[SATIRE A VUE] Formation d’un gouvernement ou théâtre de boulevard ?

Accablée par la crise gouvernementale, Élisabeth Borne accepte de sacrifier sa réforme des retraites.
© Jordan Florentin
© Jordan Florentin

Sur la montgolfière gouvernementale qui perd de l'altitude de jour en jour, Élisabeth Borne se dit prête à lâcher du lest. La réforme des retraites qu'elle dorlotait depuis 2023 pourrait vivre ses derniers instants. « Si c’est la condition de la stabilité du pays », l'ex-Premier ministre acceptera que l'on jette par-dessus bord le bébé, sa mère et la baignoire.

Au sol, les forces d'opposition se sont frotté les mains sans attendre la suite de la déclaration. « On doit examiner les modalités et les conséquences concrètes d’une suspension », a-t-elle ajouté. Une réforme suspendue au panier du dirigeable ne fera pas remonter l'engin. Les syndicats doivent se concerter. Attendu le poids d'Emmanuel Macron conjugué à la fragilité de Sébastien Lecornu, et compte tenu de la légèreté gagnée par l'éjection de Bruno Le Maire... je pose un et je retiens deux...

« On partirait en aquaplaning ! »

Les calculs vont bon train. Élisabeth Borne ne peut plus attendre : « Dans le contexte actuel, pour avancer, il faut savoir écouter et bouger. » Sa réflexion passe en mode rallye automobile. En cas de dissolution, « on partirait en aquaplaning ! », lance-t-elle. Retour sur la terre ferme. Lecornu à la manœuvre, Macron dans le coffre. Il s'est fait tout petit pour ne pas gêner le conducteur. De temps à autre, il reçoit un message sur son smartphone : il faudra penser à répéter l'entrée de Badinter au Panthéon. Comment marcher ? Par quel pied commencer ? Le Président est déposé sur les berges de la Seine pour une promenade en solitaire filmée par BFM. L'instant est solennel. Le Timonier timone devant des milliers de téléspectateurs. « Entre ici, Lecornu... » Ah, zut ! Il y a encore du travail avant de trouver la bonne formule.

Le Premier ministre démissionnaire qui reste en place fait de régulières apparitions devant une fenêtre de Matignon. Son moulinage en coulisses est rapporté en termes choisis. Olivier Faure, qui représente le syndic de son immeuble, ne veut rien savoir. La suspension promise par Élisabeth Borne ne le convainc pas. Nul ne sait s'il parle de la suspension à trois branches du hall d'entrée du PS ou de la réforme des retraites. La situation s'embrouille. Marine Le Pen promet de tout censurer. « La plaisanterie a assez duré », s'agace-t-elle. L'idée de faire entrer Emmanuel Macron au Panthéon pour qu'il n'en ressorte plus est débattue au sein du RN. Un moment d'inattention, les portes se referment... Crac, dedans !

La réunion est perturbée par la voix d'une secrétaire : « Attention, il est bientôt l'heure de l'apparition de Lecornu sur le coucou de Matignon. » Il y a du nouveau ! « Les ministres démissionnaires n'auront pas droit à leurs indemnités. » L'annonce fait tressaillir Olivier Faure. Devant ce sacrifice qui lui serait demandé après avoir exercé trois heures, le dirigeant renonce à toute prétention ministérielle. À l'heure où ces lignes sont publiées, Emmanuel Macron prétendrait au grand-duché du Luxembourg. L'issue de la crise n'est plus qu'à 300 mètres au-dessus du sol.

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Jany Leroy
Chroniqueur à BVoltaire, auteur pour la télévision (Stéphane Collaro, Bêbête show, Jean-Luc Delarue...)

Vos commentaires

40 commentaires

  1. Cette gauche est à vomir, ainsi que la macronie dans son ensemble…. Vivement que ce ramassis d’incapanles disparaissent de la scène politique française.

  2. Et un ministre qui devient premier ministre d’un ex subalterne autrefois premier ministre qui,à son tour,va changer de maroquin en attendant de se mettre au service d’un ancien premier ministre qui se contentera à l’avenir de se voir l’exécutant d’un autre premier ministre etc,etc….
    Un jeu de chaises musicales aussi désinvolte que révoltant.Ignoble et risible à la fois!Condescendant envers le peuple,obséquieux à l’endroit de Jupiter qui ne parvient plus à jeter ses traits péremptoires sur ses ex-loufiats qui,parfois,osent lui demander de perdre son autoritaire verticalité .
    Et,tandis que tous ces naufrageurs ont l’audace de retirer la légitimité d’un peuple qui se meurt,ces mêmes pillards se permettent en outre de donner des leçons d’économie à ceux qui veulent remettre ce pauvre pays sur les rails de la raison.
    On pensait qu’ils avaient atteint le paroxysme de l’impéritie,mais comme disait Mathieu Bock-Côté,il y a toujours une pelle et une pioche dans un grand trou.

  3. La France n’est ni plus ni moins qu’une commedia dell’arte et ils ont même les masques pour nous faire croire ce qu’ils ne sont pas. Nous pendant se temps là on trime, on saigne et on se sacrifie pour cette bouffonnerie.

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