’ a contrario ceux du camp du bien bénéficient d’une large mansuétude ? En vérité, c’est une démocratie d’apparence qui règne en France.
Un reportage belge il y a quelques années montrait des députés européens de tout bord venir à Strasbourg le lundi matin, pointer leur présence et repartir immédiatement pour pouvoir percevoir leur prime de présence. Aucune suite ne fut donnée et pourtant des témoignages devant la camera de ces personnes avait été fournis. Quant on voit le deux poids deux mesures il y a de quoi s’inquiéter de notre justice.
Exact, je me souviens très bien de ce reportage, les députés européens, de tout bord en effet, venaient pointer pour toucher leur indemnité (300€ il me semble) puis repartaient valise à la main comme s’ils avaient accompli leur devoir. Aucun journal dit d’information nationale n’a pourtant dénoncé l’affaire à ce jour.
@Jacques DARRICARRERE
C’est de plus en plus flagrant: ce qui fait office de justice est bel et bien à géométrie variable. Selon que vous soyez du système ou pour le système euro mondialiste, les jugements seront quasiment opposés. Selon que vous soyez de type caucasien ou de type « diversitaire », les jugements seront très différents! Selon que vous soyez de la clique macroniste on opposée à celle-ci, les jugements seront là aussi différents. Qui a confiance dans la « justice » de notre pays? Qui peut encore faire confiance dans la justice française, ou ce qu’il en reste? il y a pas mal de temps que je n’en fait plus partie. Mon passé de militant FN (1988-1999) m’a ouvert les yeux sur le sujet.
Nous ne sommes plus en démocratie.
Depuis le fameux mur décoré par les Juges sous Sarkozy, on a bien compris que la gauche y règne en maître
« Car il est des gens dont il faut être haï pour s’estimer soi-même ». Et le RN avec sa figure de proue Marine Le Pen, l’est, haïe, de la part de francais soumis, trouillards,et pour les riens que cette pleutrerie a élus et réélus, attachés à leurs divers prébendes Mépris pour cette engeance.
Les médias, les partis politiques et principalement ce qui reste des LR, Reconquête, souhaitent ardemment que Madame Le Pen soit inéligible. Ils pensent que les électeurs du RN se tourneront vers eux. Que nenni! Ils voteront comme » un seul homme » pour monsieur Bardella et pour personne d’autre. C’est une certitude.
absolument
Vous parlez de juges, non, parlez de réseaux. Ces juges qui voient rouge quand on veut les jugez appartiennent à des clans politiques qui conjoignent leurs idéologies et « logent » – retenez ce mot – matériellement à la même enseigne orientée. L’entrisme n’est pas l’exclusivité de l’arabo-islamisme ! De plus, ils ont de l’avance, ayant commencé à produire leurs efforts dès 1968. Paris a été pris, en même temps que les Hautes Cours, politiques, civiles et administratives. Les relais n’ont pas tardé, les courroies de transmission ont transmis. Peu à peu la bascule a emporté le fléau du côté du vent mauvais. Hier, les procureurs envoyaient » la tête des autres » dans la sciure sans sourciller, maintenant ils l’élèvent à la victimisation. La Liberté magistrale est d’élever des murs de cons. Après tout, ils sont grands maîtres de la truelle, en tablier de cuir et les mains propres. C’est nous qui sommes sales de nos pensées.
Je plussoie !
Pour moi,que les juges aient réussi leur sale coup ou pas avec Marine Le Pen, ça ne changera aucunement mon vote si le RN est au second tour, je suis tellement déterminé que même si ce parti proposait un ours en peluche comme candidat, que rien que pour faire enrager ces juges que je ne peux plus supporter,et bien je voterais pour l’ours en peluche,rien que pour les emm…er
A défaut de pouvoir enlever la carte d’électeur à 13 millions ou plus d’électeurs mal élevés , bas du front , les juges neutralisent le chef de leur parti .
Souvenons-nous de Fillon que les Juges ont vite condamné quand les sondages lui étaient favorables
La République française , post-démocratie , contrôlée par les juges militants de gauche , nouvel avatar des démocraties populaires, la souveraineté du peuple confisquée par les juges , qui ne cachent même plus leur jeu.
Parfait dans votre démonstration, Monsieur Jamet. Merci ! Pour aller dans le sens de la fable ‘Le loup et le chien’ du grand fabuliste, en agissant ainsi on a « pelé » plus que l’encolure du corps électoral qui vote pour le RN. C’est toute la démocratie qui se trouve, par cet hypocrite stratagème, ainsi dépoilée. Honte à ces juges idéologiquement orientés. A défaut d’avoir des électeurs, la gauche, par leur intermédiaire, savoure cet acte indigne. Elle jubile en espérant récolter les fruits de cette même indignité. Pour ma part, un seul vœu : que cette dernière leur soit comptée au centuple le jour des élections en un résultat qui les empêchera dorénavant de nuire et de pratiquer une politique qui ruine, depuis des décennies, notre beau pays.
M Le Pen fut condamnée au maximum , Bayrou fut condamné avec modération , et à gauche aucune poursuite , tout cela pour les mêmes faits .
IL manque un « point de détail » pour bien clôturer cet article : Ecrire que l’UE doit être neutralisée ! …
Et de toute urgence ! …
Absolument.
Que du bon sens, c’est trés curieux qu’aucun n’en parle, même à CNEW !
En parler sur Cnews? Mais le problème de réseaux resurgit: les seuls à parler du frexit et de son urgentissime nécessité, Philippot et Asselineau, sont-ils reçus avec la même fréquence que leurs homologues des partis de soft-opposition, comme le RN ou même reconquête? Soyons sérieux, la prise de pouvoir – sérieuse, s’entend, pas une forme consensuelle d’intégration au système -d’un RN ne pourrait pas se faire sans un gigantesque coup de pied au cul de son propre électorat, à savoir la transgression de ce qui a fait sa dédiabolisation: l’abandon du frexit, et cette mièvre assurance que l’UE serait transformable de l’intérieur! Grotesque, le simple fait qu’il faudrait à chaque changement une unanimité des 27 rend rien que l’idée risible!
Alors Cnews capitalise sur, soyons réalistes, une fausse opposition, qui cache son jeu, et klaxonne à qui mieux mieux, occasionnant à chaque hausse de ton, un buzz de bon aloi, mais malheureusement sans fondations, l’UE étant ce qu’elle est, et la France, n’étant plus que ce qu’elle est devenue, un fantôme de nation…
La France ne pourra jamais se renouveler que dans la récupération pleine et entière de l’intégralité de ses souverainetés, ce que seul un frexit permettra.
Sportpassion
Entièrement d’accord.
Je hais cette UE.
En effet , et on peut prendre ses distances avec l’UE , sur certains sujets , sans pourtant rompre complétement avec elle , mais la France depuis toujours, applique strictement la loi suprême venue de l’UE et même en fait plus .
le problème est qu’on ne peut pas faire notre « marché »
l’UE c’est ou on y est ou on en sort
Oui c’est urgent car l’Allemagne se dote déjà de lois qui permettront de condamner toute dissidence à ce qu’ils appellent le socle des valeurs de l’UE. Autrement dit, cette dictature qui ne dit pas son nom, va détruire la liberté d’expression pour éviter tout retour en arrière. Donc les peuples seront contraints, s’ils veulent revenir en démocratie, à utiliser la violence ce qui fait frémir.