[SATIRE À VUE] 250 millions à EuroMillions pour encore plus de perdants

Avec un enjeu de 3,3 milliards d'euros, un gagnant sera peut-être, demain, tenté de rembourser la dette de la France...
Capture écran TF1
Capture écran TF1

Le gain record de 250 millions est empoché par un joueur français à EuroMillions. Des sommes faramineuses déconnectées du quotidien des français ornent désormais la vitrine de la FDJ.

 

Qui n'a jamais rêvé de posséder 250 résidences secondaires à 1 million d'euros l'unité ? C'est ce rêve que le gagnant au tirage EuroMillions du 19 août va pouvoir réaliser. Si ce sont plutôt les berlines luxueuses qui passionnent ce veinard, il pourra s'offrir environ 2.500 Porsche Cayenne. En les alignant entre Paris et Fontainebleau, l'homme devient le premier créateur de bouchons haut de gamme de France. À coups de voitures plus modestes, il peut paralyser la route des retours de vacances.

La plupart des Français s'indignent qu'une telle fortune ne soit pas venue améliorer l'ordinaire de quelques centaines de joueurs. Effet d'annonce oblige, la Française des jeux compte sur des sommes de plus en plus astronomiques pour attirer le client. Peu importe l'ivresse engendrée par cette montagne d'argent qui s'abat sur une famille, pourvu que la FDJ voie son chiffre d'affaires en constante progression. +30 % sur l'année précédente, au premier trimestre 2025.

Les sommes record gagnées ces dernières années par divers Français dépassent de très loin les traditionnels gros lots de l'antique Loterie nationale. La FDJ a convaincu le cocheur de cases des bureaux de tabac qu'il pouvait devenir un nabab festoyant avec Bill Gates. La réalité le ramène sur Terre avec un chamboulement, voire une désintégration presque assurée de ses liens amicaux et familiaux. Pour des gains moins mirobolants, des gagnants devinrent victimes de la convoitise de leur entourage, tandis que d'autres s'employèrent à garder secret le jackpot.

Dommages collatéraux

Il va de soi que tout bénéficiaire d'une somme extravagante ne présente aucune compétence à la gérer. Équilibré, la tête sur les épaules, il sauvera les meubles de la convoitise dont il fait les frais. À défaut de savoir surfer sur le torrent d'euros qui dévale sur son quotidien, il verra sa vie affective virer au cauchemar. S'il ne s'est pas laissé embarquer dans des placements hasardeux, des générations et des générations d'oisifs profiteront d'une fortune acquise sans gloire ni mérite. À ce niveau de gain, les projets des enfants n'ont plus aucun sens. À quoi bon étudier ou travailler, quant une ligne de zéros suit le chiffre des intérêts mensuels générés par le virement de la FDJ ?

Un chanceux interviewé dans l'émission Sept à huit révélait ne pas avoir mis au courant son fils des 15 millions qu'il venait d'empocher. Son souhait de ne pas le voir arrêter son travail et perdre ses valeurs montrait que l'homme avait perçu les dommages collatéraux de l'arrivée d'un tel magot. Multipliée par 16, la somme devient surréaliste et sans aucun lien avec les désirs, même les plus fous, de tout un chacun.

Avec un enjeu de 3.300 milliards d'euros, un gagnant compatissant sera peut-être tenté de rembourser la dette de la France. Bercy veut y croire. 100 % des perdants ont tenté leur chance.

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Jany Leroy
Chroniqueur à BVoltaire, auteur pour la télévision (Stéphane Collaro, Bêbête show, Jean-Luc Delarue...)

Vos commentaires

60 commentaires

  1. Allô Bayrou ! Un impôt progressif sur les gains au delà de 100 euros s’impose. Première tranche (jusqu’à 10 000 euros à 10% la dernière trance au delà de 1 million d’euros à 50%.

  2. Est-ce un hasard si la Présidente directrice générale de la FDJ est une proche connaissance de notre Locataire élyséen ? L’un d’entre vous aurait-il des infos à propos de la gestion de cette grosse bulle financière .

  3. Du pain et des jeux. La télé vision n’est pas en reste avec ses questions débiles pour un gain dépassant l’entendement dans un pays à l’agonie. Gains en partie règlés par les joueurs eux même par les prix d’appels téléphoniques et de sms. Pour un gagnant combien de perdants. Deux euros ce n’est rien me direz vous , sauf peut être un kilo de fruits ou de legumes dont on nous dit qu’il faut en manger cinq par jour.

  4. Chaque fois que j’entre dans un bureau de tabac, je suis surpris de voir des personnes visiblement pauvres dépenser des sommes considérables dans ces jeux d’argent, alors qu’elles ont probablement beaucoup de difficultés à boucler les fins de mois.

  5. Certes des sommes pareilles sont hors de proportion mais c’est le rêve qui fait vendre. Et personne ne force les gens à jouer. D’ailleurs ce n’est pas nouveau, plus les gens ont le moral en berne et plus ils jouent à des jeux de hasard (loteries, courses, cartes, etc …). De ce fait, si FDJ a vu son chiffre d’affaires augmenter de 30% en 1 an, c’est assez révélateur de l’optimisme ambiant … Merci qui ?

    • Bien vu. Et si vous êtes un sociologue ou un financier ou un homme de marketing vous observerez que cette évolution de la société fait faire de bonnes affaires aux marchands de vins et spiritueux et de lingerie fine. Au trafiquant de drogues aussi.

  6. Je me remémore toujours les difficultés de mon Grand-Père. Pourquoi ? La loterie nationale a été inventée pour venir en aide aux blessés de guerre ( 14/18 ) et notamment les Gueules Cassées. Donc faisons cotiser les CMU et les AME et surtout les Édiles de nos parlements, mairies, départements, régions, etc… pour soigner ceux qui ne le peuvent pas, de plus les soignants seraient mieux payés ; ils le méritent.

  7. Tout cet argent à gagner n’est que le résultat d’avoir su profiter de l’espoir de plein de miséreux espérant une vie meilleure! Abus de faiblesse, abus de précarité, une vie plus adaptée pour l’être humain ? Certainement un peu tout ça et toujours un espoir pour les faibles d’esprit de ce sortir de la panade financière avec un micro probabilité de gagner cette somme! Vous n’aurez rien mesdames et messieurs si vous ne retroussez pas vos manches et vous serez plus riches en économisant ses sommes dépensées!

    • Les gains importants n’apportent parfois qu’un bonheur éphémère.
      On mène la grande vie, on dilapide et on se retrouve pauvre comme Job. Bon, avec 250 millions, le gagnant peut se lâcher un peu. Mais je trouve quand même que des gains de cette importance, c’est ridicule.

  8. « Avec un enjeu de 3.300 milliards d’euros, un gagnant compatissant sera peut-être tenté de rembourser la dette de la France. »
    Cela fait bien longtemps que j’ai compris que les français sont fâchés avec les chiffres !!!
    En effet, gagner 250 millions c’est 13 200 fois MOINS que la dette de 3 300 milliards de la France.
    Pour rappel : 1 millions c’est 1 suivi de 6 zéros ( 1 000 000), tandis que 1 milliards c’est 1000 fois plus, c’est 1 suivi de 9 zéros (1 000 000 000).
    Donc 250 millions c’est seulement 0,0076 % de la dette de la France !

    • N’importe quoi! L’auteur IMAGINE un enjeu de 3 300 milliards et IMAGINE ce qu’un gagnant en ferait. Ce qui n’existe bien sûr pas. C’est un article satirique!

    • Ce n’est pas pour rien ( sic) que notre religion interdit les jeux de hasard. Mais qui se soucie encore de ce que dit notre religion ?

  9. la Française des jeux vend du rêve , elle a raison surtout dans la période actuelle, personne n’oblige les gens à jouer au loto, au tiercé, aux paris sportifs etc etc ! pour une fois qu’il existe un impôt volontaire on ne va pas le bouder !Donc chacun est libre arbitre de son argent et de son pari !

  10. Si je gagnais…ah ! Si je gagnais… Si je gagnais, la seule chose que je veux, la chose que je voudrais plus que tout au monde…ne peut pas s’acheter. Mais je ne joue pas, alors, je ne serai pas décue.

  11. À noter que Macron a vendu la Française des jeux qui rapportait gros à l’État à ses amis milliardaires. Nous compensons cette perte de bénéfices avec nos impôts… On ne va pas récapituler tout ce que Macron a vendu, ce serait trop long.
    Dire qu’il a encore 16 % d’électeurs et au second tour des législatives guignolesques encore plus… Parfois la vie est désespérante

    • N’importe quoi !!!
      La FDJ est détenue majoritairement par les petits porteurs (56%), puis l’Etat (21 % avec une minorité de blocage car il est l’actionnaire principal), puis par l’Association des Anciens Combattants (16 %), puis les salariés eux-mêmes (3,5%), le crédit agricole (3%). Le reste est de l’autodétention.

      • En 1976, l’État possédait 72 % du capital, après la vente 21 %. Une sacrée différence et un sacré manque à gagner !
        Quelques petits porteurs parmi les actionnaires, mais aussi Soficoma, Amundi Asset management, Vanguard Group, BlackRock, Norges Bank, found Advivors, etc. Je ne sais pas si on peut parler de petits actionnaires…

    • Oui, en même temps qu’il a vendu les aéroports internationaux de Lyon-Bron et de Toulouse, tous deux bénéficiaires (surtout Toulouse, vendu aux chinois avec une réserve de 500 M€… qu’ils se sont empressés de ponctionner). Avec Alsthom, on peut dire qu’il a vendu tout ce qui rapportait.
      Quant aux 16% des électeurs (à vérifier quand même), je suppose que ces sont sont, de près ou de loin, ceux qui profitent du ruissellement de son altesse; les employés des « agences », les familles de tous les « nommés »…

      • Les hauts fonctionnaires, les associations, parents et amis, riches bourgeois… vous avez raison, tout ce petit monde doit bien remplir les 16 %.

    • Macron aime vendre. Il aurait dû ouvrir un commerce.
      Ça me fait penser que dans ma jeunesse j’allais parfois chez « Albert – Le roi des bradeurs ».
      Nous aurions pu avoir « Chez Manu, on brade tout ».

      • Cert3q Manu aime vendre. Mais c est juste pour poser sur la photo concluant le deal. Il aile vendre. Surtout il aime enrichir ses amis banquiers ( banque d affaire / intermédiaire excessivement honereux ( voir ATOS) )

      • Il n’a pas lu les lettres de mon moulin. L’homme qui vend son cerveau devient idiot. Lui , c’est le cerveau de la France qu’il a bradé.

    • Déjà l’Etat à fait une OPA sur la FDJ en 1989 en prenant 72% du capital alors que les statuts limitaient son actionnariat à 51%.
      Ensuite, c’est bizarre ce que vous dites. Parce que les statuts de la FDJ ne font pas apparaître les « actionnaires » que vous nommez. Ce qui est pourtant obligatoire. Où sont vos sources svp ? J’espère que ce n’est pas wikipédia…
      En ce qui concerne la Soficoma, elle a été condamnée à rendre ses actions à la FDJ. Car en fait elle n’avait pas le droit de les détenir (elle était courtier-mandataire).

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