Selon un sondage, le RN largement en tête et le front républicain affaibli !

En cas de dissolution, les Français accepteraient-ils de se faire voler l'élection une nouvelle fois ?
Capture écran TF1
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Nous avions perçu, dimanche dernier, que cela sentait très fort l'après-Bayrou, même sans être au courant (pas plus que ses ministres) du coup du vote de confiance qu'il annonçait le lendemain. De même, semaine après semaine, l'hypothèse d'une nouvelle dissolution prend de plus en plus de consistance. Et un sondage vient d'indiquer qu'elle pourrait déboucher sur une victoire plus nette du RN et de son allié de l'UDR*. Explications.

Pourquoi la dissolution s'imposera à Macron

Macron a repoussé, vendredi à Toulon, l'idée d'une nouvelle dissolution, la qualifiant de politique-fiction. Mais une simple analyse politique montre qu'elle est inéluctable. Si l'on s'en tient aux propos du président de la République, le précédent de 2024 a décrédibilisé sa parole en la matière : la dissolution était une demande du RN pendant la campagne des européennes, il avait répondu qu'il n'en était pas question, arguant qu'il ne fallait pas se tromper d'élection. Le soir des résultats de ces mêmes européennes, il annonçait la dissolution... Sur le fond, ensuite, plus d'un an de tractations entre PS, LR et socle commun n'ont réussi qu'à user deux Premiers ministres sans donner aucune perspective stable. On voit mal le Président repartir pour un nouveau round incertain. Politiquement, PS et LR ont intérêt à s'afficher comme des partis de gouvernement, l'un en présentant un projet de contre-budget, l'autre en soutenant mollement Bayrou ; mais nullement à monter dans le rafiot du macronisme finissant. D'ailleurs, Laurent Wauquiez, qui vient de faire sa rentrée au mont Mézenc, et qui est toujours le patron des députés LR, a déclaré que la confiance à Bayrou n'allait pas de soi et demandé un vote des militants. L'Assemblée issue de la dissolution était sans majorité : quinze mois plus tard, elle l'est encore davantage !

Ce sondage qui montre que les choses bougent

Mais, parmi les arguments des opposants à une nouvelle dissolution, il y a l'idée que de nouvelles élections, vu le tripartisme, accoucheraient de la même Assemblée. Ainsi, le politologue Olivier Costa, directeur de recherche au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), plaidant pour la proportionnelle, avance-t-il, dans Le Monde, qu'« une dissolution sans évolution du mode de scrutin aboutirait à répliquer les grands équilibres actuels de l’Assemblée nationale ». Curieuse analyse qui repose sur deux présupposés contestables : la proportionnelle comme assurance de majorité... et, surtout, l'idée d'une stabilité des trois forces en présence. Comme s'il ne s'était rien passé, depuis juin 2024 ! Un sondage Elabe pour BFM TV et La Tribune Dimanche, réalisé en fin de semaine, vient démentir cette idée d'une stabilité : les choses bougent, et en faveur du RN et de ses alliés.

Le RN toujours en tête, la gauche affaiblie et le macronisme s'effondre !

Si le journal répète tendancieusement que « de nouvelles législatives ne permettraient pas de clarifier la situation », les résultats du sondage montrent au contraire plusieurs évolutions susceptibles de donner une majorité au RN. D'abord, il est toujours donné largement en tête au premier tour, à 31 % des voix. La gauche, qui faisait 28 % en 2024, est affaiblie, avec la rupture PS-LFI. Unie, elle ne ferait que 23,5 % ; divisée, 16,5 % (PS-PC-EELV) + 10 % (LFI) : pas de quoi rafler une majorité au second tour. Surtout, la grande information du sondage, c'est la (nouvelle) chute de la maison Macron : Renaissance, MoDem et Horizons réunis recueilleraient 13,5 % des voix, soit près de 7 points de moins qu'en 2024 ! Mais cet effondrement de la Macronie aurait d'autres conséquences et entraînerait mécaniquement l'élection de nombreux députés RN ou alliés. En effet, il faut rappeler que gauche et macronistes ne doivent leurs gros groupes actuels qu'au front républicain qui a vu Gabriel Attal appeler à voter LFI, et réciproquement : ce que le RN avait appelé l'élection volée. Or, dans cette nouvelle configuration, le front républicain fonctionnerait beaucoup moins pour sauver les meubles de la gauche et des macronistes. D'une part, avec 13,5 %, le centre serait très souvent éliminé du second tour. Cela donnerait de très nombreux duels gauche-RN, favorables au RN : il y en avait eu une centaine, il y a un an ; leur nombre pourrait doubler.

D'autre part, le sondage indique que 53 % des Français rejettent, désormais, la stratégie du « front républicain » (dont 57 % des électeurs LR, et surtout 31 % de ceux d'Ensemble) : pour Bernard Sananès, président d'Elabe, « cela signifie que, en cas de duel LFI-RN au second tour, certains ex-macronistes ne se déplaceraient pas ». Ce chiffre n'a rien d'étonnant : dès l'été dernier, des enquêtes montraient que les électeurs centristes et LR, horrifiés par les outrances de LFI, regrettaient d'avoir fait élire ces députés de gauche. « De quoi faire gonfler le contingent de députés du parti de Jordan Bardella », conclut La Tribune Dimanche ! CQFD. On comprend que cette perspective rende Macron rétif à dissoudre. Il ne lui resterait alors que la démission. Et celle-ci n'est même plus taboue, chez les macronistes historiques ! Selon l'ancien président du groupe macroniste à l’Assemblée nationale Gilles Le Gendre, « l’irresponsabilité institutionnelle du président de la République le protège, mais sa responsabilité politique dans la crise financière et politique actuelle l’expose chaque jour davantage. Combien de temps la première l’emportera sur la seconde ? La situation semble ne tenir qu’à un fil. » Dans le bureau du maître des horloges, le tic-tac devient de plus en plus sonore.

*  L'UDR qui tenait son université d'été dans l'arrière-pays niçois (voir l'article d'Yves-Marie Sévillia), ce 31 août, tout comme Reconquête à Orange (voir l'article de Marc Baudriller).

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

93 commentaires

  1. « des enquêtes montraient que les électeurs centristes et LR, horrifiés par les outrances de LFI, regrettaient d’avoir fait élire ces députés de gauche » mais, que ces électeurs aient voté ou pas au second tour ils sont responsables de la même façon. La honte concerne surtout les électeurs LR qui se disent de droite mais qui en fait, à l’image du parti, sont de gauche.

  2. Comme tout politiciens se faire nommer ce n’est que de l’opportunisme, comme certains qui se sentent appelés a ces fonctions. faut bien voir que le front républicain affaibli il s’en moquent complétement comme Bayrou pour qui vue qu’aucune durée minimale de mandat pour qu’un ministre bénéficie de l’indemnité de départ et d’une retraite a vie soit acquise, vue que c’est Nicolas qui paiera.

  3. Vous faites une erreur, il n’y aura pas de rupture PS-LFI. D’ailleurs Olivier Faure vient de déclarer que l’accord tiendrait au niveau local. Autre problème, que tout le monde élude, le RN ne réunira jamais toute la droite. C’est la raison de la victoire de Macron.

  4. Ni nouvelle dissolution, ni démission . Macron va nous sortir l’article 16 sous un prétexte quelconque . Et s’attribuer tous les droits .

  5. Ce sondage signifie que le RN perdra au 2e tour car il y aura la gauche PS en face donc le barrage habituel. De toute façon, le RN reste dans l’UE donc même s’il passait, rien ne changerait.

  6. Aucune illusion, la gauche même désunie se ressoudera comme toujours, pour le 2ème tour, et si l’issue se traduit néanmoins par une majorité RN, Bardella (et donc le RN ) se fera pourrir (Narcisse PIPEAU ses sbires FERRAND, ARCOM, et autres, Méluche et consorts dans la rue et les médias) pour la suite

  7. Je me méfie, rappelez vous le Général de Gaulle « les français sont des veaux » car pour avoir voté deux fois pour micron il faut être bénet.

  8. J’espère que Bardella aura la sagesse de ne pas y aller (à Matignon). Il aurait contre lui toutes les institutions de l’AN au CESE en passant par le Sénat, le CC, le CE et l’Elysée naturellement. Auxquelles s’ajoutent tout Bruxelles, de la CEDH à la Commission Européenne avec l’Impératrice Van der Leyen.
    Que Bardella ne tombe pas dans ce piège où il sera bouffé tout cru.
    Le fruit n’est pas encore mûr.

  9. Message 2! On a déjà essayé les boomers aigris et les révolutionnaires de salon! Et on voit aujourd’hui dans quelle mouise ce trouve le pays. La valeur n’attend pas le nombre des années et la culture c’est comme une tartine de confiture: moins on en a, plus on l’étale! Vaut mieux une tête bien faite à une tête bien pleine! Bardella possède une maturité exceptionnelle. Il est jeune certes mais plein de talent et de bonnes intentions pour la France. LR, c’est quoi?

  10. Les Français auront peut-être le choix entre un boomer aigri et révolutionnaire de salon et un jeune inculte qui n’a encore jamais travaillé de sa vie…..Quelle chance !

    • Parce que Macron avait travaillé? Rien n’est écrit noir sur blanc dans notre monde des surprises agréables peuvent surgir à n’importe quel moment. Un président donne les directives ce sont les collaborateurs qui mettent en application.

    • on ne demande pas à un Président d’avoir travaillé mais de diriger un pays avec un programme et une vue à court, moyen et long terme
      je pense qu’un architecte ne sait pas monter des parpaings ou poser des carrelages avec la dextérité et la « main » d’artisans prodessionnels. Par contre, l’architecte sait faire des calculs pour que l’ensemble du bâtiment soit solide et respecte les normes de construction.
      ET bardela n’est pas seul mais avec des personnes du parti derrière lui, dont bon nombre sont des hommes d’état et brillants.
      bardela travaille depuis longtemps. Pas avec une truelle ou un marteau mais à des proprositions de mise en place d’un pays prospère et protrecteur du peuple..

  11. Et après, ce sera la guerre civile. –
    Nous devons d’abord faire sauter cette démocratie représentative qui ne l’est plus que par le nom. – Acceptons une Démocratie comme en Allemagne, e, Suisse, …. et tant d’autres.
    Vous voyez une autre solution ?

  12. Souhaitons que les outrances répétées de LFI aient fait réfléchir les têtes de linotte qui ont voté pour ce parti plutôt qie le RN ! mais pas sûr???? beaucoup votent avec leurs pieds !

    • LR ou MODEM, c’est à dire des anti-français des hommes et des femmes (pour ne pas déplaire à Borne) du parti des étrangers, les français sont devenus maso !

    • Vous savez, en France il y a environ 60 % de têtes de »linottes’…. Donc l’avenir de notre pays est mal engagé.

  13. Il y aura encore barrage et alliances honteuses. Comment croire encore aux sondages ? Nous vivons une dictature avec des élections complètement truquées.

    • Comme dab ,un front ripoublicain va naitre (alliance de tarés de gauche et de traitres de droite). les préparatifs sont en cours.

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